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Europe et géopolitique

Europe et géopolitique ?

Par Guy Labouérie.(*) Brest, le 1er février 2014.©

Au-delà des querelles d’experts pour savoir qui est “l’inventeur” du terme géopolitique et de sa signification, c’est essentiellement le moyen et la façon d’envisager, d’étudier et de préciser en vue de l’action qui l’on est, ce que l’on veut, et les moyens de l’obtenir dans les systèmes de plus en plus complexes de forces de toute nature qui enserrent aujourd’hui la planète. Tout au long du XXe siècle, elle était un concept simple basé surtout sur des données quantitatives résultant d’esprits animés par le scientisme et le rationalisme européens de l’époque. Elle était une “science, centrée sur les territoires, les frontières, les richesses, les populations, et tous les éléments concrets que l’on pouvait prendre en compte soit par leur affichage soit par le renseignement”. En Europe, encouragée par les disciples de Napoléon et Clausewitz, elle a conduit aux deux plus grands affrontements de l’espèce humaine avec des dizaines de millions de morts culminant dans l’horreur de la Shoah. Compte tenu de tous nos drames du XXe siècle seule une socio psychanalyse européenne approfondie nous permettrait de bâtir une Europe digne des défis qui nous attendent car, au-delà des émotions, des commémorations et des repentances que nous avons manifestées depuis, nous n’avons pas encore eu le courage de regarder vraiment en face qui nous sommes et pourquoi nous nous sommes abandonnés à un pareil emploi de la violence d’État et à tous ces excès de la puissance totalitaire.

Le Vice-amiral d'escadre Guy Labouérie (2s)

Aujourd’hui, “la géopolitique, sans négliger la géographie physique et quantitative, doit prendre en compte une géographie des flux internes et externes de toute nature, humains, matériels, immatériels, virtuels,... au premier desquels l’information/Intelligence dans une géographie des connexions et des communications qui parcourent la planète en se riant de plus en plus des frontières physiques.” Cela n’a plus rien à voir avec celle des XIXe/XXe siècles. Elle est désormais du domaine de la cybernétique (étymologiquement l’art de la manœuvre des vaisseaux), d’où la difficulté des pays d’esprit terrien et jacobin, la majorité de l’Europe, pour en comprendre les conséquences car cela implique « Vision, Finalité, Intelligence » avec mobilité, délégation, fonctionnement synergique en réseaux, etc. dont nous sommes loin, particulièrement en France, alors que c’est mieux compris dans les entreprises, chacune à leur niveau et particulièrement celles qui dominent leur marché à travers le monde. Ces dernières, y compris celles de niches particulières performantes car la taille n’est pas tout, ont pris en compte que leur terrain d’action c’est le monde global, première donnée de base de toute géopolitique au XXIe siècle. Il n’y a plus de politique centrée sur un pays, les Français en font l’expérience depuis quarante ans et particulièrement cruelle depuis deux ans… Tout est géopolitique, au sens ci-dessus, car elle réagit sur tout et l’on ne peut en faire abstraction soit sans se ruiner si l’on s’imagine qu’on peut manipuler le commerce, les finances mondiales, les populations, etc. soit enfermer son pays dans la décadence à terme de plus en plus rapproché.

En ne s’intéressant ici qu’aux États une telle transformation de la géopolitique doit avoir un effet immédiat sur leur Vision du monde et par suite la ou les façons de s’organiser pour s’y intégrer, y vivre et s’y développer. L’Union européenne n’est pas un État au sens des siècles passés. Aussi est-elle actuellement incapable de prendre en compte ce phénomène global bien plus vaste que la mondialisation minimale généralement la seule prise en compte sous ses aspects financiers et commerciaux. Sa fuite en avant pour s’agrandir s’est opposée avec des arguments plus ou moins idéologiques à la nécessité première d’un bouleversement complet de sa façon de voir, de penser et d’agir, l’empêchant de se réorganiser drastiquement si elle veut se bâtir comme une des grandes puissances du XXIe siècle. Se disant moderne et vivante, alors qu’elle n’est que « peur » devant les véritables décisions politiques pour demain, comme le montre son refus général de s’adresser à ses peuples par referendum sur les sujets les plus importants, elle s’engourdit lentement sous la défiance grandissante de l’ensemble de ses citoyens qui, au vu de ses erreurs et de ses faiblesses, ne croient plus en elle même si la Paix a régné depuis 1945 dans sa partie occidentale. Dirigées par des fonctionnaires et des bureaucrates les grandes activités de l’Europe, en commençant par la Défense européenne inexistante, sont étroitement liées à cette incapacité de repenser la géopolitique et donc sa Politique. Pour cela il faudrait qu’elle examine ce que devraient être ses prérogatives « régaliennes », et elles seulement, au lieu de se comporter en sorcière échevelée traitant aussi bien du fromage que d’invraisemblables et innombrables normes de toute nature. Ce faisant elle paralyse souvent les initiatives et la marche en avant de cette curieuse entité sans direction réelle. Les agapes et les photos régulières de vingt-huit ou trente chefs d’État ne peuvent bien souvent qu’entériner des constats d’impuissance, ou le laisser faire de spécialistes qui n’ont pas été élus pour cela… N’ayant ni Vision, ni Patron, ni buts clairs et précis parce que l’Europe se décline en plusieurs modes suivant les pays et les intérêts de chacun il ne lui reste guère qu’à suivre, plus ou moins consentante ou vaguement rebelle, les deux pays occidentaux qui à des degrés très différents ont Vision, Projets, et moyens adaptés: les États-Unis d’Amérique avec la Grande-Bretagne, tandis qu’en Asie Extrême montent les puissances de demain, y compris la Russie, et que se préparent celles de l’Amérique du Sud en attendant celles possibles de l’Afrique... tandis que les anciennes «pétrolières » disparaîtront progressivement dans les sables au fur et à mesure de la prise en compte réelle des échéances environnementales.

Pouvons-nous rester longtemps encore cette Europe molle, babélisée, sans véritable identité car elle n’est guère qu’une Union sans véritable but autre qu’économique et sans colonne vertébrale, apparaissant seulement comme un marché de plus en plus fonctionnarisé où n’exerce aucun homme d’État ? Ou bien, s’appuyant sur toutes ses capacités potentielles, allons-nous enfin voir émerger dans les principaux partis politiques européens des hommes d’État capables de prendre en main l’ensemble des données du monde du XXIe siècle et de proposer un Projet politique digne de ce nom dont nous avons tous les moyens humains, technologiques, matériels, etc.?[2]

 C’est urgent car pour le moment elle a réussi le tour de force d’éloigner l’ensemble de ses concitoyens comme vont le montrer les prochaines élections européennes ! Mais pour réussir, outre le courage pour reconnaître les erreurs passées, leur qualité première devra être le “renoncement” au sens vrai du terme, capacité de s’effacer devant des exigences plus hautes... ce qui est loin des ambitions grotesques et dangereuses de trop de politiciens européens. Alors seulement on pourra envisager une véritable Europe présentable aux votes de l’ensemble de ses citoyens et non pas ces parodies de démocraties comme on va le voir en 2014, les électeurs comprenant de moins en moins comment ça marche et où l’on va.

L’Europe incapable de prendre en compte sa situation globale se trouve face à des difficultés que chaque pays n’a pas connues, sauf peut-être pour les immigrations, incontrôlées et incontrôlables dans le contexte compassionnel flou qui les domine. A force de négliger la véritable question de sa situation sur la planète, se laissant convaincre sous la pression des USA d’une ouverture à tous les pays d’Europe de l’Est sans précaution et sans organisation adaptée, nous avons été impuissants dans l’ex-Yougoslavie, égoïstes vis-à-vis des difficultés en Afrique et, craignons-le les deux à la fois face au récent drame ukrainien sans parler de la Syrie. De ce point de vue, et fonction des intérêts de la Russie, son Président, Poutine, s’est manifesté comme un Patron, ce qui n’enlève rien au jugement que nous pouvons avoir sur telle ou telle de ses initiatives et de ses décisions souvent loin de ce que l’on pourrait attendre de ce pays en voie de reconstruction! La situation européenne rappelle l’opinion du maréchal Foch disant à la fin de la guerre de 14-18 « qu’après avoir commandé une coalition il avait beaucoup moins d’estime pour Napoléon. » Or l’Union Européenne n’est même pas une coalition qui en principe se construit avec un but commun à tous les participants mais plutôt un conglomérat flou de nations diverses et hétérogènes dont le but est d’abord pour chacune de tirer le maximum de gains de sa participation, l’exemple britannique étant le plus marquant.

Elle se conduit pour le moment un peu comme une force navale dont les diverses unités, différentes et pourtant complémentaires, feraient chacune ce qui lui semblerait bon… sans commandement de la Force avec l’inéluctable défaite qui en serait la conséquence. Cette façon d’être réjouit tous nos concurrents aussi bien dans le domaine commercial, le plus évident, que dans celui de sa politique générale perçue comme inexistante et voulue d’ailleurs quoiqu’ils en racontent par nombre des États participants. L’Union Européenne est merveilleuse dans les activités humanitaires, la Croix rouge, les sans-frontières, les ONG, etc. toujours prête à soulager les drames du Monde financièrement et humainement en allant sur place et en accueillant chez elle sans réflexion et sans prudence toute la misère humaine, attitude que l’on ne retrouve ni chez les très riches (Arabie, Qatar…) ni chez les très puissants bien plus réservés ! La charité est une chose, la politique une autre. Aussi ceux qui sont généralement les causes de ces drames qui endeuillent en permanence toute l’aire musulmane se réjouissent-ils de la porosité de nos frontières et de notre immense peur de ne pas être parfaitement alignés sur des droits de l’homme qu’ils ignorent ou méprisent en majorité.

C’est comme cela que « voulue et soutenue par la Grande-Bretagne et les États-Unis s’est développée notre incapacité à réfléchir plus avant sur qui nous sommes, qui nous voulons être autrement qu’un grand marché ouvert à tous les vents, alors que nous pourrions être une des principales puissances de la planète, non pour faire la guerre, éventualité toutefois à ne jamais négliger, mais participer avec efficacité à la mutation du monde que nous vivons. »

Ce n’est pas ainsi, que l’Europe donnera aussi bien à ses concitoyens qu’à tous ceux qui nous observent à l’extérieur l’impression d’être gouvernée et capable d’agir vraiment d’une seule voix dans le « concert » international. Ce n’est pas avec son actuelle Constitution obtenue par une manipulation politicienne du vote de certains pays, non plus. De l’avoir oublié n’enlève rien à cette erreur qui a empêché toute réflexion renouvelée sur ce sujet

En reprenant l’image d’une force navale où autour des plus puissants vaisseaux se regroupent des unités, très diverses, pouvant avoir des délégations considérables dans divers domaines, on peut rêver d’une Europe qui se comprendrait, toute analogie limitée, comme un organisme vivant et pensant dont toutes les composantes quelles que soient leurs tailles, leurs soucis et préoccupations internes travailleraient et vivraient pour un Projet européen dans une vision commune. A six cela aurait peut-être été relativement facile mais aujourd’hui cela paraît extrêmement difficile voire impossible à moins de la construire par étapes. Les difficultés de l’heure et l’évolution accélérée des peuples de la planète vont probablement et heureusement nous obliger à bouger bien plus vite que ne le pensent ceux qui gouvernent nos pays. Encore faudra-t-il ne pas se tromper ! C’est d’autant plus important pour nombre d’entre eux qui s’échinent à démolir tout le substrat civilisationnel qui avait fait la grandeur de chacun. La France s’y distingue tout en prétendant que c’est elle qui incarne l’avenir de cette petite péninsule de l’Asie que nous sommes. Une erreur, et elle fait trembler la plupart des pays européens tétanisés devant la force allemande actuelle, serait de croire que c’est le vaisseau le plus puissant qui doit diriger la Flotte. Ce n’est pas le cas. Toute flotte qui a toujours une dimension mondiale d’intervention, du moins celles qui en possèdent les moyens, est commandée par un Patron avec un état-major particularisé qui n’est pas celui de l’une des unités composantes, ce qui pose parfois de douloureux sentiments d’injustice personnelle à tel ou tel s’estimant mieux placé pour obtenir ce commandement de la Force navale alors que le but est de remplir la mission et de gagner. Un de ses avantages, les marins le vivent tous les jours, c’est de n’avoir qu’une seule langue dans leurs échanges, quelle que soit celle employée sur chacun des vaisseaux. Par ce simple exemple on perçoit une des difficultés de l’Europe suite à sa stupidité d’avoir voulu faire de l’égalitarisme linguistique à chaque nouvelle entrée… On n’a pas fini de la payer cher en argent, en hommes, en puissance, et dans l’étalage d’une espèce de sabir technique anglo-américain de facilité favorisant de fait la décadence de toutes nos cultures.

Sans vouloir abuser des analogies, il est temps de construire une organisation politique de l’Union Européenne sous une forme à définir avec un président élu au suffrage universel et un véritable gouvernement se consacrant aux seules responsabilités régaliennes, la cour de justice européenne montrant que cela est possible. La Commission européenne, dans une configuration opérationnelle et non arithmétiquement politicienne, pourra enfin s’occuper des questions de son ressort et non des égalitarismes stupides que veulent répandre ses commissaires car pour le moment elle a montré les limites d’un organisme bureaucratisé et non élu pour diriger l’Union. Pour réaliser un tel projet les difficultés seront immenses dans sa mise au point progressive car il exigerait un changement profond de tous les partis politiques, comme de toutes structures sociales de nos pays, tous issus de la fin du XIXe siècle et pour le moment incapables d’évoluer vers le XXIe. Les moyens modernes d’information et de communication devraient aider cette transformation à la condition d’éviter la tentation totalitaire ou le laisser aller anarchique.

Pour y parvenir il faudra de vrais politiques élus avec une vision et un projet soutenus par l’ensemble des populations. Cela veut dire qu’il faut n’accepter que le principe « une voix, un vote », une Europe des États étant de fait antidémocratique puisque donnant des poids différents à ses concitoyens quoi qu’en pensent leurs dirigeants qui ne veulent rien perdre de leur « pouvoir » local ou national qui ne cesse pourtant de se dissoudre, ce qui nécessiterait une profonde remise en question. Bien évidemment les « cris d’orfraie » des uns et des autres ne sauraient manquer à l’idée de se fondre apparemment dans un ensemble unique surtout si on ne sait ni l’étudier ni le présenter aux populations européennes. C’est pourtant la voie de l’avenir, si nous voulons toujours en avoir un, sur une planète totalement différente de celle sur laquelle nous nous sommes construits au fil des siècles. Il nous faut accepter de passer par une véritable mutation de toutes nos organisations jusqu’à la formation de nos enfants et de nos mentalités mais sans toucher et encore moins rejeter ce qui nous fait humains dans chacune de nos cultures. Il faut comme dans toute conception et réalisation de l’avenir « s’appuyer sur le passé faute de quoi on ne prépare en rien l’avenir puisqu’on ne sait plus où l’on est. » C’est la situation actuelle de l’Union Européenne. Il s’y ajoute un facteur aggravant dont on constate chaque jour l’importance à travers les budgets et sa non organisation de Défense : l’Europe agit comme si elle avait oublié que le monde est tragique.[3] Ce ne sont pas les indices qui manquent comme on l’a vu avec son incapacité de traiter la question balkanique obligeant les Américains à intervenir chez nous pour la troisième fois en 100 ans ou sa timidité impuissante pour aider la France en Centrafrique et se retrouver sans la moindre idée ou solution dans les affaires d’Ukraine.

A nous de savoir si nous voulons être capables de participer à la « tranquillisation » de ce monde dangereux à qui nous avons beaucoup à apporter tout en assurant le développement, la richesse et la sécurité de notre Europe, ou si chaque nation repliée sur son égoïsme espère, sans autre ambition, que tout se passera bien puisque l’on ne sait pas et qu’on ne cherche pas à savoir ce qui peut se produire dans les décades futures et quel projet et organisation politiques seraient les plus efficaces. Mais le temps passe bien plus vite à l’extérieur que dans notre conglomérat hétérogène. Si nous avons toutes les capacités requises pour imaginer, réfléchir, innover… il nous manque deux éléments fondamentaux : le sens de l’anticipation et le courage politique ce dernier à tous les niveaux sociaux. Plus nous attendrons moins nous serons capables de nous opposer aux grandes puissances de demain, moins nous serons capables de préserver notre liberté et notre civilisation et il sera alors vain de pleurer sinon sur le malheur de nos enfants.

Guy Labouérie  

(*) Après avoir commandé l'École Supérieure de Guerre Navale et quitté la Marine, l'Amiral Labouérie s'est consacré à l'enseignement en Université et à des études de stratégie générale et de géopolitique. Élu à l'Académie de Marine, il a été notamment professeur à l'École de Guerre Économique, membre du comité stratégique de l'Institut de Locarn en Bretagne et est souvent intervenu dans diverses écoles et entreprises sur les questions de géopolitique et de stratégie.

[1] Le management du changement (en suivant l'Exode) d'un Espace/Temps de servitude (ou d’assistanat !) à un Espace/Temps de responsabilité.
1 - Refus initial des élites (Pharaon, courtisans, fonctionnaires et technocrates: droits acquis des politiques, syndicalistes, etc. )
2 - Montée de nouveaux cadres dirigeants à travers un nouveau Savoir qui donne un Pouvoir différent (Moïse).
3 - Une autre politique de communication interne (Aaron) et désormais externe.
4 - Un nouveau projet, "terre promise" accepté initialement.
5 - Découragement dès les premières conséquences du passage (désert), désir de revenir à l'espace / temps ancien avec révolte ou violences.
6 - Phase de repli sur soi et de réflexion »» une autre organisation (les tribus), une autre Loi, ....
7 - Nécessité d'une "génération" avant l'entrée réelle dans le nouvel espace/Temps (mort de Moïse).
8 - Opposition de tout l'environnement à cette nouvelle "entreprise" (guerres de conquête).
9 - Dérive et sclérose si le mouvement n'est pas continu.
Moïse peut-il être l'image du patron-stratège dont nous avons besoin?

[2]
cf. Raymond Aron pour VGE.

Voir également du même auteur :

[1] De la réflexion dans les Armées (22-06-2012)
[2] Le Coq, la Chauve-souris et l’Aigle (18-06-2005)
[3] Du bon usage de l’Histoire et de la géographie…  (14-05-2012)
[4] Flux et mouvement (26-02-2005)

Chroniques de Guy Labouérie en 2014 :


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