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Les trois ambitions que doit avoir une Europe de la défense

Les trois ambitions que doit avoir une Europe de la défense

Intervention de Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à la 10ème conférence Défense- Aéronautique organisée par le quotidien Les Échos. Paris, le 27 avril 2004. Source: DICoD.

Vous me permettrez d'abord de remercier les organisateurs de cette 10e conférence Défense Aéronautique, de les remercier de leur accueil et de leur remercier de me donner la parole à l'occasion de cet anniversaire.

L'an dernier, lorsque j'ai pris la parole devant vous, vos travaux portaient sur le thème: comment préserver la défense européenne ? En effet, rappelez-vous, la guerre en Irak, les désaccords, notamment avec les États-Unis et certains partenaires européens, avaient ébranlé un certain nombre de convictions. Et vous-mêmes, j'en ai le souvenir, manifestiez un certain scepticisme – c'est le moins que l'on puisse dire – quant à la capacité des politiques de construire l'Europe de la défense.

Le simple titre retenu pour vos travaux aujourd'hui suggère que les choses ont changé ainsi que l'appréciation que vous portez sur la situation. Et il est vrai qu'aujourd'hui la question ne se pose plus de savoir si l'Europe de la défense existera un jour, car l'Europe de la défense est en marche.

Elle est en marche à travers ses programmes, à travers son organisation. Et, ce qui est peut-être encore plus frappant pour les esprits, elle est en marche à travers les opérations qu'elle a été capable de mener, en Macédoine, en République démocratique du Congo, et bientôt en Bosnie.

Pour autant, nous ne devons pas considérer que le travail est terminé. Nous avons encore beaucoup à faire pour que l'Europe, puissance économique, soit aussi une puissance politique, ce qui implique qu'elle soit en capacité de défendre ses ambitions.

Aujourd'hui les efforts qui nous attendent, nos actions, doivent s'inscrire dans une vision claire de ce que doit être l'Europe de la défense, et de la place de la France dans cette Europe. C'est cette vision qui doit nous amener à nous doter des moyens nécessaires. Oui, je le dis très clairement, une politique européenne de défense doit avoir des ambitions qui soient à la hauteur de son statut de puissance économique. Ces ambitions sont au nombre de trois.

  • L'Europe doit être à même de défendre ses citoyens, ses intérêts et ses valeurs, partout où cela est nécessaire.

 L'Europe, de ce fait, doit avoir une capacité autonome d'appréciation et d'action. Enfin, l'Europe doit avoir une industrie et une politique industrielle de l'armement.

L'Europe doit d'abord être à même de défendre ses citoyens, ses intérêts et ses valeurs, et partout où c'est nécessaire. En ce qui concerne ses citoyens, la problématique a totalement changé. Nous n'avons plus aujourd'hui, y compris en ce qui concerne les nouveaux entrants dans l'Europe, à défendre des frontières par rapport à une menace qui viendrait de l'Est. Pour autant, nous ne pouvons pas négliger la nécessité de nous défendre contre cette nouvelle agression potentielle, pas si potentielle que cela d'ailleurs, qu'est le terrorisme. Et de la même façon, en dehors même de notre territoire, nous devons être capables de défendre nos citoyens partout où ils se trouvent pris dans des situations de crise. Vous êtes des industriels dont les implantations sont partout dans le monde. Des crises, comme celle de la Côte d'Ivoire, comme celle du Liberia, des actions terroristes, comme celle que nous avons connues à Karachi, implique que l'Europe soit à même d'intervenir pour protéger, pour sortir de situations dangereuses, ses citoyens. Aujourd'hui la France est à même de le faire ; combien d'autres pays européens ?

L'Europe, comme La France, doit en outre être aussi à même de défendre ses intérêts. Nos intérêts, et notamment nos intérêts économiques, supposent des situations de sécurité et de paix. Il est donc normal à la fois de protéger éventuellement nos implantations, et de contribuer à ce que nos industries puissent travailler dans un climat relativement serein. Nous savons très bien ce que des crises régionales peuvent amener comme perturbations dans l'exercice normal de nos activités.

Enfin, l'Europe, et c'est tout à son honneur, doit être capable de défendre ses valeurs, des valeurs de tolérance, des valeurs de liberté. Et cela peut l'amener à intervenir aussi loin de son territoire. Mais pour cela, il faut, et c'est le deuxième point, que

  • l'Europe ait une capacité autonome d'appréciation et d'action.

Cela implique deux choses. D'une part, que nous soyons susceptibles d'agir dans tous les cas de figure.

Bien entendu, l'OTAN est un cadre auquel nous sommes habitués et qui demeure celui de notre protection ultime sur le territoire européen. Mais à partir du moment où la menace, je le disais tout à l'heure, est moindre sur le territoire européen, la justification de l'OTAN devient maintenant sa capacité à intervenir, le cas échéant, en dehors du territoire européen. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons accepté que l'OTAN intervienne par exemple en Afghanistan. Mais pour nous, cela ne veut pas dire non plus que l'Europe ne peut intervenir que dans le cadre de l'OTAN. Il est important que nous puissions agir dans l'OTAN et en ayant les moyens nécessaires pour nous permettre d'exister et d'avoir un véritable poids au niveau de la décision. Nous pouvons également intervenir seuls, mais en liaison et avec le soutien de l'OTAN. C'est ce que nous avons fait en Macédoine, c'est ce que nous allons faire également en Bosnie. Il est également indispensable que dans certains cas, parce qu'elle le souhaite, et parce que l'OTAN ne veut ou ne peut intervenir, l'Europe puisse intervenir seule.

C'est ce que nous avons fait l'été passé en Ituri, dans une situation difficile, et où nous avons parfaitement réussi.

Cela implique, quand nous voulons intervenir d'une façon autonome, que nous veillions à

  • ne pas être dépendants sur le plan stratégique et sur le plan technologique.

Vous le savez, c'est une de mes préoccupations. Pour avoir les capacités autonomes dont nous avons besoin, il faut que nos entreprises ne soient pas dépendantes. J'ai eu l'occasion de vous en parler à plusieurs reprises. Je sais que cela a parfois créé certains remous chez certains de nos alliés, mais je pense que c'est « le b-a-ba », pourrais-je dire, de l'indépendance et de l'autonomie stratégiques. Cela veut dire qu'il faut que nous ayons les moyens d'une appréciation autonome de la situation, d'où en particulier tout l'intérêt que nous portons à nos capacités en matière satellitaire et en matière de renseignements d'une façon générale. Cela implique également que dans la production, voire d'ailleurs dans l'exportation de certains de nos armements, nous n'ayons pas non plus de dépendance. C'est la raison pour laquelle je me réjouis de la désignation par le Premier ministre d'un “Monsieur Intelligence Économique”. Cela me paraît en totale cohésion avec cette préoccupation. C'est la raison pour laquelle aussi je souhaite que nos fonds d'investissement travaillent en prenant en compte un certain nombre de secteurs sensibles qui pourraient nous rendre dépendants.

  • Le troisième élément d'une politique européenne de défense à la hauteur de nos ambitions est d'avoir une industrie et une politique industrielle de l'armement.

La France est particulièrement sensible à ce domaine, et depuis un an j'ai agi pour essayer d'en persuader nos partenaires européens. En ayant un investissement de l'ordre de 15 milliards d'euros par an dans le domaine industriel, vous comprendrez que la France veuille s'assurer de disposer d'un environnement industriel capable de répondre à ses besoins, sur le plan technologique bien sûr, mais également dans le domaine des prix et du niveau technologique.

  • Ce que nous disons, c'est que cette préoccupation française doit devenir une préoccupation européenne.

Il faut effectivement que l'Europe soit capable d'agir, notamment pour faire face à la concurrence mondiale. Elle le doit à son économie, elle le doit également à sa politique sociale, car n'oublions jamais que nos activités économiques, ce sont d'abord des emplois pour l'ensemble de nos concitoyens. C'est cette préoccupation d'avoir des industries de l'armement qui soient à la hauteur de la concurrence mondiale qui m'a conduit, à un certain nombre de reprises, à souhaiter que des rapprochements entre entreprises se produisent dans de nouveaux secteurs, comme cela a été fait pour EADS, et que nous ayons, en prenant une formule simplifiée parce que la formule juridique peut varier, dans l'avenir, et dans un avenir aussi proche que possible, des EADS navals ou des EADS terrestres.

  • Voilà les trois ambitions que doit avoir une Europe de la défense. A ces ambitions, nous devons donner les moyens nécessaires. Quels sont-ils, ces besoins ? Ils sont à mon avis essentiellement trois. Nous avons besoin d'industries concurrentielles, bien sûr. Nous avons besoin, ou ces industries ont besoin d'une visibilité sur les choix qui vont être faits. Et nous avons besoin, ensemble, de préparer réellement l'avenir.

Nous avons besoin d'industries concurrentielles. Cela suppose, dans un certain nombre de cas, de mettre à niveau, de donner toute leur chance à un certain nombre d'industries. C'est le sens, notamment en ce qui concerne les industries qui sont très liées au ministre de la Défense, de la réforme de DCN ou de la réforme de GIAT, dont le but essentiel est de leur permettre d'être au meilleur niveau. Mais il faut éviter des concurrences inutiles. La concurrence est nécessaire, mais il y a des pertes d'énergie. Et je pense que l'Agence européenne de défense et de l'armement est un organe qui doit permettre de mieux assurer la coordination des recherches, la coordination des politiques d'achat, et, par là même, de renforcer les capacités concurrentielles des entreprises européennes.

Les entreprises, vous me le dites souvent, ont aussi besoin de ne pas travailler au jour le jour ; elles ont besoin d'une certaine visibilité sur le moyen et sur le long terme. C'est ce qui m'a conduit à améliorer les processus d'organisation au sein de l'État français. Et bien entendu, ce que nous faisons en France sera aussi nécessaire au plan européen. La réforme des programmes d'armement, telle que je la conçois, l'amélioration du fonctionnement de la DGA, ont bien ce but : sérier les responsabilités, renforcer la cohérence des choix opérationnels, renforcer la compétence technique, fixer, par le dialogue permanent entre les états-majors et la DGA, des objectifs qui soient clairement définis et auxquels l'industriel peut ensuite répondre plus facilement. Je crois que nous avons fait quelques expériences de flottement sur les tourelles… je n'en dirais pas plus. Ces flottements qui ont finalement pénalisé tout le monde ne doivent pas se reproduire. Et pour cette raison, il est effectivement indispensable qu'il y ait cette coordination préalable qui vous permet d'avoir une véritable visibilité.

La visibilité, évidemment, c'est bien entendu aussi la visibilité financière. Vous le dites, souvent, et je vous entends, et je vous approuve. C'est tout l'intérêt de la loi de programmation militaire, et c'est bien entendu la nécessité que la loi de programmation militaire soit intégralement respectée. Je vous fais remarquer que déjà depuis deux ans, mais cela n'est qu'un commencement, la loi de programmation militaire est parfaitement respectée. Cette visibilité financière doit être aussi une préoccupation au plan européen. Et là encore, je pense que l'Agence européenne de l'armement doit jouer un rôle déterminant dans ce domaine, à partir du moment où elle est une agence qui traduit une vision politique – et j'ai insisté pour que les ministres de la Défense y jouent le rôle central.

  • Enfin, au-delà de la visibilité sur le moyen terme, il y a la préparation de l'avenir, qui se situe sur le long terme.

Il s'agit là d'avoir une R&D qui corresponde à cette vision sur le long terme. La loi de programmation militaire inscrit 3,8 milliards d'euros de R&D. Je constate que la France, avec la Grande-Bretagne, est l'un des rares pays européens à consacrer effectivement un effort significatif, même si je sais bien que vous souhaiteriez qu'il soit encore plus important, dans ce domaine. Avec la Grande-Bretagne, nous devons représenter quasiment 80% de l'ensemble de la R&D européenne. Nous voyons bien que nous sommes là dans un domaine où des efforts importants doivent être effectués par tout le monde. J'entends, en ce qui me concerne, préserver ces crédits, et notamment les crédits d'études amont. Je crois qu'avec le programme de démonstrateur de drone, nous avons donné un bon exemple. Je me réjouis de voir un certain nombre de pays européens nous rejoindre, je souhaite qu'il y en ait d'autres, et je souhaite surtout que cette démarche, dorénavant, puisse être généralisée. Je pense aussi que c'est par une démarche comme celle-ci que nous arriverons à motiver nos partenaires européens sur la recherche et le développement. Et il y a beaucoup à faire.

Je voudrais, si vous le permettez, attirer également votre attention sur un autre point. Au-delà de la recherche et du développement, qui sont absolument indispensables, je crois que nous devons également avoir une approche économique. Je rentre d'une tournée dans les pays du Golfe et en Jordanie. J'ai bien vu, à travers la diversité de ces pays, qu'il y a des perspectives économiques qui sont très différentes. Certains pays ont la capacité et la volonté d'acheter les matériels de la technologie la plus haute et la plus moderne, d'autres ne le peuvent pas et n'en ont pas besoin, mais ont en revanche besoin de matériels peut-être moins sophistiqués mais mieux adaptés à leurs conditions stratégiques comme à leurs conditions climatiques. Et je pense que nous devons faire attention aussi à ce point. Le jour où nous ne serons plus capables de fournir à ces pays les matériels correspondant à leurs besoins, ils iront ailleurs. Et cela représente des sommes et des activités non négligeables. Je pense qu'il y a pour un certain nombre de PME européennes un champ à développer, que nous devons aider, parce que là aussi il s'agit de ressources, là aussi il s'agit d'emplois.

Voilà un certain nombre de choses que je voulais vous dire.

Ce dernier point m'amène, en conclusion, à vous parler d'une initiative que j'ai souhaité prendre lorsque nous avons abordé la question de la modernisation continue de la DGA. J'ai souhaité créer un Conseil Défense Industries. Bien entendu, la DGA en France a l'habitude d'avoir pour interlocuteurs les industriels. Elle le fait régulièrement, et elle le fait bien. Pour autant, je crois qu'il est indispensable aussi qu'ensemble et régulièrement, et au-delà des relations directes et personnelles que je peux avoir avec certains d'entre vous, il y ait un lieu où ensemble nous puissions réfléchir à ce que sont les grands enjeux de la défense, mais bien entendu aussi de l'industrie de l'armement, de son indépendance au niveau européen, de ses préoccupations stratégiques sensibles au niveau national, des perspectives que cela représente dans le domaine économique et dans le domaine de l'emploi. Ce Conseil, qui sera mis en place au début du mois de juillet, je souhaite qu'il soit un lieu de rencontre et un lieu de réflexion en commun. L'Europe de la défense a bien commencé, elle ne doit pas s'arrêter en si bon chemin. Elle doit se fixer de nouvelles frontières, se doter de projets qui soient à la fois ambitieux et mobilisateurs. C'est à nous qu'il convient de mener cette réflexion et cette volonté d'action en commun. Je suis persuadée que l'impulsion que nous saurons donner au niveau national sera une impulsion qui bénéficiera à l'Europe de la défense tout entière.

Je vous remercie.


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