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Le premier Rafale livré à l'Armée de l'Air

Le premier Rafale livré à l'Armée de l'Air

Discours de Monsieur Alain Richard, ministre de la Défense, à l'occasion de la livraison du premier avion de combat Rafale à l'Armée de l'Air française. Mérignac, 4 décembre 1998.

MonsieurLe Premier ministre, Monsieur le Préfet, Monsieur le président,

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, en prenant son premier vol dans le ciel aquitain, le Rafale a franchi une nouvelle étape de son accès au service. Cette première livraison à l’Armée de l’air en fait à part entière le nouveau venu parmi les avions de combat de nos forces.

Cette phase nouvelle dans l’histoire de l’armée de l’air méritait bien une manifestation marquante; je vous remercie d’en avoir pris l’initiative, et salue cordialement toutes celles et tous ceux qui, par leur présence, marquent leur intérêt pour notre industrie, et plus largement pour les questions de défense de ce pays.

Je souhaiterais, aujourd’hui, évoquer l’avenir de cet avion, produit phare de notre industrie aéronautique, qui équipera nos forces armées dans un contexte d’emploi bien différent de celui qui prévalait voilà dix ans, lorsqu’il a été conçu, et mettre en évidence ses capacités d'adaptation et de polyvalence.

Disposer le moment venu des outils nécessaires à la gestion d’une crise potentielle de grande ampleur suppose, en amont, de remporter la bataille de la technologie et celle des coûts, et cette bataille se joue sur le long terme. L’avion que nous avons vu voler aujourd’hui, est le fruit de notre capacité à travailler sur le long terme, le fruit d’un travail d’équipe aussi, qui a mobilisé toute une génération d’ingénieurs et de concepteurs, d’équipes de construction, de pilotes d’essais, de mécaniciens auxquels je voudrais rendre hommage.

Fruit d’une volonté politique inscrite dans la continuité, il représente surtout une ambition nationale en matière de maîtrise des technologies les plus récentes et les plus complexes, là où quelques pays et quelques industriels, très peu nombreux, peuvent rivaliser. Je pense par exemple, concernant les moteurs, au domaine des très hautes températures, mais je pense aussi à l’optoélectronique, aux commandes de vol numériques, aux capteurs infrarouges et laser… Dans tous les domaines, le Rafale utilise les technologies les plus récentes, et il est assuré de rester au plus haut niveau de performance opérationnelle pendant plusieurs dizaines d’années.

Le Rafale a remporté la bataille de l'ambition technologique; mais je voudrais également souligner que cet investissement majeur a aussi remporté, la bataille des coûts.

Ce succès nous le devons aux ingénieurs de la DGA, aux officiers des armées de l’Air et de la Marine, et à l’excellence des équipes industrielles des entreprises partenaires de ce programme. Je pense bien entendu à Dassault Aviation - maître d’œuvre de la cellule et de l’intégration -, à Snecma – maître d’œuvre des moteurs-, à Thomson CSF – maître d’œuvre de l’électronique, à Aérospatiale et Matra – maîtres d’œuvre des armements. Mais je voudrais aussi rappeler que 1500 sociétés, petites ou grandes, participent à ce programme. Toutes ces entreprises engagées dans ce projet ont pour caractéristique commune de maîtriser les technologies à un niveau d’excellence indispensable à la complexité de ce programme. Je voudrais rendre un hommage particulier aux salariés de ces entreprises qui ont permis l'accomplissement de ce programme.

Comme je l’ai déjà indiqué à plusieurs reprises, la commande pluriannuelle de 48 avions Rafale devrait être notifiée au début de 1999. En un an et demi, 11 commandes pluriannuelles ont déjà été engagées. Cette commande pluriannuelle, qui sera la plus importante jusqu'à présent doit conforter les perspectives de ce programme, de très haut niveau. L'effet d'annonce de cette notification doit permettre aux industriels d’optimiser l’organisation de la production et renforcer les chances du Rafale à l’exportation. La production du Rafale va procurer dans les 20 prochaines années un nombre important d’emplois à forte valeur ajoutée, en particulier dans la région Aquitaine. Et je voudrais rendre un hommage appuyé à l'esprit de responsabilités des élus de cette région.

Mais j’en viens à l’utilisation opérationelle du Rafale, puisque le vol d’aujourd’hui inaugure une nouvelle vie, la vie opérationnelle de ce projet.

Qui peut dire quelles menaces nouvelles surgiront au cours des quarante prochaines années, à quels risques nouveaux il faudra nous préparer ? Pas grand monde, et c’est pour cette raison qu’une entreprise technologique d’une ampleur et d’un coût tels que ceux du Rafale ne pouvait avoir comme autre objectif que la polyvalence la plus grande, afin de pouvoir conduire tout le spectre des missions militaires de demain.

Le Rafale, en effet, n’est pas simplement une performance technologique; c’est d’abord l’un des outils majeurs de notre défense, qui doit répondre aux sollicitations variées du pouvoir politique, et se tenir prêt à tous les types de mission que celui-ci pourrait lui confier.

Les événements récents de la crise au Kosovo ont à nouveau démontré la nécessité d’appuyer notre diplomatie sur des capacités militaires crédibles et proportionnées à nos objectifs. Cela a été l'un des sujets principaux de la discussion entre les autorités britanniques et françaises lors du sommet de St Malo. Dans ces conditions, l’arme aérienne, lorsqu’elle est brandie à distance du théâtre d’opération, est de ce point de vue un atout essentiel dans la résolution des crises fréquentes que nous rencontrons dans cet après-guerre froide; et si nous voulons continuer à peser dans le paysage stratégique international, à apporter notre contribution et à défendre nos valeurs fondées sur le respect du droit et la paix, il nous faut disposer d’un système d’arme tel que celui que nous offre le Rafale.

Les missions du Rafale se trouvent au cœur de notre défense. C'est évidemment le cas s'agissant de la dissuasion nucléaire. Mais aussi des missions conventionnelles, telles que l’attaque au sol ou en mer, ou encore la supériorité aérienne. D’autres missions reflètent plus directement l’environnement stratégique d'aujourd'hui, et sont des missions de gestion de crise, telles que les activités de renseignement avec un niveau d'autoprotection élevé, la participation à des actions combinées, en situation d’interopérabilité avec un ou plusieurs alliés (c'est exactement ce que nous faisons au Kosovo) et dans un contexte de très grande intensité technologique – des missions qui, souvent, requièrent des qualités de précision, de retenue dans l’usage de la force, et de souplesse d’emploi.

La polyvalence est donc, au regard des besoins de notre défense et de ceux de notre diplomatie, une exigence qui est au centre de la conception de cet appareil. Cette polyvalence correspond par ailleurs à une autre caractéristique du contexte actuel, dans lequel le Rafale devra s’insérer.

La nécessité de maîtriser les dépenses publiques, dans un environnement où la menace militaire majeure venue de l’Est n’est plus d’actualité, appelle, à terme, un appareil unique pour les deux armées, et pour tous les types de mission; un appareil conçu sur des principes de modularité et d'évolutivité, afin que sa durée de vie atteigne en effet les quarante années que nous lui avons fixées. Enfin, un appareil aussi polyvalent, c’est un atout supplémentaire pour les contrats à l’exportation que nous pensons prioritaires, et qui peuvent nous aider à atteindre l’objectif de maîtrise du coût global de cet appareil.

Vous savez que ce gouvernement attache une grande importance à la construction d’une défense européenne plus cohérente, plus puissante, et cela aussi bien sur le plan industriel que sur le plan de la capacité de décision politique.

Dans cette perspective, le Rafale démontre de manière éclatante le savoir-faire de notre industrie française dans tous les domaines qui touchent à la construction aéronautique et aux systèmes d’armes qui lui sont liés. La vitalité de notre outil industriel qu’il démontre se trouvera encore accrue par la mise en commun de nos ressources et de nos savoir-faire avec nos partenaires européens. Il nous permet d’envisager les négociations entre partenaires européens avec assurance et confiance.

Le Rafale, nous le savons maintenant, sera là pour prouver et soutenir les intérêts stratégiques, diplomatiques et industriels de la France pour les décennies à venir. C’est pourquoi, comme vous, Monsieur le Président, je lui souhaite longue vie.

 

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