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Point de Presse du 11 février 200

Point de Presse du 11 février 2003

M. François Rivasseau, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, s'est exprimé sur les sujets suivants lors du point de presse de ce jour. Source: Quai d'Orsay, Paris, le 11 février 2003..

  • 1 - Iraq

Question: La France va présenter avec l'Allemagne, la Russie et la Chine, un texte au Conseil de Sécurité. De quoi s'agit-il exactement ?

François Rivasseau:

1) Sur le plan politique, nous pensons que la guerre doit être le dernier recours; aujourd'hui il faut aller vers le renforcement décisif des inspections sur le terrain en Iraq. Nous avons élaboré une déclaration avec l'Allemagne et la Russie. Cette déclaration fournit une base politique à notre démarche, nous l'avons transmise à New York et diffusée au Conseil de Sécurité de manière officielle.

2) Sur le plan pratique, il y a un certain nombre d'idées concrètes que le Ministre, M. de Villepin, a présentées à New York, le 5 février dernier, après avoir écouté M. Colin Powell. Nous pensons qu'il faut renforcer les inspections puisque chacun s'entend à dire que la coopération de l'Iraq n'est pas suffisante. Nous avons donc avancé un certain nombre d'idées pratiques comme par exemple le renforcement des effectifs de la CCVINU, comme par exemple les envois d'avions pour faire des photos aériennes, comme par exemple la création d'un corps de surveillance sur place - ils pourront veiller sur place, en permanence, à ce qu'il ne se passe rien sur les sites suspects - comme par exemple la mise en commun de l'information et la création d'une structure de coordination sur place et ainsi de suite. Ces idées, nous en avons discuté avec nos partenaires du Conseil de Sécurité et notamment avec nos partenaires allemands. Ces idées, nous les avons présentées, hier, à MM. Blix et El Baradeï, dans le but de recueillir leurs réactions, leurs commentaires.

Question: Est-ce à dire que cela pourrait faire l'objet d'une résolution ? Allez-vous demander un vote ?

François Rivasseau: Non. Nous avons expliqué très précisément que nos idées ont été conçues pour pouvoir être applicables immédiatement sans qu'il soit besoin d'une nouvelle résolution. Ces idées peuvent être mises en place dans le cadre de la résolution 1441 qui constitue, aujourd'hui, notre référence à tous.

Question: Juridiquement, votre texte est une déclaration ?

François Rivasseau: Il s'agit d'un papier que nous avons diffusé de manière informelle, et d'abord à MM. Blix et El Baradeï pour recueillir leurs réactions. Je rappelle que le 14 février, MM. Blix et El Baradeï reviennent devant le Conseil de Sécurité pour faire rapport, c'est sur cette base que nous pourrons voir comment avancer vers la mise en ouvre de ces idées.

Question: Vous proposez aussi la prolongation de la mission des observateurs ?

François Rivasseau: Elle n'a pas à être prolongée puisque de toute manière c'est une mission qui est fixée sans date limite. C'est au Conseil de sécurité, dans le cadre du mécanisme prévu par la résolution 1441, à se prononcer s'il estime qu'il faut utiliser une autre voie que la voie des inspections.

Question: Quels sont les pays membres du Conseil de sécurité qui sont déjà d'accord avec la proposition française ?

François Rivasseau: Vous devez le leur demander mais nous avons déjà une déclaration de l'Allemagne, de la Russie et de la France. Ces trois pays-là sont donc d'accord.

Question: Pour le moment, ce sont seulement ces trois ?

François Rivasseau: Je vous suggère de vérifier auprès des douze autres. Il y a quinze membres au Conseil de sécurité.

Question: Envisagez-vous de discuter cette proposition avec d'autres pays qui ne font pas partie du Conseil de sécurité mais qui font partie de la coalition que les Etats-Unis veulent mettre en place maintenant ?

François Rivasseau: Nous sommes certainement prêts à en discuter avec tous et chacun.

Question: Cette déclaration a-t-elle été présentée à la Grande-Bretagne avant d'être rendue publique hier, à Paris, par le président de la République ?

François Rivasseau: Nous allons faire part de cette déclaration et de ce texte à nos amis partenaires du Conseil de sécurité, dont les Britanniques.

Question: Cela veut dire qu'il n'a pas été évoqué, avant d'être publié contrairement à ce qui a été dit la semaine dernière ? Dimanche il y avait un ensemble de consultations au sein du Conseil de sécurité, le texte franco-allemand a été fait dans un petit coin et soumis après... ?

François Rivasseau: Attention, ne confondons pas. Il y a deux choses. Le premier papier sur le plan politique, c'est la déclaration tripartite, franco-germano-russe. Celle-là, elle a été distribuée hier au Conseil de sécurité. Tout le monde peut s'y rallier. Ensuite, vous avez le discours du ministre du 5 février avec des idées françaises pratiques qui sont communiquées à l'ensemble des membres du Conseil de sécurité, en public puisque M. Dominique de Villepin parle publiquement au Conseil de sécurité. Depuis le 5 février, tout le monde peut réagir à ces idées. Et nous consultons tout le monde et nous les transformons, nous les détaillons en consultation avec tous nos partenaires, et notamment les Allemands, pour aboutir à ce papier qui a été remis hier à MM. Blix et El Baradeï.

Question: Qu'est-ce qu'il y aura dedans ? C'est là où l'on parle des vols, de surveillance des sites ?

François Rivasseau: Tout cela était déjà dans le discours du ministre. Mais nous expliquons un peu plus Par exemple, le ministre disait dans son discours: ''doublons ou triplons les effectifs des inspecteurs''. Le non-papier détaille comment et pourquoi ce renforcement des effectifs.

Question: Dans la mesure où les Etats-Unis présenteront un nouveau projet devant le Conseil de sécurité à partir de la semaine prochaine, quelle sera la position de la France ?

François Rivasseau: Question hypothétique.

Question: Mais il y a cette possibilité ?

François Rivasseau: Nous sommes prêts pour toutes les possibilités.

Question: Est-ce que les Etats-Unis vous ont informés précisément qu'ils avaient l'intention de présenter un texte la semaine prochaine au Conseil de sécurité ?

François Rivasseau: C'est une possibilité dont nous avons déjà parlé avec eux.

Question: Vous avez dit qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une autre résolution pour mettre en oeuvre vos idées. Cela veut-il dire que vous ne ferez pas une nouvelle résolution ?

François Rivasseau Nous n'envisageons pas de proposer une nouvelle résolution.

Question: Quelle forme vont prendre vos résolutions, juridiquement parlant ?

François Rivasseau: Ce sont des idées que nous avons formulées pour la première fois le 5 février par la bouche du ministre des Affaires étrangères, dont nous avons discuté avec nos partenaires du Conseil de sécurité, notamment l'Allemagne qui y a souscrit, et qui ont été communiquées à MM. Blix et El Baradeï.

Question: Comment cela-t-il être qualifié ?

François Rivasseau: Pourquoi serait-il nécessaire de le qualifier ? Ce sont des propositions.

Question: D'un point de vue pratique, qu'en savent les autres membres ?

François Rivasseau: Ce sont des propositions qui sont portées à la connaissance des membres du Conseil de sécurité.

Question: M. Blix a dit qu'il n'avait pas besoin des casques bleus. Est-ce que cela élimine la possibilité de casques bleus dans la préparation de ce texte ?

François Rivasseau: Je vous invite à relire le discours du ministre. Nous n'avons jamais évoqué la présence de casques bleus.

Question: Mais il y avait la question du soutien militaire ?

François Rivasseau: Mais non, relisez le discours. Il n'a jamais été question de soutien militaire. Nous avons parlé de Mirages IV d'observation dans les airs.

Question: Mais M. Blix a dit qu'il n'avait pas besoin de casques bleus. A qui répondait-il ?

François Rivasseau: Probablement à une question d'un journaliste qui n'avait rien à voir avec les idées françaises. Lisez les idées françaises. Il n'y a jamais eu l'ombre d'un casque bleu dans les idées françaises.

Question: On met des avions ?

François Rivasseau: On met des avions à titre national.

Question: Je voudrais avoir, au point de vue chronologique, les choses ?

François Rivasseau: 5 février, le discours du ministre. Pour le non-papier, il a été discuté entre le 5 février et hier, il a été remis hier pour la première fois à MM. Blix et El Baradeï. Quant à la déclaration commune Russie-Allemagne-France, elle est également d'hier.

Question: Les propositions franco-allemandes et russes coûtent de l'argent. Formellement, comment les choses se passent ? Est-ce qu'il faut l'unanimité du Conseil de sécurité pour donner une rallonge aux inspecteurs où est-ce que c'est sur le volontariat ? Comment va se passer un accord comme cela ? On accroît la mission des inspecteurs, est-ce qu'il faut un vote sans résolution et qui débloque les fonds ? Où est-ce que c'est le Secrétaire général qui décide, c'est bien d'accord c'est intéressant, sans que tout le monde soit d'accord ?

François Rivasseau: Ce n'est pas un problème. Tout peut être imaginé. Mais dans la pratique, la CCVINU et l'AIEA ont déjà aujourd'hui les ressources financières et humaines nécessaires à la mise en oeuvre de nos propositions.

Question: Est-ce que nous pouvons comprendre par les propositions de ministre, que la France envisage une reprise de sa participation dans l'opération ''Southern Watch'' qui a été suspendue à la suite de bombardements de 1998 ?

François Rivasseau: En fait, il ne s'agit pas de la même opération ni de la même logique. Nous nous plaçons dans une logique de coopération avec la CCVINU.

Question: Est-ce que la Chine a été consultée hier sur la déclaration tripartite ?

François Rivasseau: Non pour l'instant, mais encore une fois, ce document vient d'être déposé aujourd'hui au Conseil de sécurité, de manière officielle, et donc, un certain nombre d'autres pays pourront marquer leur position et leur éventuel soutien à compter des prochains jours.

Question: C'est uniquement pour le Conseil de sécurité ou pour tous les Etats ?

François Rivasseau: Pour l'instant, nous avons distribué notre texte au Conseil de sécurité mais comme je l'ai déjà dit, nous sommes prêts à en parler à tout le monde.

Question: Sur les avions, qu'en est-il ? Les Iraquiens ont ils donné leur accord uniquement pour les survols d'U2 ou également pour les avions français et russes?

François Rivasseau: C'est une question à adresser aux Iraquiens mais je comprends effectivement que l'accord vaut pour l'ensemble des avions et pas seulement pour les U2.

Question: Est-ce que la France est satisfaite de l'autorisation, sans condition, donnée par Bagdad aux survols de son territoire par des avions U2 ?

François Rivasseau: C'était une demande des inspecteurs. C'est une demande qu'a formulée à nouveau, d'une manière insistante, M. Dominique de Villepin, le 5 février. Avec l'accord iraquien, c'est donc un obstacle qui est levé.

Question: Est-ce que l'on est satisfait que cet obstacle soit levé ?

François Rivasseau: Nous sommes mobilisés pour le désarmement de l'Iraq. C'était un obstacle, ce n'est plus un obstacle.

Question: Est-ce que les survols des U2 comprennent les zones sud, nord et centrale ? Est-ce qu'il y a nécessité de dépôt de plan de vols ? Est-ce qu'il y a la sécurité assurée qu'il n'y aura pas de confusion dans la DCA iraquienne ?

François Rivasseau: Je suis obligé de vous renvoyer sur ces trois points vers MM. Blix et El Baradeï qui ont le détail des réponses iraquiennes. Les modalités pratiques sont actuellement à l'étude.

Question: Est-ce que les Mirages que vous proposez à la surveillance aérienne se trouvent sur la zone ?

François Rivasseau: Je vous renvoie au ministère de la Défense.

Question: Le ''non-papier'' a été établi sur la base d'idées françaises concertées avec ''des'' membres du Conseil de sécurité ?

François Rivasseau: Avec les membres du Conseil de sécurité et notamment les Allemands.

Question: Mais il y en a quinze ?

François Rivasseau: Oui. Tous les membres. Mais de toute manière, les idées françaises ont été mises sur la table du Conseil de sécurité par M. Dominique de Villepin le 5 février de manière claire, transparente et publique. Rien de secret là-dedans.

Question: D'après les sources allemandes, il y a onze pays au sein du Conseil de sécurité qui sont d'accord pour la continuité des inspections. Avez-vous des informations sur ce sujet ?

François Rivasseau: Je ne suis pas le porte parole de la présidence du Conseil de sécurité, c'est l'Allemagne. Je ne peux donc pas m'exprimer sur ce point. Je suis obligé de vous renvoyer à la présidence. C'est elle qui est en charge d'exprimer le point de vue de l'ensemble du Conseil.

Question: Concernant le timing. Vos idées ont été présentées hier à MM. Blix et El Baradeï et à certains membres du Conseil. Quel est le calendrier maintenant ? Est-ce que la France voudrait un accord avant vendredi ?

François Rivasseau: Nous n'avons pas de calendrier artificiel établi à l'avance.

Question: Mais est-ce que le rapport de MM. Blix et El Baradeï va être crucial pour cela ?

François Rivasseau: Ce sera certainement un rapport important mais le rapport de MM. Blix et El Baradeï porte sur le travail qu'ils ont fait en Iraq au cours des semaines passées.

Question: Mais la teneur de leur rapport sera décisive ?

François Rivasseau: Ce sera un rapport important.

Question: Le statut du papier c'est un label France ou franco-allemand ?

François Rivasseau: C'est une bonne question. La réponse exacte, c'est qu'il s'agit d'un papier établi sur la base des idées françaises concertées avec les membres du Conseil de sécurité notamment avec les Allemands qui le soutiennent.

Question: C'est un papier français ?

François Rivasseau: Je ne le labellise pas spécialement français ou franco-allemand. C'est un papier basé sur des idées françaises mais qui a été concerté au Conseil de sécurité notamment avec les Allemands.

Je crois que les Allemands en disent la même chose.

Question: Le dépôt formel du ''non-papier'' c'est quand ?

François Rivasseau: Il n'y a pas de dépôt formel pour l'instant. Nous l'avons présenté officiellement à MM. Blix et El Baradeï et nous le circulons pour information des membres du Conseil.

Question: Il n'y aura pas distribution formelle ?

François Rivasseau: Je ne sais pas encore si nous le distribuerons officiellement ou non.

Question: Le ''non-papier'' est un document informel ?

François Rivasseau: C'est un document informel, oui.

  • 2 -Iraq/OTAN

Question: Est-ce que la position française est aujourd'hui susceptible d'évoluer sur les demandes faites par la Turquie de protection ? Parce qu'au départ, ces demandes ont été faites par les Etats-Unis, chose normale selon les règles de l'OTAN, un pays peut demander pour un autre, mais la France était restée assez bloquée sur cette demande tant qu'elle n'émanait pas de la Turquie ?

François Rivasseau: Dans cette affaire, nous faisons une distinction très claire entre deux choses. Premièrement, notre solidarité avec la Turquie qui est entière. Deuxièmement, notre approche politique de la crise iraquienne qui se fonde sur la résolution 1441. A cet égard, nous ne pouvons pas à travers une décision de l'OTAN, donner aujourd'hui à priori notre appui à une intervention armée en Iraq et préjuger ainsi des décisions qui relèvent du Conseil de sécurité. Je rappelle quand même que la France est aujourd'hui le premier contributeur de troupes aux opérations de l'OTAN. Il y a actuellement 5.941 soldats français dans des opérations de l'OTAN, soit plus que les Italiens, plus que les Allemands, plus que les Anglais et plus que les Américains.

Question: Pourquoi les Américains veulent pousser les Européens et eux rester derrière ? Ils vendront quand tout sera fini comme lors de la deuxième guerre mondiale mais ils ne font rien?

François Rivasseau: Pas de spéculation. Respectons nos Alliés

  • 3 - Iraq/Union Européenne

Question: Est-ce que la France est favorable, comme l'a proposé la Grèce, à un sommet européen pour évoquer la crise ?

François Rivasseau: J'ai déjà répondu hier. Oui, nous soutenons les initiatives de la présidence de l'Union européenne et donc celle-là.

Question: Est-ce que la France soutient un sommet extraordinaire de l'Union européenne ?

François Rivasseau: La présidence grecque a évoqué l'idée d'un tel sommet. Nous soutenons l'initiative de la présidence grecque.

Question: Mais les Allemands ont donné déjà leur accord ?

François Rivasseau: Nous, il n'y a aucun problème.

  • 4 - Moyen-Orient

Question: Comment la France voit la réaction des chefs d'Etat du Moyen-Orient ?

François Rivasseau: Nous y accordons beaucoup d'importance parce que, pour nous le point de vue des peuples de la région est un élément essentiel dans notre réflexion.

  • 5 - Proche-Orient

Question: Sur le Proche-Orient. Pourquoi la France n'a pas une position très claire et ne relance pas le processus de paix entre les Israéliens et les Palestiniens ?

François Rivasseau: La diplomatie c'est d'abord un art d'exécution. Il faut donc choisir correctement le moment et les moyens. Nous soutenons une solution. Nous voulons faire bouger les lignes et nous attendons le dépôt par le quartet de sa feuille de route qui est dramatiquement urgente.

  • 6 - Côte d'Ivoire

Question: Il y a eu une déclaration du MPCI hier en disant qu'il fallait que les troupes françaises se retirent pour faire appliquer l'accord de Marcoussis ?

François Rivasseau: Pas de réaction particulière. Je ne réagis pas de manière particulière aux déclarations des forces politiques ivoiriennes. Ce que je relève c'est que le groupe de contact de la CEDEAO à Yamoussoukro a pris position hier et a appelé à la formation rapide d'un gouvernement de réconciliation nationale, conformément aux accords de Marcoussis. Je relève également que le représentant permanent du Secrétaire général des Nations unies arrive aujourd'hui à Abidjan, M. Terdodjer, de nationalité béninoise. Le groupe de suivi des accords de Marcoussis - je rappelle que rien dans les accords de Marcoussis, notamment concernant le gouvernement, n'est contraire à la Constitution - s'est réuni pour la première fois samedi à Abidjan, sous la présidence de M. Ould Abdallah, président, représentant le Secrétaire général pour l'ensemble de l'Afrique de l'ouest, avec des représentants de différents pays, Italie, France, Etats-Unis, le Représentant de l'Organisation de la Francophonie, la Banque mondiale; le travail se poursuit.

Question: Le ministre ne devait pas aller au Ghana ?

François Rivasseau: Il est prêt à y aller. Il n'y a pas encore de date.

Question: Est-ce que cette réunion a permis d'évaluer les besoins financiers de la Côte d'Ivoire? Seul le président de la Commission européenne a fait mention d'un chiffre jusqu'à présent ?

François Rivasseau: Oui, notamment suite à l'intervention de la France. Mais je ne suis pas au courant que l'on soit entré déjà dans ce travail-là au sein du groupe de suivi. On n'en est pas encore là. Je rappelle que l'aide à la reconstruction suit la mise en place du gouvernement de réconciliation nationale.

Question: Etes-vous optimiste ?

François Rivasseau: Le porte parole n'est jamais optimiste ni pessimiste, il est attentif.

Question: Cela ne marchera pas et si la France ne se défile pas, elle risque d'être accusée d'être l'alliée objectif de M. Gbagbo, dans la mesure où, si les forces françaises restent, cela empêche le MPCI de descendre sur Abidjan, et si les forces françaises s'en vont, cela permet au MPCI de descendre, or on sait que l'armée ivoirienne est en train de se réarmer en ce moment...

François Rivasseau: Encore une fois, nous essayons, en appui de la CEDEAO, avec l'ensemble de la communauté internationale, nous essayons tous - pas seulement la France qui a des liens historiques particuliers, mais l'ensemble de la communauté internationale - d'empêcher une catastrophe en Côte d'Ivoire qui est imminente, qui aurait déjà dû se produire et qui se serait déjà produite sans nos efforts. Nous continuerons à appuyer les efforts de la CEDEAO avec un engagement dont on mesure l'importance. Nous faisons de notre mieux, mais si le résultat était acquis d'avance, cela ne serait pas la peine de faire des efforts.

Question: Allez-vous rester sur une position ou bien si cela se dégrade vous allez quitter vos positions militaires ?

François Rivasseau: Cela peut aussi se passer différemment. Il y a beaucoup de cas de figure. Je ne vais pas spéculer.

Question: Les troupes françaises relèvent des Nations unies ?

François Rivasseau: Il est exact que les troupes de la CEDEAO et les troupes françaises qui les soutiennent ont désormais un mandat des Nations unies.

Question: La France, depuis le début de la crise en Côte d'Ivoire, a-t-elle jamais fait allusion à l'éventualité de troupes ou d'agitateurs ou de personnels étrangers dans le conflit à l'exception des Libériens ? Vous voyez où mes regards se dirigent: vers le Nord ?

François Rivasseau: Nous avons fait plusieurs mises en garde contre des ingérences extérieures. Il est exact que la seule mention nominative mais pas nécessairement exclusive concernait la situation dans l'extrême Ouest ivoirien avec franchissement de la frontière du Liberia. Nous avions effectivement souligné cet aspect explicitement juste avant la signature du cessez-le-feu dans cette région.

  • 7 - France/Russie

François Rivasseau: Dans le cadre de la visite d'Etat en France du président Vladimir Poutine, le garde des Sceaux, M. Dominique Perben, et le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, M. Igor Ivanov, ont signé aujourd'hui 11 février une convention sur le transfèrement des personnes condamnées entre la République française et la Fédération de Russie.

Cette convention vise à permettre aux personnes condamnées à la détention, en France ou en Russie, de purger leur peine dans leur pays d'origine et de bénéficier ainsi d'un soutien de nature à faciliter leur réinsertion sociale, ce qui constitue, pour la France comme pour la Russie, l'objectif principal de l'exécution d'une condamnation pénale.

La signature de cette convention s'inscrit dans une démarche d'intensification de la coopération entre nos deux pays dans le domaine de la justice. Notre coopération porte essentiellement sur la formation des juges, la protection intellectuelle et la protection judiciaire de la jeunesse.

L'affectation récente d'un magistrat en qualité de conseiller pour les affaires juridiques et judiciaires auprès de notre ambassade à Moscou souligne toute l'importance que nous accordons à cette coopération.

  • 8 - République Centrafricaine

François Rivasseau: La France intervient activement pour le retour de la stabilité en République centrafricaine et dans la région.

Nous contribuons, à travers un important soutien financier logistique et technique, à la force de la CEMAC. Nous avons équipé cette force, nous avons acheminé les hommes, nous avons acheminé le matériel vers la Centrafrique.

Nous contribuons ainsi de façon constructive et ciblée à la stabilisation de la région et nous rappelons notre disponibilité à appuyer le dialogue politique qui s'amorce en Centrafrique et qui constitue la seule issue durable au problème de cette République.

  • 9 - Afghanistan

François Rivasseau: Au moment où se déroule le transfert du commandement de la Force internationale d'Assistance à la sécurité (FIAS) de la Turquie à l'Allemagne et aux Pays-Bas, nous tenons à saluer Ankara pour l'excellent travail accompli. Nous nous félicitons par ailleurs de la création d'un co-commandement germano-néerlandais avec lequel nous entendons travailler en étroite coopération. Je vous rappelle que nous avons maintenu notre contingent pour le premier semestre 2003 et que nous avons augmenté ses effectifs qui passent à 500 hommes (contre 450)./.

 

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