|
Irak: les excuses de Tony Blair Alors qu'aux États-Unis le New-Yorker publiait ce dimanche 9 mai 2004 une nouvelle photo accablante de sévices infligés à des détenus irakiens et que, selon le ministre américain de la défense, "le pire était encore à venir", la Grande-Bretagne est à son tour éclaboussée par ce scandale. Répondant à la demande pressante de tous les partis du Royaume-Uni, le secrétaire à la défense, Geoff Hoon, devrait faire lundi 10 mai une déclaration devant les Communes où il sera interrogé sur les inquiétudes exprimées dés le mois de février dernier par le CICR quant au traitement des détenus dans les prisons contrôlées par les Britanniques dans le sud de l'Irak. Le Premier ministre britannique, Mr Tony Blair, au terme d'une rencontre avec le président Chirac où les deux hommes avaient partagé leur vision de l'Europe avec 400 étudiants britanniques et français à l'Élysée, dans le cadre de la Journée de l'Europe, discussion placée sous l'égide de l'anniversaire du centenaire de l'Entente cordiale entre les deux pays, a tenu à présenter les excuses de son pays. « Nous avons déjà dit avec une absolue clarté que nous présentions nos profondes excuses à quiconque aurait été maltraité par n'importe lequel de nos soldats. (...) C'est tout à fait inacceptable de la part d'un soldat britannique ou américain, de qui que ce soit participant à la coalition", a déclaré Tony Blair sur la chaîne de télévision française France 3. "Nous sommes allés en Irak pour mettre un terme à ce genre d'abus, pas pour nous y livrer", a-t-il poursuivi dans un entretien exclusif accordé à Christian Malar, Rédacteur-en-Chef et éditorialiste de politique étrangère à France 3, dont nous reprenons ci-dessous l'un des trois extraits diffusés par France 3. L'entretien s'est déroulé à la résidence de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Courtoisie Christian Malar. L'extrait qui suit a été diffusé dans l'édition du 19/20 du 9 mai 2004 présenté par Louis Laforge. (Texte intégral).
Louis Laforge, présentateur du 19/20 Louis Laforge: ... Le gouvernement britannique fait l'objet de pressions de plus en plus fortes pour publier un rapport confidentiel de la Croix-Rouge sur le traitement des détenus irakiens. Le Premier ministre Tony Blair de passage aujourd'hui à Paris, qui reste le meilleur soutien de George W. Bush, a présenté à son tour ses excuses . Je vous propose de l'écouter au cours de l'entretien qu'il a accordé à Christian Malar.
Tony Blair: Nous présentons nos excuses à tous ceux qui ont été maltraités par nos soldats. C'est absolument inacceptable. Ceux qui sont responsables de tels actes et qui se sont comportés de façon répugnante seront punis selon les règles de la discipline militaire. Encore une fois, j'espère que les gens comprendront que ce n'est pas la façon dont se comporte la majorité de nos soldats. Les activités honteuses de quelques uns ne doivent pas nous détourner du travail accompli par la grande majorité.
Christian Malar: Le président Chirac a déclaré récemment qu'il n'y aurait pas de reconstruction de l'Irak sans transfert de souveraineté sous le contrôle total de l'ONU, c'est à dire sans direction opérationnelle américaine. Êtes-vous d'accord avec lui ?
Tony Blair: Le nouveau nouveau gouvernement irakien et les forces de la coalition seront obligés d'avoir des relations. Pour les Américains et nous mêmes, plus tôt nous quitterons un Irak stable et mieux cela sera. Tout ce que nous voulons, c'est ce que veut la majorité des Irakiens. Les Irakiens ont droit à leur souveraineté. Les forces de la coalition devraient rester avec l'autorisation du gouvernement irakien pour résoudre les problèmes de sécurité. Quand ces problèmes seront résolus, nous partirons.
Nous ne souhaitons occuper aucune partie de l'Irak sans le consentement du gouvernement irakien. Nous voulons juste nous assurer que les Irakiens aient la sécurité dont ils ont besoin. C'est la seule raison de notre présence là-bas.
|