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Processus de paix au Proche-Orient

Processus de paix au Proche-Orient

Déclaration de Monsieur François Rivasseau, Porte-parole du Quai d'Orsay le 23 mars 2001 à Paris. Source: Ministère français des Affaires Etrangères.

Q. Le gouvernement israélien vient d'annoncer que les autorités israéliennes allaient construire une nouvelle colonie de 6.000 unités tout près de Jérusalem.

R. D'un autre côté, le Premier Ministre israélien, M. Sharon, annonce que l'Iran, la Syrie et le Liban, constituent une vraie menace pour Israël à savoir que l'Iran a envoyé des armes qui peuvent atteindre des endroits qui n'étaient pas touchables avant.

Q. Est-ce que vous accordez toujours à M. Sharon le temps nécessaire pour voir s'il va faire la paix ou est-ce que vous croyez que la situation se dégrade depuis qu'il est aux affaires ?

R. Sur les colonies, les mesures qui sont annoncées ne vont pas dans le sens de l'apaisement et du rétablissement de la confiance. Nous les regrettons. La colonisation est une question extrêmement sensible qui est au cœur de la crise actuelle et sur laquelle notre position est bien connue. Nous souhaitons que ces annonces ne se concrétisent pas plus avant. Concernant les menaces auxquelles vous faites allusion qui préoccupent M. Sharon, nous sommes naturellement attentifs à tout ce qui peut affecter la sécurité et la stabilité de la région.

Q. Ne pensez-vous pas que les déclarations de M. Sharon sont en quelque sorte en recul du processus de paix, et aussi la position de Washington qui a refusé de vraiment s'engager et s'impliquer dans le processus ?

R. On sait la situation difficile dans laquelle se trouve aujourd'hui ce processus de paix. Notre position demeure aujourd'hui la même. Ce qui est important, en tout cas c'est notre démarche, c'est de nous concentrer sur ce qu'il est possible de faire. A cet égard, nous avons attaché de l'intérêt à la visite de M. Sharon à M. Annan, à l'entretien entre M. Péres et le Conseil de Sécurité, puisque nous y voyons une opportunité de dialogue plus étroit entre les Israéliens et les Nations-Unies. Comme vous le savez, le Secrétaire Général a rendu compte, hier, au Conseil de Sécurité, de l'entretien qu'il avait eu avec le Premier Ministre israélien. Parallèlement, des consultations se poursuivent sur la situation dans les territoires occupés et sur la position que le Conseil de Sécurité pourrait exprimer sur ce sujet.

Aujourd'hui, ce qui est important donc aussi pour nous, c'est le travail que nous effectuons à New-York en étroite concertation avec l'ensemble de nos partenaires, dans la ligne de l'échange que le Ministre avait eu, en début de semaine, avec M. Nabil Chaath, pour faire en sorte que le Conseil puisse adresser un message de nature à favoriser l'amélioration de la situation, notamment humanitaire et économique dans les territoires occupés, et la cessation des violences.

Q. Comment qualifiez-vous la situation maintenant dans les territoires palestiniens ? Est-ce que avant l'arrivée de M. Sharon, la situation était meilleure, s'est-elle aggravée depuis ?

R. Peut-être puis-je essayer de répondre à votre question, en me référant à l'esprit des propositions que les Européens font aujourd'hui à New-York auprès du Conseil de Sécurité, sur la question : nous souhaitons que le Conseil exprime une grave préoccupation face à la violence qui se poursuit, et les morts et blessés qui en résultent, particulièrement parmi les Palestiniens.

C'est une situation où il est nécessaire de rappeler au respect du droit international humanitaire, où il faut dire notre grave préoccupation face à la situation économique qui résulte du blocage de certains territoires palestiniens occupés, de villes et de villages.

Q. Mais encore, quelle est votre position à New-York ?

Pour résumer, je dirais qu'aujourd'hui nous estimons toujours que l'envoi d'observateurs dans les territoires serait de nature à contribuer à l'apaisement et à la protection des populations civiles. Il est clair en même temps qu'une telle mission ne pourrait être établie et ne pourrait être efficace qu'avec l'accord et la coopération des parties. Nous constatons qu'un tel accord n'existe pas pour l'heure. Il faut tout faire pour le rendre possible. Dans l'immédiat, et dans ces conditions, ce qui parait le plus utile, c'est de se concentrer sur les mesures les plus urgentes qu'impose la situation: fin des activités de colonisation, levée des bouclages, transfert du produit des taxes aux Palestiniens, reprise des contacts à tous les niveaux entre Israéliens et Palestiniens, notamment en matière sécuritaire, engagement clair à faire cesser la violence de part et d'autre.

Il semble que les pays européens du Conseil, notamment la France et la Grande-Bretagne, sont en train de proposer une résolution alternative à celle initiée par les Palestiniens et présentée par des membres non permanents. Est-ce que vous pouvez nous dire quelle est la nature de cette résolution alternative ? En quoi elle est différente de l'autre ? Et dans quelle perspective ? Est-ce qu'il y a vraiment une résolution alternative ?

Nous proposons en effet un texte distinct, je ne sais pas s'il est alternatif. Nous avons fait des propositions rédactionnelles de nature, nous l'espérons, à permettre au Conseil de Sécurité d'aboutir.

Q. M. Sharon a déclaré qu'Israël s'opposerait à l'envoi des observateurs dans les territoires palestiniens. Comment votre projet de résolution pourrait, dans ce cas-là, aboutir ?

R. Je répète ce que j'ai dit : il faut tout faire pour qu'un accord puisse se concrétiser sur ce point ., à défaut, il y a une utilité à se concentrer sur les mesures qui peuvent être immédiatement utiles et dont le besoin est extrêmement urgent.

Q. Dans ce cas-là, vous renoncez à l'envoi des observateurs ?

R. Non, nous ne renonçons pas. Mais aujourd'hui, nous essayons de voir jusqu'où il est possible d'aller ou de ne pas aller sur ce terrain. Pour que le Conseil de Sécurité puisse être à même de prendre une décision.

Q. Je constate actuellement que la politique de la nouvelle administration américaine recule sur le proche-orient. Elle a arrêté la coopération sur la sécurité via la CIA entre les Israéliens et les Palestiniens. Cela peut-il donner l'envie à l'Europe de remplir ce vide en quelque sorte ?

R. Je ne crois pas que la question se pose en ces termes. Nous ne raisonnons pas en termes de vide à combler et nous ne sommes pas intéressés à raisonner ainsi. Nous raisonnons en termes pratiques : que pouvons-nous faire aujourd'hui d'utile compte tenu de la situation ? Je crois aujourd'hui que l'attention se concentre sur ce qui se passe à New York et c'est un premier élément de réponse.

Déclaration du Porte-parole du Quai d'Orsay du 22 mars 2001: (extrait)

C'est une bonne chose que la Commission Mitchell soit de retour sur le terrain pour poursuivre ses travaux de façon constructive avec la pleine coopération des parties.

Nous espérons qu'elle sera en mesure de remettre rapidement son rapport.

- Déclarations précédentes sur le Proche-Orient:

 

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