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Clemenceau : La France victime du "politiquement correct" Le Clemenceau : pris entre le marteau et l’enclume médiatique, "le Clem" ancien fleuron de la Marine nationale aura permis à certains de nous montrer leurs talents. Les uns en ayant acquis la certitude d'avoir fait tout leur travail, comme si le savoir-faire aujourd'hui était plus important que le faire-savoir. Les autres satisfaits d'avoir pu assouvir une basse vengeance qui ne dit pas son nom contre la France et son image de marque dans le monde, en participant - pour certains en toute connaissance de cause - à une campagne, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'est pas à l'honneur de la presse française. Encore une fois, certains "journalistes d'investigation" nous ont montré leur savoir-faire. Oui, il fallait s'interroger sur le fait de savoir si le Clemenceau représentait un risque pour la santé de milliers de travailleurs indiens du chantier d'Alang, mais utiliser pour cela des images d'archives datant de 1994 (reportage de Thalassa) ou de 1998 pour traduire une réalité de 2006, sans les dater - obligation pourtant faite aux chaînes de télévision par le CSA - est une véritable honte. Un procédé indigne d'une profession qui ose parler de déontologie. On espère qu'un ministre, mais lequel, aura le courage politique de déposer une plainte. Et que les coupables seront sanctionnés. Greenpeace n'a eu aucun problème pour trouver dans notre pays de tels alliés. « Une fois l’écume médiatique retombée » gageons comme l'a souligné le ministre de la défense devant les députés et devant les sénateurs que l'on reviendra « sérieusement sur les problématiques de fond soulevées à l’occasion des décisions qui ont été prises concernant l’ex-Clemenceau. » Dans une tribune libre publiée par notre confrère Le Monde, le 21 février 2006, Francis Vallat, président de l'Institut Français de la Mer pose des questions auxquelles il faudra bien un jour répondre. (1) Paris le 23 février 2006.
Francis Vallat - Photo IFM
L'Institut Français de la Mer, totalement indépendant et qui se veut le parti de la mer hors de tout a priori politique comme en témoignent ses instances où toutes les opinions et sensibilités sont représentées, estime de son devoir de prendre le risque de rétablir certaines vérités, et de poser quelques questions.
Certes, l'image de notre pays est malmenée. Certes, les déclinologues ont su une nouvelle fois exercer avec leur talent coutumier leur liberté de décliner le déclin de la France. Certes, les politiques ont réagi avec difficulté et la "grande muette" ne pouvait dans une guerre des mots ne rester que désarmée. L'IFM lui ne peut que réaffirmer avec force sa conviction que la communauté maritime française, et au premier rang la Marine Nationale, a fait preuve dans cette opération d'un esprit de responsabilité bien mal récompensé mais incontestable. Et voilà comment la France entière se croit "piteuse ou honteuse" alors qu'elle pouvait et aurait dû être fière de tous les efforts qu'elle a déployés dans ce dossier très difficile. Francis Vallat
(1) Tribune libre que nous reproduisons ici avec l'aimable autorisation de son auteur et du Monde. |