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Neuron : Le démonstrateur d'UCAV européen

Neuron : Le démonstrateur d'UCAV européen

Le projet Neuron : premier démonstrateur technologique d'avion de combat sans pilote européen, est un projet structurant pour l'industrie européenne de défense. Source: Dassault Aviation, le 14 juin 2004.

Au début de ce 21ème siècle, l'industrie européenne des avions de combat doit faire face à trois grands défis :

  • le développement de ses compétences stratégiques ;
  • le maintien de ses pôles d'excellence. L'industrie européenne a en effet développé des pôles d'excellence technologique dans plusieurs domaines.
  • le maintien du plan de charge de ces ateliers de production et de ces bureaux d'études.
Le meilleur moyen de faire face à ses défis serait de lancer un nouveau programme d'avions de combat, basée sur un développement totalement européen. Malheureusement, si l'on se penche sur le calendrier du remplacement des avions de combat de la génération actuelle en Europe, on s'aperçoit rapidement qu’il n'y aura aucun besoin dans ce domaine avant l'horizon 2030.

Face à cette situation, il est clair que l'industrie européenne court le risque de perdre ses compétences et ses capacités. C'est pourquoi le gouvernement français a décidé de réagir en lançant un projet de démonstrateur technologique européen.

 Neuron : premier démonstrateur technologique d'avion de combat sans pilote européenr: Photo Dassault-Aviation.

Le démonstrateur d'UCAV Neuron

Avec le démonstrateur Neuron, le but de l'initiative française est de donner aux bureaux d'études européen un projet qui leur permettra de développer et de maintenir leurs compétences stratégiques dans les années à venir. La différence avec les autres études déjà lancées au sein de l'Union Européenne est que ce projet ne se limitera pas au niveau de la planche à dessin, mais qu'il trouvera un aboutissement au niveau de la production de démonstrateur technologique.

L’initiative française constitue également un moyen de mettre en œuvre un processus innovateur en termes de gestion et d'organisation de programme de coopération internationale. Pour être efficace, la gestion d'un programme de coopération doit se faire à travers un point unique de décision et un point unique d'exécution.

C'est pour cette raison que le programme de démonstrateur technologique Neuron a été organisé de la manière suivante :

  • une agence d'exécution unique, la DGA française, attribuera un contrat principal au maître d'œuvre et gérera le projet ;

  • un maître d'œuvre unique, Dassault Aviation, sera responsable de l'exécution du contrat principal.

Les autorités françaises ont clairement indiqué que le projet de démonstrateur technologique Neuron sera un programme européen, complètement ouvert à la coopération. En tant que tel, la moitié de la charge de travail, en termes de valeur, sera confiée à des entreprises non françaises.

En termes de gestion, cette organisation est la garantie d'une efficacité optimale, dans le cadre d'un partenariat et d'une coopération pragmatiques entre les différents acteurs.

Pour arriver à cet objectif, il appartient à Dassault Aviation, en tant que maître d'œuvre, de créer une équipe de coopérants européens. La DGA française, en tant qu'agence exécutive, dirige les négociations avec les représentants des différents gouvernements européens afin de finaliser les termes et conditions de leur participation à ce projet. Cette organisation novatrice devrait permettre de se conformer de manière stricte aux besoins du projet, en termes de performances, de budget et de planning.

Neuron est un démonstrateur technologique: ceci signifie qu'il ne répond à aucun besoin opérationnel militaire mais qu'il permettra l'application, l'intégration et la validation de technologies déjà existantes ou restant à développer pour des vecteurs aériens sans pilote.

Son objectif n'est pas d'effectuer des missions militaires, mais de démontrer la maturité et l'efficacité de solutions techniques. Bien entendu, ce démonstrateur technologique mettra en application toutes les techniques de commandement, contrôle, communications, et information (C4i) permettant à un système aérien de combat de s'insérer dans la bulle aéroterrestre de demain.

Le projet Neuron n'a pas pour objectif de développer de nouveaux capteurs ni de nouvelles armes. Il devra valider certaines technologies en faisant appel à un système d'avionique modulaire fiable, basé sur des calculateurs modulaires embarqués -faisant eux mêmes appel à des COTS- ainsi que sur des logiciels de haut niveau.

Le programme Neuron a été lancé par le ministre français de la défense au cours du dernier salon de l'aéronautique du Bourget. Ces objectifs sont la maîtrise des technologies d'UCAV en Europe, le maintien de niveau minimum de technologies et de compétences européennes, ainsi que la préparation d'un futur programme d'avions de combat européen.

Le projet Neuron prévoit l'attribution du contrat principal dans la seconde moitié de l'année 2004 et le premier vol du démonstrateur technologique en 2009.

Les objectifs de démonstration sont :

  • l'exécution d'une mission air-sol, insérée dans un réseau C4I ;

  • la réalisation d'une plate-forme furtive, tant dans le domaine de la signature radar que dans celui de la signature infrarouge ;

  • le tir d'armements air-sol à partir d'une soute interne avec des délais très courts.

Il est clair qu'à travers ces missions, l'objectif est de démontrer la validité de technologies de commandement et de contrôle d'un véhicule sans pilote d'une taille équivalente à celui d'un avion de combat, avec tous les modes de secours nécessaires assurant la sécurité requise. Ce système aérien devra être capable d'échanger des informations avec l'ensemble de la bulle aéroterrestre.

Neuron sera une plate-forme furtive : dans ce domaine aussi, la maturité de certaines technologies devra être démontrée.

Une autre technologie importante qui devra faire l'objet d'une démonstration sera la capacité de charger et de tirer des armes à partir d'une soute interne. Aujourd'hui, tous les avions européens font appel à des capacités d'emport externe pour les bombes et les missiles. Ultérieurement, il sera également envisagé d'étudier l'emport d'autres équipements, tels que les capteurs de reconnaissance, à l'intérieur de cette soute interne.

Les scénarios qui sont validés par le démonstrateur sont les suivants :

  • mission subsonique air-sol. La distance franchissable au cours de cette mission n'est pas considérée comme un paramètre critique.

  • insertion dans l'espace aérien d'un polygone d'essais. L'objectif n'est pas de démontrer l'insertion complète du démonstrateur technologique dans le trafic aérien, car ce sujet fait l'objet d'études de la part d'autres groupes de travail européens.

  • tir d'un armement air-sol à partir d'une soute interne, après désignation externe de l'objectif.

Les état principal du calendrier sont :

  • actuellement :

  • signature des différents accords entre les gouvernements, en ce qui concerne les termes et conditions de la participation au projet ;

  • discussions et signatures des Memoranda of Understanding concernant la répartition des travaux entre les différents constructeurs européens ;

  • à partir de l'attribution du contrat principal jusqu'en 2009, les partenaires concevront, construiront et essayeront le démonstrateur technologique;

  • à partir de 2009, le démonstrateur sera livré pour expérimentation à l'agence exécutive.

Actuellement, dans une phase de création des partenariats entre constructeurs européens, la stratégie de coopération adoptée par Dassault Aviation est d'offrir 50 % de la valeur des travaux à des constructeurs européens, c'est-à-dire non français. Pour réaliser cet objectif, Dassault Aviation, en tant que maître d'œuvre du projet, procède à une sélection des partenaires basée sur :

  • l'excellence et les compétences. L'objectif de ce projet n'est pas de créer de nouvelles capacités partout en Europe mais de tirer le plus grand bénéfice possible des niches technologiques existantes déjà aujourd'hui ;

  •  la compétitivité. Ce projet à l'ambition de trouver de nouveaux moyens pour réduire les coûts. Chaque partenaire, en plus de son excellence technologique, est invité à contribuer au projet avec le meilleur rapport coût - efficacité ;

  • l'engagement budgétaire du gouvernement. Une des conditions fixées par la DGA française est que tout pays ayant l'ambition de participer au programme Neuron devrait être disposé à contribuer à son financement. Pour plus de souplesse et d'efficacité, il n'est pas prévu d'appliquer le principe du retour géographique sur investissement. Ce point fait l'objet d'une négociation au niveau gouvernemental.

En conclusion, pour l'industrie européenne, le programme Neuron est une grande chance permettant de développer :

  • ses capacités dans le domaine des systèmes aériens sans pilote ;

  • ses compétences pour la prochaine génération d'avions de combat européen ;

  • son expérience en matière de gestion optimisée de programme de coopération internationale.

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