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Sur le fossé numérique

Sur le fossé numérique

Source: Nations-Unies: New York, le 5 novembre 2002. CENT Networks, Inc.(traduction non-officielle).

Par Kofi Annan (*)

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication sont parmi les forces qui mènent la globalisation. Elles réunissent les hommes et apportent aux décideurs des outils révolutionnaires pour le développement. Dans le même temps, l'écart entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas accès à l'information ne cesse de s'élargir et il y a un vrai danger à ce que le monde des pauvres soit exclu de l'économie globale émergeante basée sur le savoir.

Les technologies de l'information et de la communication sont extrêmement rentables comparées aux autres formes de capital. Même modestes, les investissements clé dans l'éducation et les accès de base peuvent déjà produire des résultats remarquables. L'Estonie et le Costa Rica sont des exemples bien connus de la façon dont les stratégies réussies autour des NTIC peuvent aider à accélérer la croissance et à accroître le niveau des revenus. Mais même certains des pays les moins avancés, comme le Mali ou le Bangladesh, ont montré que la détermination politique et les approches innovatrices peuvent, avec l'appui international, relier les régions rurales et éloignées à Internet et à la téléphonie mobile. Des points d'accès publics ont été établis dans des endroits aussi divers que l'Egypte, le Kazakhstan ou le Pérou. De fait, les technologies de l'information peuvent donner aux pays en développement la chance de sauter certaines des longues et douloureuses étapes du développement que d'autres pays ont dû surmonter.

Mais combler le fossé numérique ne va pas être aisé. Trop souvent, les monopoles d'état pratiquent des prix exorbitants pour l'usage des fréquences. Les gouvernements doivent faire beaucoup plus pour créer des institutions efficaces et un cadre de régulation propre à attirer les investissements étrangers ; plus largement, ils doivent également revoir leurs politiques pour s'assurer qu'ils ne privent pas leurs citoyens des opportunités que représente la révolution numérique. Nous devons réfléchir aux manières de mettre la technologie sans fil (Wi-Fi) à la portée du monde en développement, et ainsi se servir des ondes libres pour permettre un accès bon marché et rapide à Internet. Nous devons étudier la possibilité de créer une université internationale ouverte. Sans doute, les experts auront encore beaucoup d'idées du même ordre.

Les Nations Unies travaillent ardemment pour mettre cette puissance au service du développement économique et social. Un réseau international de santé (www.healthinternetwork.net), sous la conduite de l'Organisation mondiale de la santé, créé des sites en ligne dans les hôpitaux, les cliniques et les cabinet de santé publique dans le monde en développement pour apporter une information de haute qualité tout en généralisant et en facilitant la communication au sein de la communauté de la santé publique. Le Service de la technologie de l'information des Nations Unies (www.unites.org), un consortium global de volontaires coordonné par le Programme des volontaires de l'ONU, forme les gens dans les pays en développement aux utilisations et aux opportunité offertes par la technologie de l'information.

Aussi prometteur et inestimable soient-ils, de tels efforts - et d'autres impliquant la promotion commerciale, la gestion de crise et l'éducation - ne sont que la surface visible des possibilités. Pour que tous les pays en bénéficient, nous aurons besoin de plus, et notamment d'améliorer les interactions entre les stratégies publiques et privées. C'est l'une des fonctions première du groupe de travail de la technologie de l'information et de la communication des Nations Unies, qui réunit des chefs d'entreprises, des dirigeants gouvernementaux, des organisations non gouvernementales, des experts techniques et autres dirigeants de l'industrie de l'information. Et si tous les pays doivent en bénéficier, nous devons définir une approche incluant une vision rassemblant tous les partenaires à long terme. C'est l'une des raisons principales pour lesquelles l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé de tenir, sous l'égide de l'Union des télécommunications internationale, un "Sommet mondial sur la société de l'information", en deux parties : la première en décembre 2003 à Genève, et la seconde à Tunis, deux ans plus tard.

Ce sommet tirerait un bénéfice considérable de la participation active des décideurs de la Silicon Valley. Je sais qu'un certain nombre d'entreprises de la Silicon Valley soutiennent déjà des causes sociales ou souhaitent ardemment le faire. Mais ces activités sont concentrées principalement sur les Etats-Unis. J'espère que l'industrie élargira son horizon et apportera une part plus importante de son dynamisme et de ses remarquables innovations au monde en développement. Les gouvernements eux-mêmes reconnaissent qu'ils ne peuvent pas poursuivre avec succès le développement par leurs propres moyens. S'ouvre ainsi un espace sans précédent pour des partenaires publics et privées qui accordent les occasions réelles d'investissement productif avec les besoins réels des pauvres, et j'espère que la communauté de la Silicon Valley relèvera ce défi. Même les petites initiatives peuvent faire une énorme différence.

En septembre 2000, les Etats membres des Nations Unies ont adopté la Déclaration du millénaire - un document qui marque l'entrée dans le nouveau siècle et qui reflète les aspirations et les soucis de tous les peuples, établit les objectifs spécifiques pour réduire la pauvreté, et qui réquierent une action concertée pour combattre l'injustice et l'inégalité et pour protéger notre héritage commun, la terre, pour les générations futures. Les engagements qui ont été pris l'ont été pour "assurer que les avantages des nouvelles technologies, particulièrement les technologies de l'information et de la communication, soient mises à la disposition de tous". La technologie de l'information et de la communication n'est pas une formule magique qui va résoudre tous nos problèmes. Mais c'est une force puissante qui peut, et doit, être une arme au service de notre mission globale de paix et de développement. C'est à la fois une question d'éthique et de sciences économiques, a long terme, la nouvelle économie ne peut être productive et durable que si elle s'étend au monde entier et répond aux besoins et aux demandes de tous. J'invite tous ceux qui sont en mesure de faire une différence à unir leurs efforts aux nôtres.

 

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