Éditoriaux Défense Sécurité Terrorisme Zones de conflits Logistique Livres de référence Liens
Terre Air Mer Gendarmerie Renseignement Infoguerre Cyber Recherche

L’aéronautique et l’Espace sont des vecteurs vitaux pour notre pays

L’aéronautique et l’Espace sont des vecteurs vitaux pour notre pays

Discours de clôture du 45ème Salon du Bourget par Monsieur Jean-Pierre Raffarin, Premier Ministre. Le Bourget, le 21 juin 2003 Source : Hôtel Matignon.

Mesdames et Messieurs les ministres, je note qu'aujourd'hui, on aurait presque pu tenir une réunion du Conseil des ministres, puisque 6 membres du Gouvernement sont ici rassemblés.

Je salue les parlementaires nombreux, notamment le président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée.

Je salue les officiers généraux, les préfets, tous les présidents des grandes entreprises et des petites et moyennes entreprises qui sont ici présents.

Je vous salue tous, mesdames et messieurs, pour vous dire que c'est avec un grand et réel plaisir que j’interviens pour la première fois devant les principaux responsables de l'industrie aéronautique et spatiale européenne.

Cette année, monsieur Camus vient de le dire, est une année difficile pour l’industrie aérospatiale mondiale. Mais si une page de l’épopée aéronautique et spatiale européenne se tourne, une nouvelle page, tout aussi exaltante, est en train de s’écrire, marquant la transition, peut-être, entre deux générations de programmes phares:

-- le Concorde, dont on cesse l’exploitation, avec une blessure au cœur, d’une part, et l’Airbus A380 dont on commence l’assemblage d’autre part,

-- l’avion de transport militaire Transall et son successeur l’A400M,

-- les familles de lanceurs Ariane IV, dont le dernier tir a eu lieu cette année, et tous les projets d'Ariane V.

C’est donc un moment très privilégié pour évoquer l’activité de ce secteur stratégique et d’en tracer avec vous les principales perspectives.

J’interviens également dans un cadre prestigieux, berceau de l’aviation commerciale française, dont le gouvernement s’est engagé à développer les fortes potentialités. Je tiens à le dire aujourd'hui.

Je pense au Musée de l’air et de l’espace qui mérite vraiment de devenir la véritable Institution culturelle et technologique dédiée à l’aéronautique et à l’espace, dont la France, mais aussi l’Europe, ont besoin. Un complément d’étude sur la faisabilité financière est en cours aujourd'hui, et tous les acteurs potentiels notamment, je pense aux collectivités locales, aux partenaires consulaires, tous les partenaires seront consultés. J'invite bien évidemment tous les industriels ici présents à s’associer à ce grand projet pour que la France présente, dans une vitrine attractive son Histoire mais aussi ses projets technologiques en matière aéronautique.

Je tiens à remercier sincèrement Philippe Camus, le Président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, et Yves Bonnet, le Commissaire général du Salon, qui ont, malgré les difficultés de l'environnement international, fait de ce cru 2003 une grande réussite pour notre industrie, mais aussi pour notre pays.

Enfin, on ne peut parler aujourd'hui d’industrie aéronautique et spatiale sans évoquer la disparition brutale de Jean-Luc Lagardère à qui je tiens ici à rendre hommage. Cet entrepreneur visionnaire, éminent représentant de "la France qui gagne", savait conjuguer à la fois un réel esprit européen et la préservation des intérêts nationaux. C’est grâce à lui qu’a pu naître et grandir ce grand groupe européen qu’est EADS, symbole de la réussite de la coopération franco-allemande, et acteur central d’une Europe de l’Aéronautique, de l’Espace, de l’Armement qui mérite encore tous nos efforts.

J’exprime la reconnaissance de la France pour sa contribution essentielle à l’industrie aérospatiale européenne. J’assure son fils Arnaud de mon total soutien dans la lourde tâche qui lui incombe désormais, à côté de nos partenaires allemands et espagnols, notamment.

L’aéronautique et l’Espace sont des vecteurs vitaux pour notre pays. Ils sont des éléments clefs de la croissance économique dans cet environnement globalisé qui est maintenant le nôtre. Ils sont des éléments-clés de la sécurité et de la qualité de vie de nos concitoyens, de la préservation d’emplois - d'emplois, comme la France le souhaite - particulièrement qualifiés, source d’innovation.

Grâce à un effort continu de la collectivité nationale, un ensemble aujourd'hui industriel et commercial de qualité exceptionnelle a pu être construit. Je crois vraiment qu'il constitue une base technologique de premier ordre. Sa compétitivité est illustrée par le fait qu’il exporte 70% de sa production, alors qu’il fait face à des concurrents de haut niveau et qui, aujourd'hui, ont une monnaie moins chère.

Ce domaine constitue également un élément déterminant du développement d’une défense européenne autonome. Et c’est bien un enjeu majeur que de donner à l’Europe sa liberté d’action en matière de politique extérieure. Le domaine aérospatial apporte un nombre croissant de réponses aux différents besoins de notre outil militaire;

  • le renseignement autonome,
  • les moyens de commandement,
  • de réaction immédiate,
  • de projection et de puissance.

L’importance stratégique de ce secteur confère en lui-même une lourde responsabilité aux entreprises qui capitalisent des ressources humaines et techniques constituées tout au long de ces décennies. C'est un véritable pôle d’excellence de notre économie française et je tiens vraiment à en faire, pour l'ensemble de notre économie nationale, une force d'avenir.

Il nous revient donc de préserver cette richesse et d’en poursuivre le développement, et en premier lieu avec vous, avec les industriels et les sociétés de ce secteur.

Vous savez que, sur ces fondements, nous engageons et nous développerons une stratégie de croissance que nous voulons croissance durable, pas une croissance qui telle la marée, quand elle se retire, ne laisse pas de traces. Une croissance qui permet des réformes, une croissance qui permet à notre pays de faire les choix de l'avenir, une croissance qui dégage de la valeur ajoutée, aussi bien dans les grandes que dans les petites entreprises.

Je suis conscient que l’Etat doit encore davantage s'engager dans cette voie. C'est le sens du plan Innovation préparé par Nicole Fontaine et Claudie Haigneré, toutes les deux ici présentes, qui affichent la détermination du Gouvernement pour cette recherche de croissance durable par l'innovation.

De façon plus particulière, je tiens à saluer les résultats et le dynamisme qui prévaut dans le secteur des programmes civils, même si toujours, la conjoncture reste difficile.

Airbus est désormais passé devant Boeing en termes de prises de commande. Dassault Aviation est le leader mondial dans le haut de gamme de l’aviation d’affaires - pas mal pour une petite PME -, et [de] même qu’Eurocopter dans le segment des hélicoptères civils et para-civils.

L’A380 constituera un atout considérable au moment de la reprise de la croissance du trafic aérien. Je crois vraiment qu'il arrivera à point.

Le développement de l’avion d’affaire que l'on a vu ce matin, à très long rayon d’action, le Falcon 7X, regroupant 31 partenaires autour de Dassault Aviation, met en œuvre des procédés industriels particulièrement innovants. C'est, je crois, très important et c'est pour cela que je suis très attaché à ce que l'industrie en général - j'y reviendrai - mais l'industrie aéronautique tienne toute sa place dans notre économie parce qu'elle porte cette capacité de création, d'innovation dont le pays a besoin. Au fond, l'intelligence des femmes et des hommes de ce pays peut ici s'exprimer et donner de la force à notre pays.

L’Etat a son rôle à jouer notamment au travers les différentes lois de programmation militaire, qui sont ces véritables contrats entre le pays et son armée, mais également entre le Gouvernement et les industriels.

Sous l’impulsion du Président de la République, la France a opté pour une loi de programmation militaire volontariste couvrant la période 2003-2008. Et quand je dis volontariste, je sais de quoi je parle quand je prépare le budget 2004. Mais volontariste, afin de marquer un coup d’arrêt à la dégradation continue de notre effort de défense. C'est à la fois bon pour l'industrie, bon pour l'économie, mais c'est aussi bon pour notre politique étrangère. Croyons-nous que la voix de la France pourra être entendue si la France ne montre pas dans le monde qu'elle est capable elle-même de faire les efforts pour assurer sa propre défense ? Nous sommes déterminés à restaurer notre capacité opérationnelle, la disponibilité des matériels, à les moderniser et à préparer notre avenir. Cette loi de programmation militaires conforte les principaux programmes nationaux et assure une participation française aux grands programmes en coopération.

J'ai entendu monsieur le président Camus, que vous souhaitiez qu'elle ne soit pas victime de régulation; je peux vous dire, qu'au niveau le plus élevé de l'Etat, on y est quotidiennement vigilants. Je peux aussi vous dire que madame la ministre de la Défense, avec charme et autorité, avec intelligence et vigilance, est attentive à ce que les engagements soient respectés - vous pouvez l'applaudir !loi de finances rectificative de 2002, notre gouvernement a pris des décisions qui s’imposaient, pour justement se mettre tout se suite en cohérence avec cette nouvelle vision. Les programmes mis en chantier assureront un niveau d’activité soutenu de vos capacités d’études et de production.

Le Rafale qui commence la montée en puissance de sa production, a déjà connu sa première utilisation opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme l’année dernière, lutte contre le terrorisme qui reste la priorité de la France, pour laquelle les Américains savent bien que c'est avec nous qu'ils peuvent compter pour faire de cet objectif de la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la prolifération un objectif important des Nations unies.

Je me félicite tout particulièrement de la récente signature du contrat de développement et de production de l’A400M, qui dotera l’Europe d’une capacité homogène de transport tactique et aura, je le crois vraiment, un rôle structurant pour l’Europe de la défense.

Dans le domaine aéronautique et spatial, l’effort financier des Etats en faveur de la Recherche et de la Technologie (la R&T) doivent jouer un rôle considérable. Il est à ce titre préoccupant, en effet, de comparer la situation européenne à celle des Etats-Unis.

Face à un engagement très fort de l’administration américaine en faveur de la R&T, qui risque de déboucher à terme sur un véritable fossé technologique - disons le mot - entre l’Europe et l’Amérique, le gouvernement de la France a souhaité agir:

-- les crédits de R&T inscrits dans la LPM s’élèvent à 3,8 milliards d’euros. Ils sont donc en augmentation de plus de 16% par rapport à ceux de la Loi de programmation militaire précédente,

-- A cet effort national, indispensable, il nous faudra ajouter d'autres efforts nécessaires: il nous faut augmenter l’efficacité des efforts européens en matière de coordination intergouvernementale dans un premier temps, vous l'avez dit, pour éviter toutes les dispersions. Et puis, la définition et la pratique d’une politique européenne de recherche et de défense, dès que possible.

Je crois qu'il y a là un vrai chantier de développement. Je crois que nous progressons sur ces sujets. Nous avons vu récemment des avancées significatives. Il est clair qu'il y a là, pour la Recherche et pour la Défense, un espace, pour nous, de puissance. A condition que nous sachions trouver aussi de la cohérence.

Comme nous ne pouvons plus financer nationalement, l’innovation dans l’ensemble des secteurs - il nous faut bien faire face aux réalités budgétaires -, il nous faut  accepter sereinement et de manière transparente, une certaine spécialisation et avec nos amis européens, une dépendance réciproque en matière de technologies entre pays européens ; nous avons su le faire avec l’aéronautique civile et le spatial ; il importe d’y tendre maintenant dans le secteur militaire.

Plusieurs démonstrateurs seront lancés afin de structurer nos efforts d’études amont autour de quelques capacités technologiques qui sont stratégiques, comme l’observation spatiale ou les avions de combat sans pilote. Ce dernier thème fait l’objet d’une initiative française dont vous avez parlé tout à l'heure, à l'initiative de Michèle Alliot-Marie, qui est destinée à maintenir en Europe une capacité autonome dans les systèmes de combat aérien. Je crois qu'il faut, comme on l'a vu ce matin, avoir la capacité d'être connecté avec les autres systèmes, tout en ayant suffisamment de force pour avoir nous-mêmes accès à l'autonomie. C'est un élément très important. Cette initiative française est naturellement ouverte à des partenaires européens. Mais il nous est apparu opportun de la prendre maintenant.

Concernant le secteur spatial, je voudrais vous dire que nous avons évidemment ressenti de manière profonde cette crise majeure avec l’échec du premier tir de la nouvelle version Ariane 5, le 11 décembre dernier.

Face à cette situation, le Gouvernement a réagi, notamment sous l'autorité de Claudie Haigneré. Nous avons réaffirmé notre mobilisation et nous avons dégagé une véritable vision politique sur le sujet pour remettre à jour une stratégie spatiale, en étroite intelligence avec nos partenaires européens mais aussi avec les industriels. Nous considérons que la France et l’Europe doivent avoir une autonomie d’accès à l’espace. C'est cela l'objectif politique; l'Europe doit avoir une autonomie d'accès à l'espace. Ce qui requiert à la fois une capacité de lancement fiable, une capacité de construction de satellites et une maîtrise des technologies associées à l’utilisation de ces équipements.

C'était le sens de la déclaration du chef de l'Etat, Jacques Chirac, le 15 avril dernier, "la maîtrise de l’espace est un enjeu stratégique pour l'Europe et pour la France".

Le CNES, sous l’impulsion de son nouveau président, a pu établir une programmation réaliste. Le gouvernement a pris l’engagement fort de porter à 685 millions d’euros par an sa contribution à l’Agence Spatiale Européenne sur la période 2004/2009. Nous avons pris cet engagement, il est lourd. Nous l'avons pris au nom d'une orientation choisie par le Président de la République, et au nom d'une véritable stratégie. Nous souhaitons vraiment que nos partenaires, comme l'a démontré notamment la réunion du 27 mai dernier, puissent partager ce même choix stratégique. Et Claudie Haigneré qui représentait la France au Conseil ministériel de l’Agence Spatiale Européenne, a pu conclure combien étaient décisives ces initiatives pour le futur du lanceur Ariane 5. Grâce à cette détermination, en prenant un engagement financier nouveau de plus d’un milliard d’euros, l’Europe unie a décidé d’assurer le futur technique et économique de la filière des lanceurs Ariane. C'est, je crois, une étape très importante. Elle a également décider de se lancer concrètement dans une coopération stratégique durable avec la Russie. C'est un élément fort de cette vision.

Les Etats membres de l’Agence spatiale sont parvenus - c'était d'ailleurs la veille - à un accord afin de lancer le programme de positionnement satellitaire Galileo. C'est aussi, je crois, - vous l'avez dit monsieur le président Camus - une étape importante, stratégique et déterminante pour l'avenir de notre industrie. Je crois qu'il y a là des marques de progrès véritables.

Au cours de la dernière décennie, l’industrie aéronautique et spatiale européenne s’est engagée dans un vaste mouvement de consolidation qui a conduit à la constitution de grands groupes transnationaux, adaptés à la nouvelle donne économique et stratégique, tels que EADS et Thales, notamment. Je voudrais dire combien tous ceux qui voyagent au nom de la France, sont fiers de voir des entreprises de cette dimension, de cette qualité, avoir des produits avancés comme le sont les produits présentés par ces entreprises et bien d'autres. Je crois qu'il y a là, vraiment, une crédibilité industrielle forte qui renforce elle-même la présence de la France dans le monde.

Mais évidemment, notre outil a toujours besoin de rationalisation. Et comme l’Etat est encore actionnaire - je ne suis pas sûr, pas convaincu que ce soit toujours un excellent actionnaire, même si il peut être un bon actionnaire . Mais ce n'est pas forcément et toujours son métier. Mais l'Etat, puisqu'il est encore actionnaire et actionnaire important doit naturellement être attentif à cette rationalisation. Nous n'avons pas vocation, sur le long terme, à rester aux niveaux actuels, mais l’évolution de cet actionnariat se fera au moment opportun, à partir de visions stratégiques précises. Notre stratégie n'est pas le calendrier. Notre stratégie, ce sont les projets industriels. On a bien besoin d'argent, mais nous n'en sommes pas au point de ne pas privilégier le projet industriel. C'est ce qui va nous guider.

L'Etat sera soucieux, évidemment, de son intérêt patrimonial et il sera très attentif. Mais il se déterminera tout en fonction des projets industriels qui seront proposés. Ses décisions en matière d’évolution de capital seront guidées par l’ambition de construire une industrie aérospatiale compétitive et européenne et naturellement, ayant des capacités de pérennité.

Il importe dès à présent de mener à leur terme les restructurations internes engagées, afin d’améliorer la performance de ces entreprises, et de tirer tout le parti possible des synergies identifiées.

En complément, des rectifications de périmètre visant à cette rationalisation des positions respectives, sont à mettre en œuvre chaque fois que la logique industrielle y incite.

Il convient en particulier de saluer les réorganisations, devenues indispensables et désormais initiées, dans la filière lanceurs. En ce qui concerne la filière satellites, comme tous les observateurs - dont je suis, attentif - s’accordent à le reconnaître, je considère qu’à terme nous devons veiller à ce que puisse être rapprochées les structures avec cette perspective d'un acteur européen unique, capable d'assurer une présence viable et pérenne sur un marché mondial profondément modifié. C’est le souhait du gouvernement et nous pensons que les conditions peuvent être réunies pour cette marche en avant.

Enfin, avec l’agence européenne de programmes d’armement, avec l’OCCAR, et l’accord cadre L.o.I., plusieurs Etats européens disposent aujourd’hui des premiers instruments au service de l’Europe de l’armement, composante essentielle de l’Europe de la défense.

Vous savez, l'Europe est en train de changer sa géographie. Elle est en train de changer ses institutions. Le jour où l'Europe aura un ministre des Affaires étrangères - ce qui est en train de se décider à Thessalonique en ce moment -, il est clair que l'industrie de la défense deviendra un élément-clé de l'organisation européenne. Ne pensons pas que le temps qui s'est quelque peu attardé pour les avancées récentes ne s'accélérera pas dans l'avenir quand il faudra mettre une défense en cohérence avec une ambition internationale. Donc, nous devons dès maintenant aller plus loin et œuvrer à la constitution d’une agence intergouvernementale chargée du développement des capacités militaires, industrielles et technologiques dans notre continent, sur cette Europe à laquelle nous sommes attachées, cette agence qui nous permettre de disposer des moyens pour assurer notre défense. C'est une idée qui progresse, qui est dans la Convention qui est, ce matin, remise par le président Giscard d'Estaing au Conseil européen. C'est une idée que peut intégrer la Constitution européenne et ce projet de traité d'avenir de l'Union européenne. C'est un élément très important de l'avenir et je crois vraiment que, petit à petit, on note ces avancées significatives de l'Europe de la Défense.

L’industrie aéronautique et spatiale française représente un enjeu stratégique - j'en suis conscient -, économique et technologique, mais c'est aussi une industrie de souveraineté qui justifie l’attention qui lui est portée par l'ensemble du Gouvernement. C’est un impératif, c'est un espoir pour notre pays.

L’environnement dans lequel elle évolue est à l’évidence complexe, incertain, instable. C'est un domaine de fierté et d’excellence pour la France et elle est à la croisée de chemins.

Des grandes nations aéronautiques mais aussi la Commission Européenne, ont initié des stratégies importantes sur l’avenir de ce secteur industriel.

Je crois nécessaire et pertinent, répondant à l’invitation que m’a faite Philippe Camus, d’engager résolument une réflexion nationale, visant à identifier les conditions du maintien d’une capacité aéronautique et spatiale autonome et compétitive. Il s’agira de préciser notre vision à long terme, en identifiant sans complaisance nos forces et nos faiblesses, et en analysant les opportunités et les menaces, et en identifiant les options stratégiques qui seront soumises au gouvernement.

Nous en reparlerons. Il s'agit là d'un travail de réflexion. Je souhaite que l'on puisse y associer une haute personnalité indépendante et reconnue de manière à ce que l'on puisse avoir ce débat. Nous avons besoin d'une industrie aéronautique spatiale d'avenir. Nous avons besoins d'affirmé cette stratégie nationale. Pour cela, il nous dégager une véritable vision, un horizon et pas se trouver face à des décisions hésitantes qui, dans le passé, ont beaucoup trop fragilisé cet industrie. On ne peut pas bâtir cette industrie qui a besoin de lisibilité et de visibilité par des décisions hésitantes, chaque année, en fonction d'un manque de stratégie évident.

Je crois à cette industrie. Je souhaite qu'elle ait des perspectives pour faire ses choix, des choix qui soient des choix clairs.

Je suis persuadé qu'il y a là un potentiel très fort dans notre avenir pour que cette industrie soit une industrie de confiance. La France ne pourra pas être en tête dans tous les secteurs du développement. Elle doit choisir ses priorités. Elle doit choisir ses choix et ses choix doivent être des choix forts auxquels elle se tient durablement pour affirmer sa puissance et pour affirmer son ambition technique et technologique.

Je ne vois pas l'avenir de l'économie française comme certaines économies européennes, toutes tournées vers l'économie des services. Nous avons besoin de pôles industriels forts, créateurs de valeur ajoutée. Nous avons besoin d'une industrie non dispersée mais d'une industrie d'excellence, repérable, lisible dans le monde comme une industrie de qualité. Pour cela, nous devons mettre des moyens forts - y compris en recherche et en développement, y compris en partenariats d'avenir. C'est je crois, très important. Vous contribuez, par votre travail quotidien à cette dynamique de la France. C'est pour cela que je voulais vous en remercier. Mais peut-être que la meilleure des nouvelles, c'est de voir tout ce public, ici rassemblé, ce qui veut dire que la vérité est là; la France et les Français aiment leur industrie et aiment leur industrie aéronautique.

Je vous remercie.

Liens utiles:

 

Derniers articles

Verdun 2016 : La légende de la « tranchée des baïonnettes »
Eyes in the Dark: Navy Dive Helmet Display Emerges as Game-Changer
OIR Official: Captured Info Describes ISIL Operations in Manbij
Cyber, Space, Middle East Join Nuclear Triad Topics at Deterrence Meeting
Carter Opens Second DoD Innovation Hub in Boston
Triomphe de St-Cyr : le Vietnam sur les rangs
Dwight D. Eisenhower Conducts First OIR Missions from Arabian Gulf
L’amiral Prazuck prend la manœuvre de la Marine
Airmen Practice Rescuing Downed Pilots in Pacific Thunder 16-2
On ne lutte pas contre les moustiques avec une Kalachnikov...
Enemy Mine: Underwater Drones Hunt Buried Targets, Save Lives
Daesh Publications Are Translated Into Eleven Languages
Opération Chammal : 10 000 heures de vol en opération pour les Mirage 2000 basés en Jordanie
Le Drian : Daech : une réponse à plusieurs niveaux
Carter: Defense Ministers Agree on Next Steps in Counter-ISIL Fight
Carter Convenes Counter-ISIL Coalition Meeting at Andrews
Carter Welcomes France’s Increased Counter-ISIL Support
100-Plus Aircraft Fly in for Exercise Red Flag 16-3
Growlers Soar With B-1s Around Ellsworth AFB
A-10s Deploy to Slovakia for Cross-Border Training
We Don’t Fight Against Mosquitoes With a Kalashnikov
Bug-Hunting Computers to Compete in DARPA Cyber Grand Challenge
Chiefs of US and Chinese Navies Agree on Need for Cooperation
DoD Cyber Strategy Defines How Officials Discern Cyber Incidents from Armed Attacks
Vice Adm. Tighe Takes Charge of Information Warfare, Naval Intelligence
Truman Strike Group Completes Eight-Month Deployment
KC-46 Completes Milestone by Refueling Fighter Jet, Cargo Plane
Air Dominance and the Critical Role of Fifth Generation Fighters
Une nation est une âme
The Challenges of Ungoverned Spaces
Carter Salutes Iraqi Forces, Announces 560 U.S. Troops to Deploy to Iraq
Obama: U.S. Commitment to European Security is Unwavering in Pivotal Time for NATO
International Court to Decide Sovereignty Issue in South China Sea
La SPA 75 est centenaire !
U.S. to Deploy THAAD Missile Battery to South Korea
Maintien en condition des matériels : reprendre l’initiative
La veste « léopard », premier uniforme militaire de camouflage
Océan Indien 2016 : Opérations & Coopération
Truman Transits Strait of Gibraltar
Navy Unveils National Museum of the American Sailor
New Navy, Old Tar
Marcel Dassault parrain de la nouvelle promotion d’officiers de l’École de l’Air
RIMPAC 2016 : Ravitaillement à la mer pour le Prairial avant l’arrivée à Hawaii
Bataille de la Somme, l’oubliée
U.S., Iceland Sign Security Cooperation Agreement
Cléopatra : la frégate Jean Bart entre dans l’histoire du BPC Gamal Abdel Nasser
Surveiller l’espace maritime français aussi par satellite
America's Navy-Marine Corps Team Fuse for RIMPAC 2016
Stratégie France : Plaidoyer pour une véritable coopération franco-allemande
La lumière du Droit rayonne au bout du chemin





Directeur de la publication : Joël-François Dumont
Comité de rédaction : Jacques de Lestapis, Hugues Dumont, François de Vries (Bruxelles), Hans-Ulrich Helfer (Suisse), Michael Hellerforth (Allemagne).
Comité militaire : VAE Guy Labouérie (†), GAA François Mermet (2S), CF Patrice Théry (Asie).

Contact