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France-Egypte : une relation ancrée dans l'histoire

France-Egypte : une relation ancrée dans l'histoire

Tournée au Proche-Orient du nouveau Ministre français des Affaires étrangères: Point de Presse conjoint de M. Dominique de Villepin et du ministre égyptien des Affaires étrangères, M. Ahmed Maher. Propos tenus par M. de Villepin au Caire le 23 juin 2002. Source: Ambassade de France au Caire, Egypte.

(...)

Merci Monsieur le Ministre. Je suis évidemment très sensible et très touché par cet accueil et cette première étape d'un voyage au Proche-Orient. Je suis très heureux qu'elle se passe au Caire. La relation entre nos deux présidents, entre nos deux pays et entre nos deux peuples est une relation d'amitié. Je suis fier et très heureux de pouvoir dire que la France et l'Egypte sont au rendez-vous de l'amitié.

La relation entre la France et l'Egypte est une relation forte, une relation ancrée dans l'histoire mais fondée aussi sur la conscience d'intérêts communs très forts. Intérêts dans le domaine politique : la concertation entre nos deux diplomaties est évidemment très étroite et nos vues très largement convergentes comme on a pu le constater à l'instant. Dans le domaine économique, la présence des grands groupes français et l'importance des investissements réalisés en Egypte en témoigne - j'ai eu l'occasion tout à l'heure de rencontrer la communauté française - et je ne pouvais avoir meilleur signe de la vitalité des relations entre nos deux pays. Sur le plan culturel aussi puisqu'il y a là un passé prestigieux mais aussi un dynamisme actuel très fort dans tous les secteurs et je suis très fier que le fleuron aujourd'hui de notre coopération soit l'université française en Egypte qui doit débuter son activité à la prochaine rentrée académique.

Monsieur le Ministre, vous avez évoqué la situation très grave qui est celle actuellement du Proche-Orient. C'est, et j'ai eu l'occasion d'exprimer le sentiment de la France, une situation tragique qui rend on ne peut plus urgente la relance des efforts de paix. Le conflit du Proche-Orient n'a que trop duré et l'expérience des deux dernières années a démontré que la poursuite de la confrontation ne pouvait mener nulle part. Nous partageons la conviction qu'il faut une solution politique qui puisse aboutir à une solution juste. Solution juste fondée sur le respect des droits de chacun et qui puisse tenir compte de la mémoire des peuples pour permettre une paix durable.

Les Palestiniens savent qu'ils n'obtiendront pas la réalisation de leurs aspirations si le droit d'Israël à vivre en sécurité n'est pas définitivement établi. Les Israéliens savent que leur exigence légitime et fondamentale à la reconnaissance et à la sécurité ne pourra se réaliser que par le respect des droits et des aspirations également légitimes et fondamentales de leurs voisins palestiniens. La communauté internationale dans ce contexte doit se mobiliser. Nous étions à Séville hier où a été adoptée une déclaration qui favorise l'idée d'une solution de paix, qui insiste sur la nécessité de relancer un espoir de paix et qui entrevoit le rôle que peut jouer dans ce contexte une conférence internationale dûment préparée et affirmant des objectifs clairs.

Aujourd'hui il existe un large consensus au sein de la communauté internationale sur le point d'aboutissement souhaitable d'un tel processus de paix. La création aux côtés de l'Etat d'Israël reconnu par tous et pleinement intégré dans son environnement régional d'un Etat palestinien viable et démocratique. Il faut aujourd'hui plus que jamais, dans cette situation dramatique, saisir, à nouveau, cette chance et c'est aux parties et à personne d'autre qu'il appartient de se mettre d'accord sur les termes d'un règlement. Mais ce que peut faire et doit faire la communauté internationale c'est aider les parties à assumer aujourd'hui ce risque de paix, ce risque indispensable pour les encourager à renouer le dialogue en définissant un cadre qui assure à chacune des parties et donne à chacune de ces parties les garanties nécessaires que ses préoccupations seront prises en compte.

Question: Monsieur le Ministre, vous avez dans le dossier de presse qui a été distribué aux journalistes évoqué les attentes quant à un rôle américain et à un plan américain annoncé. Mais on peut se poser des questions parce que les Américains ont innové en matière de droit international et de politique internationale en parlant d'Etat provisoire, chose qui n'existait pas auparavant à notre connaissance. Alors que vous-même avez tout à l'heure indiqué votre souhait de voir un Etat palestinien viable. Avez-vous le même concept que les Américains ? Les Américains par ailleurs ont parlé d'un Etat sur 40% des territoires palestiniens. Or la conférence de Séville a bien spécifié que c'était un Etat palestinien sur les frontières de 1967, qui rencontre d'ailleurs la conception que les Arabes ont de cet Etat palestinien ? Quelle est en réalité votre position ?

Dominique de Villepin: Je crois qu'il ne faut pas anticiper sur ce que seront les propositions américaines qui devraient être faites au cours des prochains jours. Un certain nombre d'hypothèses de travail ont été faites, et je crois qu'il faut attendre que ces propositions soient formulées et formalisées par le président américain. Notre souhait aujourd'hui c'est évidemment de faire en sorte que le processus politique, que l'espoir de paix puisse reprendre dans la région. Il y a là un élément qui pour nous est essentiel il ne peut pas y avoir de véritable sécurité sans perspective de paix.

Et accroître ces perspectives, travailler dans le sens de la paix est évidemment central si l'on veut essayer de réduire l'incertitude, de réduire l'humiliation, la frustration qui aujourd'hui sont évidemment vivement ressenties dans cette région du monde. Les diplomaties sont là pour essayer de peser, de travailler dans le même sens. Nous attendons donc avec beaucoup d'impatience les propositions américaines. Les Européens ont dit à Séville quel était leur sentiment sur ce que devrait être la vision pour cette région, une vision équilibrée et une vision qui permette d'avancer dans le sens de la paix et nourrisse un espoir pour tout le monde, sécurité pour Israël, perspective de création d'un Etat de Palestine du coté palestinien.

Il y a là je crois une approche qui peut permettre de sortir de cette situation dramatique et tragique dans laquelle nous sommes où, à défaut de pouvoir véritablement enclencher un processus de paix, le terrorisme joue tout son rôle et pèse de tout son poids. Il est essentiel de redonner un espoir pour sortir de cette spirale infernale qui a gagné aujourd'hui la région.

Question: Sur le plan concret, qu'est ce qu'il y a derrière pour faire sortir les parties de cette situation tragique au plan sécuritaire, y a-t-il des garanties, quelles sont ces garanties ?

Dominique de Villepin:Il s'agit, vous l'avez compris, de ma première visite en tant que ministre des Affaires étrangères français dans cette région et c'est donc d'abord une visite qui vise à prendre contact avec l'ensemble des parties, à écouter l'ensemble des parties. Cette visite se situe à un moment dramatique de l'histoire de cette région et il est évident que l'objectif aujourd'hui, le principal, celui de toutes les diplomaties - c'était le cas des diplomaties européennes réunies à Séville -, est de permettre d'ouvrir une perspective de paix, de sortir de cette logique de chaos qui gagne aujourd'hui et qui menace la région. Dans ce contexte là, il y a un certain nombre d'idées que nous entretenons évidemment avec nos amis arabes, comme je m'en suis entretenu avec le ministre des Affaires étrangères égyptien. Le but principal est bien d'essayer de relancer cette base de négociations. Il y a là un moment tout à fait important pour sortir de cette situation de crise, que nous devons saisir.

Question: Au moment même où on rend hommage à la résistance française contre l'occupation nazie lors de la deuxième guerre mondiale, on entend par ailleurs qualifier ou accuser la résistance palestinienne de terrorisme. Pensez-vous que dans cette dichotomie il y a l'une des raisons de non-règlement de cette question ?

Dominique de Villepin: Je crois qu'il faut garder très fort en mémoire et en tête quel est l'objectif que nous poursuivons les uns et les autres pour cette région. L'objectif c'est clairement celui de la paix et je crois qu'il ne sert à rien de rentrer dans des explications, de jeter les anathèmes sur tel ou tel. L'objectif c'est bien de viser la réconciliation dans cette région plutôt que de faire un point d'histoire même si le devoir de mémoire doit nous conduire aujourd'hui à être soucieux de ne pas nous caler sur le seul rapport de force pour penser à la paix. La paix c'est une volonté c'est une énergie, c'est une vision qui doit nous animer. Et c'est bien cela que j'ai en tête en arrivant aujourd'hui au Proche-Orient, c'est l'ambition de faire en sorte que cette paix puisse réunir des peuples qui s'affrontent aujourd'hui, des peuples inquiets, des peuples qui souffrent. Je pense que cet objectif de paix doit être le seul impératif des diplomaties si l'on veut véritablement sortir de la spirale qui gagne la région./.

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