Renseignement:
Un gouvernement (bien) renseigné en vaut deux. Mieux vaut donc disposer en
matière de lutte antiterroriste de services compétents et encore faut-il que le
politique sache tirer profit des informations transmises avant de prendre les
bonnes décisions qui lui incombent. Dans nos démocraties occidentales, le
renseignement est "un moyen et non une fin" comme le rappelle
Bruno Delamotte dans son dernier livre: "Question(s)
d'intelligence: le renseignement face au terrorisme", publié le 28 mai 2004
aux
Éditions Michalon, un ouvrage dont on peut être sûr qu'il ne laissera pas
les professionnels indifférents. Il y compare l'outil de renseignement français
et l'utilisation qui en est faite avec les énormes moyens dont disposent les
agences fédérales américaines.
Bénédicte Suzan, Chargée de recherche à la
Fondation Méditerranéenne d'Études Stratégiques et co-auteur de plusieurs
études sur le contre-terrorisme en France et au niveau européen avec Jeremy
Shapiro, directeur associé du
Centre sur les États-Unis et l'Europe de la célèbre
Brookings Institution nous en fait une lecture critique. Au même moment en
Bavière, les experts de 15 pays se retrouvent au
château de Wildbad Kreuth pour confronter leurs difficultés et leurs
expériences dans ce domaine crucial pour
rendre les réformes engagées plus pertinentes et le renseignement plus
offensif à l'invitation de la
Fondation Hanns-Seidel.
Cinéma
et politique: Les États-Unis ont remporté le 22 mai 2004 la palme d'or au 57ème
festival de Cannes. Michael Moore a donc renouvelé l'exploit réalisé la dernière
fois en 1956 par Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle en décrochant ce trophée
pour leur film documentaire sur "le monde du silence". Le réalisateur américain
avec son film "Fahrenheit 9/11" a maintenant acquis la certitude de pouvoir
diffuser son film aux États-Unis.
Mickey en censurant Michael Moore a fait de lui une victime doublée d'une
célébrité. Quelle que soit la part de vérité dans ce film, il aura le mérite
incontestable d'exposer certains liens inavouables entre le monde politique et
celui des affaires, des liens troublants mêlant intérêts américains et
saoudiens. Mais la volonté affichée d'en faire un "documentaire anti-Bush" et la
présence aux côtés de Michael Moore de José Bové à Cannes, sans oublier certains
membres américains du jury connus pour leur "engagement politique", nous
condamnent à voir ce film documentaire avec des yeux critiques. La règle d'or
veut que les faits et les commentaires doivent être séparés. D'autant que "la
photo s'invite à la guerre", comme l'écrit François-Bernard Huyghe dans
une tribune publiée dans Libération. "L'Amérique en est arrivée à ne plus
contrôler l'image qu'elle veut donner d'elle-même".
Avec le talent qu'on lui connaît, le directeur de l'Observatoire d’infostratégie
explique qu'à cause "des télés satellitaires arabes, sur le Net ou du fait de
ses propres médias, l'Amérique ne contrôle plus ce qui est visible, donc
crédible dans le conflit. La preuve par l'image se retourne contre la société
des images dans sa lutte pour le
cœur et
l'esprit des hommes ..."
Guerre
en Irak: Pour
toutes ces raisons, le pays qui a inventé Hollywood est en train de
perdre la guerre de l’information. Une guerre en Irak qui se déroule
sur trois niveaux : militaire, médiatique et symbolique. On peut bien sûr
réfléchir sur la guerre en général et sur celle d'Irak en particulier, mais
la situation en Afghanistan est-elle plus brillante ?
François-Bernard Huyghe se veut très pessimiste sur les raisons qui rendent
à long terme cette
Quatrième Guerre Mondiale ingagnable et une paix impensable. Cette fameuse
GWOT (Global War on Terrorism) était censée à la fois faire disparaître ces
fameuses Armes de Destruction Massives et rétablir la démocratie en Afghanistan
et en Irak ! Pour cela, il fallait sans doute s'en donner les vrais moyens et le
faire avec le plus grand nombre de pays possible.
Quand on fait appel à des apprentis sorciers, à des équipes de propagande ou à des cabinets spécialisés dans la "communication gouvernementale" qui se substituent aux services officiels au lieu de jouer une certaine transparence au pays de la démocratie, il faut s'attendre à ce que le soufflet retombe un jour, à Washington comme ce fut le cas à Londres. Le "wishful thinking" ne remplacera jamais les faits.
Manipulation: Et
si l'on cherche une critique américaine sur le fond, qui, elle au moins, soit
absente d'arrière-pensées politiques, pour expliquer
les dix grandes erreurs commises en Irak, dont certaines sont d'autant
inexcusables qu'elles étaient prévisibles, les propos tenus par le
général Anthony Zinni le 12 mai 2004 constituent un véritable réquisitoire.
Héros de la guerre du Vietnam, le successeur du général Schwarzkopf qui avait
servi pendant un temps d'envoyé spécial au Proche-Orient a rompu avec
l'administration Bush après le déclenchement de la guerre en Irak. Ce n'est
certes pas la première fois
qu'un officier général dit haut et fort ce qu'il pense, écoeuré de voir un tel
"désastre". C'est en tout cas une première de voir un ancien chef du corps des
Marines réclamer la tête de son ministre de tutelle et de son entourage.
Dans un livre paru le 24 mai 2004, écrit avec Tom Clancy et Tony Koltz,
l'ancien Commandant en Chef du Central Command de 1997 à 2000 précise à propos
de ceux qui ont organisé et conduit cette guerre en Irak: "au
minimum, j'y ai vu un vrai manquement au devoir, de la négligence et de
l'irresponsabilité; au pire, du mensonge, de l'incompétence et de la corruption".
François-Bernard Huyghe dans
le Monde du 13 mai, posait cette question de fond: "comment l'hyperpuissance
devient-elle l'hypercible?
La machine américaine à se faire des ennemis et la machine à ressentiment arabe et musulmane sont en phase. La première fournit à la seconde un territoire pour se battre, des griefs, des objectifs et des motifs pour recruter. La seconde offre à la première de quoi nourrir sa paranoïa: il faut en finir avec 'ceux qui haïssent la liberté'. Et le tout se nomme guerre perpétuelle.

Armes
de déstruction masives: DM :Pour
ce qui est des Armes de Destruction Massives, l'ambassadeur suédois Hans Blix,
en bon diplomate, ne va pas jusqu'à dire que George Bush et que Tony Blair nous
ont menti, mais qu'ils
nous ont induit en erreur. La nuance a son importance. "Mentir signifierait
qu'il l'auraient fait consciemment. Je n'ai pas de preuve pour dire cela. Là où
je serai plus dur, c'est qu'ils n'ont pas exercé davantage de sens critique.
S'ils avaient procédé de la sorte, ils auraient été plus prudents dans leurs
propos."
De passage à Paris, le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU, qui publie un livre sur "les Armes introuvables" aux Éditions Fayard, n'a pas caché le fond de sa pensée à Christian Malar. La lecture du livre est en tout cas édifiante sur les intentions américaines d'intervenir en Irak, avec ou sans l'ONU.

La
4ème Guerre Mondiale: Au
fait, cette
4ème G.M. a-t-elle commencé le 11 septembre 2001? Jean-David
Levitte dans un discours très remarqué à l'Elliot School of International
Affairs de l'Université Georges Washington explique que les Français comprennent
mal cette "guerre au terrorisme" et qu'ils préfèrent "faire la guerre aux
terroristes". Là encore, la nuance est de taille et
le choix des mots n'est jamais innocent. Les Américains ont donc lâché Ahmed
Chalabi, naguère la coqueluche irakienne des néo-conservateurs. Ce banquier, qui
fait l'objet de poursuites judiciaires en Jordanie, avait alimenté de violentes
campagnes anti-françaises notamment avec ses relais à Washington, parmi lesquels,
on com
pte
un quarteron de "plumitifs" dont le fonds de commerce était d'écrire des livres
vantant "la trahison de la France". Des chaînes complaisantes, même si elles
demeurent relativement confidentielles aux États-Unis, comme Fox News, les ont
invités régulièrement en les présentant comme des "journalistes d'investigation".
Trop c'est trop, après les sites orduriers anti-français, allemands, belges et
canadiens qui ont proliféré ("Fuck the French.com" pour en citer un qui vient
enfin de fermer ses portes) – au-delà d'une certaine obsession, il y a
décidément une sous-culture américaine qui est tenace –
Jean-David Levitte, ambassadeur de France aux États-Unis, après
André Flahaut, ministre belge de la défense, a estimé à son tour devoir
réagir et rappeler quelques vérités premières en s'exclamant: «
Give France a Break », ce qui en langage non diplomatique pourrait se
traduire par "lâchez nous un peu les baskets". "Today Baghdad, Tomorrow Paris"
sur la tourelle d'un char américain laissait déjà présager des lendemains
difficiles lors de l'invasion de l'Irak...
Irak: Côté
britannique, le Premier Ministre a su trouver les mots justes en présentant des
excuses pour tout acte éventuellement répréhensible qui aurait été commis. Au
cours d'une interview exclusive avec Christian Malar sur
France 3, Tony Blair a dit avec conviction: «Nous
sommes allés en Irak pour mettre un terme à ce genre d'abus, pas pour nous y
livrer.» Repris très largement dans le
monde entier, cet entretien qui précédait de quelques jours la découverte d'un
montage photographique scandaleux visant à discréditer des soldats britanniques
et l'arrestation des quatre coupables a fait baisser la tension d'un cran. Mais
la participation britannique en Irak et surtout l'alignement inconditionnel de
George Bush sur Ariel Sharon sont loin de faire l'unanimité en Grande-Bretagne.
C'est ainsi que 52 diplomates du Foreign Office à la retraite ont reproché le 26
avril 2004 à Tony Blair de s'être aligné sur les États-Unis pour une politique "vouée
à l'échec" au Moyen Orient en demandant un "réexamen fondamental", ce qui n'est
pas rien.
Une mise en garde qui intervient après une levée de boucliers d'une soixantaine de diplomates américains de haut rang, inquiets de la dérive en cours, critiquant une politique ostensiblement pro-israélienne qui non seulement ne sert pas les intérêts américains, mais discrédite les États-Unis dans le monde arabo-musulman, tout en desservant les intérêts israéliens.
Qu'il s'agisse
de l'Irak ou du Proche-Orient, Tony Blair est bien mal payé en retour pour le
soutien sans faille qu'il a apporté à George Bush. Mais le gouvernement
britannique a au moins la volonté de chercher rapidement en Irak une sortie de
crise honorable, dans la mesure du possible.
Sir Jeremy Greenstock, l'émissaire spécial britannique en Irak, de passage à
Paris, a confié à Christian Malar qu'il ne se faisait guère d'illusions sur les
chances de voir les échéances fixées fin juin par Washington respectées. Il
faudra laisser, selon lui, plus de temps au temps pour stabiliser l'Irak.
La
nature a horreur du vide: Le président américain, en campagne électorale
accumule les revers. Sa réélection ne semble plus assurée "dans un fauteuil".
George W. Bush donne surtout l'impression, comme le dit Christian Malar, de
n'avoir
aucun plan précis pour sortir de la crise et stabiliser l'Irak. Son
challenger démocrate ne fait pas mieux. La situation en Irak est militairement
difficile sur place et elle est politiquement désastreuse à Washington et dans
le monde après les révélations qui ont entaché l'honneur de l'US Army par la
faute de quelques-uns. Ce mélange des genres, l'emploi de supplétifs sans
véritable formation, l'emploi de mercenaires ou de forces plus ou moins
spéciales n'est pas du goût des militaires professionnels qui ont, les premiers,
alerté une hiérarchie dont le sommet a préféré ne rien entendre. La crédibilité
du président et de son ministre de la défense est désormais sujette à caution.
On voit mal à Istanbul au prochain sommet de l'OTAN décider la création d'une
force dirigée par un général américain…Dans le monde arabe, l'incompréhension a
fait place à un sentiment d'abandon.
Proche-orient:
Comment
éviter le chaos au Proche-Orient ? Le 19 avril, de passage à Paris, le président
Hosni Moubarak tirait une nouvelle fois la sonnette d'alarme après le tête à
tête d'Ariel Sharon avec George W. Bush. Le Roi de Jordanie en visite aux
États-Unis reportait sa visite à la Maison-Blanche. La capture de Saddam Hussein
n’aura pas contribué au règlement du conflit israélo-arabe. "Les bonnes idées ne
manquent pas, mais elles ne sont jamais mises en pratique … Ce qui fait défaut,
ce sont les mécanismes de garanties". L'ambassadeur de la Ligue arabe à Paris,
Nassif Hitti, invité du Club de la Presse franco-américain relève deux
paradoxes: d’un côté "trop d’immobilisme", de l’autre "trop d’actions hâtives".
Une certitude pour cet homme de grande culture qui a son franc parler,
le temps est l'ennemi de la paix. La détérioration de la situation pourrait
en tout cas susciter l'émergence d'une troisième voie des pays du Sud,
la voie du petit dragon, pour reprendre l'éditorial de Richard Labévière sur
RFI.
Terrorisme: De toutes les récentes dépositions devant la Commission nationale d'enquête sur le 11 septembre qui, pour certaines, sont édifiantes, une se détache du lot, celle de l'ambassadeur J. Cofer Black, ancien directeur à la CIA du Contre-terrorisme qui reconnaît que quels que soient les moyens mis à la disposition des services, le politique a aussi sa part de responsabilité et pose cette question: "la seule façon de lutter contre le terrorisme est de s'attaquer aux problèmes qui créent le terrorisme". Des propos qui rappellent l'intervention de Jacques Chirac à la tribune des Nations unies: Le terrorisme prend souvent pour prétexte les frustrations nées de conflits non résolus.
Le
centenaire de l'Entente cordiale: La Reine Elizabeth II et le Duc
d'Edinbourg se sont rendus en France pour célébrer le centenaire de l'entente
cordiale.
La France sait tout ce qu’elle doit au Royaume-Uni. Au-delà du discours
officiel, et même des divergences, il est évident que
ce qui unit la France et le Royaume Uni est plus important que ce qui les sépare.
L'entente cordiale ou quand la sagesse l’emporte sur la passion, est
un accord qui allait jeter les bases d'une alliance décisive. Après un
siècle de relations franco-britanniques, parfois mouvementées, comme le
reconnaît non sans humour le Secrétaire au Foreign Office, Jack Straw,
nos accrochages les plus sérieux ont lieu sur les terrains de sport.
Algérie:
le président algérien Abdelaziz Bouteflika a été très confortablement réélu pour
un second mandat de cinq ans. Après des années difficiles, l'Algérie est
aujourd'hui sur la voie du redressement économique après avoir retrouvé la paix
civile. Au cours d'un entretien exclusif, une semaine avant le premier tour de
scrutin, le président Bouteflika s'est longuement entretenu avec Christian Malar
en lui disant quelles seraient ses trois priorités s'il était réélu. Le
président Chirac a tenu à se rendre à Alger au lendemain pour célébrer
un partenariat d'exception avec Alger et réaffirmer clairement le choix
d'une relation à la fois forte, ambitieuse et apaisée entre la France et
l'Algérie.
Europe: Et l'Europe dans tout cela ? Le 1er mai dernier elle s'est agrandie comme prévue. Il lui reste maintenant à s'organiser sans oublier de penser à sa sécurité et à sa défense. Noëlle Lenoir a parfaitement rappelé à Washington le rôle moteur joué dans ce domaine par la France et par l'Allemagne. La Grande-Bretagne à son tour est consciente de la nécessité de renforcer la capacité européenne en matière de défense. D'où un certain optimisme affiché par le général d'armée Henri Bentégeat, Chef d’état-major des armées françaises qui s'exprimait lors du séminaire trilatéral de formation sur la sécurité et la défense européenne organisé par l' IHEDN le 22 avril 2004, l'Europe est une question d'âme. Dans le nouvel environnement, il distingue "trois facteurs dominants, trois secteurs d'inquiétude et trois raisons d'espérer". De son côté, le ministre français, Michèle Alliot-Marie a rappelé les trois ambitions que devait avoir l'Europe pour préserver sa défense: être à même de défendre ses citoyens, ses intérêts et ses valeurs, partout où cela est nécessaire; avoir une capacité autonome d'appréciation et d'action et ne pas être dépendants sur les plans stratégique et technologique. Alors, pourquoi ne pas réfléchir sur l'Europe de l'Espace et la coopération transatlantique comme l'a fait Didier Compard.
Intelligence
économique: Mais
pour ce qui concerne la défense économique de l'Europe, le constat change de
nature. François Mitterrand disait que "l'Europe était en guerre avec l'Amérique
et qu'elle ne le savait pas".
L'Europe doit donc retrouver le goût de la conquête comme le suggère Bernard
Carayon, auteur du
rapport sur l'intelligence économique et faire mentir Valéry pour qui, déjà
en 1931, "l’Europe n’aspirait à être gouvernée que par une commission
américaine". "L’histoire industrielle européenne est aussi faite de renoncements
et de naïvetés politiques."…"La formation à l’intelligence économique ! Ici le
pire côtoie le meilleur… Quelques esprits lucides, isolés, longtemps inaudibles,
et puis beaucoup de charlatans au verbiage anglo-saxon, présentant des outils de
veille concurrentielle comme une méthode révolutionnaire ! On a confondu en
France la fin et les moyens". Espérons que la nomination d'Alain Juillet sera
dans ce domaine une prise de conscience de l'État de ses responsabilités et une
incitation européenne en la matière. On a vu comment certains fonds
d'investissement américains fragilisaient l'Europe de la Défense,
les enjeux sont considérables. Comme le
rappelle fort justement Sorbas von Coester, il serait peut être temps pour
l’Europe de
redéfinir ses priorités en termes de technologies spatiales, de guerre info-centrée
et d’Internet. Avant qu'il ne soit trop tard !
Géorgie: Il
y a encore seulement six mois,
qui s'intéressait à la Géorgie ? Elle était dirigée par Shevardnadzé, celui
que l'on appelait "le renard blanc", dernier ministre des Affaires étrangères de
l'URSS, ancien ministre de l'Intérieur de Géorgie. Avec les membres de son clan,
il s'était approprié et partagé le pays. Jusqu'au jour de novembre 2003 où "la
révolution des roses" conduite par Mikhael Saakachvili, ministre de la justice
en 2001, puis président du Conseil municipal de Tbilissi, avec pour programme
d'éradiquer la corruption et de redonner à son pays une orientation européenne,
a bouleversé la donne. Après des élections grossièrement truquées, Mikhael
Saakachvili et ses partisans investissent par milliers le Parlement, la rose au
poing. Le peuple descend dans la rue.
Shevardnadzé doit se démettre de ses fonctions. De vraies élections ont lieu le
4 janvier 2004
sous contrôle international.
Le charismatique Saakachvili l'emporte avec 96%
des voix, à l'immense surprise des Russes et des Américains. Le 25, il prête
serment, prend ses fonctions. En politique intérieure, sa priorité est de
remettre le pays au travail. Commence la guerre aux groupes mafieux et aux
voleurs, plusieurs anciens ministres ou hauts fonctionnaires sont arrêtés.
Certains ont le choix, entre restituer les sommes volées ou croupir en prison.
En politique étrangère, Mikhael Saakachvili entreprend dans la foulée une
tournée diplomatique qui le conduira à Strasbourg, Berlin, Moscou, Washington,
Bakou et Paris. En bon stratège, "Micha" a le sens du symbole et ignore la
langue de bois. A Strasbourg, il démontrera
la sincérité de son attachement à l'Europe.

C'est là qu'il a connu son épouse Sandra Roelofs, "sa seule rivale dans le cœur de son peuple" comme l'a écrit Patrick Forestier dans Paris-Match. Une Néerlandaise de choc, qui a appris à connaître et aimer son pays d'adoption, pour qui, "la Géorgie doit encore apprendre la démocratie". Les partisans de Micha à l'étranger se comptent aussi par milliers au sein de la diaspora. A New York, à Londres comme à Paris. A ceux qui interrogent le jeune président géorgien pour savoir "pour qui il roule", Mikheil répond comme il l'a fait à Xavier Lambrechts sur TV5: "Je ne suis pas proaméricain, je ne suis pas prorusse, je suis pro-européen parce que je suis géorgien".
Qu'on se le dise. Et il le répètera à Berlin, aux Allemands qui auront accordé une aide d'urgence à son pays en plein hiver alors que les Russes avaient coupé l'électricité et le chauffage... A Washington, au président Bush, à New York au siège des Nations unies, à Moscou, au président Poutine et bien sûr à Paris où "le courant est passé" avec Jacques Chirac.

La France, comme tous ses partenaires de l'Union européenne a promis à son tour d'être présente aux côtés de la Géorgie et de soutenir ses efforts pour la voir un jour prochain adhérer à part entière à l'Union européenne. En quittant Paris, Micha a demandé et obtenu de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin une faveur pour le moins inattendue. Que la France accepte de mettre à la disposition de la Géorgie son Ambassadeur à Tbilissi, Salomé Zourabichvili ! Il faut remonter au départ du général Milan Rastislav Stefanik pour Prague comme ministre de la guerre tchéco-slovaque pour trouver un tel exemple, sinon unique dans les annales diplomatiques, du moins exceptionnel...

Dix jours plus tard, celle que tout le monde appelle déjà Salomé, à Paris comme à Tbilissi, est déjà devenue "la vedette" du futur gouvernement qui devrait sortir des urnes au début du mois d'avril prochain, mais qui, compte tenu de la situation d'urgence, causée notamment par la crise adjare, a déjà été présentée au Parlement sortant et intronisée ministre des Affaires étrangères "faisant fonction".
Son premier discours officiel devant le corps diplomatique et devant les fonctionnaires de son ministère n'a pas étonné ceux qui la connaissent. La rupture totale avec le passé doit devenir une réalité. La Géorgie est un pays attachant où Européens et Américains, ensemble, peuvent travailler à faire de ce pays un modèle pour tout le Caucase.
C'est
à la fois ce qui inquiète tous les potentats, dictateurs et autres chefs de
guerre de l'ex-Union soviétique, mais sur le long terme, pour Moscou, c'est une
politique qui devrait s'avérer payante. Georgi Mamoulia, ancien diplomate
géorgien à Moscou, aujourd'hui universitaire et chercheur à Paris nous parle de
ce
désir d'Europe de la Géorgie et vient d'ouvrir le site Internet
france-georgie.org pour informer tous ceux qui le souhaitent des réalités et
de l'histoire d'un peuple qui, sans aucun doute, est un très ancien pays
chrétien et qui a connu depuis l'invasion des bolcheviks toute la barbarie que
l'on imagine, puis une indépendance retrouvée, mais confisquée par un
apparatchik aujourd'hui déchu. Aujourd'hui, la Géorgie souhaite retrouver toute
sa place dans le concert des nations européennes et jouer un rôle moteur dans le
Caucase. Une occasion pour les Européens et les Russes de montrer que le
développement économique allié à la lutte contre la criminalité organisée payent
plus que les économies parallèles gérées par des mafias, contrôlées par des
apparatchiks parasites; qu'elles génèrent à la fois le bien-être pour leur
population et des échanges profitables pour toutes les parties, hormis, espérons-le,
les malfrats !
En
matière de lutte contre le terrorisme un certain nombre de pays sont
particulièrement actifs. C'est le cas de la France, dont les moyens ne visent
pas à une surveillance systématique des communications dans le monde - il lui
faudrait pour cela décupler ses effectifs - mais à cibler des réseaux et à
traquer des adversaires identifiés et jugés potentiellement dangereux. La
réputation des moyens techniques de la DGSE française font de ce service un des
plus performants au monde. Le président Bush en personne leur a même rendu
un hommage appuyé à plusieurs reprises. Pour la première fois, le centre
d'écoutes de Domme en Dordogne a été ouvert à deux journalistes de
France 3, Pierre Babey et Éric Jeannet. Ils ont pu assister en direct
à l'interception de conversations téléphoniques émanant de terroristes
répertoriés et de fax prouvant une violation flagrante de l'embargo sur les
composants nucléaires. En matière de prolifération,
l'Iran est sous très haute surveillance.
Quand
on n'a pas les moyens de sa politique, il faut se contenter d'avoir la politique
de ses moyens. La France, pays allergique aux réformes doit néanmoins s'adapter
aux exigences modernes. Trouver "le format" qui convient semble impossible dans
ce pays, d'où les mécontentements catégoriels qui n'épargnent personne. Après
les médecins, les gendarmes, sans oublier des pompiers en colère se heurtant aux
forces de l'ordre. Contrairement à ce que beaucoup disent, la France n'a pas
trop de fonctionnaires, seulement ceux-ci sont rarement là où ils devraient être
et certains, comme les diplomates en poste à l'étranger bénéficient trop souvent
d’avantages dignes d’un autre âge. Pourtant, ces fonctionnaires des Affaires
étrangères n’ont pas hésité à descendre à leur tour dans la rue en menaçant de
recommencer. Dans
le Figaro, Bruno Delamotte analyse cette "misère
diplomatique", qui est tout sauf une maladie diplomatique.
En
voyage à l'étranger, dans le désert ou en mer, avec
WorldSpace vous pouvez désormais capter votre radio par satellite en qualité
numérique et même beaucoup plus. Le premier service de diffusion audionumérique
d'émissions d'information, d'éducation et de divertissement transmises
directement par satellite constitue une révolution qui n'est pas seulement
technologique. Les plus grandes radios internationales, des chaînes musicales
sont disponibles gratuitement et même des programmes éducatifs co-produits avec
l'UNESCO. L'objectif est de n'oublier personne, que l'on soit expatrié, dans des
zones rurales très éloignées, que l'on soit riche ou pauvre. Sans Internet, vous
pourrez même recevoir votre exemplaire du Monde, de la Tribune ou de l'Équipe à
heure fixe.
RFI, le Quai d'Orsay et l'armée américaine ont compris tout l'intérêt d'une
petite radio aussi peu coûteuse que performante.
Pierre Casadebaig nous présente
WorldSpace en avant-première et ses petits récepteurs numériques qui
devraient être commercialisés en début d'année prochaine déjà disponibles sur
Internet.
Les
2 et 3 décembre 2003 à Naples, le gouvernement français proposera de relancer
le "Processus euro-méditerranéen". Le Partenariat euro-méditerranéen marque le
pas depuis la reprise de l’Intifada à l’automne 2000, et les prétentions
américaines de remodeler le Proche-Orient ouvrent la boite de Pandore. Le
constat que dresse
Bénédicte Suzan, Chargée de recherche à la
Fondation Méditerranéenne d'Études Stratégiques est alarmant. L'heure est
donc bien choisie pour "redynamiser
l’esprit de coopération euro-méditerranéen" comme elle le suggère. Il s'agit
là d'une nécessité pour l'Europe. Il y va de sa propre sécurité. "La création
d’une zone de paix et de prospérité partagée en Méditerranée en contrepoids de
l’élargissement européen à l’Est" devrait mobiliser les pays d'Europe riverains
de la Méditerranée, conscients que l'on peut difficilement ouvrir à l'Est et
exclure au Sud en même temps. Interrompre ce dialogue euro-méditerranéen aurait
inévitablement pour résultat de freiner davantage encore le développement
économique de certains pays modérés, déjà menacés de l'intérieur par la montée
des intégrismes religieux et du terrorisme.
"L'islamisme
intégriste correspond à la fois à la marginalisation économique du monde
arabo-musulman, alors même que c’est lui qui dispose avec le pétrole depuis
cinquante ans des richesses les plus facilement exploitables; au désespoir des
élites techniciennes face au blocage de leurs sociétés, entraînant une culture
de l’échec à l’opposé de celle de 'l’échec apparent' propre aux christianismes
qui implique examen, remise en cause et mouvement vers l’avant qui ont fait le
succès de l’Occident au cours des siècles; enfin, à un nihilisme sacrificiel,
provenant de l’écart entre l’affirmation d’être les seuls dépositaires de la 'vraie'
révélation et la réalité matérielle misérable vécue par les populations,
entraînant le mépris des non-croyants et celui de leurs propres vies". Ceci est
parfaitement détaillé dans
la dernière lettre de Nicolas Polystratu à John Smith que publie l'Amiral
Guy Labouérie de l'Académie de Marine. ", Une grande majorité des nations
dans le monde se cherche une identité, souvent introuvable par manque d’histoire,
de mémoire, à cause des déchirements dus à la colonisation et à l’incapacité où
nous nous sommes trouvés acculés, grâce à vous et à l’Union soviétique, de
former des responsables de haut niveau pour prendre notre suite. L’application
de la force ne suffit pas".
Même
sentiment développé devant le Club de la Presse franco-américain le 13 novembre
2003 à Paris par Dominique de Villepin. Après avoir présenté la vision française
pour trouver une sortie de crise honorable en Irak impliquant la Communauté
Internationale et l'ONU, le chef de la diplomatie française a une nouvelle fois
tendu la main au gouvernement américain, avant de
se confier à Christian Malar: "Nous ne pensons pas qu'il y ait de solutions
purement sécuritaires ou purement militaires au drame irakien, nous pensons
qu'il faut privilégier une approche politique en restaurant la souveraineté des
Irakiens, en leur confiant la responsabilité de leur destin". L'homme a des
convictions et son analyse de la situation est solide, sauf sur un point
peut-être. Oui il faut agir vite, mais comment trouver une équipe qui puisse
être légitimée à Bagdad après le discrédit constaté sur les Irakiens amenés sur
place par Washington. C'est là que
l'ONU a un véritable savoir-faire. Comme l'a rappelé Jacques Chirac à New
York,
il n'y a pas d'alternative aux Nations unies.
Le
18 novembre à Bruxelles,
Colin Powell justifie l'intervention américaine en Irak et juge prématuré le
plan d'urgence français visant à remettre "avant la fin de l'année" une
administration qui serait reconnue comme légitime par les Iraquiens et parie
plutôt pour juin prochain. Le ton ferme mais conciliant employé par le
Secrétaire d'État américain au cours de l'entretien exclusif accordé à Christian
Malar, contraste en tout cas avec l'attitude du chef du Pentagone pour qui la
France doit être punie pour l'exemple. Il n'en démord pas. C'est ainsi que la
plupart des rencontres de militaires français et américains de haut niveau
prévues en novembre ont encore toutes ou presque été ajournées. De même, la
France a été écartée du
Foreign Comparative Testing Program visant à acquérir des matériels
militaires produits par les pays amis et alliés des États-Unis qui ont fait
leurs preuves. Au cours de la présentation des 27 programmes retenus sur 43
envisagés, le Lieutenant-colonel Reiner a publiquement justifié le 13 novembre
dernier à Washington devant la presse cette éviction pour l'exercice 2004.
Associée à toute une série de brimades, cette attitude irresponsable pourrait
bien un jour entraîner une réciprocité bien méritée. Ceux qui soutiennent les
"neo-cons" qui prônent ouvertement cette mise à l'écart de la France et de
l'Allemagne devraient y réfléchir à deux fois avant qu'il ne soit trop tard.
Pour reprendre la formule de Michèle Alliot-Marie "les
alliés, pour agir comme tels, doivent être traités comme tels"...

Aux
États-Unis, alors que certains Conservateurs s'interrogent sur les non-dits et
sur le bien fondé de l'intervention militaire en Irak. Les démocrates de leur
côté battent campagne en demandant des comptes après les faux grossiers
présentés au nom des services secrets américains et britanniques et défendus par
George Bush et par Tony Blair. Les attentats se multiplient: la Turquie n'est
pas épargnée par des attentats d'une ampleur sans précédent. Les pays arabes
modérés qui ont rejeté l'islamisme radical se préparent à la tourmente; l'Europe
pendant ce temps est divisée comme toujours quand il s'agit d'affirmer ses
responsabilités. Quel fiasco en perspective si cette situation devait perdurer !
Avec un langage simple, en donnant le sentiment de parler franc,
trois
ambassadrices de charme américaines ont séduit les Français.
Après le Sénateur de New York, Hillary Rodham Clinton, l'épouse du président Bill Clinton, le 2 juillet, ce fut la visite remarquée de Laura Bush à l'UNESCO: la première dame des États-Unis venait renouer le 1er octobre avec l'organisation après 19 ans d'absence. Last but not least, Madeleine Allbright disait sa peine de voir l'image de son pays dans le monde ainsi mise à mal. Toutes les trois ont confié à Christian Malar leurs sentiments sur l'avenir des relations franco-américaines. Les femmes (américaines) seraient-elles plus diplomates que les hommes ?
Le
11 Septembre a donné lieu à New York et à Washington, bien sûr, mais aussi un
peu partout dans le monde à de nombreuses cérémonies du souvenir. Plusieurs
colloques se sont tenus ce jour-là. Mais un livre a retenu notre attention: "11
Septembre: la Grande Guerre des Américains" publié aux Éditions Armand
Colin. Un mardi 11 septembre 2001, l'Amérique est entrée en guerre pour
longtemps.
La mobilisation s'est voulue "totale, symbolique et culturelle". L'embrigadement des esprits s'est fait autour de thèmes classiques: "culte des victimes, héroïsation des survivants, cérémonies du deuil et perspectives de reconstruction, définition d'un ennemi intérieur et extérieur"... Seule l'Union sacrée permettra au pays de sortir grandi de l'épreuve.
Le regard croisé que jettent un historien, Bruno Cabanes, auteur d'une thèse sur le retour des soldats français en 1918, et un journaliste, grand reporter de télévision qui a couvert ce tragique événement à New York pour France 3, Jean-Marc Pitte, éclaire d'un jour nouveau les motivations et les ressorts d'un peuple qui vit sa "Der des Der".
Slovaquie: Les
grands stratèges qui ont marqué ce siècle se comptent sur les doigts de la main.
Le général Milan Rastislav Stefanik était incontestablement l'un de ces
hommes d'Etat visionnaires. Les manuels d'Histoire français ignorent pourtant
jusqu'à son nom et dans les archives militaires françaises, on ne trouve même
pas la photo de celui qui engagé comme caporal en 1914, à l'âge de 32 ans,
deviendra trois ans plus tard général dans l'Armée française. Joël-François
Dumont s'est rendu en Slovaquie pour retrouver des témoignages sur celui que les
Slovaques considèrent comme le père fondateur de la Slovaquie moderne. Le
général Stefanik fut le trait d'union entre la France et la
Tchéco-Slovaquie jusqu'à sa mort tragique, vraisemblablement victime d'un
complot. Les postes slovaque et françaises ont eu l'excellente idée de publier
le même jour un timbre pour honorer sa mémoire et rappeler l'exemple d'un homme
qui avait une vision de l'Europe.
Et comment ne pas rendre à cette occasion un hommage au bataillon Foch et aux résistants franco-slovaques ! Une poignée d'officiers évadés des camps nazis et une centaine d'ouvriers déserteurs du STO devaient rejoindre le maquis pour harceler la 1ère division blindée de la Waffen SS en provoquant le soulèvement national slovaque. Leur héroïsme a écrit une l'une des plus belles pages de la Résistance dans cette région.
Le nom de Stefanik comme celui du Capitaine de Lannurien sont à jamais gravés dans la mémoire collective d'un peuple fier pour qui la France est synonyme de liberté et de fierté retrouvée.
"L'Europe
de la défense ne vise pas à la défense de l'Europe". Le
Centre d'Étude et de Prospective Stratégique (CEPS) publie un rapport sur "l'Industrie
européenne de l'armement, un acteur économique à la recherche de son marché" qui
défraie la chronique. Le sondage réalisé par
Ernst & Young est révélateur de l'état de l'état d'esprit des industriels du
secteur européen de l'armement. 84% des personnes interrogées estiment ce marché
en stagnation ou en régression. 43% pensent que le secteur aéronautique s'en
sort mieux que les , autres. Une certitude: 94% considèrent que l'Union
européenne peut répondre à leurs besoins spécifiques. Un constat aussi: la
coopération transatlantique demeure un exercice à sens unique. Loïc Tribot la
Spière, délégué général du CEPS, détaille les éléments de ce rapport qui décrit
la vision stratégique des industriels.
La
guerre en Irak aura duré moins d'un mois: on avait prédit Stalingrad, ce fut
l'effondrement d'une armée présentée comme l'une des plus puissantes du Monde.
En attendant de savoir ce qui s'est réellement passé, on peut néanmoins tirer
les premières leçons de la campagne anglo-américaine comme l'a fait le
général Jean-Pierre Guiochon (CR). "L'enseignement significatif réside
plus dans la confirmation du formidable multiplicateur de puissance et de
flexibilité que constitue la boucle très courte de la chaîne d'informations
opérationnelles reliant les différents capteurs et les moyens de traitement
puis de frappe des objectifs décelés, et dans laquelle les drones ont encore
joué un rôle déterminant. Les nouvelles capacités de réactivité offertes par
les systèmes numérisés d'information, de commandement et de renseignement vont
conduire à assouplir de manière significative les contraintes et les règles de
la planification opérationnelle pratiquée encore actuellement. Ceci pourrait
modifier à terme le processus de travail des états-majors et faire évoluer
l'approche conceptuelle de la conduite des opérations." La guerre restera
toujours un drame effrayant et
la conséquence de l'échec de la politique comme le rappelle l'Amiral Guy
Labouérie.
L'heure
est venue pour l'Europe et pour les États-Unis de trouver des solutions pour
améliorer le sort des Irakiens, dont le pays est menacé de chaos.
Certes tous les problèmes n'ont pas besoin de solution militaire comme
le dit justement Colin Powell à Christian Malar qui a rencontré également la
plupart des responsables politiques américains. Le chef de file des "faucons",
Richard Perle, notamment, pour qui
un fossé sépare la vieille Europe du club dont le France est désormais "exclue".
Pour l'auteur de "l'Ennemi à l'ère numérique",
François-Bernard Huyghe, "La guerre en Irak était censée empêcher le
chaos (la menace saddamique) elle déchaîne l'anarchie. Elle était supposée
assurer la défense commune des démocraties occidentales, elle a divisé
l'Europe et séparé les alliés. Elle devait pacifier la région, nous voyons
déjà les futurs conflits qui se préparent. Elle était destinée à éradiquer
le terrorisme, elle lui fournit des arguments et sans doute des recrues".
Faire la guerre est une chose, faire la paix en est une autre, il n'y a pas
de doute. On le voit en Irak comme on continue de le voir en Afghanistan.
Quant au plan américain visant à remodeler le Proche-Orient imaginé par
d'anciens conseillers de M. Netanyahu qui se trouvent aujourd'hui dans
l'entourage de M. Rumsfeld, on peut comprendre qu'il laisse de nombreuses
diplomaties perplexes sur ses chances de déboucher sur un plan de paix
véritable. Devant le Conseil de Sécurité des Nations unies, Dominique de
Villepin souligne que "le
choix est bien entre deux visions du monde".