Éditoriaux Défense Sécurité Terrorisme Zones de conflits Logistique Livres de référence Liens
Terre Air Mer Gendarmerie Renseignement Infoguerre Cyber Recherche

L

L'état de la population mondiale en 2004 (1)

Le "consensus du Caire" dix ans après: population, santé, effort mondial pour éliminer la pauvreté. Source: UNPFA. Londres, le 15 septembre 2004.

- Introduction

Le 13 septembre 1994 au Caire, après neuf jours d’intenses débats, la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) a adopté un ambitieux plan d’action étendu sur 20 ans, que les délégués et les commentateurs ont salué comme ouvrant une « ère nouvelle en matière de population ».

Reposant sur l’attachement aux droits de la personne et à l’égalité entre les sexes, l’accord du Caire a invité les pays à assurer à tous la santé et les droits en matière de reproduction, en tant que contribution capitale au développement durable et à la lutte contre la pauvreté, que la CIPD a jugés inséparables de la solution des problèmes de population.

Le Dr. Nafis Sadik, Directrice exécutive de l’UNFPA et Secrétaire générale de la Conférence, a dit aux délégués lors de la séance de clôture : « Vous avez édifié un programme d’action pour les 20 prochaines années, qui part de la réalité du monde où nous vivons et nous montre la voie à suivre pour créer une réalité meilleure. Le Programme d’action contient des objectifs et recommandations très spécifiques dans les domaines, qui se renforcent mutuellement, de la mortalité infantile et maternelle, de l’éducation, de la santé en matière de reproduction et de la planification familiale, mais son effet ira bien au-delà. Ce Programme d’action contient la promesse de changer le monde. »

Dix ans après le début de l’ère nouvelle, il est temps de dresser le bilan :

Le Programme d’action de la CIPD offre un modèle pratique de mesures à prendre dans les domaines de la population et de la santé en matière de reproduction dont les pays reconnaissent tous qu’ils sont essentiels pour atteindre les objectifs du développement mondial, à savoir notamment mettre fin à l’extrême pauvreté, affranchir les femmes, faire reculer la mortalité maternelle, préserver l’environnement et juguler la pandémie du VIH/sida. Au cours des récentes réunions régionales et mondiales comme dans la pratique, les gouvernements ont réaffirmé avec force leur détermination, fondée sur l’expérience, d’utiliser le Programme d’action en tant que stratégie indispensable pour améliorer le bien-être de la population et garantir les droits de la personne.

De nombreux pays en développement ont accompli des pas immenses dans la mise en pratique des recommandations de la CIPD, cela avec un impact sensible. Les pays s’efforcent d’intégrer les facteurs démographiques aux plans de développement, d’améliorer la qualité des programmes de santé en matière de reproduction et le nombre de personnes desservies, de promouvoir les droits de la femme, de répondre aux besoins des jeunes et des personnes en situation d’urgence, et de renforcer les efforts de prévention du VIH. L’accès à la planification familiale continue de s’élargir; dans les pays en développement, 60 % des couples mariés utilisent maintenant des méthodes modernes de contraception, contre 10 à 15 % en 1960.

L’insuffisance des ressources et la persistance des écarts dans la desserte des groupes de population les plus pauvres font obstacle au progrès, cependant, dans la lutte contre les problèmes redoutables et permanents que sont la diffusion continue du VIH/sida, surtout parmi les jeunes, le besoin non satisfait de planification familiale, et les taux élevés de fécondité et de mortalité maternelle dans les pays les moins développés. Les donateurs doivent respecter les engagements pris au Caire et accorder sa juste priorité à la santé en matière de reproduction dans les plans d’assistance au développement conçus pour vaincre la pauvreté, et il faut élargir le contenu et la portée géographique des programmes afin d’atteindre l’objectif de la CIPD qui est d’assurer à tous d’ici à 2015 des soins complets de santé en matière de reproduction.

  • Placer la population au centre

Comme son nom l’implique, la CIPD a reposé sur l’hypothèse que le chiffre, la croissance et la répartition de la population sont en liaison étroite avec les perspectives de développement économique et social et que les mesures prises dans un domaine renforcent les mesures prises dans l’autre.

Cette hypothèse de départ a été de plus en plus généralement acceptée au cours des deux décennies qui ont suivi la première Conférence mondiale sur la population de 1974, tandis que la population augmentait rapidement dans les régions en développement et que de plus en plus de pays découvraient les programmes de planification familiale. En 1994, la plupart des pays en développement reconnaissaient la nécessité d’aborder les problèmes de population afin de promouvoir la croissance économique et d’améliorer le bien être de leur population.

 

Un vaste mandat

La Conférence de 1994 a expressément reçu un mandat plus large sur les questions touchant au développement que les conférences précédentes sur la population, ce qui traduit une prise de conscience croissante du fait que la population, la pauvreté, les modes de production et de consommation et d’autres menaces pesant sur l’environnement sont des questions si étroitement imbriquées qu’aucune d’entre elles ne peut être examinée isolément.

— Programme d’action de la CIPD, par. 1.5

  • Une approche nouvelle

Mais la Conférence du Caire a radicalement changé l’approche de la communauté internationale devant

  • Un vaste mandat

Mais la Conférence du Caire a radicalement changé l’approche de la communauté internationale devant les problèmes solidaires de la population et du développement, plaçant au centre de l’équation les êtres humains et les droits de la personne, plutôt que le chiffre des populations et les taux de croissance.

Au cœur de ce renversement de perspective se situait l’abandon de la vision antérieure de la population, conçue essentiellement comme une variable macroéconomique de la planification et de la politique, au profit d’une approche axée sur les droits où le bien-être des individus est primordial. Le Programme d’action de la CIPD exigeait que les politiques et les programmes adoptent une approche intégrée – établissant un lien entre les mesures concernant la population, d’une part, et le développement humain, l’affranchissement des femmes, l’égalité entre les sexes et les besoins et droits des individus, y compris les jeunes, de l’autre.

Le Programme d’action de la CIPD a reconnu qu’il est essentiel d’investir dans la population, d’élargir les perspectives et de permettre à tous de réaliser leur potentiel en tant qu’êtres humains pour assurer une croissance économique soutenue et un développement durable, aussi bien que pour maintenir la population à des niveaux qui soient en harmonie avec l’environnement et les ressources disponibles.

Au titre de ce changement d’optique, la CIPD a ancré la planification familiale, qui jadis constituait le centre privilégié des politiques et programmes de population, dans un cadre plus large de santé et droits en matière de reproduction, y compris la planification familiale et la santé sexuelle. Elle a reconnu dans la santé en matière de reproduction un droit fondamental de tous à travers l’ensemble du cycle de vie et a vivement exhorté les pays à n’épargner aucun effort pour garantir l’accès universel à des services de santé complets dans le domaine de la santé en matière de reproduction, cela d’ici à 2015 (voir Chapitre 6).

  •  Les choix individuels promeuvent la prospérité

Le consensus de la CIPD a été qu’en donnant aux couples et aux individus la possibilité de déterminer librement le nombre de leurs enfants, le moment et l’espacement de leur naissance, on accélérerait le mouvement vers des familles moins nombreuses et une croissance démographique plus lente, contribuant ainsi à la croissance économique et réduisant la pauvreté, cela tant au niveau des ménages qu’aux macroniveaux. Réciproquement, la CIPD a compris qu’en ne répondant pas aux besoins et aux lacunes majeures dans les services de santé en matière de reproduction, on faciliterait la perpétuation de taux élevés de fécondité et de mortalité maternelle, ainsi qu’une rapide croissance démographique, ce qui compromettrait les chances de réduire la pauvreté (voir Chapitre 2).

  • Les droits des femmes

L’affranchissement des femmes a été reconnu comme une fin importante en soi, aussi bien que comme un moyen indispensable d’améliorer la qualité de vie de tous. Sans la pleine et égale participation des femmes, il ne saurait y avoir de développement humain durable. Le Programme d’action a souligné l’importance des droits en matière de reproduction pour l’autonomie des femmes, en tant que complément à l’éducation, à l’affranchissement économique et à la participation politique (voir Chapitre 5).

Des avancées décisives ont été réalisées face à des problèmes urgents mais délicats, à savoir notamment la santé sexuelle des adolescents, le VIH/sida et l’avortement pratiqué dans des conditions dangereuses. Une attention sans précédent a été portée aux groupes sous-desservis, à savoir les ruraux pauvres, les populations autochtones, les habitants des taudis urbains, enfin les réfugiés et les personnes déplacées dans leur propre pays.

  • Participation et partenariat

L’accord du Caire envisageait aussi un processus de développement participatif et fondé sur la responsabilité individuelle, faisant intervenir activement les bénéficiaires afin de garantir que les programmes et les objectifs des politiques soient en rapport étroit avec la réalité des situations individuelles, et de mettre en place de larges partenariats entre les gouvernements, les organisations internationales et la société civile.

Lire également:


Derniers articles

Verdun 2016 : La légende de la « tranchée des baïonnettes »
Eyes in the Dark: Navy Dive Helmet Display Emerges as Game-Changer
OIR Official: Captured Info Describes ISIL Operations in Manbij
Cyber, Space, Middle East Join Nuclear Triad Topics at Deterrence Meeting
Carter Opens Second DoD Innovation Hub in Boston
Triomphe de St-Cyr : le Vietnam sur les rangs
Dwight D. Eisenhower Conducts First OIR Missions from Arabian Gulf
L’amiral Prazuck prend la manœuvre de la Marine
Airmen Practice Rescuing Downed Pilots in Pacific Thunder 16-2
On ne lutte pas contre les moustiques avec une Kalachnikov...
Enemy Mine: Underwater Drones Hunt Buried Targets, Save Lives
Daesh Publications Are Translated Into Eleven Languages
Opération Chammal : 10 000 heures de vol en opération pour les Mirage 2000 basés en Jordanie
Le Drian : Daech : une réponse à plusieurs niveaux
Carter: Defense Ministers Agree on Next Steps in Counter-ISIL Fight
Carter Convenes Counter-ISIL Coalition Meeting at Andrews
Carter Welcomes France’s Increased Counter-ISIL Support
100-Plus Aircraft Fly in for Exercise Red Flag 16-3
Growlers Soar With B-1s Around Ellsworth AFB
A-10s Deploy to Slovakia for Cross-Border Training
We Don’t Fight Against Mosquitoes With a Kalashnikov
Bug-Hunting Computers to Compete in DARPA Cyber Grand Challenge
Chiefs of US and Chinese Navies Agree on Need for Cooperation
DoD Cyber Strategy Defines How Officials Discern Cyber Incidents from Armed Attacks
Vice Adm. Tighe Takes Charge of Information Warfare, Naval Intelligence
Truman Strike Group Completes Eight-Month Deployment
KC-46 Completes Milestone by Refueling Fighter Jet, Cargo Plane
Air Dominance and the Critical Role of Fifth Generation Fighters
Une nation est une âme
The Challenges of Ungoverned Spaces
Carter Salutes Iraqi Forces, Announces 560 U.S. Troops to Deploy to Iraq
Obama: U.S. Commitment to European Security is Unwavering in Pivotal Time for NATO
International Court to Decide Sovereignty Issue in South China Sea
La SPA 75 est centenaire !
U.S. to Deploy THAAD Missile Battery to South Korea
Maintien en condition des matériels : reprendre l’initiative
La veste « léopard », premier uniforme militaire de camouflage
Océan Indien 2016 : Opérations & Coopération
Truman Transits Strait of Gibraltar
Navy Unveils National Museum of the American Sailor
New Navy, Old Tar
Marcel Dassault parrain de la nouvelle promotion d’officiers de l’École de l’Air
RIMPAC 2016 : Ravitaillement à la mer pour le Prairial avant l’arrivée à Hawaii
Bataille de la Somme, l’oubliée
U.S., Iceland Sign Security Cooperation Agreement
Cléopatra : la frégate Jean Bart entre dans l’histoire du BPC Gamal Abdel Nasser
Surveiller l’espace maritime français aussi par satellite
America's Navy-Marine Corps Team Fuse for RIMPAC 2016
Stratégie France : Plaidoyer pour une véritable coopération franco-allemande
La lumière du Droit rayonne au bout du chemin





Directeur de la publication : Joël-François Dumont
Comité de rédaction : Jacques de Lestapis, Hugues Dumont, François de Vries (Bruxelles), Hans-Ulrich Helfer (Suisse), Michael Hellerforth (Allemagne).
Comité militaire : VAE Guy Labouérie (†), GAA François Mermet (2S), CF Patrice Théry (Asie).

Contact