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Un certain nombre de verrous vont sauter

Un certain nombre de verrous vont sauter

Attentats aux Etats-Unis. Entretien du Ministre des Affaires étrangères, M. Hubert Védrine, avec France 2 – Question ouverte. Paris, le 20 septembre 2001. Source: MAE, Paris.

Q - Neuf jours après les attentats à  New York et à  Washington, l'inquiétude existe; inquiétude qui s'est manifestée aujourd'hui, par exemple, avec la baisse des bourses à  travers le monde, inquiétude aussi lorsque l'on voit à  la télévision, ces images de soldats qui s'en vont peut-être au combat.

Vous rentrez vous-même de Washington, vous y avez accompagné le président de la République, vous avez rencontré là -bas le président Bush et ses principaux collaborateurs. Le président des Etats-Unis a-t-il choisi entre les deux options qui lui étaient présentées: soit une frappe rapide, soit, au contraire, attendre un peu avant d'ordonner cette frappe pour se concilier l'appui du plus grand nombre de pays possible ?

R - Nous avons trouvé un président des Etats-Unis et un secrétaire d'Etat, M. Powell, déterminés, non seulement à  punir les responsables de l'effroyable attentat du 11 septembre, mais à  s'engager dans une lutte de fond pour extirper les racines du terrorisme. Cela veut dire que cela ne se traite pas en une fois, en une frappe, à  supposer qu'il y en ait une.

Apparemment, ils sont en train d'examiner une série d'actions possibles, une série d'options. Ils n'ont, je crois, pas conclu sauf - ce qui est déjà  connu - qu'ils exigent du Pakistan que celui-ci coopère pleinement avec eux pour que les principaux responsables de ce ou de ces réseaux Ben Laden leur soient livrés; c'est public, c'est connu.

Au-delà , je ne crois pas que les options précises soient arrêtées, même s'ils sont en mesure de faire plus.

Q - Lorsque l'on parle avec le président Bush, lorsqu'on le rencontre, parle-t-il, comme il le fait en public, de croisade, de guerre monumentale du bien contre le mal, de se faire livrer Ben Laden mort ou vif ?

R - Je ne crois pas qu'il faille prendre au pied de la lettre ces formulations. C'est un mode d'expression qui est très caractéristique de la politique américaine et qui peut surprendre parfois en Europe. Au sens des références chrétiennes, "croisade" ne veut pas dire contre le monde musulman, et d'ailleurs, les dirigeants américains, avant même qu'on leur dise, ou que l'on s'en inquiète - même si nous ne nous en sommes pas inquiétés parce que nous savions qu'ils étaient sensibles à  cela - dès le début, ils ont bien dit qu'il ne fallait pas faire d'amalgame. Ils ont montré que s'ils voulaient bâtir une coalition antiterroriste, ce n'était pas les occidentaux contre les autres.

Q - Donc, on ne parle pas de la même façon.

R - Non, il y a une façon de s'exprimer que nous devons être capables de décoder, c'est la façon de parler en Amérique.

En réalité, nous avons trouvé à  Washington des responsables qui préparent sérieusement, calmement, méthodiquement, sans aucune fièvre malsaine, guerrière de manière injustifiée, une vraie réplique et une action efficace. C'est la tonalité que nous avons trouvée.

Q - Dans vos conversations, a-t-il été question, à  un moment, de l'Iraq comme cible imaginable, puisque la presse américaine avait fait état de l'hypothèse ?

R - Ce n'est apparu ni dans les propos du président Bush ni dans ceux du secrétaire d'Etat Powell.

Q - Avec Jacques Chirac, vous êtes allé à  New York et Washington, votre message était celui de la solidarité. Pour les Américains, la solidarité de la France ne passe-t-elle pas d'abord par un engagement militaire ?

R - Non, pas encore. On ne peut pas exclure que les Américains nous demandent telle ou telle forme d'appui. A ce moment-là , le président de la République et le Premier ministre, pour la France, décideront sous quelle forme la solidarité qui a été immédiatement proclamée lorsque nous avons invoqué l'article 5 du Traité de l'Alliance atlantique doit se concrétiser.

Les Américains sont très sensibles à  tout ce qui a été exprimé, ils ont vu la solidarité que le président a affirmée sur place, ils ont entendu le Premier ministre qui a dit que nous étions aux côtés des Etats-Unis, aux côtés, non pas derrière eux, nous sommes de vrais alliés. Et pour le moment, ils travaillent et réfléchissent à  la suite.

Nous ne sommes donc pas face à  une demande précise qui porterait sur un projet militaire.

Q - En revanche, la France a-t-elle formellement proposé, si besoin était, si les Etats-Unis considéraient que c'était utile, sa participation militaire ?

R - Rien n'est exclu, mais cela dépend du plan. Cela sera décidé, comme on peut le dire pour les autres pays européens, au moment opportun. Mais n'oubliez pas que c'est le premier plan simplement, car, se lancer dans une lutte non seulement pour punir le terrorisme mais pour l'extirper, c'est une vaste entreprise.

Q - Est-il exact que le président Bush a demandé une intensification de la coopération entre les services secrets français et américains ?

R - Concernant les services français et américains, elle était très bonne, très intense, et je crois que l'on peut dire que les services français ont été moins touchés que d'autres par l'évolution purement technologique qui a rendu certains services moins aptes à  analyser les informations multiples dont ils disposent. Ce qui est vrai, c'est que les Américains demandent à  tous les autres, mais qui en sont d'accord et qui l'ont d'ailleurs spontanément proposé et c'est souvent très engagé, de coopérer plus intensément sur le plan du renseignement, sur le plan policier, sur tous les plans.

Q - Rentrez-vous de Washington avec la conviction et des preuves que Ben Laden est bien le coupable?

R - Les Américains que nous avons rencontrés indiquent que tous les indices dont ils disposent remontent à  ces réseaux, à  cet ensemble. Même si c'est une nébuleuse, on revient toujours au même endroit. Ils n'ont pas fait état d'indices allant dans d'autres directions.

Q - Cela vous suffit-il ?

R - Je crois que ce serait très important pour l'opinion mondiale que les Etats-Unis indiquent, le moment venu, car ils sont encore en pleine enquête, quelles sont les preuves dont ils disposent mais aujourd'hui, il n'y a presque plus de doute nulle part, vous l'observerez.

Q - Vous-même croyez Ben Laden responsable ?

R - Je n'ai pas de preuve que je peux vous donner comme cela, ce que je sais, c'est que cela fait des années que Ben Laden où des réseaux qui s'en inspirent, ceux qui sont proches de lui, s'exprimaient comme s'ils se sentaient, eux-mêmes, en guerre avec l'Amérique. Tout converge en ce sens.

Q - S'il y a une opération contre Ben Laden, faut-il en même temps, abattre le régime des Talibans ?

R - Ce sont deux choses différentes, cela dépend si vous me demandez ce qui se prépare à  Washington ou si votre idée est de concentrer d'abord sur la destruction de ces réseaux. Pour le reste, je crois que nous avons le devoir de penser à  l'avenir du peuple afghan. Arracher ce peuple aux griffes du régime taliban, redonner aux Afghanes et aux Afghans un espoir, une espérance de vie digne. Oui, cela doit être un objectif de la communauté internationale. Sous quelle forme faut-il le faire ? Cela doit-il être lié à  ces opérations ? Cela doit-il être un projet ? La question reste entière.

Q - Et quand les oulémas afghans disent: "Monsieur Ben Laden, veuillez quitter le pays !". Dites-vous que cela suffit ?

R - Je crois que cela ne satisfera pas les Américains.

Q - Et la France, est-elle satisfaite ?

R - Il faut analyser un peu plus, mais je pense que c'est une manière de répondre à  côté quand même.

Q - Dans vos conversations, avez-vous eu le sentiment que les Etats-Unis étaient prêts à  mettre tout leur poids pour convaincre, à  la fois le Premier ministre Ariel Sharon et Yasser Arafat de reprendre le dialogue, de casser l'engrenage de la violence qui est l'une des sources du terrorisme ?

R - C'est autre chose, mais c'est un sujet très intéressant et très important. Deux jours après ce drame horrible, le secrétaire d'Etat Powell a dit que c'était une raison de plus pour faire la paix au Proche-Orient. Et je crois que même si les événements du 11 septembre et ce qui va suivre aura des répercussions considérables sur toutes les relations internationales, il y a toute une série de problèmes terribles qui existent dans ce monde qui ne sont pas résolus, ce sont des abcès, et ils existent autant qu'avant.

Q - Sur le Proche-Orient, vous pensez donc qu'il y a une inflexion américaine ?

R - Oui, et je m'en réjouis parce que je pense que nous ne sommes en rien dispensés de notre obligation de trouver des solutions à  ces problèmes, notamment à  celui-là . Je vois que la façon dont l'Amérique se réengage, pour des raisons tragiques, mais cela a abouti à  ce résultat, a des effets immédiats. Et si nous sommes enclin à  espérer, à  très court terme, la rencontre Peres-Arafat qui ne réglera pas tout mais qui est peut-être le début d'un nouveau processus, de désescalade, cette inflexion dans le ton américain y est certainement pour quelque chose. Se faisant, ils rejoignent l'effort des Européens.

Q - Lorsque le Premier ministre Sharon dit publiquement et à  plusieurs reprises: "Arafat, c'est notre Ben Laden à  nous". Vos interlocuteurs américains désapprouvent-ils formellement ou non ?

R - Personne n'accepte cette assimilation et même pas Shimon Peres qui semble démarqué. Les Américains ont dit qu'ils ne reprenaient pas cette assimilation à  leur compte.

Q - Vous venez d'évoquer peut-être une coopération plus intense entre les Américains et les Européens au Proche-Orient, est-ce le cas ?

R - J'ai seulement dit qu'à  partir du moment où les Etats-Unis veulent se réengager, disant qu'il faut vraiment tenter de faire la paix au Proche-Orient, les Etats-Unis qui étaient auparavant plutôt dans une phase attentiste se retrouvent sur la ligne qu'avaient les Européens depuis quelques mois, alors que les choses s'aggravaient sans arrêt, l'escalade des drames...

Les Européens se sont relayés pour entretenir une présence internationale et essayer de réenclencher ce que nous appelons les conclusions de la Commission Mitchell. Si nous agissons ensemble, Américains et Européens, nous avons plus de chance d'y parvenir.

Q - Agit-on ensemble ? Est-ce le cas ?

R - Je crois que cela va être le cas.

Q - Cela va être ?

R - Oui, je le pense, un nouveau moment commence. Il m'a semblé que, par exemple, pour obtenir la rencontre Peres-Arafat qui n'a pas eu lieu mais que j'espère imminente, nous nous sommes trouvés au coude à  coude.

Q - Vous êtes-vous appuyer mutuellement ?

R - Oui, je pense qu'on peut le dire.

Q - Et d'une façon plus générale, on a souvent critiqué l'arrogance ou l'impérialisme américain au sein de l'Alliance atlantique, l'Amérique qui voulait servir ses propres intérêts, se replier à  l'abri d'un bouclier spatial et laisser ses alliés se débrouiller, cela va-t-il changer ?

R - Ce n'est pas la même chose. D'abord, il faut se rappeler que nous parlons après un drame. La première chose qu'il faut dire, c'est qu'on a tout à  fait le droit de discuter de la politique américaine, c'est notre droit d'allié indépendant et libre. Mais, dans ce type d'épreuves, le peuple américain est fantastique et je crois qu'il "épatera" tout le monde quant à  son énergie, sa force de vie. C'est une première chose.

L'Amérique suscite des sentiments contradictoires, Oui, nous souhaitons une Amérique engagée dans le monde, nous pensons qu'elle ne peut pas croire qu'elle est une à®le.

Q - M. Bush serait-il revenu sur cette conviction ?

R - Oui, c'est vrai que cette administration a commencé avec une approche très unilatéraliste: décider seuls de ce qui leur plaisaient, se sortir d'une négociation ennuyeuse, un peu souverainistes au mauvais sens du terme voyez-vous...

Que font-ils maintenant ? Ils sont très sensibles à  l'expression d'amitié et de solidarité, ils se tournent vers les alliés, Colin Powell passe sa journée à  bâtir une coalition contre le terrorisme. Ils raisonnent en terme de partenariat.

Q - Là  aussi, est-ce le début de quelque chose d'un façon plus globale qu'au Proche-Orient ?

R - Oui, je le pense.

Q - Avez-vous l'intuition que, lorsqu'ils agiront sur le plan militaire, préféreront-ils le faire seuls ou avec deux ou trois alliés qu'ils auraient sollicités, ou encore, dans une grande coalition ?

R - Lorsqu'ils parlent de coalition, aujourd'hui, ils parlent de celle contre le terrorisme. C'est donc un travail à  moyen et à  long terme, recouvrant beaucoup d'aspects, punitifs mais préventifs. Ce sont les racines, donc les crises.

Q - Et sur un plan militaire ?

R - C'est moins évident, il me semble que ce pays, horriblement blessé en septembre mais terriblement humilié en même temps veut réagir par lui-même et il en a les moyens et plus de ressources que n'importe qui. Je n'exclue pas qu'ils demandent, même sur un plan militaire, à  tel ou tel autre pays ou partenaire, bien situé ou qui a des capacités, de participer.

Q - Nous, le cas échéant ?

R - Nous, le cas échéant naturellement. Mais, ce n'est pas vrai encore, et si cette demande se met en place, le président de la République et le Premier ministre décideront et rien n'est exclu.

Q - Dans la lutte contre le terrorisme, il y a une autre dimension qui est celle de l'argent.

R - Bien entendu.

Q - Très longtemps, les Etats-Unis comme d'autres d'ailleurs ont refusé le contrôle des sites off shore, de ces banques un peu disséminées et dont on ne connaà®t bien le mode de fonctionnement, ce qui provoquait le recyclage de l'argent sale, auraient-ils changé d'avis ?

R - Je pense qu'ils changeront d'avis et cet événement aura des répercutions en profondeur sur beaucoup d'aspects de leur politique, comme sur une partie des régions du monde. Déjà , pour commencer à  lutter contre le blanchiment d'argent, indépendamment du terrorisme, nous avons eu beaucoup de mal et la France est largement à  l'origine de beaucoup de propositions comme la création du GAFI.

Q - Maintenant, vous pensez qu'ils vont bouger.

R - Oui, je le pense. Il y a un peu plus d'un an, j'avais présenté à  l'Assemblée générale des Nations unies une convention pour réprimer le financement du terrorisme, les instruments juridiques manquaient, et d'ailleurs, elle n'est pas ratifiée par suffisamment de pays, il faut accélérer cela.

On voit tout de suite que les Américains regardent ce type d'efforts avec un Âœil différent, ensuite, il faut voir dans quel organisme on agit. Nous pensons que l'ONU est le bon lieu pour que soit défini l'ensemble de la lutte contre le terroriste.

Q - Il y a justement un Conseil européen exceptionnel, demain, à  Bruxelles, avez-vous l'impression qu'en dehors des déclarations de principes de bons sentiments, concernant la lutte contre le terrorisme, il peut en sortir des décisions concrètes, nouvelles, comme par exemple la Grande Bretagne qui s'associerait plus volontiers qu'avant à  tout ce qui touche aux formes de financement et d'argent sale ?

R - Oui, je le crois. Mais, c'est important l'expression de solidarité, ce n'est pas seulement sentimental ou de posture. Invoquer l'article 5 du Traité de l'Alliance atlantique de 1949, solidarité: si un allié est touché, c'est une attaque contre tous les alliés. En même temps, l'article 5 dit que chacun détermine la façon dont il prend ses décisions.

Q - Mais, les décisions concrètes aussi sont importantes.

R- Oui, mais c'est la première fois depuis 1949 que l'on invoque l'article 5. C'est aussi peut-être la première fois qu'il y a une véritable attaque contre le territoire de l'un des alliés, mais c'est tout de même important.

Pour le reste, je pense qu'un certain nombre de verrous vont sauter, nous parlons coopérations fiscale, judiciaire et policière, mais cela se heurte à  toute sorte de dispositions propres à  chaque pays, dispositions respectables d'ailleurs qui sont des habitudes juridiques, des lois qui ne sont pas faites de la même façon. Les administrations qui ne sont pas habituées à  travailler ensemble, cela va balayer beaucoup de résistances, d'inerties, de comportements de ce type.

Nous irons vers des choses comme la discussion qui a lieu aujourd'hui entre les ministres de l'Intérieur et de la Justice pour qu'il y ait un mandat d'arrêt européen et pour que l'on sorte de ces interminables procédures d'extradition. Nous sommes toujours dans l'Etat de droit, nous y resterons.

Mais nous pouvons nous situer dans un Etat de droit impeccable, avec des démocraties exemplaires et devenir plus efficace. Je pense que le processus va s'accélérer.

Q - En un mot, avez-vous obtenu des informations particulières concernant les risques en matière de terrorisme encourus par les Européens et par la France évidemment ?

R - On voit que, depuis des années, les Etats-Unis étaient la cible principale, pas exclusive mais majeure de l'ensemble de ces réseaux, mais on sait aussi qu'il y a énormément de membres de ces réseaux dormants qui sont en Europe, pour différentes raisons et on ne peut pas exclure, même s'il n'y a pas de menace connue, qu'il y ait un risque. C'est d'ailleurs pour cela que, presque instantanément, le gouvernement français a pris des dispositions pour mettre en place le plan "Vigipirate renforcé". Vous avez vu le travail des ministres de l'Intérieur, de la Défense et des autres ministères concernés.

C'est le rôle des responsables. Cela ne veut pas dire qu'il y ait une menace immédiate, identifiée mais il faut qu'il y aient ces mesures de précaution. D'ailleurs, l'une des raisons du Conseil européen extraordinaire de demain, c'est de s'assurer que nous avons pris des dispositions homogènes, que nous faisons la même analyse, que nous allons dans le même sens pour les coopérations./.

 

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