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Sainte-Geneviève et le patron des gendarmes Intervention de M. Claude Guéant, Ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration lors de la Fête de la sainte Geneviève.[1] Hôtel national des Invalides, mercredi 7 décembre 2011. Source : Place Beauvau. Paris le 7 décembre 2011. (Seul le prononcé fait foi). Mesdames et Messieurs, En venant ce matin fêter avec vous la sainte Geneviève, c’est l’attachement et la considération de toute la Nation que je suis venu vous exprimer. Je veux, avant toute chose, avoir une pensée particulière pour tous ceux de vos camarades qui ont perdu la vie ou ont été blessés en mission au cours de l’année écoulée. Leur exemple souligne toute la grandeur et le courage de l’engagement de gendarme, cet engagement qui demande parfois de pousser l’abnégation et le dévouement jusqu’à sacrifier sa vie à son devoir. Au-delà de leur exemple, je veux saluer aujourd’hui l’engagement de chacun d’entre vous : que vous soyez civils ou militaires, que vous apparteniez au service d’active ou à la réserve, que vous serviez en métropole, en Outre-mer ou en opérations extérieures, vous faîtes, tous, preuve d’un investissement admirable au service de nos concitoyens. L’unanimité de votre engagement dépasse la diversité de vos métiers. Réunis aujourd’hui dans la variété de vos uniformes, vous illustrez pleinement la cohésion de votre corps. La gendarmerie est un corps à l’identité affirmée, centrée sur la protection de nos concitoyens. Cette identité mérite d’être perpétuée.
Elle se distingue en premier lieu par sa capacité à évoluer sur un champ de missions très large allant de la préservation de la tranquillité publique au rétablissement de l’ordre dans des situations très dégradées. Je pense, notamment, aux gendarmes engagés en opérations extérieures, en particulier en Afghanistan où les savoir-faire de la gendarmerie sont unanimement reconnus. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de saluer, le 26 août dernier, à l’hôpital Percy de Clamart, les 5 militaires rapatriés après avoir été blessés dans un attentat au moyen d’un engin explosif improvisé alors qu’ils circulaient en VAB. Outre son adaptation aux situations les plus dégradées, la gendarmerie se distingue aussi par son maillage étroit du territoire et sa capacité à entretenir une relation de confiance et de proximité avec la population qui lui est confiée. Vous le savez, j’attache une importance particulière à l’entretien et au développement de liens étroits entre les forces de sécurité et nos concitoyens. Cette relation avec la population est au cœur du modèle de la gendarmerie :
C’est précisément parce que je reconnais et que j’apprécie les atouts propres de la gendarmerie que je suis définitivement hostile aux propositions qui ont été récemment relayées de la fusionner avec la police dans une grande force de sécurité intérieure. La force de notre modèle de sécurité intérieure repose sur la complémentarité de la police et de la gendarmerie. Cela ne doit pas changer.
Pour lui permettre de remplir au mieux sa mission de protection de nos concitoyens et pour mieux reconnaître le rôle qu’elle joue en matière de sécurité publique, le Gouvernement a conduit, via la loi du 3 août 2009, son rattachement au ministère de l’intérieur. Deux ans après, ce rattachement est un succès. Le rapport d’évaluation à deux ans de la loi du 3 août 2009 souligne ainsi la bonne intégration de la gendarmerie au sein du ministère et conforte la dualité d’un système de sécurité à la française, le statut militaire de la gendarmerie constituant une condition du maintien de ce dualisme. Outre les efforts de chacune des deux forces pour mieux travailler ensemble, mutualiser ce qui peut l’être et améliorer leur coordination [via la coopération renforcée des agglomérations et des territoires], le succès de cette réforme s’explique aussi par l’attention portée par le Gouvernement au maintien de l’équilibre entre police et gendarmerie. Depuis deux ans ainsi, en application du principe de parité globale, chaque mesure prise en faveur d’une des deux forces fait automatiquement l‘objet d’une étude d‘impact afin de préserver l’équilibre avec l’autre force.
Dans le contexte de crise économique mondiale et de contrainte budgétaire qui s’impose aujourd’hui à notre pays, il est normal que tous les services de l’État participe à la maîtrise des dépenses publiques. Mais maîtriser ne signifie pas paralyser. C’est pourquoi j’ai veillé à préserver le budget de fonctionnement courant des services opérationnels de la gendarmerie. En outre, je me suis engagé à dégager les gendarmes d’un certain nombre de charges indues qui pesaient sur leurs capacités à se concentrer sur leur cœur de métier, à savoir la prévention et la répression de la délinquance. C’est pourquoi je suis attentivement les progrès effectués dans :
Ces avancées sont encourageantes. Elles vous incitent à rester mobilisés sur vos objectifs pour la sécurité de nos concitoyens.
Il me paraissait important, aujourd’hui, de rappeler que, dans un contexte pourtant contraint, les promesses faites aux militaires de la gendarmerie nationale ont été tenues. Mesdames et Messieurs, Pleinement conscient de l’apport de la gendarmerie à notre pays, le Gouvernement s’engage pour préserver et valoriser son modèle. En cette fête de la sainte Geneviève, occasion de vous retrouver avec vos anciens, vos proches et vos familles, soyez pleinement assurés de la confiance du Gouvernement et de l'estime des Français. À l’image de votre sainte patronne, continuez à avancer dans le service de nos concitoyens avec dévouement, courage mais aussi confiance tranquille et patience sereine. Je vous remercie et vous souhaite une excellente Sainte-Geneviève. Statue de sainte Geneviève par Pierre Hébert Notes : [1] La Gendarmerie célèbre traditionnellement Sainte Geneviève le 26 novembre en souvenir "du miracle des ardents". Le pape Jean XXIII, par un rescrit en date du 18 mai 1962 désigne solennellement Sainte Geneviève comme "patronne de la Gendarmerie", dont il avait pu apprécier les engagements et le sens du service lorsqu'il était nonce apostolique à Paris. Fille unique de Severus, probablement un Franc romanisé et de Géroncia d’origine grecque, elle aurait hérité en tant que fille unique de la charge de membre du conseil municipal (curia) détenue par son père, qu’elle aurait exercée tout d’abord à Nanterre, puis à Paris après son installation dans cette ville chez une « marraine » influente. Elle se voue très jeune à Dieu et est très vite remarquée par Saint Germain d'Auxerre et Saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre en 429 (voir histoire de Église Saint-Germain-de-Charonne), à l'occasion de leur voyage vers la province romaine de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle). Elle mène une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans. Selon la tradition, lors du siège de Paris en 451, grâce à sa force de caractère, Geneviève, qui n’a que 28 ans, convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Elle encourage les Parisiens à résister à l’invasion par les paroles célèbres : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. » De fait, Attila épargnera Paris. Une autre hypothèse controversée prétend qu'elle aurait averti l'envahisseur d'une épidémie de choléra sévissant dans la région. Enfin, par ses liens avec les Francs, intégrés au dispositif romain, elle aurait pu savoir qu'Attila voulait s'attaquer d'abord aux Wisigoths en Aquitaine, et ne voulait sans doute pas perdre du temps devant Paris. Dans tous les cas, le plus important était d'empêcher les Parisiens de risquer leur vie en fuyant. En 465, elle s'oppose à Childéric Ier qui met le siège de Paris en parvenant à ravitailler plusieurs fois la ville, en forçant le blocus. Elle fait bâtir une église sur l'emplacement du tombeau de saint Denis, premier évêque de Lutèce. Elle convainc également Clovis, dont elle a toujours été une partisane, de faire ériger une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le "mons Lucotitius" (qui porte aujourd'hui le nom de montagne Sainte-Geneviève), dans le Ve arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin. Elle meurt en 512, à l'âge de 89 ans, dans l'ermitage de Paris, et est enterrée dans cette même église aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples. L'église est d'abord confiée à des bénédictins, puis à des chanoines séculiers : c'est l'Abbaye Sainte-Geneviève de Paris, dont le clocher est encore visible dans l'enceinte du lycée Henri-IV (ce clocher est connu sous le nom de "Tour Clovis"). La châsse est honorée dans l'église Saint-Étienne-du-Mont, près du Panthéon. Il s'agit d'une nouvelle châsse, l'ancienne ayant été fondue en 1793. Elle ne contient plus de restes de Geneviève, ceux-ci ayant été brûlés place de Grève à la même époque. Geneviève est considérée par les catholiques comme la sainte patronne de Paris, du diocèse de Nanterre, elle est fêtée par eux le 3 janvier. La Gendarmerie nationale, dont elle est également la sainte patronne,[3] la fête, quant à elle, le 26 novembre, date du « Miracle des ardents ». (Source : Wikipedia). [2]
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