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Visiblement, George W. Bush n'a pas de plan précis pour stabiliser l'Irak Analyse de Christian Malar, Éditorialiste de politique étrangère de France 3 après les dernières déclarations du président des États-Unis dans l'édition du 19/20 de France 3 présentée le 14 avril 2004 par Stéphane Lippert.
Stéphane Lippert: Georges Bush est décidé à maintenir le cap avec un calendrier précis. A votre avis, Christian Malar, le président américain va t-il pouvoir s'y tenir ?
Christian Malar: Les échéances seront difficiles à tenir. Vouloir tenir la date du 30 juin pour le transfert de la souveraineté relève presque de l'impossible. Le pays est en pleine anarchie, les leaders religieux radicaux sunnites et chiites font monter les enchères dans la perspective de la prise de pouvoir. Et ce soir, les États-Unis affichent à la fois leur impuissance et leur désarroi en appelant l'Iran à la rescousse. Car dans cette crise irakienne, l'Iran, qui soutient le plus anti-américain des imams chiites d'Irak, Motada al Sadr, joue au pyromane et se voit investie du rôle de pompier. D'autre part, George Bush redécouvre soudainement l'existence de l'ONU à laquelle il demande de former une autorité irakienne légitime. Visiblement, il n'a pas de plan précis pour stabiliser l'Irak. Il navigue à vue et cela n'est pas rassurant.
Stéphane Lippert: Le président américain ne prend t-il pas un risque pour sa réélection en novembre prochain ?
Christian Malar: George Bush reconnaît que l'Irak pèsera sur le choix des électeurs. Pour l'instant, selon le tout dernier sondage publié par le magazine Newsweek, son rival démocrate, John Kerry, le distancerait de sept point points: 50 % contre 43. Cela dit, rien n'est joué et, sauf retournement de situation, il sera de plus en plus difficile pour le président de justifier une guerre qui ne semble pas légitime. On n'a toujours pas la preuve de l'existence d'armes de destruction massives. Et pour de nombreux experts du Moyen-Orient, Saddam Hussein ne représentait pas une menace imminente pour l'Occident. John Kerry ne manquera certainement pas de marteler ce message.
La bataille pour la présidence promet ! Stéphane Lippert: Merci Christian. |