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Nicolas Sarkozy à Berlin : pour la France, l'amitié franco-allemande est sacrée

Nicolas Sarkozy à Berlin : pour la France, l'amitié franco-allemande est
sacrée
Déclarations d'Angela Merkel,
Chancelière fédérale et de Nicolas Sarkozy, Président de la République,
au cours d'une conférence de presse conjointe. Le président français a choisi de
se rendre le jour même de sa prise de fonction à l'Élysée dans la capitale
allemande. Au delà du symbole, cette visite a été marquée par une première
rencontre de travail franco-allemande à Berlin.
Source:
Palais de l'Élysée, Paris et
Bundeskanzleramt,
Berlin, le mercredi 16 mai 2007.

La Chancelière Angela Merkel et le
président Nicolas Sarkozy à la Chancellerie
-
La Chancelière d'Allemagne, Mme Angela Merkel: Bonjour Mesdames, Messieurs,
Monsieur le Président, Monsieur Sarkozy,
J'ai le plaisir d'accueillir le nouveau Président de la République française,
Monsieur Nicolas Sarkozy.
Monsieur le Président, Cher Nicolas,
C'est une très grande joie pour moi que nous puissions nous rencontrer,
aujourd'hui, lors de ton premier jour et je crois que c'est un signe de
l'exceptionnelle amitié franco-allemande, sur laquelle nous pouvons bâtir que
nous voulons poursuivre.
Et, si on se remémore l'histoire des dernières décennies, cette amitié
franco-allemande est un miracle, un miracle qui a rapproché les hommes et les femmes de nos
pays. Cette rencontre d'aujourd'hui est un signe. Sois le bienvenu ici à la
Chancellerie à Berlin.
Je voudrais poursuivre la coopération franco-allemande avec le nouveau Président
de la République, Nicolas Sarkozy. Je voudrais l'approfondir et travailler dans
l'esprit de nos deux pays, dans l'esprit de l'Union européenne pour enregistrer
des progrès. Dans notre action, il s'agira toujours de préserver la paix et la
liberté en Europe, de contribuer à ce que le monde soit plus libre et plus
pacifique, que la prospérité, la démocratie soient assurées pour nos deux
peuples, pour l'Europe et pour le plus grand nombre d'hommes et de femmes dans
le monde.
Nous allons nous mettre au travail, dès aujourd'hui, car nous avons beaucoup de
pain sur la planche. Nous allons faire en sorte qu'en Europe, qu'au Conseil
européen du mois de juin, -je suis Présidente du Conseil européen-, nous avons
des responsabilités importantes à l'occasion des cinquante ans du traité
européen.
Nous avions annoncé que d'ici les élections du Parlement européen en 2009, nous
mettrions l'Union européenne sur une nouvelle base contractuelle en fixant le
cap pour l'avenir et je considère, et je suis tout à fait convaincue, que nous le
ferons dans la plus étroite des concertations entre nous. Je suis convaincue que
nous appliquerons un certain nombre de grands principes, ce qui nous permettra
au Conseil de juin, de faire un pas de plus en avant, et nous commencerons à en
parler aujourd'hui.
Demain c'est le Sommet de l'Union européenne avec la Russie, et nous en
parlerons dès ce soir, et nous aurons bien sûr des échanges sur les grands
dossiers internationaux.
Mais, je voudrais saisir l'occasion pour dire mes remerciements de ce geste, que
constitue cette visite de ce soir à Berlin, qui montre que l'Allemagne et la France ont
besoin l'une de l'autre. L'Allemagne et la France sont unies par une profonde
amitié. Comme nous nous connaissons déjà un peu, je suis convaincue que ce sera
une très bonne coopération qui apportera des progrès pour les hommes et les
femmes de nos pays.
Bienvenue à Berlin.

La Chancelière Angela Merkel et le
président Nicolas Sarkozy face à la presse
En ce jour où je prends officiellement mes fonctions de Président de la
République française, j'ai tenu à venir saluer le Gouvernement et le peuple
Allemand, au nom du peuple Français. Ce geste, c'est d'abord un geste d'amitié.
Mais ma présence aujourd'hui à Berlin, à bien évidemment, aussi, une
signification politique. En venant à Berlin, dès ma prise de fonction, je n'ai
pas voulu seulement, accomplir un geste symbolique, j'ai voulu exprimer mon
souhait que nous nous mettions tout de suite au travail, car il y a urgence à
agir.
La première urgence, c'est de sortir l'Union européenne de sa paralysie
actuelle. Il est nécessaire pour cela que l'Allemagne qui exerce aujourd'hui la
présidence de l'Union européenne et la France, qui a toujours été son partenaire
privilégié en Europe s'entendent. S'épaulant l'une l'autre, l'Allemagne et la
France ont naturellement une influence plus grande sur les affaires de l'Europe
et du monde, que lorsqu'elles agissent séparément.
La deuxième urgence est celle qui a trait à la coopération industrielle entre
nos deux pays et naturellement d'abord, le dossier EADS. Il me paraissait donc
nécessaire que nous ne perdions pas une minute. C'est ce que je suis venu faire,
dès aujourd'hui, avec Angela Merkel.
Vous l'aurez compris, la politique de la France telle que je la conçois, ne sera
pas marquée du sceau de l'attentisme, ni en matière de politique intérieure, ni
en matière de politique européenne, ni en matière de politique étrangère.
Je ne crois pas que les problèmes trouvent de meilleures solutions quand on
attend plus longtemps pour les traiter. A ceux qui me disent, à chaque fois
qu'une question compliquée se pose, qu'il faut attendre pour essayer de lui
trouver une réponse, moi, je veux leur dire : « attendre, mais attendre quoi ?
que cela aille encore plus mal, que cela soit encore plus difficile, que nos
compatriotes souffrent un peu plus ? ». A trop attendre, on prend le risque que
les choses deviennent beaucoup plus compliquées. A trop attendre, on prend le
risque que cela finisse par être trop tard.
Les relations franco-allemandes et les sujets sur lesquels nous avons, Allemands
et Français à travailler ensemble, sont si importants que l'attentisme, que
l'immobilisme, que le conservatisme ne peuvent pas être des solutions, et après
ce premier tour d'horizon, je suis sûr qu'en nous mettant au travail, nous
arriverons, Angela Merkel et moi à des résultats. C'est en tous cas mon souhait
le plus cher. J'ai la conviction que le Gouvernement allemand le souhaite aussi
tant la période d'incertitude inhérente à toute campagne électorale, a accru le
retard que nous avons pris.
Chère Angela, j'ai grande confiance en toi, j'ai beaucoup d'amitié pour toi, et
j'ai parfaitement conscience des responsabilités qui sont les nôtres, pour être
à la hauteur de tous ceux qui dans le passé ont construit l'amitié entre
l'Allemagne et la France.
L'Europe attend que nous prenions des initiatives. Je suis venu en Européen, en
ami, avec la claire conscience qu'il faut des résultats et que nous n'avons plus
le temps.
Je te remercie de m'avoir invité.
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