Éditoriaux Défense Sécurité Terrorisme Zones de conflits Logistique Livres de référence Liens
Terre Air Mer Gendarmerie Renseignement Infoguerre Cyber Recherche

La France et l'Allemagne dans l'Europe du 21ème siècle

La France et l'Allemagne dans l'Europe du 21ème siècle

Discours prononcé par l'Ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne en France, Monsieur Fritjof von Nordenskjöld, devant le Club d'Affaires franco-allemand, le 3 mai 2002 à Bordeaux. Source: CIDAL, Paris.

J'ai été très sensible à votre aimable invitation et je vous remercie de me donner l'occasion de prendre la parole devant vous.

Vous m'avez demandé de vous parler de l'état actuel des relations franco-allemandes et de leur perspectives d'avenir. Je vous suis reconnaissant de me donner l'occasion d'examiner de plus près l'étrange pessimisme qui se développe à l'égard de nos relations bilatérales, un pessimisme qui gagne même les rangs des artisans les plus convaincus du rapprochement franco-allemand. Afin de situer le contexte, je vais vous rappeler quelles sont les grandes périodes qui jalonnent traditionnellement la relation franco-allemande. Depuis le grand acte de réconciliation que fut le traité de l'Elysée de 1963, qui a jeté les bases d'une relation nouvelle, on distingue habituellement les années de vaches grasses et celles de vaches maigres, les années grasses étant celles des couples "de Gaulle / Adenauer", "Giscard / Schmidt" et "Mitterrand / Kohl", les autres périodes étant à cet égard moins fertiles.

Aux yeux du grand public, la santé de la relation franco-allemande reste donc très étroitement liée à la bonne entente entre les grands protagonistes politiques, à savoir les Chanceliers et les Présidents de la République, les Premiers Ministres et les Ministres des Affaires étrangères et - de plus en plus - les Ministres des Finances des deux pays.

Si vous regardez en arrière et que vous vous remémorez les trois années qui se sont écoulées depuis l'avènement de la coalition des sociaux-démocrates et des verts à Bonn, vous observerez deux choses: d'une part une forte visibilité de la relation franco-allemande et d'autre part une perception généralement d'emblée critique de celle-ci. Le nouveau Chancelier Schröder était perçu comme un anglophile; la déclaration Blair / Schröder de 97 a fortement déplu au PS; le sommet de Berlin avec, en plat de résistance, l'agenda 2000 et la question du financement de la politique agricole commune a été un cap difficile, et le souvenir des problèmes franco-allemands autour du Sommet de Nice, organisé sous la Présidence française en décembre de l'an dernier, est sans doute encore très présent dans vos mémoires.

Depuis, on peut observer - avec le processus dit "de Blaesheim", que j'aborderai plus en détail par la suite - une sorte de "relance de la relance", qui a été plutôt bien accueillie par le public.

Bref, la relation franco-allemande telle qu'elle est perçue par le grand public et la plupart des médias de nos pays et d'Europe, est une relation qui peine à retrouver son rôle traditionnel de moteur, de locomotive du processus européen. Mon intention est bien entendu de vous prouver que cette perception est fausse. Néanmoins, dans de nombreux domaines et en de multiples occasions, l'on aurait pu et l'on peut encore dire : "Ils pourraient faire mieux !".

Il convient tout d'abord de mentionner dans ce contexte deux facteurs qui limitent les possibilités d'actes spectaculaires dans les relations bilatérales.

- Il s'agit en premier lieu du vaste travail qui a déjà été accompli, de la profondeur de l'intégration communautaire. La conséquence en est que le seuil à franchir pour que soient prises de nouvelles initiatives communautaires, qui supposent toujours un engagement supplémentaire de la part de l'Etat et donc un renoncement à sa souveraineté, est de plus en plus élevé. Même si on ne peut parfois pas tout à fait s'empêcher d'avoir le sentiment que dans différents domaines, les citoyens se montrent plus favorables à l'intégration que leurs représentants, il faut garder à l'esprit que ce qui peut désormais être porté sur l'autel d'une intégration encore plus poussée, peut-être aussi dans le cadre de la "coopération approfondie", touche de plus en plus aux noyaux durs de chacune des identités nationales. Si celles-ci ne peuvent être perçues comme statiques et immuables, elles ne sont pas non plus anodines ni aussi rapidement malléables qu'on le voudrait. Les détracteurs s'empressent de reprocher aux gouvernements de nos deux pays leur manque d'engagement pour cette "relation particulière". Ils devraient se demander s'ils seraient alors eux-mêmes prêts - par le biais des médias, de la presse politique ou de l'instruction publique - à honorer de leur soutien un homme politique qui s'engagerait à agir de manière constructive sur les identités nationales qui freinent l'intégration? Ou bien ne lui reprocherait-on pas très vite de trop s'éloigner de la volonté du peuple, qu'il a la charge d'exprimer ? Le second facteur restrictif tient à la subjectivité de la perception. Pour ceux qui n'ont pas connu la dernière guerre qui a opposé nos deux peuples voisins, un geste comme celui de Kohl et de Mitterrand face aux tombes des soldats morts au champ d'honneur perd son sens. Et l'on a beau regretter que l'histoire tombe dans l'oubli, cela ne fait plus comprendre aux jeunes générations - qui se souviennent déjà à peine de l'époque où l'Allemagne était divisée - la portée extraordinaire de ce geste. Ce qui autrefois avait ému beaucoup de gens, ne toucherait plus aujourd'hui qu'un petit nombre de personnes. Cependant, à mesurer la réalité d'aujourd'hui, soi-disant si décevante, à l'aune des émotions d'hier, on risque facilement de généraliser les critiques et de créer une impression de morosité, là où il n'y a en réalité que normalité et coopération quotidienne, dans une large mesure, ce dont nous pouvons nous réjouir.

Oui, bien sûr, "ils pourraient faire mieux"! Mais, comme le dit Héraclite: "ceux qui descendent dans les mêmes fleuves reçoivent constamment de nouveaux courants d'eau". Dans un souci de justesse, c'est donc le présent et non le passé qu'il faudrait choisir comme point de référence de la comparaison.

Permettez-moi par conséquent de vous exposer en quelques mots ma conception de nos relations, telles que je les vois aujourd'hui. Ayant déjà été en poste à Paris il y a 13 ans, je peux, vous en conviendrez, évaluer avec un certain discernement tout ce qui a évolué favorablement au cours de cette seule période. Je tiens enfin à le faire à la lumière d'un terme clé, qui est également le nom d'une ville française, un mot qui a marqué un tournant fondamental dans nos relations bilatérales: Nice.

Nice nous a appris une chose: lorsque l'Allemagne et la France ne se concertent pas suffisamment avant les grandes conférences et qu'elles ne règlent pas clairement les différends qui les opposent, les conséquences sont dramatiques. La France et l'Allemagne ont tiré de cette expérience les conclusions qui s'imposaient. Depuis les "ratés" de Nice, les deux pays sont déterminés à faire de nouveau route dans une seule et même direction. Depuis janvier 2001, les grands noms de la politique de nos deux pays se sont rencontrés au cours de réunions officieuses, toutes les 7 à 8 semaines environ, soit 10 fois au total. Ces réunions - qui se tiennent dans un cadre agréable, sans fonctionnaires ni ambassadeurs, hélas! - s'inscrivent dans le processus dit de Blaesheim, du nom de l'hôtel alsacien où s'est déroulée la première rencontre. Ce nouveau processus de consultation franco-allemand s'est révélé constructif. Ces réunions ont des effets salutaires: Premièrement, elles renforcent la confiance personnelle; Deuxièmement, elles sensibilisent de nouveau chacun des deux partenaires aux problèmes de l'autre et permettent de traiter tous les thèmes courants dans un langage direct et politique; enfin, troisièmement, elles font prendre conscience aux deux parties que le partenariat franco-allemand n'a aucun équivalent. La dernière rencontre de Blaesheim, à Paris, et le sommet franco-allemand de Nantes ont montré que ce processus commençait à porter ses fruits: Français et Allemands se sont en effet accordés sur tous les points importants de l'Agenda européen. On a alors parlé d'"harmonie sans faille". L'approbation par l'Allemagne de la candidature de Giscard à la présidence de la convention découle aussi de cette coordination.

Comme l'ont une nouvelle fois souligné les derniers discours du Président Chirac, à Strasbourg, et de Schroeder, à Fribourg, Français et Allemands veulent faire avancer l'Europe - et si les choses ne progressent pas particulièrement vite en cette année électorale, de part et d'autre du Rhin, cela n'est pas pour autant un signe de désaccord, loin s'en faut.

Les relations franco-allemandes constituent la base de la politique européenne d'aujourd'hui et de demain. Etant donné les grands défis européens qui nous attendent, nous avons besoin de la coopération franco-allemande en matière de politique européenne. Lors du sommet de Nantes, le Président Chirac a rappelé que l'unification européenne ne pourrait progresser que si la France et l'Allemagne parlent d'une seule voix. Ce faisant, elles ont cependant toujours gardé à l'esprit des intérêts nationaux bien compris, ce que certains interprètent à tort comme un refroidissement des rapports franco-allemands.

Depuis, on est arrivé à ce pour quoi les grands acteurs de notre histoire récente ont toujours travaillé: la France et l'Allemagne sont devenus des amis très proches, des amis normaux. Des amis qui peuvent échanger ouvertement leurs opinions - sans nécessairement risquer de retourner en arrière.

Cela ne fait aucun doute: la France et l'Allemagne sont et resteront le moteur de l'unification européenne. L'une et l'autre s'accordent à dire que l'Europe doit avoir une politique étrangère et de sécurité opérationnelle et jouer un rôle qui correspond à son histoire et à son poids sur la scène politique internationale. Cet objectif s'inscrit dans la logique de l'unification de l'Europe et des intérêts nationaux. Le Chancelier Schroeder a ouvertement fait sienne la vision française d'une "Europe puissance". Le Premier Ministre français, Monsieur Jospin, a répété une fois de plus, lors de sa récente visite à Berlin, que la progression concertée de l'Allemagne et de la France n'était évidemment pas dirigé contre d'autres: l'alliance franco-allemande n'est pas un "directoire", elle ne se suffit pas à elle même. Elle laisse en effet la possibilité au partenaire français d'accélérer avec la Grande-Bretagne la mise en place de l'intégration militaire dans la communauté, dans le cadre de l'initiative de St Malo. De même, le partenaire allemand a la possibilité d'élaborer avec les Britanniques des propositions pertinentes destinées à optimiser les processus décisionnels au sein des organes de conseil.

La France et l'Allemagne se sont accordés sur l'objectif principal, à savoir la préservation de la capacité d'action de l'Europe. C'est pourquoi ils sont également favorables à une intégration progressive. Concernant la conférence intergouvernementale de 2004, l'Allemagne et la France ont décidé à Nantes de donner une nouvelle impulsion à l'avenir de l'Europe, afin de conserver et de renforcer l'élan du projet européen. Elles se sont prononcées en faveur d'une constitution européenne. Elles se sont étroitement concertées sur le mandat et le mode de travail de la convention mise en place au sommet européen de Laeken, qui doit entre autres travailler sur ce sujet. De plus, mon gouvernement est convaincu que la convention parviendra, sous la houlette de son président actuel, à un résultat qui marquera de son empreinte toutes les discussions et décisions ultérieures. Nous souhaitons, selon la formule de Valery Giscard d'Estaing, "proposer un concept d'Union européenne adapté à la fois à la dimension continentale et aux exigences du 21ème siècle."

Comme vous le savez, la France et l'Allemagne ont montré à de multiples reprises qu'en politique européenne, elles étaient capables, lorsqu'elles le voulaient bien, de réaliser ensemble des avancées qualitatives en matière d'intégration. Et les exemples ne manquent pas. Pensez simplement à l'union économique et monétaire ou à la politique de sécurité. La France et l'Allemagne construisent un pôle de stabilité à l'aide d'une conception commune de la politique européenne, un pôle qui constitue aussi pour les autres partenaires une orientation et un soutien.

Aujourd'hui, cependant, nous avons aussi besoin d'idées innovantes et courageuses pour faire entrer l'Europe dans le 21e siècle, des idées qui nous permettent de nous imposer face à la concurrence internationale qui règne quant aux fameuses soft issues. Certes il est important de pouvoir assurer en cas de doute la sécurité intérieure et extérieure à l'aide des forces militaires et de police, mais une communauté de valeurs ne survit à long terme que si elle exerce une attraction intellectuelle et émotionnelle qui donne à ceux qui n'en font pas partie l'envie d'y adhérer. Le modèle de civilisation et de société qui s'est développé en Europe est très caractéristique et est unique en son genre: c'est ce que le Premier Ministre français, Lionel Jospin, appelle "l'art de vivre à l'européenne". Le Chancelier Schroeder parle quant à lui d'"éthique de participation européenne ". Il fait référence à un ordre social et économique fondé sur l'esprit des Lumières et mise sur la participation comme force motrice du développement.

Cette éthique sociale se distingue des modèles américain et est-asiatique. C'est bien l'Europe qui est favorable à un équilibre économique, social, culturel et écologique. L'idée de participation, d'implication dans la société, est typiquement européenne. L'Europe, où les nombreuses querelles du passé ont lentement fait place à un présent et un avenir emprunts de paix et de liberté, l'Europe, donc, est une véritable communauté de valeurs. Le modèle européen a fait ses preuves. Nous devons profiter ensemble de la mondialisation pour pouvoir conserver demain le modèle européen et continuer à le financer.

L'élargissement de la communauté européenne, qui comptait six membres à l'origine, de même que les adhésions en cours de négociation, témoignent bien de l'attrait qu'exerce le "modèle européen" sur les actuels voisins de la communauté qui est en train de croître et de se développer. Le rôle moteur du couple franco-allemand est d'autant plus important que l'Union européenne sera appelée à se diversifier à l'avenir. Il ne fait donc aucun doute que le rôle particulier que jouent la France et l'Allemagne aura une légitimation durable dans une Europe élargie. Il est notamment nécessaire que s'instaure une coopération franco-allemande renforcée visant à faire de l'élargissement à l'Est un projet commun. L'élargissement aura en outre son propre effet dynamique sur les points clés des réformes qui attendent aujourd'hui la communauté. Une bonne coordination franco-allemande deviendra d'autant plus significative - dans un système où le poids relatif des Etats de l'Union, y compris des plus grands, est limité.

Bon nombre d'entre vous sont engagés depuis des années, des décennies, dans la relation franco-allemande et agissent tous les jours au niveau de nos relations économiques bilatérales - dont les conditions générales sont d'ailleurs de plus en plus fixées par le droit communautaire, comme l'ont montré, à grand bruit, les récentes interdictions de fusion prononcées par Bruxelles. Permettez-moi donc d'ajouter ceci au sujet de nos relations économiques:

Depuis des années, la France et l'Allemagne constituent l'une pour l'autre, et de loin, le principal partenaire commercial. En 2001, la France a réalisé 14 % de ses exportations vers l'Allemagne. L'Allemagne de son côté a écoulé 11 % de ses exportations en France. La France est le premier partenaire commercial de l'Allemagne, loin devant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Je tiens à signaler, à titre de comparaison, que le seul volume du commerce français avec le land de Rhénanie du Nord-Westphalie est supérieur aux échanges commerciaux de la France avec le Japon, pourtant deuxième puissance économique du monde.

Les intenses échanges commerciaux entre la France et l'Allemagne ont en outre incité nos pays à réaliser l'un chez l'autre d'importants investissements directs. A la fin de l'année 2000, le montant des investissements directs allemands en France s'élevait à 23 milliards d'euros, celui des investissements directs français en Allemagne à 29 milliards. Notons que la France avait déjà été le premier investisseur dans les nouveaux länder. Ces investissements sont principalement motivés par la volonté de la France d'être présente sur le marché allemand et de se rapprocher des pays de l'Est. Les activités des nombreuses entreprises françaises qui se distinguent par leur dynamisme et par une expansion réussie, démontrent bien que l'Allemagne constitue un site attractif.

L'importance des participations croisées entre entreprises françaises et allemandes a été accentuée par le fait qu'un nombre croissant d'entre elles conjuguent leurs forces afin d'assurer leur compétitivité à l'échelle planétaire, dans une économie mondialisée. Les exemples de fusions réussies se multiplient comme le montrent les cas exemplaires de Rhône-Poulenc avec Hoechst dans AVENTIS, de Framatome avec le secteur nucléaire de la Siemens AG dans Framatome ANP, et surtout la fusion d'Aérospatiale-Matra avec Dasa dans EADS. Le simple fait que la France et l'Allemagne aient donné naissance, avec le consortium européen EADS, au troisième groupe mondial de l'aérospatiale, a déjà eu un impact stratégique sur l'ensemble de l'Europe.

Mesdames et Messieurs,

Au-delà du monde des entreprises, l'économie reste le destin, au sens large du terme, de nos deux pays. L'un comme l'autre sont confrontés à des défis économiques et sociaux qui sont souvent comparables. Depuis un certain temps, on a pu observer une très grande convergence des performances économiques globales de nos deux pays; la France disposant cependant d'un léger avantage en ce qui concerne le taux de croissance et le taux d'inflation. Ni la France, ni l'Allemagne ne pourront se soustraire au changement structurel si elles tiennent à atteindre leurs objectifs en matière de compétitivité mondiale.

La voie empruntée par l'un des partenaires en matière de politique économique devient ainsi pour l'autre pays d'une importance majeure. Ceux qui suivent avec attention les Conseils européens des Ministres de l'Economie et des Finances ou les sessions du Conseil des Ministres des Finances de (ce que l'on appelle) "l'Eurogroupe" auront remarqué combien la coopération entre Allemands et Français est étroite dans ce domaine. Rien d'étonnant à cela, compte tenu du fait que les économies nationales allemande et française représentent dans leur ensemble plus de 52 % de l'Euroland.

De par leur poids économique, nos deux pays jouent un rôle prépondérant dans l'harmonisation des politiques économiques des Etats membres. En effet, une monnaie unique n'est pas seulement un fait économique, c'est aussi toujours une question d'ordre politique. La monnaie fait donc office d'interface entre la politique et l'économie.

Nous avons d'ailleurs là le meilleur exemple de "coopération renforcée", telle qu'elle a été instaurée par les traités d'Amsterdam et de Nice, c'est-à-dire une coopération favorisant l'intégration des pays qui ne souhaitent pas attendre le dernier de la troupe, mais qui sont bien entendu prêts à l'accepter le moment venu.

Quelles conclusions tirer de mon bref - et forcément incomplet - bilan de la situation? Je suis convaincu que la France et l'Allemagne sont, dans bien des domaines, beaucoup plus proches aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été. Les modes de vie se sont rapprochés - notamment chez la jeune génération. Même les problèmes comme la prévoyance vieillesse et maladie, par exemple, se ressemblent. Nous nous inspirons d'ailleurs constamment du voisin pour résoudre ces questions.

Pendant des décennies, l'Allemagne et la France ont appelé de tous leurs vþux cette normalité dans les relations et se sont efforcées d'y parvenir. Nous avons enfin abouti à la routine à laquelle nous aspirions. Les feux de la rampe nous manqueraient-ils soudain? Est-ce la raison de l'insatisfaction? Le fait est que les symboles gardent une place importante dans les relations franco-allemandes. Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Il nous faut désormais continuellement renforcer la coopération franco-allemande - si normale soit-elle. Elle doit rester notre priorité absolue à tous les niveaux. A cet égard, Mesdames et Messieurs, votre engagement demeure lui aussi nécessaire. De même que la France ne se résume pas à Paris; la coopération économique ne se résume pas à EADS - quelque importante que soit la réussite de cette collaboration stratégique pour nos relations bilatérales. Je vous lance donc un appel, Mesdames et Messieurs: Soyez nos représentants sur le terrain! vous viendrez ainsi étayer l'action de l'Ambassade et du consulat général. Favorisez, à votre mesure, une meilleure connaissance de l'Allemagne ! Aidez-nous à donner une image plus actuelle du voisin et partenaire d'Outre-Rhin, loin des clichés ! Construisez avec nous l'avenir d'une Europe dynamique, au sein de laquelle la France et l'Allemagne trouveront ensemble leur place !

Je vous remercie de votre attention.

 

Derniers articles

Verdun 2016 : La légende de la « tranchée des baïonnettes »
Eyes in the Dark: Navy Dive Helmet Display Emerges as Game-Changer
OIR Official: Captured Info Describes ISIL Operations in Manbij
Cyber, Space, Middle East Join Nuclear Triad Topics at Deterrence Meeting
Carter Opens Second DoD Innovation Hub in Boston
Triomphe de St-Cyr : le Vietnam sur les rangs
Dwight D. Eisenhower Conducts First OIR Missions from Arabian Gulf
L’amiral Prazuck prend la manœuvre de la Marine
Airmen Practice Rescuing Downed Pilots in Pacific Thunder 16-2
On ne lutte pas contre les moustiques avec une Kalachnikov...
Enemy Mine: Underwater Drones Hunt Buried Targets, Save Lives
Daesh Publications Are Translated Into Eleven Languages
Opération Chammal : 10 000 heures de vol en opération pour les Mirage 2000 basés en Jordanie
Le Drian : Daech : une réponse à plusieurs niveaux
Carter: Defense Ministers Agree on Next Steps in Counter-ISIL Fight
Carter Convenes Counter-ISIL Coalition Meeting at Andrews
Carter Welcomes France’s Increased Counter-ISIL Support
100-Plus Aircraft Fly in for Exercise Red Flag 16-3
Growlers Soar With B-1s Around Ellsworth AFB
A-10s Deploy to Slovakia for Cross-Border Training
We Don’t Fight Against Mosquitoes With a Kalashnikov
Bug-Hunting Computers to Compete in DARPA Cyber Grand Challenge
Chiefs of US and Chinese Navies Agree on Need for Cooperation
DoD Cyber Strategy Defines How Officials Discern Cyber Incidents from Armed Attacks
Vice Adm. Tighe Takes Charge of Information Warfare, Naval Intelligence
Truman Strike Group Completes Eight-Month Deployment
KC-46 Completes Milestone by Refueling Fighter Jet, Cargo Plane
Air Dominance and the Critical Role of Fifth Generation Fighters
Une nation est une âme
The Challenges of Ungoverned Spaces
Carter Salutes Iraqi Forces, Announces 560 U.S. Troops to Deploy to Iraq
Obama: U.S. Commitment to European Security is Unwavering in Pivotal Time for NATO
International Court to Decide Sovereignty Issue in South China Sea
La SPA 75 est centenaire !
U.S. to Deploy THAAD Missile Battery to South Korea
Maintien en condition des matériels : reprendre l’initiative
La veste « léopard », premier uniforme militaire de camouflage
Océan Indien 2016 : Opérations & Coopération
Truman Transits Strait of Gibraltar
Navy Unveils National Museum of the American Sailor
New Navy, Old Tar
Marcel Dassault parrain de la nouvelle promotion d’officiers de l’École de l’Air
RIMPAC 2016 : Ravitaillement à la mer pour le Prairial avant l’arrivée à Hawaii
Bataille de la Somme, l’oubliée
U.S., Iceland Sign Security Cooperation Agreement
Cléopatra : la frégate Jean Bart entre dans l’histoire du BPC Gamal Abdel Nasser
Surveiller l’espace maritime français aussi par satellite
America's Navy-Marine Corps Team Fuse for RIMPAC 2016
Stratégie France : Plaidoyer pour une véritable coopération franco-allemande
La lumière du Droit rayonne au bout du chemin





Directeur de la publication : Joël-François Dumont
Comité de rédaction : Jacques de Lestapis, Hugues Dumont, François de Vries (Bruxelles), Hans-Ulrich Helfer (Suisse), Michael Hellerforth (Allemagne).
Comité militaire : VAE Guy Labouérie (†), GAA François Mermet (2S), CF Patrice Théry (Asie).

Contact