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L’Europe acteur et organisateur de la 'multipolarité'

L’Europe acteur et organisateur de la 'multipolarité'

Intervention de M. Lionel Jospin, Premier ministre français, concernant la participation française en Afghanistan, à l'Assemblée nationale, Paris, le 21 novembre 2001.

Monsieur  le Président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Depuis les événements tragiques du 11 septembre, et après le débat que j'avais introduit ici même le 3 octobre 2001, le Gouvernement a veillé à maintenir, avec la Représentation nationale, des rendez-vous de consultation réguliers (questions d'actualité, réunions des présidents de groupe et commissions).

Vendredi dernier, le Président de la République s’est adressé aux Français.

Je vous ai proposé aujourd'hui un second débat, afin que nous tirions ensemble les conséquences de l'évolution de la situation en Afghanistan.

En effet :

Au plan militaire, un basculement s'est opéré;

  • il souligne l’urgence de la solution politique;
  • il ouvre la voie à l’aide humanitaire ;
  • il pose en des termes nouveaux notre engagement dans la lutte directe contre le terrorisme ;
  • il conduit à amorcer de premières réflexions pour l’avenir.

I) Le basculement militaire a conduit au renversement du régime des talibans.

La coalition constituée autour des Etats-Unis pour éradiquer le terrorisme avait adopté deux objectifs : renverser le régime taliban au pouvoir en Afghanistan et éliminer les réseaux d’Al Qaïda qui soutenaient le régime de Kaboul et bénéficiaient de sa protection. Le premier de ces objectifs est atteint.

Les Américains ont conduit seuls les premières actions aériennes offensives, en réponse à l’agression qu’ils avaient subie, et dans le cadre de l’exercice de la légitime défense reconnue par la Résolution 1368 des Nations Unies.

Le succès obtenu est le fruit de leur détermination : l’appui massif de leur aviation et de leurs forces aéronavales a permis aux forces de l’opposition afghane de reconquérir la majeure partie du territoire.

La France a apporté son concours à cette action, à la demande de son allié américain, en particulier dans le domaine du renseignement.

Il reste bien sûr aujourd'hui à défaire les dernières défenses taliban :

A Kunduz, au nord, il subsiste une poche de résistance taliban et de combattants étrangers. L'objectif doit être d'obtenir, par les armes et sans doute la négociation, une reddition qui épargne des vies humaines sans que les combattants d'Al Qaïda puissent se disperser dans l'impunité.

A Kandahar, au sud, il faut obtenir, dans une zone plus vaste, un arrêt des combats permettant aux populations pachtounes de cette région de retrouver la paix.

Le second objectif – détruire Al Qaïda - est en cours : poursuite des frappes sur les cibles liées au terrorisme, destruction des réseaux, recherche des responsables.

Tout semble montrer que c'est la première priorité des Américains. L'ensemble de leur dispositif

militaire est orienté en fonction de cet objectif.

II / La reconquête d'une grande partie du territoire afghan rend plus nécessaire une solution politique

L’effondrement du pouvoir taliban est une délivrance pour le peuple afghan. A Kaboul, le Ramadan a commencé dans l’espoir.

Mais cette délivrance sera une libération pour les Afghans quand tous auront la certitude du retour à la paix civile, et la garantie de leurs droits par un gouvernement représentatif. La France appelle les dirigeants afghans qui ont uni leurs forces contre les talibans, à faire preuve de retenue dans la reconquête, en respectant le droit humanitaire, et de responsabilité dans la prise du pouvoir, en reconstruisant la concorde nationale par le dialogue.

Cet objectif, nous le voyons bien, ne sera pas atteint sans difficultés.

Nous connaissons la complexité de la société afghane, ses divisions internes, ses luttes de pouvoir, le poids de ses structures traditionnelles. Bien sûr, il est essentiel pour nous, comme pour toute la communauté internationale que Al Qaïda soit brisée, le régime des talibans abattu, la menace que faisait peser sur le monde l’existence d'un " sanctuaire terroriste " afghan disparaisse. C'était, et cela reste, une priorité.

Mais nous ne devons pas pour autant nous désintéresser du sort des Afghans. Dès le 1er octobre, mon gouvernement, par la voix de notre ministre des Affaires Etrangères, Hubert Védrine, a présenté un plan pour l’Afghanistan à la fois humanitaire, politique et de reconstruction, qui a contribué à la mobilisation internationale sur ces sujets et à la définition des orientations de travail au sein de l’ONU.

Les Nations Unies, en adoptant la Résolution 1378, ont défini le cadre dans lequel doit s’inscrire l’avenir de l’Afghanistan : un gouvernement multiethnique pleinement représentatif, respectueux des droits de tous les Afghans sans distinction, assumant ses obligations internationales et respectant le droit international humanitaire.

La France soutient les efforts de Lakhdar Brahimi, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, pour réunir dans les meilleurs délais un forum représentatif de toutes les composantes de la nation afghane. Une première conférence doit se tenir à Berlin dans les prochains jours. L'objectif est de mettre en place une autorité de transition. L'Europe a tenu à marquer que l'aide à la reconstruction de l'Afghanistan implique un comportement responsable des acteurs locaux.

Notre diplomatie agit en ce domaine au sein des groupes de consultation qui réunissent les puissances intéressées, notamment les Etats-Unis, la Russie, divers pays européens et l’ensemble des pays limitrophes de l’Afghanistan. La France prendra sa part dans l’organisation et la mise en œuvre de la reconstruction.

III / La voie doit pouvoir s'ouvrir à une aide humanitaire massive

La Résolution 1378 demande à toutes les nations d’apporter une aide d’urgence pour soulager les souffrances de la population afghane. La libération d’une grande partie de l’Afghanistan, la réouverture progressive des couloirs aériens et des axes de communication terrestre vont permettre cet effort.

La France a décidé de s’y investir largement. C’est dans ce but qu’elle doit participer sur le terrain, à la sécurisation, et à la réouverture des infrastructures de transit, routier et aéroportuaire, à Mazar-e-Sharif, aux côtés des Américains et des Jordaniens. Le déploiement de nos unités au sol nous permettra de contribuer au pont aérien nécessaire à l’acheminement de l’aide. La mise en œuvre de ce déploiement se heurte encore aujourd'hui à des obstacles : les acteurs locaux et régionaux s'inquiètent de l'arrivée de contingents militaires terrestres, fussent-ils à vocation humanitaire. Nous travaillons avec nos amis américains à rendre possible l'installation effective de nos "marsouins" à Mazar-e-Sharif.

La semaine dernière, une mission d’évaluation, composée de représentants des ministères des affaires étrangères et de la santé, s’est rendue sur le terrain. Un DC-8 porteur de fret humanitaire est parvenu à Termez.

Le ministre de la Coopération, Charles Josselin, part aujourd'hui pour l'Ouzbekistan.

Au fur et à mesure que les conditions le permettront, la France continuera, en liaison avec les ONG dont certaines ont pu entrer à nouveau en Afghanistan, à contribuer à cette tâche humanitaire.

IV / Mais la lutte armée contre le terrorisme n’est pas achevée

Le principal objectif de la coalition, l’élimination complète d’Al Qaïda et la mise hors d’état de nuire de ses dirigeants, n’est pas encore atteint. Des combats se poursuivent en Afghanistan autour des poches de résistance des talibans. Les unes se situent encore dans la zone investie par l’Alliance du nord. Les autres, au sud, malgré le ralliement de nombreux chefs locaux de la zone pashtoune, peuvent constituer un bastion de résistance durable, où les talibans les plus irréductibles et les miliciens d’Al Qaïda se sont regroupés. La poursuite d’une action militaire plus ciblée, procédant toujours des résolutions du Conseil de Sécurité ayant reconnu à la communauté internationale le droit à agir en légitime défense, s'impose donc.

Sur le plan militaire, une nouvelle phase commence où les Américains requièrent plus largement la participation concrète d’autres pays. Jusqu’ici, la stratégie choisie d’actions aériennes massives impliquait l’utilisation, soit de bombardiers basés à terre à très long rayon d’action (B52, B1 venant des Etats-Unis et opérant sans escale), soit d’aviation embarquée capable d’atteindre l’Afghanistan à partir de la mer d’Arabie.

Aujourd’hui, la lutte contre Al Qaïda et les talibans qui résistent encore va justifier la mise en œuvre de moyens nouveaux, à laquelle travaille notre ministre de la Défense, Alain Richard. La zone concernée en Afghanistan est désormais réduite à 20% du pays environ.

Dans ce contexte, le président de la République a annoncé vendredi dernier la décision de déployer des avions de combat français dans la zone des opérations. Les conditions techniques du déploiement de ces moyens en Asie centrale font aujourd'hui l'objet de négociations, notamment avec les autorités kirghizes et tadjiks.

Le soutien aux forces alliées à terre peut être également assuré par l’aviation embarquée française. Cette mission et la problématique de la surveillance maritime dans l'océan Indien peuvent justifier le déploiement du groupe aéronaval, autour du "Charles de Gaulle", disponible au début du mois de décembre. La flexibilité d'emploi du groupe aéronaval lui donne la capacité de remplir une large gamme de missions. Avec l'évolution du conflit, ces missions vont prendre dans les prochaines semaines une importance accrue, notamment pour éviter une exfiltration de dirigeants terroristes par voie de mer. Une participation à ce groupe a été proposée à nos partenaires de l’Union européenne pour donner à ce déploiement une dimension européenne bienvenue. Il a été décidé ce matin, en Conseil restreint, avec le Président de la République, de prévoir le déploiement à la mi-décembre en océan Indien nord du "Charles de Gaulle" et de son escorte.

Les conditions politiques mises à notre engagement, restent les mêmes : elles concernent la définition des objectifs et notre association à la décision. Pour les actions qui seraient menées à leurs côtés, les Américains nous ont offert l'accès à la planification des opérations et l’élaboration des missions.

Vous le voyez, la lutte contre le terrorisme se poursuit en Afghanistan et dans le même esprit :

V / Notre effort national de protection doit également se poursuivre

La lutte contre le terrorisme nous a conduits à remodeler et à consolider notre organisation nationale pour la protection du territoire et de la population. Cette action résolue pleinement le maintien des précautions actuelles.

S’agissant de l'organisation de notre sécurité intérieure face au terrorisme, il convient de pérenniser les plans d’urgence, de vérifier leur validité et leur bon fonctionnement, d’améliorer encore la coordination générale des actions de l’Etat.

Le Gouvernement veille particulièrement à l'efficacité, et donc à la coordination, de nos services de renseignement. Je réunirai très prochainement, dans cette perspective, le comité interministériel du renseignement. Par ailleurs, nous préparons la montée en puissance des réserves militaires, opérationnelle et citoyenne. Je suis d'ailleurs intervenu, samedi dernier, lors de la journée des réserves sur ce thème.

Cette protection nationale reste indissociable des efforts de coordination internationale qui se développent pour lutter contre le terrorisme international. En matière de lutte contre le financement du terrorisme, en matière de coopération policière et judiciaire, la France a, dans toutes les enceintes internationales compétentes, proposé de nouveaux dispositifs de prévention et de répression. Cette action n’a négligé aucune des pistes que j’avais développées devant vous lors de notre précédent débat.

A cet égard, je relève avec satisfaction divers progrès récents auxquels a contribué Laurent Fabius, notre ministre de l'économie et des finances. Le GAFI a étendu ses compétences au financement du terrorisme. Le mandat du FMI a été élargi à la surveillance de l’ " utilisation abusive du système financier ". Dans le cadre du G20, l’engagement a été pris à Ottawa, par tous les Etats participants, de transposer en droit interne tous les accords internationaux de lutte contre le financement du terrorisme et de créer dans chaque pays un instrument de coordination interne

VI / Il faut tirer des premières leçons du conflit engagé depuis le 11 septembre

Comment un pays tel que l'Afghanistan est-il devenu le sanctuaire du terrorisme ?

Grâce à un pacte entre Al Qaïda, organisation criminelle, et les Talibans, régime illégitime, non reconnu par la communauté internationale.

Les terroristes apportaient leur capacité de combat, leurs réseaux de financement, d’armement, de trafic, leurs méthodes d’endoctrinement : tout cela aidait les talibans à garder le contrôle du pays. En retour le régime taliban accueillait et protégeait les réseaux et les bases du terrorisme. Pourquoi un tel pacte était-il possible ? Parce que les talibans n’étaient pas les représentants légitimes d’un Etat-nation se conformant aux règles de droit régissant la communauté internationale, mais un pouvoir niant totalement ces règles. Et parce que ce pacte était fondé sur un fanatisme religieux, qui inspirait, à l’intérieur, la barbarie et l’oppression, et à l’extérieur, l’usage de la violence terroriste.

Cette déviation historique est apparue à une période charnière de l’histoire contemporaine. D’un côté, elle semblait être un dernier avatar de la guerre froide, le fondamentalisme afghan ayant servi à constituer une barrière face à l’Union Soviétique.

En même temps, elle annonçait les nouveaux périls d’une période où, soulagée de la tension entre les blocs, la communauté internationale sous-estimait le risque de voir des pays pauvres, dépourvus de structures étatiques responsables, devenir la proie et le champ d’action d’organisations criminelles.

Or, celles-ci se sont révélées capables de défier la sécurité mondiale.

Cette déviation ne doit plus se reproduire. La communauté internationale doit s’efforcer de ne plus laisser aucun peuple dans une situation de non-droit ou de non-assistance, telle qu'il soit exposé à devenir l'otage de groupes uniquement tournés vers la violence destructrice, dans leurs pays comme à l'extérieur.

Nous devons penser aussi à tout ce qui a alimenté ce système. Non seulement les réseaux de financement proprement dits, qui nécessitent de nouveaux instruments de répression. Mais aussi les trafics d’armes, le narco-trafic, la contrebande, le détournement de matériaux chimiques, biologiques, ou nucléaires. Là aussi, le droit international doit prévaloir.

L’Afghanistan nous rappelle aussi l’importance des équilibres régionaux. La coalition a besoin, pour agir militairement, du soutien des pays limitrophes. Il en sera de même pour rechercher la solution politique. La stabilité de la région entière est cruciale. C’est la politique de la France d’encourager les coopérations régionales, source de progrès et de stabilité.

L'événement souligne aussi l’importance des solidarités culturelles et émotionnelles qui se fondent sur des sentiments d’appartenance qui dépassent les frontières.

Le terrorisme est l’ennemi de l’humanité ; mais pour que la communauté internationale reste unie dans ce combat, aucun de ses ensembles ou de ses groupes constitutifs ne doit se sentir rejeté ou méprisé en raison de ce qui fonde, à ses propres yeux, son identité.

C'est ce message de respect et de reconnaissance mutuels, des peuples, des religions et des cultures que tient constamment notre pays.

Nous ne pourrons être durablement soutenus par tous dans la lutte contre le terrorisme, si nous paraissons tolérer des conflits, des injustices et des frustrations, sources de violence.

A cet égard, le retour au dialogue entre Israéliens et Palestiniens est prioritaire. Les événements du 11 septembre sont une " raison de plus " de faire la paix au Proche-Orient. La France a demandé, dès 1982, la création d’un Etat palestinien. C’est la position des Européens depuis 1999, et maintenant celle du Président Bush. Pour ouvrir une perspective de paix, il faut recréer la confiance, et redonner toute leur force aux principes d’une solution juste et durable. C’est le sens des efforts de la France.

Dans le monde actuel, les diverses formes de violence, l’irrespect des droits de l’homme, les atteintes à l’environnement, l’aggravation des inégalités, se conjuguent et se renforcent les uns les autres. Ce constat nous conduit à insister sur l'importance de la démarche multilatérale (Cf. Marrakech, qui donne au Protocole de Kyoto ses chances d’être mis en œuvre, Doha, avec le lancement d’un nouveau cycle sur des bases qui préservent les points essentiels pour nous, rôle reconnu à l’ONU dans la crise afghane).

Il faut espérer que les Américains, qui ont fait l'expérience tragique de leur possible vulnérabilité et ont reçu le témoignage réconfortant de la solidarité internationale, nous rejoindront dans cette approche et cette démarche :

ils ont éprouvé l’utilité d’une coalition, ils devraient comprendre l’intérêt d’une démarche multilatérale pour traiter les problèmes communs de l’humanité.

L’Europe, quant à elle, s’affirme comme un acteur, un organisateur de cette "multipolarité".

Je veux croire que la recomposition des relations internationales entraînée par le 11 septembre favorisera une prise de conscience nouvelle chez ses partenaires. Il est souhaitable qu'à la coalition contre le terrorisme succède une coalition pour un monde plus juste donnant à chacun sa place à la communauté internationale.

C’est à cela que travaille le Gouvernement.

 

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