Éditoriaux Défense Sécurité Terrorisme Zones de conflits Logistique Livres de référence Liens
Terre Air Mer Gendarmerie Renseignement Infoguerre Cyber Recherche

Le partenariat franco-allemand et l'Union européenne face aux défis du XXIème siècle

Le partenariat franco-allemand et l'Union européenne face aux défis du XXIème siècle

Discours prononcé par Fritjof von Nordenskjöld, Ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne en France, devant les membres de la Chambre franco-allemande de Commerce et d'Industrie, le 27 novembre 2001. Source: CIDAL, Paris.

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d'abord de vous faire part du plaisir que j'ai de pouvoir m'adresser à vous ce soir. C'est très volontiers que j'ai répondu à votre invitation, d'autant plus que je sais que cet auditoire accorde une attention particulière aux relations franco-allemandes.

D'aucuns se demanderont peut-être ce qu'ils pourraient bien encore apprendre de nouveau au sujet des relations franco-allemandes. Tout n'est-il pas si bien réglé entre la France et l'Allemagne qu'il ne nous reste tout au plus qu'à assurer la pérennité de cet état de choses?

En effet, rares sont les problèmes sérieux qui viennent troubler les relations entre nos deux pays. Il subsiste bien évidemment ça et là quelques divergences d'opinion, mais la confiance qui s'est instaurée au fil des décennies, non seulement dans les sphères politiques, mais aussi entre nos deux peuples, est suffisamment grande pour que nous puissions surmonter ce genre de différends. Le Ministre français des Affaires étrangères, monsieur Hubert Védrine, s'exprimant sur les rapports franco-allemands, a d'ailleurs très justement observé que la relation entre nos deux pays se trouvait dans une phase de "post-réconciliation". Cette expression signifie d'une part que l'on est maintenant en présence de deux pays qui — après être parvenus à se réconcilier et à nouer des liens d'amitié au terme de longues années d'efforts — acceptent désormais sereinement le fait d'avoir des intérêts nationaux qui — souvent en raison de différences historiques et culturelles — ne se rejoignent pas systématiquement. Les propos de monsieur Védrine indiquent d'autre part que la relation particulière qui nous unit doit fonder sa légitimité sur de nouvelles bases; mais j'y reviendrais ultérieurement en abordant le thème de la politique européenne.

Dans le domaine politique, les affaires courantes, dont je souhaite tout d'abord dire quelques mots, se caractérisent par une étroite collaboration entre les deux partenaires. La France est le seule partenaire avec lequel la concertation est aussi importante dans pratiquement tous les domaines présentant un intérêt majeur sur le plan politique. Le processus dit de Blaesheim a mis en place un réseau de rencontres qui permettent d’aborder les problèmes internationaux, européens ou bilatéraux; l’objectif étant de trouver des solutions communes, là où il y a divergence d'intérêts. Consultations régulières de chefs d'Etat et de gouvernement, rencontres des ministres des Affaires étrangères et de leurs collaborateurs, réunions bilatérales des ministres spécialisés — pas une semaine ne s'écoule sans que des discussions n'aient lieu entre la France et l'Allemagne, sans parler des nombreuses rencontres qui se déroulent dans le cadre de l'Union européenne.

Mesdames et Messieurs,

Sur le plan économique, social et politique, le tissu des relations franco-allemandes a atteint une densité extraordinaire. Je commencerais tout d’abord par évoquer les rapports économiques.

En effet, comme le disait l'ancien ministre allemand des Affaires étrangères, Walter Rathenau: „Ce n’est pas la politique, mais l’économie qui est notre destin.„ (Cette affirmation reste certainement toujours d'une relative actualité — surtout en période électorale). Pourtant, compte tenu de la nécessaire réglementation d'un monde globalisé, de la manière dont nous souhaitons faire de l'Europe une union politique, et surtout des attentats du 11 septembre, nous devons aussi donner un rôle central à la politique. Mais j'y reviendrai plus tard. Commençons donc tout d'abord par les relations économiques.

Depuis des années, la France et l’Allemagne constituent l’une pour l’autre, et de loin, le principal partenaire commercial. Le volume d'échanges commerciaux que nous avons atteint l’année dernière — à savoir 210 milliards de deutschemarks — est à ce titre éloquent. La France est le premier partenaire commercial de l’Allemagne, loin devant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

En outre, le montant global des investissements français en Allemagne a atteint 56 milliards de deutschemarks en 1999. Notons que la France avait déjà été le premier investisseur dans les nouveaux länder. Ces investissements sont principalement motivés par sa volonté d’être présente sur le marché allemand et de se rapprocher des pays de l’Est. L'une des tâches essentielles de l'Ambassade et de la Chambre franco-allemande de Commerce et d'Industrie consiste à mon sens à constamment démontrer aux nombreuses entreprises françaises qui se distinguent par leur dynamisme et une expansion réussie, que l'Allemagne est un site extrêmement attractif.

De plus, un nombre croissant d’entreprises françaises et allemandes conjuguent leurs forces afin d'assurer leur compétitivité à l’échelle planétaire, dans une économie mondialisée. Les exemples de fusions réussies se multiplient comme le montrent les cas d'EADS, d'Aventis et de Framatome ANP. Le simple fait que la France et l'Allemagne aient donné naissance, avec le consortium européen EADS, au troisième groupe mondial de l'aérospatial, a déjà eu un impact stratégique sur l'ensemble de l'Europe.

Mesdames et Messieurs,

Au-delà du monde des entreprises, l’économie reste le destin, au sens large du terme, de nos deux pays. L'un comme l'autre sont confrontés à des défis économiques et sociaux qui sont souvent comparables. Ni la France, ni l’Allemagne ne pourront se soustraire au changement structurel si elles tiennent à atteindre leurs objectifs en matière de compétitivité mondiale.

La voie empruntée par l’un des partenaires en matière de politique économique devient ainsi pour l’autre pays d'une importance majeure. Depuis un certain temps, nous avons pu observer une très grande convergence des performances économiques globales de nos deux pays; la France disposant cependant d'un léger avantage en ce qui concerne le taux de croissance et le taux d’inflation. La situation est à peu près identique sur le plan des taux d’intérêt.

Ceux qui suivent avec attention les Conseils européens des Ministres de l’Economie et des Finances ou les sessions du Conseil des Ministres des Finances de (ce que l’on appelle) „l’Eurogroupe„ auront remarqué combien la coopération entre Allemands et Français est étroite dans ce domaine. Rien d’étonnant à cela, compte tenu du fait que les économies nationales allemande et française représentent dans leur ensemble plus de 52 % de l'Euroland.

De par leur poids économique, nos deux pays jouent un rôle prépondérant dans l’harmonisation des politiques économiques des Etats membres. En effet, une monnaie unique n’est pas seulement un fait économique, c'est aussi toujours une question d'ordre politique. La monnaie fait donc office d’interface entre la politique et l’économie.

Nous avons là d'ailleurs le meilleur exemple de "coopération renforcée", telle qu'elle a été instaurée par les traités d'Amsterdam et de Nice, soit une coopération favorisant l'intégration des pays qui ne souhaitent pas attendre le dernier de la troupe, mais qui sont bien entendu prêts à l'accepter le moment venu.

Mesdames et Messieurs,

Le dialogue culturel occupe lui aussi une place particulière au sein des relations franco-allemandes. Je ne pense pas uniquement aux expositions, au théâtre, à la musique ou encore à la littérature. Non, il s'agit plus encore de compréhension mutuelle tant au niveau de l'histoire que des traditions culturelles. Il reste encore beaucoup à faire en la matière, y compris dans le cadre des rapports franco-allemands — à commencer sans doute par le domaine linguistique. Je souhaite que l'économie contribue encore davantage à réhabiliter l'image culturelle de notre voisin. Cet investissement ne devrait pas se révéler trop mauvais, même si les bénéfices qui en découlent n'apparaissent pas concrètement dans le bilan annuel.

La proportion d'élèves qui choisissent le français ou l’allemand comme deuxième langue étrangère après l’anglais a manifestement enregistré un sévère recul au cours des 20 dernières années et a même pratiquement diminué de moitié en France. Cette diminution du nombre d’élèves désireux d’apprendre la langue du pays partenaire dans les établissements scolaires de l’enseignement primaire et secondaire s'accompagne d'une baisse du nombre d’étudiants choisissant les langues germaniques ou romanes, notamment le français. Il ne s’agit pas d’écarter l’anglais, dont la connaissance est aujourd’hui indispensable, mais de sauvegarder la place des autres langues et de préserver ainsi l'une des caractéristiques essentielles de l’Europe, à savoir la richesse de sa diversité culturelle. Il ne s'agit pas non plus de gommer les différences culturelles entre Français et Allemands, ni, ce faisant, leur identité propre. Il nous faut au contraire — ainsi que le préconisait Paul Valéry — nous enrichir mutuellement de nos différences.

Mesdames et Messieurs,

Venons-en maintenant à la politique, car c'est bien la politique européenne qui détermine en grande partie le calendrier franco-allemand. Sans cette entente particulière entre nos deux pays, le processus européen d'unification resterait au point mort. A chacune des grandes étapes de la construction européenne — depuis la CECA jusqu'à l'union économique et monétaire — ce sont la France et l'Allemagne qui ont indiqué la voie à suivre et qui ont pris les initiatives décisives.

Trois tâches concrètes, qu'il nous faut accomplir conjointement, nous attendent dans un avenir plus proche. C'est un travail qui ne se fera pas en un jour, puisqu'il s'agit:

de consolider la construction interne de l’Union européenne — parallèlement au processus d’élargissement —, de telle sorte que l’Union européenne demeure dans son ensemble une démocratie vivante, soutenue par ses citoyens;

de mener à bien le processus d’élargissement proprement dit et

de renforcer davantage la capacité d’action de l’Union européenne à l’extérieur de ses frontières.

L'élargissement de l'Union européenne exigera beaucoup en termes de capacité à réformer les institutions ainsi que de légitimation démocratique auprès de toutes les opinions publiques européennes, qu'il s'agisse des États membres de longue date ou de ceux d'adhésion plus récente. De 2003 à 2006, il nous faudra donc faire preuve d'une grande volonté de réforme dans les matières institutionnelles. Viendra ensuite la prochaine prévision financière, la présente s’achevant en 2006. La réussite de ce programme exige déjà à elle seule beaucoup de créativité et une très grande constance.

Le prochain élargissement de l’Union européenne joue un rôle moteur dans ce discours. Il est à l'origine de la question qui est au centre de ce débat, à savoir la vaste réforme qui s'impose à l'Union européenne. Beaucoup estiment d'après le rapport d'avancement rendu par la Commission il y a quelques jours, que dix nouveaux membres adhéreront à l'Union européenne au 1er janvier 2004. De par sa seule dimension, la prochaine vague d’élargissement constituera donc un bond en avant qualitatif sans précédent dans l’histoire de l’Union européenne. Il s’agit là d’une étape nécessaire, mais aussi historique qui exige donc de notre part une démarche historique. Il nous faudra faire face à cet élargissement et trouver des réponses aux questions qu'il soulève.

Cet aspect a été abordé à Nice dans la déclaration finale sur l’avenir de l’Union: les grands thèmes y sont mentionnés en vue de la prochaine conférence intergouvernementale, prévue en 2004. Pourquoi cette conférence intergouvernementale? Lorsque le Traité sera ratifié, Nice aura déterminé la capacité d’élargissement de l’Union européenne, tout comme l’Agenda 2000 avait fixé le cadre financier nécessaire au lancement de cet élargissement. Pourtant, lorsque nous formerons l’Union des Vingt-Cinq ou plus, il nous faudra à nouveau prendre des mesures énergiques si nous voulons préserver la capacité d'action de cette Union nettement plus grande.

Mesdames et Messieurs,

Les quatre grands thèmes de la déclaration de Nice ont pour but d'améliorer l’efficacité, la transparence et la légitimité démocratique de l’Union, en un mot: de faire de l’Union européenne une Union démocratique, capable d’agir.

Le premier grand thème concerne la répartition des compétences entre l’Union européenne et les États membres.

Le deuxième concerne le statut de la Charte des droits fondamentaux.

Le troisième grand thème vise à simplifier les traités, en les divisant par exemple en deux parties: l'une, dite "constitutionnelle", englobera la Charte européenne des droits fondamentaux tandis que l'autre réglera les questions "spécifiques".

Le quatrième et dernier grand thème concerne notamment le rôle des parlements nationaux, un sujet particulièrement important.

Certains, dont le gouvernement allemand, veulent élargir cet ordre du jour et donner une impulsion encore plus forte à la création d'une Union politique en Europe. Une constitution européenne ou un traité constitutionnel européen, par exemple, symboliseraient ainsi clairement le passage d'une communauté principalement axée sur l'économie à une union politique. Les gouvernements des États membres s'accordent d'ores et déjà dans une large mesure sur les principes de base d’une convention qui devrait s'atteler, à partir de 2002, aux préparatifs de la conférence intergouvernementale de 2004. La convention devra conclure ses travaux de manière à ce que ses résultats puissent être débattus au sein des parlements, donc devant le Parlement européen comme devant les parlements nationaux, et ce avant le début de la conférence intergouvernementale proprement dite.

Le Conseil européen de Laeken constituera la prochaine étape du processus de réforme. D'ici deux semaines, il devra statuer sur le mandat, le calendrier et la méthode de travail de la convention. Celle-ci pourra alors, en se fondant sur ces décisions, se constituer et s’organiser elle-même. Les préparatifs de Laeken feront, j’en suis convaincu, l'objet d'un large consensus.

Par ailleurs, les attentats du 11 septembre nous obligent à nous livrer à une évaluation objective des capacités de l’Union européenne. Ces événements ont surtout donné une nouvelle impulsion à la mise en place d'une politique européenne dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. En effet, cette crise a soudainement mis en évidence aussi bien les faiblesses que les qualités de l’Union. Les ressources nécessaires aux autorités pour garantir la sécurité intérieure et extérieure restent entre les mains des États membres. Toutefois, compte tenu du défi mondial que constitue le terrorisme, l’Europe doit saisir sans délai la chance qui s’offre à elle: c’est maintenant qu’elle doit oser prendre les mesures courageuses qui lui ouvriront des perspectives d'avenir.

Le mandat du Conseil européen de Tampere, qui était de créer un espace unique de liberté, de sécurité et de justice, indique la marche à suivre pour renforcer la coopération et l’intégration dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. En ce qui concerne les frontières extérieures et l’immigration, cette question touche à des domaines déjà communautarisés ou en voie de communautarisation systématique. Schengen est une réalité. "Qui garantit notre sécurité?" Cette question, que les citoyens posent à l’État, s'adresse donc également de plus en plus à l’Europe. Cette dernière doit faire ses preuves aux yeux des citoyens. Nous sommes confrontés à une situation nouvelle, et l’enjeu consiste dorénavant à mettre en œuvre concrètement le plan d’action de Gand, qui fixe des objectifs en matière de lutte contre le financement du terrorisme et de coopération entre les autorités chargées de la sécurité.

L’Europe est également sollicitée dans le domaine de la politique étrangère commune. Au sein de la coalition antiterroriste, nous assistons à une profonde réorientation de la politique internationale. Les pays européens, et même les plus grands d'entre eux, seront alors trop petits pour pouvoir défendre seuls leurs intérêts dans ce XXIème siècle en pleine réorganisation. Cette réorientation est donc l'occasion pour l'Union européenne de jouer un rôle actif et formateur par le biais de sa politique étrangère et de sécurité commune. L’Europe peut aussi influencer de manière importante la réflexion sur l’avenir politique d’un Afghanistan libre, où cesserait de régner la terreur et qui offrirait à sa population des perspectives de paix.

Il est indéniable que la forte dépendance des Européens par rapport aux Etats-Unis — comme dans le cas des Balkans, par exemple — est ressentie beaucoup plus vivement en France qu’ailleurs en Europe. On y évoque facilement „l’impuissance de l’Europe„, tout en oubliant souvent les énormes progrès qui ont déjà été accomplis. Le résultat obtenu à Nice a été le fruit d’un travail concerté, dont l'initiative revient principalement à la France et à la Grande-Bretagne, très rapidement rejointes par l’Allemagne. Nous avons adopté à Nice des décisions importantes, qui n’ont malheureusement pas été appréciées à leur juste valeur, en ce qui concerne l’identité de sécurité et de défense commune, ouvrant ainsi la voie qui permettra à l’Union européenne de se donner les moyens d’agir de façon rapide et autonome dans la prévention des conflits et la gestion des crises.

La coopération militaire que mènent la France et l'Allemagne est l'une des clé de notre réussite. En créant le Corps franco-allemand, devenu entre-temps l'Eurocorps, nous avons posé l'une des pierre angulaires de la future force européenne de défense.

L'Allemagne et la France sont parties de points de vue différents dans le développement de leur conception de la finalité de l'Europe. En mai dernier, le Ministre fédéral des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a confirmé dans un discours prononcé à l’université de Humboldt qui traçait les grandes lignes d’une future Europe, le rôle des Etats-nations en adoptant la notion de "fédération des Etats-nations". Cette expression, créée par Monsieur Jacques Delors pour désigner la future Europe, s’est d'ailleurs avérée être — quoi qu’on en dise — d’une ambiguïté tout à fait constructive dans le débat.

En comparaison, les idées exposées dans le document du parti social-démocrate allemand (le SPD) vont déjà plus loin en ce qui concerne le degré d’intégration de la future Europe.

Le discours du Premier Ministre français, Lionel Jospin, ainsi qu'un document rédigé par quatre représentants du Parti Socialiste français sont ensuite venus alimenter ce vaste débat. On y retrouve un nombre croissant d’éléments qui témoignent de la volonté de l’Allemagne et de la France de dégager des positions communes sur les grandes questions institutionnelles de l'Europe de demain.

Les deux partenaires s'accordent sur l'essentiel: tous deux souhaitent que l'Union européenne ne soit pas uniquement une „grande zone de libre-échange„, mais qu’elle devienne une „puissance à part entière„, comme elle l'est d’ores et déjà sur le plan de la politique commerciale internationale. Le Chancelier Schröder a lui-même employé le terme d’„Europe puissance„ (en français) devant l’Assemblée Nationale.

Si cet objectif global est clair, les deux pays ne s'en heurtent pas moins à la difficile réconciliation de leurs conception quant à la voie à suivre pour parachever cette Europe. C'est notamment la question du rôle que devront jouer les Etats-nations au sein de la future Union européenne qui est au cœur du débat.

Le parachèvement de l’intégration européenne ne pourra aboutir — et n’aboutira — que si l’Allemagne et la France se chargent de le mener bien. Leur partenariat privilégié, cette „exception„ que constituent les relations franco-allemandes, est désormais indispensable. Il s'agit donc surtout de savoir si nous sommes capables de lancer une initiative commune pour franchir cette nouvelle étape; non pas dans le but d'exclure les autres membres, mais pour les entraîner au contraire dans notre élan; car même dans une Union élargie à 25, à 27, voire à 30 membres, nos deux pays continueront à jouer un rôle déterminant.

Et pour qu'ils puissent jouer pleinement ce rôle, les liens qui les unissent mutuellement doivent constamment être entretenus et renouvelés. Par leur ampleur et leur exemplarité, les relations franco-allemandes ont acquis une valeur intrinsèque et demeurent l’une des conditions essentielles de la réussite de l’intégration européenne.

Je vous remercie de votre attention.

 

Derniers articles

Verdun 2016 : La légende de la « tranchée des baïonnettes »
Eyes in the Dark: Navy Dive Helmet Display Emerges as Game-Changer
OIR Official: Captured Info Describes ISIL Operations in Manbij
Cyber, Space, Middle East Join Nuclear Triad Topics at Deterrence Meeting
Carter Opens Second DoD Innovation Hub in Boston
Triomphe de St-Cyr : le Vietnam sur les rangs
Dwight D. Eisenhower Conducts First OIR Missions from Arabian Gulf
L’amiral Prazuck prend la manœuvre de la Marine
Airmen Practice Rescuing Downed Pilots in Pacific Thunder 16-2
On ne lutte pas contre les moustiques avec une Kalachnikov...
Enemy Mine: Underwater Drones Hunt Buried Targets, Save Lives
Daesh Publications Are Translated Into Eleven Languages
Opération Chammal : 10 000 heures de vol en opération pour les Mirage 2000 basés en Jordanie
Le Drian : Daech : une réponse à plusieurs niveaux
Carter: Defense Ministers Agree on Next Steps in Counter-ISIL Fight
Carter Convenes Counter-ISIL Coalition Meeting at Andrews
Carter Welcomes France’s Increased Counter-ISIL Support
100-Plus Aircraft Fly in for Exercise Red Flag 16-3
Growlers Soar With B-1s Around Ellsworth AFB
A-10s Deploy to Slovakia for Cross-Border Training
We Don’t Fight Against Mosquitoes With a Kalashnikov
Bug-Hunting Computers to Compete in DARPA Cyber Grand Challenge
Chiefs of US and Chinese Navies Agree on Need for Cooperation
DoD Cyber Strategy Defines How Officials Discern Cyber Incidents from Armed Attacks
Vice Adm. Tighe Takes Charge of Information Warfare, Naval Intelligence
Truman Strike Group Completes Eight-Month Deployment
KC-46 Completes Milestone by Refueling Fighter Jet, Cargo Plane
Air Dominance and the Critical Role of Fifth Generation Fighters
Une nation est une âme
The Challenges of Ungoverned Spaces
Carter Salutes Iraqi Forces, Announces 560 U.S. Troops to Deploy to Iraq
Obama: U.S. Commitment to European Security is Unwavering in Pivotal Time for NATO
International Court to Decide Sovereignty Issue in South China Sea
La SPA 75 est centenaire !
U.S. to Deploy THAAD Missile Battery to South Korea
Maintien en condition des matériels : reprendre l’initiative
La veste « léopard », premier uniforme militaire de camouflage
Océan Indien 2016 : Opérations & Coopération
Truman Transits Strait of Gibraltar
Navy Unveils National Museum of the American Sailor
New Navy, Old Tar
Marcel Dassault parrain de la nouvelle promotion d’officiers de l’École de l’Air
RIMPAC 2016 : Ravitaillement à la mer pour le Prairial avant l’arrivée à Hawaii
Bataille de la Somme, l’oubliée
U.S., Iceland Sign Security Cooperation Agreement
Cléopatra : la frégate Jean Bart entre dans l’histoire du BPC Gamal Abdel Nasser
Surveiller l’espace maritime français aussi par satellite
America's Navy-Marine Corps Team Fuse for RIMPAC 2016
Stratégie France : Plaidoyer pour une véritable coopération franco-allemande
La lumière du Droit rayonne au bout du chemin





Directeur de la publication : Joël-François Dumont
Comité de rédaction : Jacques de Lestapis, Hugues Dumont, François de Vries (Bruxelles), Hans-Ulrich Helfer (Suisse), Michael Hellerforth (Allemagne).
Comité militaire : VAE Guy Labouérie (†), GAA François Mermet (2S), CF Patrice Théry (Asie).

Contact