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Après le sommet arabe d'Ammam

Après le sommet arabe d'Ammam

Déclaration du Porte-parole du Quai d'Orsay, M. François Rivasseau, le 30 mars 2001 sur le processus de paix au Proche-Orient après la rencontre au sommet d'Ammam. Source: Ministère français des Affaires étrangères, Paris.

Q: Avez-vous une réaction sur le Sommet arabe ?

R: Nous avons pris note avec intérêt des décisions prises lors de ce sommet, par exemple concernant l'aide financière des Autorités palestiniennes. Nous espérons que cette aide pourra être mise en œuvre rapidement et compléter ainsi les efforts déployés dans le cadre de l'Union européenne.

Q: Vous parlez de l'aide votée par les pays arabes où de l'aide de l'Iraq ?

R: Je parle de l'aide votée par les pays arabes.

Q: L'Union européenne ne suspend pas son aide ?

R: Non, bien sûr, elle continue.

Q: Quelle est l'attitude de la France concernant le Conseil de sécurité et le veto américain ? Dans le communiqué diffusé, on a l'impression qu'il y a une contradiction, car on justifie l'abstention de la France et en même temps, on sous-entend un soutien aux Palestiniens ?

D'autre part, Catherine Colonna a annoncé aujourd'hui l'entrevue du président Chirac et du président Moubarak concernant la possibilité d'une action commune vis-à-vis de la situation des territoires. Avez-vous une idée, va-t-on réanimer l'initiative franco-égyptienne ?

R: Pour la visite de M. Moubarak, je dois vous renvoyer vers l'Elysée.

R: Concernant le vote, je peux peut-être relire le paragraphe essentiel de l'intervention de notre représentant permanent à New York qui montre qu'il n'y a pas de contradiction.

R: La raison de notre abstention tient essentiellement à la démarche différente que nous avons ensemble choisie, dit M. Levitte. Sur le fond, le projet qui a été mis aux voix présentait de grands mérites, mais si nous nous sommes abstenus, c'est parce que les 4 pays européens ont choisi ensemble une démarche qui était différente et qui cherchait à voir s'il y avait place, en deçà des attentes des promoteurs du projet palestinien, s'il y a place, dans les jours, semaines à venir, pour un langage commun au Conseil de sécurité sur l'actualité immédiate, ce qui suppose une démarche plus orientée vers la recherche du consensus.

R: Cette abstention ne change en rien, sur le fond de la politique de la France, son engagement aux côtés de tous ceux qui souffrent aujourd'hui et veulent bâtir leur nation, leur Etat dans la paix.

Q: M. Védrine a dit que les observateurs ne servaient à rien et qu'il fallait adopter une résolution sur la retenue, selon une dépêche AFP

R: Sur ce point, je vous renvoie à la position française, celle que le ministre a exprimée hier sur LCI. Comme vous le savez, nous restons favorables à tout mécanisme, notamment une mission d'observateurs qui permettrait de contribuer à la protection des populations civiles, R: particulièrement des civils palestiniens R: qui sont les plus exposés et les principales victimes de la violence. Mais un tel mécanisme ne pourrait toutefois contribuer effectivement à les protéger que s'il était également accepté par les Israéliens et bénéficier de leur coopération. C'est pour cette raison qu'avec nos partenaires européens du Conseil, nous n'avons pas été en mesure de voter en faveur du texte mis aux voix par les non-alignés.

Q: A ce propos, trouvez-vous normal qu'un membre permanent du Conseil de sécurité menace de mesures de rétorsions un autre membre non permanent du Conseil de sécurité qui n'a pas voté comme le souhaitaient les Etats-Unis, la Colombie pour ne pas la citer ?

R: Je n'ai pas à commenter un élément qui relève des relations bilatérales entre les Etats-Unis et la Colombie...

Q: La position du ministre français a-t-elle changé ?

R: Non, elle n'a pas changé.

Q: Les Etats-Unis ont-ils fait des remarques sur votre abstention ?

R: Nous avons eu des contacts sur ce sujet avec les Etats-Unis. Lors de ses entretiens avec M. Powell, le ministre a évidemment discuté assez longuement du Proche-Orient, de même qu'avec ses autres interlocuteurs.

Q: Le fait que M. Peres vienne à Paris la semaine prochaine indique-t-il que la France a encore un espoir pour la région.

R: Nous sommes, c'est sûr, en pleine escalade. Le ministre croit que ce qu'il faut faire, plus que de s'interroger sur le rôle des uns et des autres, c'est constater la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. L'urgence absolue est d'éviter que cela empire encore, arrêter l'escalade de la violence. C'est à cela que nous allons travailler. Les qualificatifs aujourd'hui ne servent pas à grand chose, la vérité, c'est que les interlocuteurs que nous avons côté israélien ont été élus par les Israéliens, il y a une vague d'inquiétude profonde qui a traversé la société israélienne et elle s'est traduite électoralement. Donc, quoi que nous pensions, nous devons travailler, tenter de ne pas aggraver les choses. La même remarque vaut d'ailleurs pour les Israéliens ; eux aussi doivent savoir que les qualificatifs aujourd'hui ne font pas nécessairement avancer les choses. Eux aussi doivent travailler avec les interlocuteurs qu'ils ont, c'est-à-dire avec M. Arafat.

Q: Quelle est votre appréciation des propos de M. Arafat qui disait hier que l'Intifada durerait jusqu'à ce que le drapeau palestinien flotte sur Jérusalem ? Cela contribue-t-il, selon vous, à la retenue que vous souhaitez et que vous appelez de vos vœux ?

R: Cette déclaration, comme plusieurs autres déclarations israéliennes, montre que nous sommes précisément en grand danger d'escalade. je crois que cela traduit ce que le ministre a dit à plusieurs reprises sur le désespoir très grand du monde palestinien, et même au-delà.

Q: La France est-elle toujours favorable à ce que le drapeau palestinien flotte sur une partie de Jérusalem ?

R: Notre position sur ce point n'a pas changé .

Q: Pouvez-vous la rappeler ?

R: Il appartient aux parties de négocier une solution juste et durable sur la base des principes pertinents définis par les Nations unies et des acquis et progrès enregistrés dans le cadre du processus d'Oslo. Le succès de ces négociations suppose de s'abstenir de toute mesure unilatérale.

R: Comme l'a rappelé le ministre, "la solution qui sera trouvée devra préserver le caractère unique de la Ville sainte pour les trois religions du Livre sur les plans culturel et religieux, garantir le libre accès des croyants aux Lieux saints, et respecter les droits des différentes communautés traditionnelles de la ville."

R: Sur cette question éminemment sensible, des discussions constructives ont eu lieu l'an dernier entre les Israéliens et les Palestiniens. L'accord à trouver devra prendre en compte, d'une manière ou d'une autre, les progrès réalisés dans ce cadre.

Q: Vous souhaitez donc que le drapeau palestinien flotte sur une partie de Jérusalem ?

R: Je vous renvoie à ma déclaration.

Q: Actuellement, le ministre a qualifié la situation de très grave. Quel est le moyen de baisser la tension ? Qu'allez-vous faire pour cela ? A quel niveau ?

R: Ce que nous pouvons répéter, c'est ce que nous pensons. Un certain nombre de choses devraient être faites, il faudrait à la fois des engagements israéliens et palestiniens, nous pensons qu'il faudrait que les Israéliens lèvent le bouclage des territoires occupés, cessent d'empêcher la circulation des uns et des autres. Il faudrait que l'armée israélienne fasse preuve de retenue, il faudrait que les Palestiniens fassent tout ce qui est en leur pouvoir, notamment l'Autorité palestinienne, pour limiter la violence, la provocation, les attentats, le terrorisme évidemment. On sait bien qu'ils ne contrôlent pas tout, mais nous savons aussi qu'ils ont une grosse influence. Il faudrait que les Israéliens gèlent la colonisation qui est un élément très profond d'aggravation de la situation. Il faut aussi éviter, dans l'ensemble de ce contexte, des décisions unilatérales. Il faut permettre à l'Autorité palestinienne de fonctionner sur le plan financier, nous l'avons dit, cela fait partie des conclusions du Conseil Affaires générales. Bref, il faut recréer un climat, pas un climat de confiance parce que nous n'y arriverons pas d'un seul coup, mais un climat qui permette de stopper l'engrenage de la violence.

R: Je rappelle qu'à Stockholm, le 24 mars 2001, l'Union européenne a invité M. Solana à rester en contact avec toutes les parties concernées et à faire rapport en association avec la Commission au plus tard lors du Conseil européen de Göteborg sur les possibilités qu'a l'Union européenne de jouer un rôle accru pour une reprise du processus de paix.

 

Q: Y a-t-il quelque chose au niveau des Nations unies qui se prépare actuellement ?

R: Pour l'instant, nous venons d'avoir une réunion du Conseil de sécurité qui s'est terminée par un veto américain. Mais nous restons mobilisés et nous persévérons dans nos efforts. De là à dire que quelque chose se prépare dans les tous prochains jours, nous verrons.

Q: M. Védrine, hier, a fait une allusion disant que la France et ses partenaires européens préparaient quelque chose au Conseil de sécurité. C'est ce que le ministre a dit hier ?

R: Oui, je vous renvoie à ses propos. Nous restons mobilisés, nous poursuivons nos efforts.

Q: Pas seulement, M. Védrine a également expliqué ce que voulait dire "mobiliser" : présenter une résolution au Conseil de sécurité dans le cadre de la retenue demandée aux deux parties sans mentionner l'envoi d'une mission d'observations....

R: CertesR:

Q: Pouvez-vous nous parler un peu plus de cette préparation ?

R: Non, j'en reste à ce qu'a dit le ministre, il a été, sur ce sujet, aussi loin qu'on peut aller aujourd'hui. Il vous a expliqué l'esprit dans lequel nous avons décidé de ne pas mettre le projet de résolution européen aux voix il y a deux jours et de continuer à travailler pour y rallier le soutien qui nous manque. C'est la démarche sur laquelle nous restons mobilisés, nous poursuivons nos efforts.

Q: Avez-vous eu des contacts depuis avec Moscou, le ministre Russe des Affaires étrangères a eu la même réaction ?

R: Pas à ma connaissance au niveau ministériel, il faudrait que je vérifie.

Q: Washington a qualifié le discours du président Assad devant le Sommet arabe d'inacceptable. Quelle est votre position ? Partagez-vous cette opinion ou avez-vous une autre position ?

R: La recherche de l'apaisement doit être la priorité de tous...

Q: Le discours du président Assad est-il, selon vous, contre cette recherche ?

R: Je bornerai mon commentaire à dire que la recherche de l'apaisement doit être la priorité de tous, de chaque côté...

Q: Comment qualifiez-vous les relations de M. Védrine et de M. Powell sur la situation, les positions sont-elles plus éloignées ?

R: L'impression qu'en retire le ministre, c'est que nous sommes dans une phase intermédiaire aux Etats-Unis, dans une phase de gestation de la politique américaine, et donc, il est un peu tôt pour avoir une position définitive.

Q: Combien de temps faudra-t-il encore attendre ?

R: Nous avons attiré l'attention des Américains évidemment sur le caractère particulièrement dramatique de la situation, le risque d'escalade. Pour l'instant, ils sont dans une phase où leurs arbitrages ne sont pas encore rendus, c'est clair.

Q: M. Védrine a dit que la situation actuelle n'avait pas été aussi mauvaise depuis 15 à 20 ans ?

R: Oui, c'est ce qu'il pense.

Q: Comment expliquez-vous que M. Védrine et M. Powell aient parlé de l'Iraq et du Moyen-Orient sans parler de l'Iran ?

R: Le ministre a répondu que, lorsque l'on rencontre une nouvelle administration américaine avec laquelle on doit parler de beaucoup de sujets, il faudrait deux à trois longues réunions de travail pour faire le tour de toutes les questions.

Q: Mais, ils ont abordé tous les sujets, selon l'énumération de M. Védrine.

R: Non, ils ne l'ont pas fait, loin de là. Pour la région proche et moyen-orientale, ils n'ont pas parlé que de deux sujets, le Proche-Orient et l'Iraq. Il n'y a évidemment pas que ces deux sujets.

Q: Mais, comment peut-on parler de la crise au Moyen-Orient et de l'Iraq sans parler de l'Iran ?

R: Il y a des problèmes urgents qui se posent, nous avons parlé avec M. Powell sur l'Iraq du diagnostic, nous avons vérifié que nous étions d'accord sur le diagnostic, à savoir que la situation actuelle comporte des risques, qu'elle est plutôt favorable au régime iraquien, que les mesures frappant la population civile iraquienne sont contre-productives. Par contre, il faut des sanctions mieux ciblées pour assurer que le régime iraquien ne redevienne pas une menace pour ses voisins. Il était important de vérifier notre accord sur ce diagnostic. Après cela, nous avons examiné la philosophie qui pourrait sous tendre une approche plus intelligente, comme disent les Américains, d'un régime des sanctions qui précisément ne serait plus dirigé contre la population iraquienne de manière aveugle, mais ciblerait de manière plus précise et plus efficace, disent les Américains, le régime iraquien.

Les déclarations précédentes...

 

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