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La mondialisation et la grande entreprise: de nouveaux défis pour les dirigeants

La mondialisation et la grande entreprise: de nouveaux défis pour les dirigeants

Allocution prononcée par M. Laurent Beaudoin, Président du conseil et du comité exécutif lors du 114e dîner annuel de la Chambre de commerce de Toronto. Toronto, le 21 janvier 2002. Source: Bombardier, Service de Presse.

Monsieur Ridabock, je vous remercie de votre chaleureux accueil.

Monsieur le ministre Collenette, monsieur Flaherty, monsieur le maire, distingués invités, mesdames et messieurs, bonsoir.

Je suis très flatté d'avoir été invité comme conférencier principal de votre dîner annuel. Vous savez, au moment de choisir le sujet de mon allocution de ce soir, on m'a rappelé qu'à l'occasion d'un dîner, il était de mise de choisir un sujet léger et de préférence, amusant. Comme j'écoute toujours les bons conseils, j'ai décidé de vous parler de... mondialisation !

C'est un sujet qui n'est ni léger, ni drôle, me direz-vous, sauf peut-être quand certains militants contre la mondialisation créent, bien involontairement, des situations plutôt cocasses. C'est ainsi, par exemple, que dans un village de France de 610 âmes, on a décidé d'imposer une taxe de vente de 100 % sur le Coca-Cola. On taxe ainsi environ 24 bouteilles de Coca-Cola par année, pour se venger d'un tarif imposé par les États-Unis sur le fromage Roquefort! Au Brésil, quand le Canada a décidé de limiter l'importation de bœuf brésilien, on a paradé des têtes de bétail surnommées Bombardier dans les rues de Sao Paolo avant de les conduire à l'abattoir.

Il ne fait nul doute que la mondialisation est un sujet sérieux. J'espère simplement que ce qui est arrivé à un de mes amis il y a quelques mois ne se produira pas ce soir. Vous voyez, il faisait un exposé sérieux sur une question importante quand, en levant les yeux de ses notes, il a constaté que la salle s'était vidée, à l'exception d'une personne. Mon ami lui a dit: "Ce sujet doit vraiment vous intéresser." La personne lui a répondu, "Pas vraiment monsieur mais je suis le présentateur suivant!"

Trêve de plaisanteries, ces deux dernières années, nous avons vu les premières manifestations d'une offensive générale contre les grandes entreprises, le marché libre, le libre-échange et le capitalisme en général. Les événements tragiques du 11 septembre ont temporairement détourné l'attention des manifestants contre la mondialisation, mais ce n'est que partie remise. Tôt ou tard, ils trouveront bien le moyen de blâmer la mondialisation pour ce qui est arrivé ce jour-là.

Je me propose ce soir de partager avec vous mes réflexions sur ce qui se passe autour de nous, puis de vous faire part de quelques-unes des conclusions auxquelles je suis arrivé, et enfin de faire quelques suggestions pour l'avenir à l'intention des dirigeants d'entreprise. Je voulais comprendre ce qui se cache derrière les vandales en masques à gaz, le saccage des restaurants McDonald et la haine à l'égard des multinationales.

Pour tenter de mesurer l'étendue de ce mouvement, tapez les mots "anti-globalization" et "protest" dans n'importe quel moteur de recherche sur Internet et vous obtiendrez quelque 10 400 entrées, dont plus d'une centaine de sites web entièrement consacrés à la lutte contre les "fléaux" de la mondialisation.

Si je m'intéresse autant aux "pour" et aux "contre" de la mondialisation, ce n'est pas parce que j'ai trop de temps libre, mais bien parce qu'il s'agit d'un enjeu majeur pour notre entreprise.

Croyez-moi, je n'aborderai pas cette question à titre d'historien, de philosophe, de décideur politique ou d'économiste, bien que chacun d'eux jetterait sans doute de la lumière sur un aspect pertinent du sujet.

L'historien affirmerait probablement que la mondialisation n'est pas un nouveau phénomène, que les sociétés sont balayées depuis des lustres par des vagues successives de libre-échange et de protectionnisme. Il pourrait prétendre que la mondialisation moderne exerce une certaine pression sur le concept de l'état-nation souverain, la pierre angulaire de la politique mondiale depuis la signature des Traités de Westphalie en 1648. L'historien pourrait enfin démontrer comment les accords de Bretton Woods en 1944 ont engendré un ordre mondial stable qui s'est graduellement érodé pour enfin être rejeté.

Le philosophe, lui, examinerait le sens profond du phénomène, attirant notre attention sur les événements qui ont marqué l'extraordinaire décennie des années 1990. Par exemple, la mort du socialisme, ou plus précisément, le coma dans lequel il a sombré suite à la destruction du mur de Berlin et au démantèlement de l'URSS, faisant du capitalisme le vainqueur de tous les systèmes économiques, le seul modèle viable pour toute société. Malheureusement, trop de gens ont oublié que tout a un prix, même les marchés et la concurrence, et que l'innovation tend à étouffer la tradition. Les années 1990 ont été riches en innovations remarquables, particulièrement dans les domaines des communications et de l'information.

L'économiste Joseph Schumpeter a déjà dit du capitalisme qu'il s'agissait d'un moteur de destruction créative. Et bien! On peut dire que les années 1990 auront servi une bonne dose d'adrénaline à Schumpeter!

Il semble que pour bien des idéalistes, le village global des années '90 était un endroit dur et froid, qui entrait dans leur salon douillet grâce à RDI, CNN, Internet, etc. L'utopie de la jeunesse et la quête d'un monde meilleur doivent accoucher d'un nouveau modèle de société.

À l'heure où on se parle, ce mouvement est toujours "anti-quelque chose".

Lors d'une récente manifestation à Londres, on pouvait lire sur une bannière: "Écrasons le capitalisme. Remplaçons-le par quelque chose de beau. " Bientôt, ils trouveront une étiquette et un modèle pour ce "quelque chose de beau". Parions qu'il s'agira d'une forme déguisée de socialisme.

S'il était parmi nous, le décideur politique nous entretiendrait sans doute de la gouverne d'institutions supranationales comme l'OMC, le FMI et la Banque mondiale. Par exemple, quels changements et quelles réformes pourrions-nous leur apporter pour les rendre plus à l'écoute, plus démocratiques et plus transparents ? Ces organismes sont dans la mire de militants furieux qui, fort injustement d'ailleurs, les voient comme les instruments d'un vaste complot pour promouvoir les intérêts des multinationales et des pays riches, "les moteurs de la mondialisation pilotée par la grande entreprise. " Le décideur ferait remarquer aussi que les pays riches peuvent faire beaucoup plus afin d'ouvrir leurs marchés aux exportations des pays en voie de développement, particulièrement dans les secteurs de l'agriculture, des textiles et des vêtements. Ce qui, soit dit en passant, a fait l'objet d'un engagement lors des négociations commerciales multilatérales en Uruguay, lequel est resté lettre morte depuis.

Enfin, l'économiste, lui, ferait appel à une suite impressionnante de statistiques pour démentir plusieurs affirmations des activistes anti-mondialisation.

Non, la mondialisation n'a pas exacerbé les iniquités ni au sein, ni entre les nations. En fait, après avoir atteint son point culminant dans les années 1970, l'iniquité mondiale des revenus a diminué de façon marquée depuis.

Oui, au chapitre de la croissance économique, les pays en voie de développement qui ont ouvert leurs frontières au commerce et aux investissements s'en tirent deux fois mieux que les pays développés, et presque cinq fois mieux que les pays en voie de développement qui ont refusé de le faire.

Ce à quoi les activistes répondraient invariablement: "Que de mensonges! Au diable les statistiques! " ou encore, l'éternel: "Et alors ?" Ils contesteraient en argumentant que le PIB et les statistiques sur la croissance ne tiennent pas compte de ce qui est essentiel au bonheur des hommes. Qu'on ne peut comptabiliser le morcellement des communautés, le stress de la concurrence, la perte des traditions et la dépendance économique à des marchés capricieux. Quel intérêt y a t-il à consommer toujours plus de biens si on est malheureux ? L'économiste pourrait leur répondre qu'en fait, il y a une relation plutôt étroite entre ces "maudites statistiques " et diverses mesures du bien-être des gens, et tout particulièrement avec celui des populations les plus défavorisées.

Il s'agit là de points de vue différents d'une question fort complexe et qui sont tout aussi fascinants les uns que les autres.

En ce qui me concerne, ma vision des choses est celle du président du conseil d'une entreprise qui exerce ses activités dans 24 pays, et dans 19 langues, du Mexique à la Pologne, en passant par la Chine et l'Irlande du Nord.

Je suppose que cela fait de Bombardier une de ces multinationales, ou transnationales, qui, selon certains slogans anti-mondialisation, serait sur le point d'achever sa "mainmise sournoise" sur l'économie mondiale. De leur perspective, notre entreprise doit être l'un des "seigneurs de l'univers, plus puissants que les états souverains"! Il va sans dire que je ne décrirais pas Bombardier en ces termes, pas plus que vous ne le feriez, j'en suis sûr.

Permettez-moi plutôt de vous décrire comment, chez Bombardier, nous avons vécu l'expansion graduelle de notre entreprise dans différents pays, et comment nous voyons notre contribution au bien-être de leurs habitants.

Non pas que Bombardier soit un organisme de bien-être social: il n'en est rien. Non, simplement parce qu'il est dans le meilleur intérêt de Bombardier d'être un bon citoyen corporatif, de rehausser et de protéger sa réputation à titre d'employeur de qualité et d'acheteur équitable de biens et de services.

La croissance de Bombardier à l'échelle mondiale s'est faite essentiellement par voie d'acquisitions.

Notre approche à l'égard des acquisitions est simple: nous recherchons des synergies stratégiques et investissons en vue d'occasions d'affaires futures. Nous réussissons par l'ouverture d'esprit et par la diversité. Nous travaillons toujours avec l'équipe de direction en poste, puis, une fois convenue la stratégie d'exploitation globale, nous la laissons libre de faire son travail.

Aujourd'hui, 40% de nos employés travaillent dans nos installations en Europe, ce qui constitue un véritable bassin d'expertise où nous puisons beaucoup de connaissances. Ceci nous fait dire que Bombardier est peut-être la plus européenne des compagnies nord-américaines ! Par contre, en plus de notre importante base canadienne, nous sommes aussi solidement ancrés aux États-Unis, où nous comptons des usines de fabrication et des points de service dans une quinzaine d'états et où plus de 15 000 employés travaillent dans 43 états. Il est donc aussi vrai de dire que nous sommes la plus nord-américaine des entreprises européennes!

Nous sommes toujours demeurés fidèles à nos origines et à nos valeurs, peu importe les pays où nous œuvrons, le nombre de cultures que nous embrassons et le nombre de langues que nous parlons. Nous avons toujours su intégrer le savoir et le savoir-faire des entreprises que nous avons acquises pour nous aider à devenir chef de file.

Dès notre toute première acquisition en 1970 - le fabricant autrichien de moteurs Rotax - jusqu'à la toute dernière - la société allemande Adtranz - en passant par toutes les autres acquisitions, comme la compagnie Learjet, Bombardier a toujours su créer de la valeur, et pour les pays où elle œuvre et pour elle-même.

C'est ainsi que notre expansion internationale nous a bien servis, tout en étant également bénéfique à nos pays d'adoption. En 1992, par exemple, nous avons acquis du gouvernement du Mexique la société Concarril, un fabricant d'équipement ferroviaire. Notre objectif était fort simple. Nous savions que le Mexique connaissait une période d'industrialisation intensive et qu'il lui faudrait moderniser ses infrastructures de transport. Nous étions convaincus que l'acquisition d'un fabricant de voitures-passagers au Mexique nous confèrerait un avantage pour devenir le fournisseur de choix du marché mexicain, puis éventuellement, de celui de l'Amérique du Sud.

Grâce à nos investissements, tant dans les ressources humaines que matérielles, cette usine est aujourd'hui un centre d'excellence, et un modèle de productivité - et de propreté!

Les effectifs sont passés de quelques centaines à plus de 2 000 personnes. Et certains de nos employés mexicains occupent aujourd'hui des postes de cadres supérieurs au sein de Bombardier dans différents pays du monde.

Bombardier a permis de créer de nouveaux emplois, d'améliorer les conditions de travail et d'offrir de la mobilité professionnelle à ses employés mexicains... et ce, en dépit du fait que nous n'ayons toujours pas exécuté un seul contrat important pour ce marché depuis l'acquisition de l'usine!

Bombardier est tout de même sortie gagnante. Nous avons une nouvelle entreprise d'exportation basée au Mexique qui a accru notre rendement et nous a aidé à nous hisser au premier rang de l'industrie mexicaine du transport. Nous avons également aidé nos employés mexicains à acquérir des compétences supplémentaires, contribuant ainsi au développement d'une main-d'œuvre qualifiée dont nous sommes très fiers.

Tout ceci a été possible grâce à notre capacité de transférer des connaissances acquises dans plusieurs pays - notamment au Canada - et de concevoir et fabriquer des produits standard dans un seul pays - le Mexique dans ce cas-ci - pour la vente à d'autres pays, comme les États-Unis.

Voilà un exemple de mondialisation où chacun trouve son compte. Mais les pays hôtes doivent aussi faire leur part. Le président mexicain Vincente Fox le comprend très bien. À cet effet, il disait récemment :

"Nous sommes convaincus que la mondialisation est une bonne chose... quand vous faites votre travail... quand vous alignez vos principes de base sur la réalité économique, quand vous vous assurez un niveau élevé de scolarité, quand vous respectez la primauté du droit... Quand chacun fait sa part, tous en retirent des bénéfices."

Le président Fox a raison. Ce qui compte le plus pour nous quand nous exerçons nos activités, ce sont le cadre juridique et la primauté du droit dans les pays où nous choisissons de nous installer. Nous n'exerçons aucune influence sur les politiques et les pratiques gouvernementales. Notre seule liberté est celle de choisir d'investir ou non dans un pays donné.

Bien que la mondialisation donne lieu à la normalisation des produits et des procédés, elle ne donne certainement pas lieu à la normalisation des êtres humains!

Les êtres humains ne sont pas des roues d'engrenage interchangeables. Chacun apporte ses propres valeurs et ses propres motivations et, loin d'entraver les activités de l'entreprise, cette diversité contribue plutôt à en accroître l'efficacité du travail.

Pour nous, la mondialisation ne signifie pas aplanir les caractères individuels, mais plutôt les agencer en un tout harmonieux.

Il nous serait impensable de fonctionner autrement, car après tout, Bombardier a été fondée, et s'est toujours nourrie, d'innovation et d'esprit d'entreprise. C'est dans cet esprit que se définit toujours notre personnalité d'entreprise.

Bombardier a largement bénéficié de ses synergies avec différentes cultures dans le monde entier, et demeure fermement engagée dans l'ouverture de ses marchés mondiaux au transfert de technologies, de compétences manufacturières, de produits et de services.

Permettez-moi d'illustrer ceci en vous donnant un autre exemple tiré de notre expérience à l'étranger. Peut-être l'une de celles dont nous sommes les plus fiers.

En 1989, Bombardier a acquis les activités manufacturières aéronautiques de la société publique Short Brothers en Irlande du Nord. L'entreprise était un exemple classique d'une société d'état sous-capitalisée.

Les installations étaient si désuètes et le manque de financement des technologies si sévère qu'il nous aurait été impossible de rendre l'entreprise concurrentielle telle que nous l'avions achetée. Une fois sous notre gouverne, nous avons injecté des millions de dollars dans l'usine afin de la moderniser, puis avons fait de Short Brothers un partenaire à part entière du développement de nos avions régionaux et de la production de composantes importantes. Cela a résulté en un accroissement significatif de la productivité de l'usine.

Nous sommes très fiers aujourd'hui de notre usine de Belfast qui constitue une belle réussite tant pour l'économie de l'Irlande du Nord, que pour Bombardier. En 1989, il y avait 5 000 emplois menacés à l'usine de Short Brothers. Aujourd'hui, 7 000 personnes y travaillent.

Ces résultats n'auraient pu être obtenus sans le concours de nos employés irlandais. Fidèles à notre style de gestion, nous avons laissé les activités aux mains des gestionnaires compétents en poste. En fait, un des grands atouts que nous avons découverts chez Short Brothers, c'est une main d'œuvre très qualifiée dotée d'une éducation de niveau supérieur. D'ailleurs, plusieurs membres de la haute direction à Montréal et de nos autres installations sont issus de cette usine.

Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle je vous parle de notre expérience à Belfast. Nous connaissons tous les conséquences tragiques du sempiternel conflit entre Catholiques et Protestants en Irlande. Lors de cette acquisition, Bombardier a décidé d'attaquer de front cet enjeu. Nous avons donc appliqué des mesures concrètes pour transformer l'usine en terrain neutre où Catholiques et Protestants peuvent laisser leurs revendications à la porte. L'engagement de Bombardier en matière d'équité d'emploi a aussi mené à l'accroissement marqué du nombre d'employés catholiques parmi les effectifs de son usine de Belfast.

Mais nous avions l'impression de devoir en faire plus. C'est pourquoi lorsque nous avons mis sur pied un nouveau centre de formation à Belfast, nous l'avons délibérément situé dans un quartier majoritairement catholique. Ainsi, nous pouvions encourager une meilleure "intégration " de nos employés. C'était une façon modeste, mais significative, de contribuer à la qualité de vie de la communauté.

Quelles conclusions et quelles suggestions cette expérience me permet-elle de tirer ? Sur quel front le monde des affaires et ses détracteurs engageront-ils le prochain combat ? Permettez-moi de vous esquisser trois recommandations.

Tout d'abord, ne commettons pas l'erreur de balayer du revers de la main les dissidents et les contestataires en les abaissant au niveau de bandes de jeunes incohérents mal informés qui sont dans l'erreur. En fait, ces groupes d'activistes sont constitués d'individus qui défendent des intérêts variés, allant des plus idéalistes aux plus opportunistes. Les questions qu'ils soulèvent ont peut-être une certaine pertinence. Et même si leurs réponses sont irrationnelles, voire contre-productives, elles ne disparaîtront pas. Par exemple, doit-on réglementer les flux de capitaux étrangers et si oui, comment ? Des experts, comme George Soros et Felix Rohatyn, sont en faveur d'un contrôle. Quels changements les pays industrialisés devraient-ils apporter à leurs politiques commerciales pour faciliter l'exportation des pays en voie de développement ?

Comment protéger les cultures nationales contre les pressions exercées par les médias mondiaux ? Comme un critique le disait récemment, il y a déjà nombre de films et d'émissions de télévision produits à Hollywood qui sont destinés aux adolescents écervelés de 17 ans et façonnent les valeurs des jeunes à l'échelle planétaire. Ne facilitons pas la tâche aux médias mondiaux avides d'homogénéiser les cultures et les identités nationales.

Deuxièmement, nous devons débattre de la mondialisation avec ses détracteurs, apporter des faits et des chiffres pour étayer notre cause. Il ne faut pas laisser les gens déclarer impunément des faussetés et contester toute affirmation trompeuse ou erronée. La communauté des affaires doit appuyer et encourager les groupes de réflexion et les associations de gens d'affaires comme votre Chambre du commerce, le Conference Board, l'Institut C.D. Howe et le Fraser Institute, à rétablir les faits et à participer aux débats publics sur ces questions.

Cependant, mon expérience des référendums québécois sur la question de la souveraineté m'a appris qu'il est possible de remporter des batailles de faits et de statistiques et de malgré tout, passer à un cheveu de perdre la guerre. Les jeunes d'aujourd'hui, ces enfants de l'ère des médias planétaires, troublés par la misère et la pauvreté qui sévissent dans de nombreux pays du monde et préoccupés par l'environnement, ne se laisseront pas influencer par de froides statistiques. Nous devons nous adresser à leur cœur, autant qu'à leur intellect.

Troisièmement, les chefs d'entreprises très en vue doivent être irréprochables dans toutes leurs tractations avec les autorités civiles et gouvernementales des nations où ils exercent leurs activités. Nous devons montrer au monde entier que les activités que nous menons dans différentes régions du monde sont bénéfiques et que nous ne sommes pas la source du problème, mais plutôt, une partie de la solution.

Les entreprises appliquent, ou du moins devraient appliquer, un code d'éthique strict non pas dans un souci de philanthropie, mais bien dans leur meilleur intérêt à long terme.

Les chefs d'entreprises responsables doivent aussi être prêts à dénoncer les sociétés qui, attirées par l'appât du gain immédiat, se conduisent de façon inappropriée. Encore une fois, les erreurs de la minorité risquent d'éclabousser et d'entacher la réputation de la majorité.

Ce soir, j'ai tenté de vous démontrer dans quelle mesure les gens de Bombardier sont convaincus que de telles pratiques constituent la "bonne " façon de faire des affaires. Je crois que notre feuille de route jusqu'à ce jour démontre clairement que cette façon de faire a également été bénéfique pour nos actionnaires.

Les entreprises canadiennes ont acquis une réputation internationale enviable. Nous devons veiller à ce que la mondialisation demeure une force positive, et qu'elle soit reconnue comme telle.

Nous avons la responsabilité de changer les choses et de contribuer au bien-être économique et social de chaque pays où nous avons des investissements.

La fusion de la mondialisation et de la responsabilité sociale est la seule façon d'améliorer le monde dans lequel nous vivons.

J'aimerais terminer en citant un lord anglais, qui aurait déclaré ceci: "Que les gens consultent leur montre pendant mes discours ne me dérange pas trop. Je m'inquiète davantage quand ils commencent à la secouer pour s'assurer qu'elle fonctionne toujours!"

Merci de votre attention et bonne fin de soirée !

 

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