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Persistance et déclin du communisme dans les nouveaux Bundesländer

Persistance et déclin du communisme dans les nouveaux Bundesländer (1/2)

A l´occasion des élections européennes, le PDS, parti post-communiste issu du SED a enregistré une série de succès électoraux inattendus. Patrick Moreau (*) analyse ici les causes et décrit l´état du parti, son organisation, sa sociologie et ses stratégies politiques. Paris le 22 juillet 2004 (©). Dans une première partie, l'auteur présente le PDS après les élections au Parlement européen ; dans une deuxième partie il détaille les résultats des dernières  élections communales allemandes.

Patrick Moreau - Photo © European-Security.

Patrick Moreau - Photo © European-Security

Notre objet de réflexion est le Parti du Socialisme Démocratique (Partei des Demokratischen Sozialismus – PDS). Cette formation, bien qu´active politiquement dans l´ensemble de la RFA, est avant tout présente dans les nouveaux Bundesländer de l´Est, qui constituent un exemple unique de société post-communiste en transition.[1]

Dans ce cadre, le PDS connaît depuis 1990 des phases de montée en puissance électorale, mais aussi des phases de déclin. Au lendemain des élections au Bundestag de 2002 par exemple, le PDS entrait dans une longue crise identitaire, aggravée par des conflits idéologiques, organisationnels et financiers. A peu près ignoré des médias, sans figure de proue médiatique, le PDS semblait cliniquement mort et condamné à des combats d´arrière garde dans les seuls Bundesländer de l´Est de l´Allemagne. Les élections de 2004 voyaient toutefois le PDS revenir en politique. La question de la durabilité du phénomène (le franchissement en 2006 de la barre de 5 % lors des prochaines élections au Bundestag) et ses causes doivent être examinés à différents niveaux et dans une approche chronologique.

  • 1. Le choix PDS

Il faut tout d´abord mesurer en terme de puissance électorale ce que représente ce parti depuis 1990, ceci tant au niveau national, régional que communal.

En RFA, le système des partis se différencie depuis 1994 nettement entre l’Est et l’Ouest. A l´Ouest. Nous avons à faire avec un système quadripartite (CDU, SPD, FDP et Grüne), à l´Est, ceci jusqu´en 2004, avec un système tripartite (CDU, SPD, PDS). Actuellement, et sans que cette tendance soit encore définitivement confirmée, libéraux et verts semblent gagner du terrain électoral dans les nouveaux Bundesländer. A l´occasion de l’élection au Bundestag en septembre 1998 et en situation de continuité avec les nombreuses consultations électorales régionales des années 1993-1998, le PDS connaît un triomphe historique.[2] Il franchit non seulement la barre des 5 % (il obtient une représentation parlementaire de 36 députés au Bundestag), mais devient aussi en Mecklembourg-Poméranie au terme de l´élection régionale le partenaire de coalition du nouveau gouvernement SPD. Dans l’ensemble du pays, le PDS a certes franchi la barre des cinq pour cent, mais il est resté un parti régional - une sorte d’héritage de la R.D.A. (nouveaux Bundesländer avec Berlin-Est 21,6 %; autres Länder avec Berlin-Ouest 1,8%).

Énumérer tous les scores du PDS au niveau régional serait trop long: à titre d´exemple Thuringe 1999: 21,4 %; Saxe-Anhalt 2002: 20,4 %; Saxe 1999: 22,2 %; Mecklembourg-Poméranie 2002: 16,4 %; Brandebourg 1999: 23,3 %; Berlin 2001: 22,6 %. Ce dernier résultat est particulièrement intéressant, si l´on observe que dans la partie Est de la ville, le PDS obtient 33,7 % des suffrages et devient le premier parti sur la place. Dans certains bureaux de votes, dont la sociologie nous apprend que les votants ont été collaborateurs des organes du SED (par exemple le Ministère pour la Sécurité de l´Etat), le PDS obtient 98 % des suffrages. Enfin au niveau communal, le PDS a en 2002 environ 6.500 élus, dont 179 maires (avec tout de même 104 mandats dans les vieux Bundesländer)

Pour comprendre succès passés et actuels, mais aussi les difficultés que connaît le parti à divers niveaux, il convient de rappeler quelques étapes de l'histoire du PDS, puis de s’interroger sur sa nature.

  • 2. Repères historiques

Par sa fuite dans un "monde imaginaire", dont la cohérence était assurée par un appareil répressif omniprésent, la direction du SED, et ceci surtout depuis 1985, avait perdu contact avec les réalités dans le pays. L'autoritarisme, le centralisme comme la lourdeur bureaucratique des structures du système est-allemand comme du SED lui-même se révélèrent être des facteurs de déstabilisation globaux et rendirent impossible la maîtrise des défis économiques, sociaux, culturels et écologiques, puis de la crise généralisée qui s'installa à tous les niveaux de la société et de l'économie.

Un accélérateur de la crise du système dans son ensemble comme du SED en tant que parti dominant, fut l'opposition de sa direction à la politique dite de "transparence" de Michael Gorbatchev. La fuite de citoyens de RDA vers la Hongrie et la vague de manifestations qui débutèrent à l'été 1989, dont l'ampleur ne fit que croître de semaine en semaine, exprimaient la détresse d'une société sans perspectives tangibles d'avenir. L'aveuglement dogmatique d'Erich Honecker finissait par dresser contre lui la plupart de ses fidèles du Bureau politique, qui avaient compris l'urgence d'une action pour sauver le système. Le successeur d'Honecker - son dauphin Egon Krenz - un homme du sérail ayant la réputation d'être un conservateur des plus orthodoxes ne pouvait convaincre ni la population, ni la base du SED de l'authenticité de la volonté de changement de cap politique et intellectuel proclamé par la "nouvelle" direction du parti.

Des fautes tactiques d'Egon Krenz renforçait la position de son concurrent Hans Modrow, qui jouissait de l'appui actif (à travers Markus Wolf, l´éminence grise de l´espionnage est-allemand) de la confiance de Moscou. Modrow rassemblait autour de lui une aile oppositionnelle, qui constituera le futur personnel dirigeant du SED-PDS, puis du PDS. Après la chute du mur de Berlin, Modrow prenait la direction du gouvernement. Il entreprenait immédiatement, en s'appuyant sur sa légitimité institutionnelle, de stabiliser organisationnellement le SED et de rétablir la crédibilité du parti dans le pays.

Le SED-PDS, qui prit en février 1990 le nom de Parti du Socialisme Démocratique, avait un double objectif: réformer le socialisme et sauver l'Etat SED. Pour convaincre le peuple de RDA de la véracité de ses intentions, la nouvelle direction du SED-PDS appelait le parti à une critique constructive des pratiques organisationnelles et des fondements théoriques de l'héritage stalinien au sein du SED. Cette démarche théorique servait, en réalité, à dissimuler une toute autre stratégie. L'intérêt politique primaire du SED-PDS était de conserver le pouvoir politique aussi longtemps que possible. Les réformes toujours évoquées par le SED-PDS, mais rarement réalisées par le gouvernement Modrow, n'étaient pas pensées comme des étapes vers la mise en place d'une véritable démocratie, mais comme un moyen de stabiliser les anciennes structures. Le choix d'un nouveau nom pour le parti, la criminalisation de l'ancienne direction ainsi que la reconnaissance publique par le SED-PDS de sa responsabilité historique dans l'échec de la construction du Socialisme n'étaient pas les premiers moments d'une rénovation en profondeur du parti, mais un signe de son adaptation contrainte et forcée à un environnement politique et social collectif de plus en plus hostile.

La tentative d'Hans Modrow, appuyée par la majorité de la nouvelle direction du SED-PDS, de sauver la police politique ("Stasi") en la transformant en une structure chargée de la "protection" de l'Etat et de sa constitution achevait de ruiner la crédibilité déjà mince des "efforts" de rénovation du SED-PDS. Dans la population comme à la base du parti se multiplièrent alors les appels à l'autodissolution du SED-PDS. La démission spectaculaire de Wolfgang Berghofer (maire de Dresde et autre figure centrale de l’aile rénovatrice SED) de la direction du parti, la disparition des "plates-formes" favorables à sa réforme en profondeur, la démission de plusieurs centaines de milliers d'adhérents, l'effondrement ou la paralysie de la plupart des "Organisations de Cercles" ou "d'Entreprises" ainsi que d"'Organisations de Districts" entières, sembla condamner le SED­-PDS à une disparition inéluctable dans les premières semaines de 1990.

Un changement de cap d'Hans Modrow - la dissolution du "Service pour la Sécurité Nationale" (Amt für Nationale Sicherheit), héritier de la Stasi, la formation d'un gouvernement de coalition ouvert aux forces démocratiques - ainsi que la montée d'une évidente inquiétude collective devant les risques et les coûts prévisibles d'une probable réunification permirent à Modrow de gagner en popularité. Le PDS en février 1990 parvenait à stopper son déclin.

En mars 1990, le PDS stabilisait son organisation et obtenait un bon résultat électoral (16,3 % des voix). Après cette consultation, le parti entrait dans l'opposition. Il concentrait alors sa propagande politique autour du thème de la résistance à "la colonisation" et à l´Anschluss de la RDA par la RFA et de la nécessaire préservation dans le futur Etat allemand réunifié d'un héritage institutionnel et culturel d'origine est-allemande. A partir du printemps 1990, le PDS entreprenait de préparer avec les ex-rénovateurs du parti communiste ouest-allemand (DKP) son extension à l'Ouest et s'engageait dans une sorte de campagne électorale permanente, qui permettait de masquer aux yeux des militants les déficits idéologiques et le déclin organisationnel du Parti.

  • 3. Repères organisationnels

La première dimension à considérer est la modernisation de l'organisation et, à travers elle, de la stratégie politique du PDS intervenue à partir de 1991. Cette formation, en particulier sa direction et son appareil de permanents, pense et agit comme un parti communiste modernisé, d’un type très proche de ceux que nous connaissons en Europe de l’Ouest. Il a, pour assurer sa survie, appris et imité des théories, des techniques d’adaptation ou de camouflage des partis communistes italiens et surtout français. Les conceptions programmatiques et partisanes des fondateurs et leaders du PDS (Hans Modrow, Gregor Gysi, André Brie) prouvent que ces derniers ont compris dès 1990, que la reconstruction d'un parti "classique" de cadres marxistes-léninistes dans une Allemagne réunifiée n'avait aucun avenir. Il était, en conséquence, impératif de moderniser les méthodes et de se camoufler en "parti socialiste basiste". Le prix que le PDS dut payer pour assurer sa survie fut un pragmatisme idéologique renforcé, une série de réformes structurelles, une réduction de l'appareil.

A partir de décembre 1989 et jusqu'en fin 1991, le PDS a procédé à une réduction drastique de son appareil, de 14.000 permanents en février 1990 à quelques 250 aujourd’hui au niveau central, une mise à l’écart des cadres trop compromis avec l'ancien Régime et l’exclusion de toutes les positions idéologiques et les personnalités rappelant trop ouvertement l'époque du régime SED. Le centralisme démocratique de conception léniniste fut remplacé par la "dictature" souple d'une direction du parti élargie. L'acceptation de ce centre de pouvoir était jusqu´en 2002 assuré par la popularité dans le PDS d'Hans Modrow (pour les membres du PDS les plus conservateurs) et de Gregor Gysi (la figure centrale de la ligne réformatrice), les seules figures d'intégration que possède le parti.

Autour de la Troïka Gregor Gysi, Hans Modrow, André Brie (I'éminence grise du PDS) se constitua une nouvelle élite PDS, composée pour l'essentiel de militants jeunes et activistes qui prit le contrôle des structures spécialisées rénovées: Les "Communautés de travail auprès de la direction du parti" (Arbeitsgemeinschaften beim Parteivorstand - AG). D'après une motion de la direction du parti du 16 février 1991, les activités politiques du PDS, et en particulier des AG, devaient se concentrer sur les conflits existants ou potentiels de la société allemande, ceci en vue d'organiser une "résistance" parlementaire et extraparlementaire. Les principales perspectives stratégiques de ces AG étaient l'implantation du PDS à l'Ouest, le renforcement du parti à l'Est, le dialogue avec les forces de gauche en Allemagne, enfin et surtout l'action anticapitaliste. L’énumération de quelques unes de ces AG révèlent la volonté de modernisation du PDS et les axes d’interventions politiques: AG "Politique pacifiste et internationale"; AG "Politique de l'environnement, de l'énergie et du transport"; AG "Politique antiraciste, de l'immigration et des réfugiés"; AG Médias; AG "Femmes/LISA"; AG "Politique en faveur des handicapées"; AG "Politique pour les homosexuels et lesbiennes; AG "Jeunes camarades dans et en marge du PDS", "AG Cuba Sì"... A coté de ces dernières, on trouvait les structures politiques habituelles à tous les partis communistes: politique d’alliance, antifascisme, syndicat, action communale et travail parlementaire. En 2004, la plupart de ces "Communautés" continuent d’exister parfois sous des appellations différentes. Si on tire un bilan de leur action, on voit qu´elles ont enraciné le parti dans la population des nouveaux Länder, mais aussi dans les syndicats, les églises protestantes et les courants pacifistes et progressistes. Néanmoins, le déclin démographique du parti fait qu´aujourd´hui leur rôle s´est réduit.

  • 4. Repères idéologiques et programmatiques

Ces réformes organisationnelles s'accompagnaient d'une réflexion sur la place à laisser à un programme dans la vie du parti. Le monolithisme idéologique du passé était remplacé dans le programme de 1993 (qui restera près de 10 ans inchangé) par des thèses et positions souvent contradictoires portant sur l'environnement, la question féminine, l'économie de marché et ses principes de régulation, l'importance des nouveaux mouvements sociaux ... Ce programme conçu comme une arme critique du système politique ouest-allemand ne jouait à peu près aucun rôle dans la montée en puissance du parti jusqu´en 2002.

Ceci n´impliquait pas que le PDS agissait hors de tout cadre stratégico-politique. Un axe théorique jouait (jusqu´en 2002) un rôle central : la place laissée aux intellectuels dans le processus de subversion de la "société civile" inspiré du modèle formulé par Antonio Gramsci.

Lorsque le PDS se décida en mai 1990 à entrer, en tant que parti marxiste et d’opposition socialiste, en concurrence avec le SPD et les écologistes au sein du système politique de la future Allemagne réunifiée, il dut se poser la question stratégique par excellence de la "Révolution" et du "Réformisme". C'est à ce moment que nous rencontrons la référence gramscienne: « Nous nous inspirons de l'histoire de la pensée humaniste, en particulier des conceptions dialectiques et matérialistes de Karl Marx et Friedrich Engels, Wilhelm Liebknecht et August Bebel, Eduard Bernstein et Karl Kautsky, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, W.I. Lenin et Antonio Gramsci, ainsi que de leurs très divers héritages. Le parti accepte de manière critique toute ces idées.»

La place spécifique laissée à Gramsci et l'influence croissante de ses thèses sur le PDS étaient le résultat d'un processus de réflexion en 1990 et 1991 sur la nature du Marxisme. Depuis mars 1990, le PDS se savait obligé de devenir un parti présent dans l'ensemble du pays. Une stratégie d'adaptation étant nécessaire à la survie du PDS, Gramsci offrait une méthodologie et une vision eschatologique. On distingue trois moments : le premier caractérisé par la publication du Prof. Dr. Harald Neubert, "Au sujet du Socialisme et de la Démocratie - Antonio Gramsci" est une réduction du Gramschisme à une méthodologie d'analyse des fautes du marxisme-léninisme variante stalinienne. Le second qui commence à l'été 1990, est une forme mixte. Les intellectuels du PDS et l'aile ex-rénovatrice du Parti communiste allemand (DKP) cherchent chez cet idéologue - d'autres théoriciens comme Kautski, Bakounine, Labriola... étant aussi lus ou relus parallèlement - une possibilité de redonner au marxisme (pas au marxisme-léninisme) une légitimité théorique. Le troisième moment est, après la découverte par les intellectuels du PDS de l'intérêt que présentaient les théories de Gramsci pour toutes les formes de combat politique, l’émergence d’une véritable "hégémonie" stratégique de ce penseur sur le parti de Gregor Gysi.

Examinons ce que le PDS tire de Gramsci. Si l'Etat n'est pas seulement un appareil coercitif et de répression et qu'il bénéficie grâce à l'activité du pouvoir culturel d'une "hégémonie" idéologique et d'une adhésion majoritaire des citoyens à une Weltanschauung qui le consolide et qui le légitime, l'action du PDS doit s'inscrire dans une double perspective: une action frontale et ouverte de critique du capitalisme, une action subversive et fractionnée au sein de la société civile et du consensus culturel. Le principe organisationnel et théorique était, à coté de l’organisation de grandes campagnes de critique du capitalisme et de l’impérialisme (par exemple la réanimation du "Mouvement de la Paix" à l’occasion de la guerre en Yougoslavie ou en Irak) d'agir de manière spécialisée et limitée sur les maillons faibles du consensus social (les défavorisés - chômeurs, femmes seules en charge de famille - ou les minorités sexuelles par exemple). Le PDS, qui se sait en position défensive à long terme, n'avait pas bien sûr l'espoir d'une reconquête immédiate de la société civile et a compris que le Marxisme et le Socialisme sont pour l'instant loin d'être attractifs pour une majorité de citoyens, même si le "Socialisme" jouit, selon les sondages, dans les nouveaux Bundesländer d’une connotation majoritairement positive.

Le PDS faisait une analyse intéressante. Le Capitalisme a triomphé et devrait balayer les derniers États Socialistes (Cuba, Corée du nord) ou les pervertir (Chine, Vietnam). De l'immensité et de la soudaineté de son triomphe, naissait une situation nouvelle et une double mécanique de crise à long terme. La première affectait la Gauche social-démocrate, (mais aussi le courant écologique) qui se voit contrainte de gérer le capitalisme et de multiplier les coups de canifs à ses idéaux. La seconde touchait les intellectuels organiques du "bloc historique libéral/conservateur", en manque "d'ennemis" ("la mort du communisme") et surtout de projets utopiques attractifs pour les populations (la contradiction première existant entre la "Nation" et la logique "antinationale" du capitalisme).

Le capitalisme et ses élites gestionnaires (de gauche comme de droite) allaient avoir, selon le PDS, du mal à digérer leur victoire. Les contraintes globales ne diminuant pas (le mode de production capitaliste favorisant au contraire le renforcement des déséquilibres, par exemple écologiques), de nouvelles formes de contestation ne pouvaient que s'organiser tant au plan international - pays pauvres contres pays riches, nord contre sud - que national - jeunes contre vieux, chômeurs sans droits contre travailleurs protégés, racisme polymorphe... Enfin, contre la mondialisation capitaliste, les nationalismes ne pouvaient que se renforcer et "muter" en variantes agressives et potentiellement déstabilisatrices du nouvel ordre mondial (ex-Yougoslavie, ex-empire soviétique). En ce sens, le PDS voit en 2004 ses analyses confirmées tant par la crise de la social-démocratie allemande que par la montée en puissance du courant anti-globalisation du type ATTAC, dont il espère, en récupérant des éléments d´analyse tirés du livre de Négri "Empire", une revitalisation organisationnelle venant compenser son échec de 2002.

Le but du PDS est, sur la base du Gramschisme mâtiné d´antiglobalisation à la Négri (le nouveau programme du parti de 2003 utilise une sémantique largement empruntée aux altermondialites), faute de pouvoir agir au plan international, de repérer à tous les niveaux de la société civile les zones de conflits et de diffuser un message spécifique à chaque type de fracture sociale et économique ou de tension politique. L'essentiel est de s'opposer au consensus social et intellectuel partout où cela est possible. L'enjeu de cette guerre de position reste le culturel qui est le poste de commandement des valeurs et des idées, et pas l'économique sur lequel le PDS n'a qu’une emprise limitée. D'où le rôle assigné aux intellectuels (environ 30 % des membres du PDS). Tout d'abord, ceux-ci sont de par leur nombre, leur âge (un problème croissant pour le parti) et le fait qu’ils sont pour la plupart chômeurs, disponibles. Ils sont enfin formés à ce travail de production idéologique, même s'ils ont du apprendre à utiliser de nouveaux concepts.

C'est au niveau de ces intellectuels organiques (non seulement ceux qui sont restés dans les nouveaux Bundesländer liés au parti, mais aussi une frange très importante des enseignants des écoles et lycées) que le PDS, à travers Gramsci, vit (ou réécrit) l'histoire et la politique. Cette avant-garde intellectuelle liée non à la classe ouvrière, mais au parti a mené un patient travail politique et remplit objectivement une "fonction de classe" en se faisant le porte-parole des insatisfaits ou défavorisés par les nouvelles formes de production imposées dans les nouveaux Bundesländer. Ces intellectuels sont chargés, au nom du PDS, de tâches multiples: la défense de l'identité et la culture du peuple de R.D.A., auquel le PDS veut offrir une "homogénéité idéologique" et une conscience collective nécessaire à l’organisation de son opposition et de sa résistance au capitalisme. La phrase du cadre PDS Höpke "Le PDS n’est pas une idéologie, mais une identité" prend tout son sens, mais il faut comprendre que l’identité proposée par le PDS est virtuelle (dans le sens d´une reconstruction en fonction des besoins propagandistiques du parti). Les élections de 1994, de 1998, enfin celles de 2004 montrent le succès de ce modèle, avec une popularisation de la sémantique post-communiste par exemple les termes omniprésents de « citoyens de seconde classe, occupation par des vainqueurs, justice des vainqueurs, pillage par le capitalisme, acculturation, mépris des biographies » et des « réalisations de la RDA ».

Parallèlement, le rejet volontaire par le PDS pendant plus de 10 ans de toute démarche programmatique systématique reposait sur l'analyse exacte faite par le noyau dirigeant du PDS de l'hétérogénéité profonde de ce parti sur le plan idéologique.

  • On distingue, ce faisant trois phases :

La première dure jusqu’en 1994. Pour pouvoir permettre une cohabitation, avec des conflits limités, des tendances, plates-formes et autres sensibilités (de la "plate-forme communiste" à la "Plate-forme social-démocrate", des "Autonomes" aux "anti-impérialistes", des "pacifistes" aux "antifascistes militants"), le PDS a du chercher les plus petits dénominateurs communs sur des sujets politiques bien délimités, en évitant toute formalisation systématique. La mutation de ces principes d'organisation et l'acquisition de nouveaux champs sémantiques, qui ont été empruntés aux syndicats, aux écologistes et à l’ensemble de la Gauche ouest-allemande (SPD, DKP, "groupes K" de l'extrême gauche, mouvement des femmes, courant pacifiste, tiers-mondiste et anti-impérialiste) ne signifiait en rien la mutation du PDS en une structure sociale-démocrate ou écologique, mais au contraire sa transformation en un parti communiste modernisé, qui dans sa stratégie de survie avait intégré l'effondrement du "Socialisme réel" et l'échec de l'expérience marxiste-léniniste.

A partir de 1994, le PDS est stabilisé organisationnellement et établi électoralement dans les nouveaux Bundesländer. Ce parti, comme le PCF en France, est devenu un parti typique de la période post-communiste, de par son acceptation de l'idée du triomphe définitif du Capitalisme sur une forme historique de Socialisme. C’est aussi un parti convaincu que l’Histoire peut s’écrire et qu’il est nécessaire de mener une opposition destructrice de l'économie de marché et du principe de profit en se parant des attributs et des symboles d'une croisade à mener pour sauver l'humanité des périls globaux (surtout écologiques, mais aussi fascismes) qui la menace. A partir de 1994, le PDS se concentre sur un rôle d'inspirateur idéologique et de moteur organisationnel dans ce mouvement, et retrouve, ce faisant, la démarche communiste classique de pénétration et d’instrumentalisation des "Initiatives de citoyens", des "Nouveaux Mouvements Sociaux", comme de l’antifascisme collectif. Parallèlement, et de manière tout aussi classique, le PDS s'implante en milieu syndical, adhère à une pratique ponctuelle de la tension sociale dans les nouveaux Bundesländer, recoure à des formes d’actions non légales, parfois violentes et riches en retombées publicitaires.

A partir de 1996, le PDS se sait en mesure d’exercer une pression idéologique "de gauche" sur le SPD et prend conscience de l’effondrement politique de Bündnis 90/Die Grünen dans les nouveaux Bundesländer. Le calcul du PDS - classé à tort sous le concept de "réformisme" - consiste alors à s’offrir aux Sociaux-Démocrates comme partenaire de coalition dans les nouveaux Bundesländer, en remplacement des écologistes. La tolérance du gouvernement social-démocrate de Saxe-Anhalt à partir de 1994 en fut la première étape/ballon d’essais, le couronnement stratégique en étant la coalition SPD/PDS en Mecklembourg-Poméranie en 1998 et 2002, à Berlin en 2001.

La troisième phase débute au lendemain de l´échec électoral de l´élection au Bundestag de 2002 : Le parti comprend la nécessité de moderniser son programme, ceci dans la perspective des élections générales de 2006. L´anticapitalisme reste l´axe politico-idéologique dominant, mais une ouverture du PDS vers d´autres forces critiques du type gauche sociale-démocrate et ATTAC apparaît.

  • 5. Les conditions du succès électoral du PDS entre 1993 et 2002

Au terme d’un entrisme dans la plupart des structures de la vie culturelle ou associative des nouveaux Bundesländer et d’une réactivation des vieilles structures satellites SED, le PDS fut omniprésent et a su instrumentaliser avec efficacité les peurs ou ressentiments, par ailleurs souvent fondés, de la population est-allemande. Politiquement, la crise de confiance de la population des nouveaux Bundesländer comme la crise de légitimité des partis démocratiques avait atteint, depuis 1993, un niveau exceptionnel. Les raisons en sont évidentes: les difficultés économiques multiples et le fort taux de chômage; une désorientation individuelle et collective; les déficits dans la capacité des élites politiques allemandes à faire comprendre la supériorité du système démocratique sur les principes totalitaires; enfin, et cette dimension est toujours centrale en 2004, le sentiment de la majorité de la population est-allemande d’être mal ou peu représentée par les partis démocratiques « ouest-allemands ».

A l’écoute des inquiétudes collectives, le PDS mène une campagne électorale permanente depuis 1993, qu’il a su accompagner d’une approche scientifique systématique (par exemple une analyse des milieux PDS et de leur homogénéité), qui lui a longtemps permis de savoir, où il était nécessaire de concentrer hommes et moyens. Les observateurs de la vie politique des nouveaux Bundesländer évoquent souvent l’infiltration par le PDS de "segments sociaux et culturels" dans les années 90. A cette première phase est venu s’ajouter la création par le PDS - et sur un modèle classique des partis communistes - d’un véritable glacis d’organisation dépendantes, proches ou "amicalement" liées au PDS (par exemple des associations de conseils aux locataires, des groupements de propriétaires de bien-fonds au statut juridique imprécis, des ligues d’enseignants ou des associations de protection pour les anciens agents de la police politique, des troupes de frontières ...). Ces organisations sont aujourd´hui très affaiblies, mais le bilan de leur travail passé ne peut être sous-estimé.

Si globalement la propagande du PDS à la télévision, à la radio ainsi que l’affichage fut et reste l’affaire de publicitaires ouest-allemands apolitiques, le travail sur le terrain revint jusqu´en 2000 aux "turbo retraités" du PDS, c’est-à-dire ces quelques 70 % de membres du parti âgés de plus de 60 ans, en situation de préretraite ou de chômage. Ce remarquable travail à la base, cette action de voisinage du PDS a fonctionné à plein, une corrélation mathématique s’établissant nettement en 1994 et plus faiblement en 1998 entre la densité organisationnelle du PDS au plan local d’avec ses résultats électoraux. Les choses ont néanmoins changé en 2002.

  • 6. Le contexte macro-politique: les nouveaux Bundesländer comme biotope

La situation mentale des électeurs dans les nouveaux Bundesländer a été jusqu´en 2002 favorable à un choix électoral PDS et le reste à moyen terme. Ce dernier ne se comprend que dans un cadre chronologique. A partir de 1990, les nouveaux Bundesländer connaissent une amélioration très rapide de l’offre dans les domaines de la consommation, des voyages, de l’habitation ... Ces progrès incontestables sont bien perçus par la population, mais mis en perspective avec la détérioration rapide du marché du travail. A partir de 1995/96, on observe un renversement de tendance:

·        La satisfaction des populations envers le nouveau mode de vie s’imposant à partir de 1990 se trouve de plus en plus contrecarrée par un sentiment de peur ou d’angoisse diffuse, qui touche presque toutes les couches sociales. L’avenir inquiète et un recul des espérances de mieux vivre (en particulier dans le domaine social) est sensible.

·        Les citoyens des nouveaux Bundesländer critiquent de plus en plus les formes de participation démocratique qui leur sont offertes. Les espérances immenses de 1990 apparaissent déçues. Les conséquences en sont, qu’en dehors de l’échec du processus de mise à niveau économique des nouveaux avec les anciens Bundesländer, l’identification des individus avec les valeurs et le référentiel constitutionnel de l’Allemagne ne se réalise pas pleinement.

Toutefois, un phénomène de rejet collectif n’est pas observable: Une identité "Est" autonome n'apparaît pas (on peut parler d’identité mixte) et un mouvement de retour à la R.D.A. (dans son cadre politico-répressif) n’est voulu quasiment par personne.

  • La population réagit négativement à un certain paternalisme politique et économique des élites de l’Ouest. De même, une opinion critique se fait jour vis-à-vis des transformations économiques en cours. Le discours affirmant que les difficultés actuelles ont pour cause principale le passé ne "passe" plus. La réappréciation en cours par les électeurs de ce qu’était la R.D.A. sur les plans social, économique et culturel (moins sur le plan politique) n’est pas un processus d’embellissement du passé, mais une attitude critique englobant les deux systèmes et centré autour de la notion de bien-être individuel. Ni le passé, ni le présent ne sont plus acceptés ou rejetés en bloc. Enfin, les habitants des nouveaux Bundesländer n’acceptent plus le discours assimilant l’échec (à peu près incontesté par tous) du système SED à une négation plus ou moins ouverte du travail et de l’engagement économique de la population avant 1989. L’arrogance des "Wessis" (les habitants de l’Ouest) en ce domaine crispe une majorité des "Ossis" (les habitants de l’Est).

Le PDS, qui a su parfaitement reconnaître les moments forts de ce malaise, et s’affirmer comme avocat imaginaire de la population des nouveaux Bundesländer, jouit en conséquence d’une réelle acceptation collective. Une nouveauté est la transformation de l’image du PDS à l’Ouest, qui s’est quelque peu améliorée, même si "l’anticommunisme" reste dominant.

Le succès du PDS dans les nouveaux Bundesländer n’est pas réductible à une arithmétique d’héritage de la R.D.A. Le PDS prospère sur le plan électoral de l’agglomération de plusieurs clientèles, mais dont une des composantes, essentielle jusqu´en 2000 et en déclin rapide aujourd´hui, est d’origine SED et se structure en milieux.

A titre d’exemple, dans l’ancienne capitale de la R.D.A., le PDS a joui, dès les premières élections libres de mars 1990, d’une forte implantation électorale, qui perdure jusqu’à aujourd’hui (33.0 % en 2001). La clientèle traditionnelle du PDS est celle des anciens privilégiés du régime communiste, à laquelle s’ajoute l’élite administrative, intellectuelle et policière de l’Etat SED. Quelques chiffres doivent être cités: A Berlin-Est, le SED comptait en 1989 quelques 193.000 membres, dont environ 20.000 fonctionnaires du SED et 5.000 collaborateurs du Comité Central du SED. Le Ministère pour la Sécurité de l’Etat employait pour sa part 45.000 personnes. Le total des membres et collaborateurs de l´Académie des sciences et des beaux arts et de l’Université von Humboldt atteignait les 10.000. Le PDS a, à l’occasion des élections de la période 1990-2001 obtenu une moyenne d’environ 200.000 suffrages stables. On ne peut pas, méthodologiquement, affirmer que tout ces anciens fonctionnaires de l’Etat et du Parti ont, en bloc voté, pour le PDS et que ce parti n’a pas gagné de nouveaux électeurs. Néanmoins, les sondages disponibles montrent que le PDS a su, dans ce milieu berlinois spécifique, maintenir son emprise morale et intellectuelle sur une très forte majorité des anciens cadres SED et des divers "Organes", comme sur les piliers intellectuels ou artistiques de l’ancien régime. Cette clientèle PDS a non seulement perdu son emploi, mais aussi son statut social et peut être classée sous l’étiquette de "perdants de la réunification". Le caractère de "parti arc-bouté sur un milieu" du PDS est visible, de la manière la plus nette, à Berlin, mais se retrouve aussi dans un certain nombre de villes anciennement centres des districts administratifs de R.D.A. comme Rostock ou Magdeburg. Ce milieu PDS se décrit comme "un groupe solidaire", une "communauté de destin", dominé par une forte nostalgie de la R.D.A., constitué en un réseau de solidarité et animé par un violent ressentiment anti-occidental et anti-ouest-allemand.

Au delà de ce milieu par nature favorable au PDS, il est évident que cette formation a réussi, par le biais d’une instrumentalisation des intérêts légitimes de la population est-allemande, à attirer une couche d’électeurs protestataires, qui s’étaient détachés du parti aux élections régionales et au Bundestag de 1990. Les électeurs PDS ralliés en 1994 et stabilisés dans leur préférence PDS en 1998 et 2002 sont dans l’ensemble très favorables au socialisme autoritaire en tant qu’idéologie. Ils ont aussi une vision très négative de la situation économique actuelle et future. Le PDS communique avec eux par une "culture du rejet" des valeurs et du système démocratique ouest-allemand. Les adhérents/sympathisants du PDS sont par exemple les seuls dans la population est-allemande à critiquer ou rejeter l’ordre fondamental libéral-démocratique et la réunification. Leur insatisfaction d’avec la démocratie apparaît exacerbée par rapport au reste de la population. Enfin, la période de la dictature du SED est, selon les sondages, une époque où les adhérents actuels du PDS se sentaient "plus en liberté qu’aujourd’hui".

On pourrait multiplier à l’infini ce type d’exemples, révélateurs de la sensibilité PDS. En un mot, on peut parler "d’exil intérieur" des adhérents du PDS et d’une large part de son électorat. Ce parti profite donc de la conjonction de diverses sensibilités (ressentiments politiques et économiques, nostalgie de la R.D.A., désorientation individuelle et collective, peurs et angoisses diverses). Néanmoins, les milieux PDS s´affaiblissent, d´abord pour des raisons démographiques, mais aussi pour des raisons de mobilité urbaine. La destruction par exemple de ces quartiers de HLM-RDA à Leipzig brise le tissu PDS et disloque les solidarités post-communistes. Enfin, les enfants de ces anciens fonctionnaires du SED ont des comportements politiques différents: Dans leur majorité, ils ont choisis en 2002 des formations démocratiques ou ont (marginalement) voté pour l´extrême droite.

  • 7. L´élection au Bundestag de 2002 : les raisons et l´ampleur de la défaite

Le PDS, en obtenant que 4 % des suffrages à l´occasion des élections au Bundestag de 2002 fut la grande perdante de ces élections. [3] Les raisons de cet échec sont à rechercher à six niveaux principaux: une crise de direction, un effet de contexte (les inondations), une compétence limitée à certains thèmes, le manque d´enracinement à l´Ouest, des problèmes d´image, la crise démographique.

a) La démission de l´extraordinaire communicateur qu´est Gregor Gysi de son poste de sénateur à Berlin et son retrait partiel de la vie politique a plongé le parti dans une crise grave. Celle-ci s´est vue renforcée par l´arrivée à la tête du PDS en remplacement de Lothar Bisky de Gabrielle Zimmer, une apparatchik sans charisme, mauvaise oratrice et intellectuellement peu convaincante. Son pseudo dans le parti « Gabi "la zone" », un surnom qui renvoie à la zone d´occupation soviétique 1945-1949 le reflétait bien. Ces péripéties coûtaient cher au parti qui perdait fortement en attractivité auprès des sondés. En 1998, 21 % des inscrits estimaient que le PDS avait à sa tête des politiciens de grande valeur. En 2002, ils n´étaient plus que 12 % à être de cet avis. L´équipe dirigeante (la présidente Gabrielle Zimmer, le chef de la fraction PDS au Bundestag Roland PDS Klaus et le chargé des affaires administratives du parti Dietmar Bartsch étaient perçus comme des concurrents plus intéressés à leur avenir personnel qu´au bien du parti.[4] La dégradation était très sensible dans les nouveaux Bundesländer: En 1998, 45 % des sondés estimaient que les dirigeants du parti possédaient des qualités politiques exceptionnelles, en 2002, moins d´un tiers des sondés (31 %) le croyait encore. Le malaise existait aussi chez les membres et sympathisants du PDS : 58 % en 2002 contre 89 % en 1998. Cette dimension critique amenait de nombreux électeurs 1998 du PDS à s´abstenir en 2002.

b) L´Allemagne (en particulier le land de Saxe) connaissait des inondations inhabituelles par leurs ampleurs. Cette catastrophe allait non seulement donner au SPD et au chancelier Schröder la chance de faire montre de leurs capacités gestionnaires et médiatiques (le SPD allait gagner de justesse les élections au Bundestag), mais elles rapprochaient les Allemands de l´Est et de l´Ouest, un formidable mouvement de solidarité se mettant en place. Le PDS, qui a toujours vécu des ressentiments interallemands s´en trouvait affaibli électoralement et en terme d´image (le parti n´est pas acteur de ce mouvement de solidarité).

c) Le PDS se reposait trop sur ses acquis antérieurs. A l´Est comme à l´Ouest, une forte majorité des sondés (72 % à l´Est, 62 % à l´Est) lui reconnaissait toujours en 2004 la fonction d´une représentante des intérêts des Allemands de l´Est. Sur le plan politico social, le parti était devenu unidimensionnel et jugé sans compétence dans des domaines aussi importants que le chômage ou la remise en marche de l´économie.

Tableau: Les raisons du choix PDS en 2002 (en %)

 

PDS

PDS-Ouest

PDS-Est

Economie

17

20

16

Immigration et étrangers

12

26

8

Marché du travail

28

28

28

Sécurité intérieure, criminalité

10

8

10

Environnement

10

17

7

Impôts

8

17

5

Justice sociale

61

60

61

Ecoles, formations et éducation

19

19

19

Politique étrangère et de sécurité

21

25

20

Source: Infratest-dimap

La mobilisation de l´électorat PDS en 2002 se faisait essentiellement autour du thème "justice sociale" (61 %). Très loin derrière, on trouvait la politique de l´emploi (28 %), la politique étrangère (21 %) et l´éducation (19 %).

d) Le parti, privé du seul communicateur capable de communiquer avec les électeurs des vieux Bundesländer, n´obtenait à l´Ouest qu´ 1,1 % des voix et restait à peu près à son bas niveau de 1998 (-0,1 %). Pour la première fois depuis 1990, le PDS enregistrait des pertes électorales à l´occasion d´une consultation nationale. Ses pertes étaient particulièrement lourdes dans ses bastions de l´Est (-4,7 %).[5]

Tableau: Les résultats du PDS (secondes voix) et ventilation Est-Ouest

 

2002

1998

02-98

2002

1998

02-98

PDS (RFA)

1.916.702

2.515.454

-598.752

4,0

5,1

-1,1

PDS (Ouest)

442.136

460.681

-18.545

1,1

1,2

-0,1

PDS (Est)

1.474.566

2.054.773

-580.207

16,9

21,6

-4,7

Source: Bundeswahlleiter; PDS Est y compris Berlin Est; PDS Ouest y compris Berlin Ouest

Le SPD profitait de ce déclin du PDS. Le PDS perdait un total de 599.000 voix, dont 290.000 au profit des sociaux-démocrates. Une des raisons de l´échec du PDS était aussi ses faibles capacités de mobilisation, le parti perdant 260.000 voix au profit du camp des abstentionnistes.

Tableau: Les transferts électoraux du PDS (ensemble de l´Allemagne), élections au Bundestag de 1998 et 2002

Echange avec…

Gains

Pertes

Solde

SPD

220000

510000

-290000

Union (CDU/CSU)

40000

90000

-50000

GRÜNE

100000

100000

0

FDP

20000

40000

-20000

Autres

50000

30000

20000

Somme entre partis

430000

770000

-340000

Abstentionnistes

130000

390000

-260000

Nouveaux votants/décédés

90000

130000

-40000

Arrivées/départs

20000

30000

-10000

Total des échanges

670000

1320000

-650000

Electeurs stables

1220000

1220000

 

Résultats 2002 et 1998

1890000

2540000

-650000

La sociographie de l´électorat PDS 2002 reflétait ces transferts électoraux massifs. Ses pertes étaient lourdes chez les 18-24 ans à l´Est (moins 6 points) et encore plus marqués chez les "bacs et plus" (2002 : 21 %, 1998 : 29 %). Le PDS avait été jusqu´en 1998 le parti des employés et des fonctionnaires. Il perdait en 2002 respectivement 8 et 9 points dans ces catégories professionnelles.

Tableau: Le choix PDS par agrégats régionaux (élections au Bundestag 2002)

Agrégats régionaux

PDS 2002

RFA

PDS 1998

RFA

PDS 2002

Est

PDS 1998

Est

PDS 2002

Ouest

PDS 1998

Ouest

Densité de population

forte

moyenne

faible

 

4,7

2,6

6,1

 

-1,0

-0,7

-2,1

 

20,6

15,9

16,1

 

-5,8

-4,2

-4,5

 

1,8

1,0

0,8

 

0,0

0,0

0,0

Confession

Région catholique

Région protestante

Mélange confessionnel

 

0,9

8,6

1,1

 

-0,1

-2,5

0,0

 

12,9

17,0

 

 

-3,4

-4,7

 

 

0,8

1,5

1,1

 

0,0

-0,1

0,0

Structures économiques

Agriculture

Industrie

Centre de services

Région de services

Structures économiques mixtes

 

3,6

2,3

5,9

5,6

4,3

 

-1,1

-0,5

-1,1

-2,0

-1,2

 

16,4

15,4

22,0

17,6

15,5

 

-4,4

-3,5

-5,1

-6,6

-4,3

 

0,7

0,9

2,0

1,4

1,2

 

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

Pouvoir d´achat

fort

moyen

faible

 

1,4

3,2

15,9

 

0,0

-0,9

-4,3

 

 

18,2

15,9

 

 

-5,2

-4,3

 

1,4

1,0

 

 

0,0

0,0

 

Pourcentage de chômeurs

fort

moyen

faible

 

14,9

2,6

0,8

 

-3,9

-0,6

0,0

 

17,1

16,5

 

 

-4,5

-5,1

 

 

2,7

1,2

0,8

 

0,0

0,0

0,0

Proportion d’étrangers

fort

moyen

bas

 

1,8

1,3

13,3

 

-0,1

-0,1

-0,4

 

23,7

22,3

16,5

 

-6,5

-5,0

-4,6

 

1,6

1,0

0,8

 

0,0

0,0

0,0

Migration

Zone de migration positive

Zone de migration pos. et nég.

Zone de migration négative

 

2,0

2,4

10,2

 

-0,2

-0,6

-2,8

 

18,1

16,2

17,0

 

-4,1

-5,3

-4,5

 

0,9

1,2

1,6

 

0,0

0,0

0,0

PDS

fort

moyen

faible

 

 

 

 

 

20,3

16,3

15,0

 

-5,9

-4,8

-3,5

 

 

Zone spéciale

Inondation de l´Elbe

 

 

 

 

 

15,4

 

-4,3

 

 

Source: Infratest-dimap

e) Enfin, des problèmes d´image: sur le plan politique, la gestion "néo-libérale" de la crise à Berlin, où le PDS est associé au pouvoir, faisait et fait que le PDS a des difficultés croissantes à faire comprendre aux électeurs la contradiction existante existant entre son programme marxiste et planificateur et une gestion néo-capitaliste de la capitale.

  • 8. Le PDS à la recherche d´une stabilité électorale et organisationnelle

  • 8.1 Les contraintes organisationnelles

Le PDS depuis dix ans est soumis à un certain nombre de contraintes organisationnelles, qui viennent gêner ses capacités d´interventions politiques.

La première est celle du déclin militant du parti. Entre décembre 1989 et le début 1991, le PDS connaissait un véritable effondrement militant (décembre 1989: 1.463.762; décembre 1990: 280.882 adhérents). A partir de 1992, l´hémorragie est jugulée. Néanmoins, entre 1991 et fin 2000, le PDS perdait 50 % supplémentaires de ses adhérents. La période 2000-2004 voit cet affaiblissement perdurer.

La situation est d´autant plus tragique pour le PDS qu´il n´arrive pas à percer à l´Ouest. Les fédérations PDS de l´Ouest comptaient en 1990 600 adhérents. En 1994, ils étaient 2.326. En fin 2000, et ceci malgré le fait que le PDS était présent au Bundestag, le cap des 4.000 adhérents n´était toujours pas franchi.

Tableau: Les adhérents du PDS dans les vieux Bundesländer (1991-2001)

1991

1992

1993

1994

1995

1996

822

867/911*

1.180

2.326

2.388

2.405

1997

1997

1998

1999

2000

2001

2.527

2.527

2.917

3.773

3.956

4.172

* Deux chiffres connus.

En 2002, le PDS n´a que 4.708 adhérents à l´Ouest et une seule fédération de plus de 1.000 adhérents en Rhénanie Westphalie (1.361 adhérents).

Sur le plan organisationnel, le parti a donc complètement échoué à l´Ouest du pays. De surcroît, de nouveaux acteurs lui font concurrence: ATTAC Allemagne a ainsi recruté plus de 10.000 adhérents jeunes en deux ans et se trouve à la tête des forces de protestation anticapitaliste.

Le PDS se trouve confronté à d´autres problèmes très graves, non résolus en 2004. Le principal est celui de la démographie, l´âge moyen des adhérents du PDS ayant toujours été depuis 1990 élevé.

Tableau: Le PDS par tranche d´âge (2000) (in %)

 

Est

Ouest

 

Ost

West

moins de 30 ans

0,6

15,6

60 – 69 ans

30,7

11,2

30 – 39 ans

2,2

22,8

70 – 79 ans

41,1

9,4

40 – 49 ans

7,9

23,2

Plus de 80 ans

8,5

1,3

50 – 59 ans

9,1

16,5

 

 

 

Source: FOKUS/Social Data

Le PDS n´avait plus en 2000 que 0,6 % de moins de 30 ans comme adhérents. 49,6 % des adhérents avaient plus de 70 ans. Le parti comptait dans ses rangs plus d´adhérents âgés de 90 ans que de moins de 20 ans. Sur ce plan, le PDS semble à l´agonie.

Tableau: L´évolution du chiffre des adhérents du PDS dans les nouveaux Bundesländer (1992-2002)

 

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

Brandebourg

22.864

20.679

18.258

17.950

16.962

15.791

14.950

14.271

13.427

12.883

11.597

Mecklembourg-Pomeranie.

18.170

15.857

14.154

13.246

 

11.926

10.614

10.015

9.455

8.636

7.990

Saxe-Anhalt

20.984

19.470

18.270

15.726

13.861

12.985

12.107

11.141

10.321

9.658

8.86

Saxe

39.876

34.294

32.853

29.910

27.401

25.125

24.333

22.281

20.871

19.696

17.572

Thuringe

17.130

16.530

16.137

14.748

13.400

12.950

12.210

11.470

11.002

10.052

9.482

Berlin

27.062

23.633

22.176

21.373

 

19.427

17.316

15.463

14.273

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Direction du parti

39

52

32

82

110

155

180

180

170

190

214

Ensemble à l´Est

146.086

130.463

121.848

112.953

102.976

96.395

91.530

84.641

79.349

73.483

65.883

Ensemble à l´Ouest

617

891

1.871

1.905

1.943

2.074

2.917

3.773

3.959

4.172

4.708

Total

146.742

131.406

123.751

114.940

105.029

98.624*

94.447 **

88.594 ***

83.475

77.845

70.805

Sources: Pressedienst, Nr. 11/95, p. 6; Disput, Nr. 6/96, p. 2; 1995: dont 483 Berlin-Ouest; Landesparteitagsdokumente 1997, Landesparteitagsdaten. * Chiffres fournis par les fédérations. **Dont 43.445 femmes; *** dont 40.149 femmes.

Traduit en terme d´appartenance professionnelle, le PDS est un parti de retraités (77 %), 13 % seulement des adhérents PDS sont actifs économiques, pour l´essentiel des enseignants, des fonctionnaires, des employés du service public et des indépendants.

Tableau: Les appartenances professionnelles 2000

En %

Est

Ouest

 

Est

Ouest

Actifs éco.

13,3

37,1

 

 

 

Temps partiel

1,7

9,0

Etudiants

1,8

10,0

chômeurs

2,8

9,5

Retraités

77,0

20,4

ABM

0,6

 

Au foyer

0,2

1,8

En formation

0,6

1,8

Autres

1,7

9,0

Source: FOKUS/Social Data

Si l´on se base sur ces données démographiques, et si l´on postule que le PDS maintiendra à son bas niveau actuel son recrutement de nouveaux adhérents, on voit que dans les prochaines cinq années, le parti pourrait perdre la moitié de ses effectifs actuels. Les retombées collatérales sont lourdes : l´essentiel de son glacis d´organisations amies des années 90 a aujourd´hui disparu. Cette pression démographique fait que le PDS n´est aujourd´hui dans les nouveaux Bundesländer pas présent au quotidien et que de très nombreuses zones sans adhérent PDS existent aujourd´hui. Cependant, l´analyse des résultats électoraux sur le moyen terme montre qu´il n´existe pas de corrélation entre l´existence d´une forte organisation PDS et de bons résultats électoraux. Le parti obtient dans de nombreuses communes sans aucun adhérent local des résultats supérieurs à 20 %. En ce sens, l´argument biologique postulant d´une disparition quasi mécanique du PDS perd de sa crédibilité et le parti peut très bien progresser encore électoralement dans ces "zones blanches".

De très nombreuses autres dimensions devraient analyser ici, par exemple le déclin des AG, l´échec de l´organisation de jeunesse SOLID... Pour aller à l´essentiel, le non franchissement de la barre des 5 % a eu des conséquences dramatiques pour le PDS. La fraction PDS au Bundestag était devenue entre 1998 et 2002 le cœur organisationnel du parti. Les collaborateurs permanents de la fraction et les attachés parlementaires, les cercles de travail et les experts associés étaient devenus la "task-force" intellectuelle (et programmatique) du PDS. Le parti réduit à deux députés au Bundestag en 2002 voyait cette élite se disperser, les cercles de travail disparaître, les capacités d´expertise se réduire (faute de financement). Plus grave encore, le PDS cessait d´être attractif pour ceux qui étaient à la recherche d´une possible carrière politique. La crise financière du PDS se voyait amplifiée (en dehors de la disparition du financement de la fraction) à la fois par la baisse du nombre des adhérents, une stagnation des dons et la baisse du volume des remboursements légaux par l´Etat pour les frais de campagne. Le PDS se retrouvait en 2003 avec un appareil réduit et des capacités plus limitées de faire campagne. Enfin, et ce point est important, la presse se désintéressait du parti, les crises cardiaques de Gregor Gysi intéressant plus les médias que le nouveau programme du parti.

  • 8.2 Les facteurs de stabilisation

Le PDS disposait cependant encore d´atouts et allait se mettre à la recherche d´un moyen de compenser les effets de la défaite de 2002.

Parmi les atouts du parti, on trouvait d´abord les fractions dans les Landtag des nouveaux Bundesländer et leurs appareils régionaux. La fondation Rosa-Luxemburg continuait à être financée et achevait de s´implanter dans tous les Bundesländer. Une partie de la recherche et de la réflexion théorique du PDS s´y réfugiait, cette structure, un peu comme Espace Marx en France, devenant un pôle théorique et de recherche de qualité. Enfin, le parti restait très bien implanté au niveau communal à l´Est.

  • Au plan interne plusieurs étapes menaient à une consolidation du parti.

Celle-ci passait par l´élimination (en douceur) de Gabrielle Zimmer et de l´aile communiste à la direction du parti. Cette dernière qui avait été réélue en octobre 2002 au congrès de Gera, avait à ses côtés un nouveau chargé des affaires administratives Uwe Hiksch, un bavarois proche de la plate-forme communiste et un vice président Diether Dehm, lui aussi connu pour ses sympathies extrémistes. Les réformateurs qui s´étaient vus largement éliminés de la nouvelle direction du parti, enregistraient avec satisfaction l´incapacité de la nouvelle direction à maîtriser la crise du parti. Ce dernier sombrait dans un chaos organisationnel. Les réformateurs, après avoir joué avec l´idée de fonder un nouveau parti, s´organisaient et imposaient un congrès extraordinaire en juin 2003 à Berlin.[6] Ils triomphaient et récupéraient, avec Lothar Bisky, la présidence du parti. La direction était à cette occasion à peu complètement débarrassée de tous les fondamentalistes (à l´exception de Sahra Wagenknecht, représentante de la Plate-forme communiste). Bisky reprenait en main solidement le parti, réorganisait les finances, évitait les conflits idéologiques avec l´aile gauche du PDS. Malgré son absence de charisme, le nouveau président réussissait à réorganiser ses troupes et partait à la recherche d´une réforme de l´organisation.

Enfin, même si ce texte passait largement inaperçu, le PDS adoptait en octobre 2003 au congrès de un nouveau programme.[7] Ce dernier, fruit de longues réflexions des réformateurs, modernisait les positions programmatiques du PDS et tentait de rendre compte des évolutions contemporaines (globalisation, état du monde en 2002 …). Un des soucis des auteurs était de tenter d´éviter au parti le reproche d´extrémisme, une démarche qui restait sans succès.[8] A la veille des élections européennes, le PDS était certes affaibli par rapport à 2001, mais conservait un certain nombre de ressources qu´il allait engager intelligemment lors des consultations électorales de 2004.

  • Notes :

[1] Sur l´histoire du PDS, se reporter à Patrick Moreau, Die PDS - Anatomie einer postkommunistischen Partei Schriftenreihe Extremismus und Demokratie, Bouvier Verlag, Bonn 1992; Was will die PDS?, Report Ullstein, Berlin 1994; (avec Jürgen P. Lang/Viola Neu) Auferstanden aus Ruinen ...? Die PDS nach dem Super-Wahljahr 1994; Interne Studien der Konrad-Adenauer-Stiftung, N° 111/1995; (avec Jürgen P. Lang) Linksextremismus. Eine unterschätzte Gefahr, Bouvier Verlag, Bonn 1996; (avec Hermann Gleumes, Gerhard Hirscher, Peter Maser, Manfred Wilke), Die PDS: Profil einer antidemokratischen Partei, Hanns-Seidel-Stiftung, Sonderausgabe Politische Studien, Munich 1998; (avec Rita Schorpp-Grabiak) "Man muss so radikal sein als die Wirklichkeit" – Bertold Brecht: Die PDS eine Bestandaufnahme, Nomos Verlag, Baden-Baden, 2002.

[2] Le PDS avait obtenu aux élections au Bundestag en 1994 4,4 % des voix au plan national (2.1 millions de suffrages). En 1998, le parti rassemble 2.5 millions d´électeurs (5,1% des voix).

[3] Se reporter à Infratest dimap, Wahl zum15. Deutschen Bundestag - 22. September 2002, Berlin 2002.

[4] Pour une analyse détaillée des mécanismes de crise 1998-2002, se reporter à Patrick Moreau/Rita Schorpp-Grabiak, "Man muss so radikal sein als die Wirklichkeit" op. cit.

[5] Berlin Est – 5,4 %; Brandebourg: -3,1 %; Mecklembourg-poméranie. -7,3 %, Saxe -3,8 %, Saxe-Anhalt: -6,3 %, Thuringe: -4,3 %.

[8] Jürgen P. Lang, Ist die PDS eine demokratische Partei?, Nomos, Baden-Baden 2003.

Voir également :

  • Patrick Moreau est né en 1951 à Wetzlar (Allemagne): études de philosophie et d´histoire à l´université de Paris I - Sorbonne. 1978 Doctorat. Études de sciences politiques à Institut d´Études Politiques in Paris. 1984 Doctorat d´Etat. Ancien boursier de la fondation Alexander-von-Humboldt et de la Deutsche Forschungsgemeinschaft. Ancien membre de la Commission d´Enquête du Bundestag (Bundestag-Enquete-Kommission) "Überwindung der SED-Diktatur".

  • Bibliographie : Ouvrages de référence et Documents (Extrait)

"La communauté de Combat Nationale-socialiste Révolutionnaire et le Front Noir". "Action et Idéologie en Allemagne, Autriche et Tchécoslovaquie 1930/1935", doctorat de IIIe cycle de l'Université de Paris I, Paris 1978, 2 volumes, 818 pages.

"Nationalsozialismus von links" (Le nazisme de gauche), Deutsche Verlagsanstalt, Munich 1984, 260 pages.

"Le Parti National-Démocrate d'Allemagne dans la vie politique de la R.F.A.: études organisationnelle, sociologique et électorale d'une formation de l'opposition nationale 1964-1976", Doctorat d'Etat de Sciences Politiques, 2 volumes plus annexes, 1984, 1.244 pages.

"Les héritiers du IIIe Reich. L’extrême droite allemande de 1945 à nos jours", Seuil, Paris 1994, 509 pages.

(Avec Uwe Backes) "Die extreme Rechte in Deutschland. Geschichte - gegenwärtige Gefahren - Ursachen - Gegenmaßnahmen" ("L’extrême droite en Allemagne- danger actuel, causes - contre-mesures"), Akademischer Verlag, Munich 1994, 281 pages.

"Die PDS - Anatomie einer postkommunistischen Partei" ("Le PDS. Anatomie d’un parti postcommuniste"), "Schriftenreihe Extremismus und Demokratie", Bouvier Verlag, Bonn 1992, 465 pages.

"Was will die PDS ?" ("Que veut le PDS ?"), Report Ullstein, Berlin 1994, 233 pages.

(Avec Jürgen P. Lang/Viola Neu) "Auferstanden aus Ruinen ...? Die PDS nach dem Super-Wahljahr 1994" ("Surgi des ruines ...? Le PDS après la super-année électorale 1994"); "Interne Studien der Konrad-Adenauer-Stiftung", N° 111/1995, 220 pages.

(Avec Jürgen P. Lang) "Linksextremismus. Eine unterschätzte Gefahr" ("L’extrémisme de gauche. Un danger sous-estimé"), Bouvier Verlag, Bonn 1996, 482 pages

(Avec Marc Lazar, Gerhard Hirscher), "Kommunismus in Westeuropa" ("Le communisme en Europe de l’Ouest"), Olzog Verlag 1998, 664 pages.

(Avec Hermann Gleumes, Gerhard Hirscher, Peter Maser, Manfred Wilke), "Die PDS: Profil einer antidemokratischen Partei" ("Le PDS: Profil d’un parti antidémocratique"), Hanns-Seidel-Stiftung, Sonderausgabe Politische Studien, Munich 1998, 359 pages.      

(Avec les membres de la Commission d’Enquête du Bundestag), Schlußbericht der Enquete-Kommission "Überwindung der Folgen der SED-Diktatur im Prozeß der deutschen Einheit" ("Rapport final de la Commission d’enquête du Bundestag"), Bonn, Drucksache 13/11000, juin 1998, 335 pages.

(Avec Gisela Müller-Brandeck-Bocquet), "Frankreich. Eine politische Landeskunde" (France), Leske+Budrich, Opladen 2000, 172 pages.

"Les partis communistes et postcommunistes en Europe occidentale, problèmes politiques et sociaux", n° 830-831, La Documentation française, Paris 1999, 160 pages.

(Avec Rita Schorpp-Grabiak), "Man muss so radikal sein als die Wirklichkeit" – "Bertold Brecht: Die PDS eine Bestandaufnahme" ("Il faut être aussi radical que la réalité: Le PDS – état des lieux), Nomos Verlag, Baden-Baden, 2002, 350 pages.

(Avec Rita Schorpp-Grabiak, Henrik Eberle, Jost Vielhaber) "Politische Positionierung der PDS – Wandel oder Kontinuität ?" ("Le positionnement politique du PDS – Évolution  ou continuité ?"), Sonderausgabe der Politische Studien, ATWERB-Verlag, Munich 2002, 317 pages.

(Avec Pierre Blaise), "Extrême droite et national-populisme en Europe de l'Ouest", Centre de recherche et d´information socio-politiques (crisp), Bruxelles, 2004, 584 pages.

 


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