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Construire l’industrie et l’armement terrestre de demain

Construire l’industrie et l’armement terrestre de demain

Discours du ministre français de la Défense, Michèle Alliot-Marie, lors de l'inauguration d'Eurosatory. Paris, le 14 juin 2004. Source: DICoD.

C’est pour moi un honneur et un plaisir d’inaugurer, cette année encore, ce salon de référence qu’est Eurosatory.

Il y a deux ans, j’abordais pour la première fois devant vous les sujets de l’armement terrestre et de l’industrie de défense. La situation était alors très dégradée. Après des années de crise sévère, le déclin est désormais enrayé.

L’intérêt pour Eurosatory de très nombreux ministres de la défense d’Europe et d’ailleurs, témoigne de ce que nous pouvons aborder l’avenir avec confiance et dans un esprit de coopération.

Je leur souhaite à toutes et tous la bienvenue, ainsi qu’aux nombreuses délégations étrangères.

Les nouvelles dynamiques et perspectives sont en partie le résultat de l’effort financier de la Nation au travers de la loi de programmation militaire 2003-2008.

Mon ambition pour la France, c’est une industrie performante et compétitive. Cette industrie doit être apte à nouer des partenariats européens solides. C’est ainsi qu’émergera une véritable industrie européenne de l’armement. C’est une condition de notre autonomie stratégique. C’est une condition de notre poids politique sur la scène internationale.

Depuis deux ans, les progrès sont indéniables. Forts de ces premiers acquis, il nous faut maintenant nous tourner résolument vers l’avenir. Il nous revient de construire l’industrie et l’armement terrestre de demain.

  • 1. Depuis deux ans, le redressement de la Défense est engagé, notamment dans le domaine de l’armement terrestre.

Il s’appuie sur les efforts financiers de la Nation, inscrits dans la loi de programmation militaire. Il s’appuie sur les restructurations menées depuis deux ans.

  • 1.1 La disponibilité des matériels s’est accrue.

La forte crise de la maintenance qui s’est révélée en 1999-2000 est désormais derrière nous. Les efforts budgétaires importants décidés par le Président de la République et consentis par la Nation se concrétisent aujourd’hui, même si le redressement ne peut être que progressif. Ils ont permis de maintenir la disponibilité technique opérationnelle à 90% en opérations extérieures et surtout d’amorcer un redressement notable de cette disponibilité en métropole. C’est notre mobilisation collective qui a permis ce redressement. Nous devons poursuivre l’effort ensemble.

C’est avec le même souci d’efficacité et de compétitivité que j’ai abordé les dossiers des entreprises dépendant directement du ministère, comme GIAT Industries, mais également DCN, la SNPE ou SNECMA.

  • 1.2 Pour la première fois, GIAT Industries peut raisonnablement regarder l’avenir avec des perspectives crédibles de redressement.

A l’été 2002, la situation de GIAT Industries appelait des décisions difficiles mais indispensables. Le Gouvernement a affiché alors son ambition de maintenir une industrie nationale d’armement terrestre. C’était également un choix pour l’Europe. Il a donc été décidé de mener une restructuration dès avril 2003, et ce en rupture avec le passé. Ce plan, assis sur un contrat d’entreprise, signé dès mars 2004 par l’État, s’engage sur la durée de la loi de programmation et au-delà. GIAT Industries peut désormais s’appuyer sur un socle crédible de commandes et de financements de recherche pour assurer sa transformation. Ses salariés se voient proposer un futur bien plus engageant. En donnant la priorité au reclassement et à la reconversion des bassins, ainsi qu’au dialogue social au sein de l’entreprise, le gouvernement a également fait le choix de la responsabilisation des acteurs. GIAT Industries a rompu avec son passé et se tourne aujourd’hui vers l’avenir. Dès que possible, elle devra engager des partenariats en France et en Europe.

  • 1.3 De nouveaux modes de financement accélèreront la modernisation de nos forces.

Les financements innovants permettent d’accélérer la modernisation de nos équipements, en associant les industriels au financement et à la prise de risque. Comme vous le savez, j’ai souhaité intégrer ces nouveaux outils dès la préparation de la LPM. J’ai fixé une première liste de projets, dorénavant bien engagés :

  • Les moyens de formation initiale des pilotes d’hélicoptère,

  • La gestion et la maintenance des véhicules de la gamme commerciale,

  • L’externalisation de la gestion de l’immobilier de la gendarmerie.

J’ai demandé la mise à l’étude d’une nouvelle série de dossiers, notamment en ce qui concerne l’armement terrestre. Le Porteur polyvalent terrestre (PPT) pourrait ainsi être acquis en partenariat public-privé, ou le fonctionnement du Centre d’entraînement au combat en zone urbaine (CENZUB) pourrait être externalisé.

  • 2. Il nous revient désormais de construire l’industrie et l’armement terrestre de demain. Pour ce faire plusieurs initiatives sont en cours.

  • 2.1 J’ai décidé de confirmer plusieurs programmes structurants de l’Armée de Terre.

Vous pourrez voir ici à Eurosatory le premier prototype du VBCI. C’est le signe visible que le programme a bien été remis en ordre et qu’il est désormais calé. Je peux également vous confirmer la commande de 72 canons CAESAR pour l’Armée de Terre. La négociation avec l’entreprise est achevée, ce qui permettra la finalisation du contrat à l’automne 2004. Le contrat FELIN a également été signé. Ce programme à la pointe de la technologie équipera nos premiers fantassins à l’horizon 2006. La France sera un des premiers pays à disposer de ce type d’équipement pour son armée de terre.

  • 2.2 Pour permettre à nos armées et notre industrie de se préparer à la « guerre en réseaux », j’ai décidé le lancement de nouveaux démonstrateurs.

Cela concerne un démonstrateur dans le domaine de la « Bulle Opérationnelle Aéroterrestre ».

Ce démonstrateur dit « BOA » permettra d’acquérir des capacités technologiques essentielles pour les forces terrestres futures. Ce programme sera fédérateur puisqu’il associera aux industriels du secteur terrestre comme GIAT Industries des électroniciens tels que SAGEM, Thalès et EADS. Ce sera naturellement, comme l’est déjà l’UCAV, dont la maîtrise d’œuvre est assurée par Dassault Aviation, un projet ouvert à la coopération européenne.

Dans le domaine des drones, j’ai décidé de lancer un projet de démonstrateur EuroMale, ouvert à une large coopération européenne. Cette initiative doit nous permettre de couvrir un besoin opérationnel stratégique. Elle pourra également structurer, à terme, une offre industrielle européenne autonome autour d’EADS, maître d’œuvre. Celui-ci contribue sur fonds propres à ce projet et associe Thales et Dassault au développement. EADS et Dassault ont signé à cette occasion un accord fondateur sur les drones, MALE et UCAV, qui préfigure le futur de l’industrie européenne des avions militaires, de reconnaissance et de combat. Ces projets complètent les programmes de drones tactiques, pour lesquels SAGEM occupe déjà une place de premier plan en Europe. Des coopérations européennes sont déjà engagées avec des partenaires potentiels.

  • 2.3 Il nous revient de construire une industrie européenne de l’armement terrestre.

Sous peine de disparition de notre industrie, la consolidation de l’armement terrestre en Europe est inéluctable et indispensable. Elle doit s’engager sans plus tarder. Pour se structurer et entraîner ses partenaires européens, l’industrie française peut aujourd’hui faire valoir les nombreux projets d’avenir que soutient le ministère de la Défense. Sa crédibilité retrouvée, GIAT Industries est en mesure d’engager les discussions nécessaires au développement de futurs partenariats français et européens.

Il n’y aura cependant pas d’industrie européenne performante sans une meilleure coordination des acteurs nationaux, dans la durée. Le rôle de l’Agence européenne de défense est d’agir concrètement sur ces sujets. Elle doit être au service d’un marché européen de l’armement, et donc de l’équipement de nos forces. C’est le modèle d’agence que j’ai défendu auprès de mes homologues, et elle devrait officiellement voir le jour lors du Conseil européen du 17 juin.

Parce que la Défense est l’assurance-sécurité des Français, mais aussi une source majeure d’emplois et de progrès industriel et technologique, nous l’avons « remise dans le bon sens » depuis deux ans. Les programmes à venir dans le domaine de l’armement terrestre doivent nous permettre d’acquérir des équipements adaptés à la gestion des crises dans le contexte stratégique d’aujourd’hui et de demain. La France, tout comme ses partenaires, se doit d’avoir des capacités opérationnelles à la hauteur de ses responsabilités mondiales, et à la hauteur des enjeux de l’Europe de la défense. L’avenir de l’Europe de la défense passe, vous le savez, par la coopération en matière d’armement. Elle est une opportunité sans précédent pour les industriels. Elle est une nécessité pour consolider notre base industrielle et technologique. Avant de commencer cette visite inaugurale, je terminerai en souhaitant un grand succès à cette nouvelle édition du salon Eurosatory.


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