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A propos de "Stratégie" Par l'Amiral Guy Labouérie, membre de l'Académie de Marine (1). Brest, le 12 février 2005 (©).
On confond souvent la “Stratégie” avec la conduite d’opérations ou avec de multiples approches plus ou moins directes de l’Action en tant que telle, quand ce n’est pas en la fusionnant avec le Projet qui fixe les finalités. Il y en a de multiples définitions, depuis les stratégies commerciales ou des armements, jusqu’à la stratégie nationale d’un pays comme aux États-Unis qui est son Projet politique général.
C’est ce qui, en
fonction de l’intelligence de la situation de rencontre avec un ou plusieurs
Autres, conséquence obligatoire de tout Projet dans un monde fermé, inspire
l’action proprement dite sur le terrain en proposant, pour la gagner, une idée
générale de manœuvre (Amiral Castex). Elle est de l’ordre de “Métis”, l’Idée,
l’invisible. En s’amusant à paraphraser Seguela à propos de la créativité, on
pourrait dire que “La stratégie, c’est comme le Yeti. Personne n’a jamais vu ce
dernier, mais il suffirait qu’il rentre dans cette pièce pour que chacun le
reconnaisse.” D’où la recherche permanente d’une définition précise de la
stratégie. Cette concrétisation existe, dans le dispositif qu‘elle inspire, clé
de la réussite ou de l’échec, plus encore que les moyens mis à disposition,
dispositif avec lequel elle est régulièrement confondue, sans rien enlever au
mystère de son élaboration et à celui des rares “stratèges” méritant ce titre.
Les Grecs l’avaient
compris il y a près de 3000 ans, et Sun Tse, autre général bien plus convaincant
sur le terrain hétérogène fermé et immense de la Chine, en est d’accord.
Clausewitz est intéressant culturellement, il fournit des pistes de réflexion
sur la conduite d’opérations dans un espace restreint, mais tout a changé, et il
vaudrait mieux regarder comment se comportent des humains dans un espace clos au
fur et à mesure de l’augmentation de leur nombre. Dès lors qu’on saurait ce que
l’on veut, on y trouverait, peut-être plus facilement que dans le rationalisme
du XIXème siècle, comment agir face aux divers terrorismes, à l’économie
criminelle et aux menaces du XXIème. Guy Labouérie (1) L'Académie de Marine a été fondée en 1752. Dissoute comme toute ses consoeurs pendant la Révolution, elle n'a été réactivée qu'en 1921. Son siège est à Paris. Lire également du même auteur:
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