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Perspectives françaises sur l'Europe du futur

Perspectives françaises sur l'Europe du futur

Allocution de Madame Claudie Haigneré, Ministre déléguée aux Affaires européennes lors d'un déplacement au Royaume du Danemark. Copenhague, le 6 septembre 2004. Source: Quai d'Orsay, le 6 septembre 2004.

Je suis heureuse de pouvoir m'adresser à vous aujourd'hui, à la fin d'une visite très dense, qui m'a permis d'évoquer les grands dossiers bilatéraux et européens.

La France et le Danemark n'ont pas toujours, on le sait, la même vision de la construction européenne ou des relations transatlantiques. Mais nos deux pays ont beaucoup de points en commun. Dans la longue histoire de l'Europe, le Danemark est le seul pays avec lequel la France n'a jamais été en guerre. Nos seuls affrontements récents ont eu lieu sur les terrains de football ou de handball, où les Français gardent en mémoire leurs cuisantes défaites face aux Danois. Mais en handball, nous pouvons être fiers d'avoir été battus par l'équipe championne olympique.

Plus sérieusement, nos pays se caractérisent l'un et l'autre par un fort attachement à l'identité nationale. Nous ne sommes pas prêts à renoncer à notre langue et à notre culture et nous considérons que la diversité doit l'emporter sur l'uniformité. Nous sommes, tout comme le Danemark, très attentifs au respect du principe de subsidiarité et au rôle des parlements nationaux, qui ne peuvent assister passivement à la construction de l'Europe.

Nous sommes donc très désireux d'établir, dans l'Union, des relations de travail étroites et confiantes avec le Danemark. Nous avons tous en tête le rôle essentiel que la Présidence danoise a joué pour la réussite de l'élargissement, en 1993 et 2002. Avec Michel Barnier, nous souhaitons que la France soit très ouverte et très attentive aux positions de ses partenaires. Dans une Union à vingt-cinq, aucun pays ou groupe de pays n'est en mesure d'imposer ses vues. Ce n'est que par le dialogue que nous pourrons progresser.

Je voudrais aujourd'hui vous présenter la vision de la France après les rendez-vous très importants que vient de connaître l'Union : l'adhésion de dix nouveaux États membres, l'adoption du traité constitutionnel, le renouvellement du Parlement européen, la formation d'une nouvelle Commission qui est en cours.

L'Europe se trouve à un moment charnière de son histoire : elle doit à la fois réussir son élargissement et faire partager par l'ensemble de ses citoyens un projet pour l'avenir, capable de les mobiliser. C'est sur ces deux enjeux majeurs que je voudrais insister aujourd'hui avec vous.

  • Réussir l'élargissement

Réussir l'élargissement, c'est d'abord permettre à l'Union de fonctionner à vingt-cinq, et bientôt à vingt-sept. On parle trop souvent de l'élargissement au passé, comme si une page venait d'être tournée. C'est vrai que les dix nouveaux membres nous ont rejoints dans d'excellentes conditions, et la présidence danoise de l'Union européenne y a beaucoup contribué. Mais n'oublions pas que l'essentiel reste à faire. Et d'abord, il faut que la machine européenne continue de fonctionner. On ne décide pas à vingt-cinq comme on décide à quinze. Le Traité de Nice qui nous régit aujourd'hui n'est pas à la hauteur de ce nouveau défi : il faut rendre l'Europe plus agile, capable de décider plus facilement, avec une Commission resserrée et plus efficace.

La première priorité est donc de mettre en œuvre la Constitution européenne. Nous entrons dans une phase essentielle et difficile, celle de la ratification du traité constitutionnel par chaque Etat membre. Le résultat est loin d'être acquis. En France, nous avons fait le choix du référendum parce que nous pensons que tous les Français doivent se prononcer sur cette étape fondamentale de la construction européenne. Mais nous savons tous combien il est difficile de mobiliser les opinions publiques sur les questions européennes, combien les débats sur l'Europe peuvent être facilement détournés de leur objet. Vous savez vous-mêmes combien les résultats des référendums peuvent être aléatoires. Quel que soit le mode de ratification du traité, nous devons donc nous mobiliser, dans chacun des vingt-cinq Etats membres, pour expliquer ce que cette constitution nous apporte, montrer qu'elle est la condition pour que l'Europe continue d'avancer.

Mettre l'Europe en ordre de marche, c'est la condition préalable à tout nouvel élargissement au-delà des vingt-cinq et bientôt des vingt-sept nouveaux membres. L'Union doit se donner le temps d'assimiler l'élargissement historique qu'elle vient de connaître. Ceci implique une réforme institutionnelle et juridique, avec la Constitution. Mais ceci implique également un véritable effort de solidarité à l'égard des nouveaux membres, y compris en termes financiers. C'est l'un des enjeux des négociations sur les perspectives financières pour 2007-2013. La France souhaite que l'Union se donne les moyens de ses politiques prioritaires, je pense notamment à la stratégie de compétitivité et à la recherche, qui me tient très à cœur. En même temps, la politique de cohésion doit être assez ambitieuse pour accompagner la modernisation des nouveaux membres. Dans le cadre d'un budget qui devra respecter la discipline qui s'impose au plan national, ceci demandera d'inévitables sacrifices à ceux des Quinze qui étaient jusqu'à présent les principaux bénéficiaires des fonds structurels.

Nous sommes aussi très attachés au respect des décisions prises à Bruxelles, en 2002, qui prévoient de stabiliser jusqu'en 2013 le budget de la politique agricole commune. Vous savez combien nous sommes attachés à cette politique pour des raisons économiques, mais aussi sociales et culturelles. Il s'agit pour nous, au-delà de l'agriculture, de préserver la vitalité du monde rural. Nous partageons avec le Danemark une même tradition dans le domaine des exportations agricoles. Nous sommes aussi désireux de prendre en compte tous les enjeux liés à l'agriculture : préservation de l'environnement, qualité de l'alimentation, développement des pays les plus pauvres. La politique agricole s'est réformée en 2003 pour mieux répondre à ces objectifs et pour permettre à l'Union de participer dans de bonnes conditions aux négociations à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Pour fonctionner, la politique agricole nécessite des moyens financiers : je rappelle cependant que l'agriculture, qui représentait 80% du budget de l'Union il y a vingt ans n'en représente plus aujourd'hui que 45%. Cette part devrait encore diminuer à l'avenir.

  • Faire de l'Europe un projet

Une première priorité, donc : rendre l'Europe plus efficace et plus solidaire. Mais cela n'est pas suffisant : il faut encore mobiliser nos concitoyens, autour d'un projet qui soit véritablement le leur, auquel ils croient. Aujourd'hui, ce projet n'est plus assez perçu. Les résultats des dernières élections européennes l'ont montré de façon criante. Les jeunes connaissent moins bien la genèse de l'Europe, le projet de paix sur lequel elle était d'abord fondée, et le succès remarquable qu'elle constitue à cet égard. La seconde guerre mondiale est déjà loin pour nos enfants. On peut regretter cette perte de mémoire, mais ce n'est pas en regardant en arrière que nous avancerons. Il nous faut réinventer l'Europe, en faire de nouveau un projet.

Un projet économique tout d'abord. A Lisbonne, en 2000, nous avons décidé de faire de l'Europe l'économie la plus dynamique et la plus compétitive du monde. C'est un beau projet, encore faut-il aller au-delà des mots et des slogans. Pour que la stratégie de Lisbonne devienne réalité, il faut s'en donner les moyens.

Pourquoi ? Il ne s'agit pas tant de rivaliser avec les États-Unis, même si l'on ne peut se satisfaire que notre PIB par habitant reste inférieur d'un tiers au leur. Non, le véritable défi pour l'Europe de demain ce sont les nouvelles puissances économiques qui émergent - la Chine, l'Inde -, et se posent en concurrents dans tous les secteurs économiques. L'Europe n'a pas d'autre choix que d'évoluer pour y faire face.

En outre, la création de richesse permettra seule de préserver notre modèle social, qui est un élément essentiel de notre identité d'Européens. L'Europe doit en être fière. La France croit à ce modèle, tout comme elle croit qu'il doit se financer par la richesse et par le travail.

Contrairement à ce que l'on entend dire parfois, la France s'est mise en mouvement pour être, en Europe, un facteur de dynamisme et d'emploi. Sait-on par exemple que environ 200 000 entreprises sont créées chaque année en France, grâce aux allégements de charges consentis récemment ? Sait-on que les impôts payés par les Français ont baissé de près de 10% depuis deux ans ?

Certes, la France continue de partager avec beaucoup de pays européens certaines faiblesses : une population vieillissante et un système de retraite qui en souffre, une productivité encore inférieure à celle des États-Unis, un investissement insuffisant dans la recherche… Mais la France s'est engagée depuis deux ans dans un processus de modernisation sans précédent : retraites, assurance-maladie, assouplissement des 35 heures, loi en préparation sur la recherche. Toutes ces réformes, cela fait longtemps qu'on en parle en Europe, mais le plus difficile c'est souvent de les concrétiser. Nous avons essayé de le faire dans un climat de dialogue social et de justice, et de ce point de vue, nous avons beaucoup à apprendre du Danemark.

Il en va de même en matière de services publics, qui sont un élément majeur de notre modèle social. La France a réformé profondément ses services publics - je pense par exemple à France Télécom en 1996 et à Électricité de France (EDF) cette année. Ces réformes ont mis en place la libre concurrence tout en préservant l'ambition du service public. C'est cette vision moderne et équilibrée que la France souhaite promouvoir en Europe.

Il reste beaucoup à faire, et je crois que l'Europe, par la pression des autres États membres, par la concurrence des entreprises, est un puissant moteur de réformes dès lors qu'on en a la volonté politique.

Mais la mise en place de réformes n'épuise pas l'ambition économique de l'Europe. Nous avons besoin de volontarisme. Nous devons savoir quelles sont nos forces, et quels sont les objectifs auxquels nous ne pouvons pas renoncer.

Je pense à nos domaines d'excellence: l'industrie aéronautique, pharmaceutique, les transports, certains domaines de la recherche… Il y a des entreprises, des secteurs qui sont vitaux pour l'Europe, pour son économie, son indépendance, la stabilité de ses emplois. En disant cela, je ne prône pas une intervention systématique de l'Etat. Mais je propose simplement une vision réaliste, partagée par plusieurs de nos grands partenaires. Les États-Unis soutiennent par exemple leurs compagnies aériennes depuis le 11 septembre… De même, la France ne peut pas se désintéresser de l'avenir d'Alstom et de ses 80.000 salariés, elle doit s'engager résolument avec l'Europe dans la construction du réacteur ITER, pour prendre un dernier exemple auquel je suis très attachée.

C'est en étant forte et dynamique que l'Union européenne pourra exercer toute la responsabilité qui lui revient sur la scène internationale. J'ai constaté que les attentes des citoyens sont fortes dans ce domaine : ils sont convaincus que l'Europe a un rôle essentiel à jouer dans le monde et s'étonnent souvent qu'elle ne s'en donne pas davantage les moyens.

L'Europe a appris, ces dernières années, à se faire mieux entendre. Les crises dans les Balkans ont permis l'apprentissage, souvent douloureux, mais finalement fructueux d'une politique étrangère et de sécurité. Et je voudrais rendre hommage ici à la contribution du Danemark pour la paix et la stabilité dans cette région du monde.

Il faut aller plus loin, se doter d'une politique étrangère qui soit réellement à la hauteur de ce que pèse l'Europe dans le monde. Trois conditions sont nécessaires : une vision commune, une méthode plus efficace, des moyens adaptés.

L'Union européenne a développé progressivement une perception commune de la sécurité européenne. La stratégie européenne de sécurité, adoptée en décembre 2003, est une première étape essentielle à laquelle il faut continuer de travailler. Cette stratégie met l'accent, à juste titre, sur les nouveaux défis : la prolifération des armes de destruction massive et, bien sûr, le terrorisme. La lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes, est une priorité qui suppose que l'Union mette en œuvre l'ensemble des moyens dont elle dispose : les moyens diplomatiques, militaires, mais aussi la coopération policière et judiciaire.

Le traité constitutionnel comporte des avancées majeures pour rendre plus efficace l'action de l'Union européenne en matière de politique étrangère et de sécurité : l'abolition de la présidence tournante, la création d'un ministre européen des Affaires étrangères, qui s'appuiera sur un service diplomatique européen à Bruxelles et dans le monde, devraient, si l'Europe en a la volonté, accroître la visibilité et l'efficacité des actions menées par l'Union. Dans les Balkans occidentaux, notamment, des progrès importants devraient en découler grâce à une meilleure coordination des différents instruments à la disposition de l'Union européenne.

Dans le domaine militaire aussi, l'Union a développé une capacité de décision et d'action. Les opérations "Concordia" en Macédoine et "Artémis" au Congo ont démontré que l'Union était capable d'agir de manière forte pour faire face à des crises qui menacent sa stabilité ou pour répondre à la demande d'autres organisations. Avant la fin de l'année, l'opération ALTHEA témoignera de la capacité de l'Union à prendre dans de bonnes conditions la relève de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine. C'est dans le même esprit de coopération et de complémentarité avec l'OTAN que l'Union doit concevoir la mise en œuvre des avancées du traité en matière d'Europe de la défense. Le renforcement des capacités de défense des Européens ne peut qu'être bénéfique à l'Alliance atlantique. C'est ainsi que la France conçoit son engagement au sein de l'OTAN et de l'Union européenne comme pleinement compatibles. Contrairement à une idée très répandue, la France ne se tient pas à l'écart de l'OTAN : je vous rappelle qu'elle est l'un des principaux contributeurs de troupes dans les opérations de l'OTAN et que, depuis le début du mois de septembre, les deux plus grosses opérations de l'OTAN, en Afghanistan et au Kosovo, sont commandées par des généraux français.

L'Union européenne doit concevoir son rôle dans le dialogue et la coopération avec ces grands partenaires, et d'abord les États-Unis.

Les États-Unis et l'Europe sont les seuls acteurs véritablement déterminés et capables d'agir face aux défis actuels. C'est pourquoi ils doivent travailler ensemble de façon constructive, pragmatique et efficace. Il nous faut rechercher la complémentarité dans l'indépendance, et non une concurrence qui ne peut être que contre-productive. Lorsque nous avons des différences d'approches avec les Américains, nous estimons qu'il est de notre devoir de les exprimer. C'est ce que nous avons fait dans le cas de l'Irak. Mais nous savons aussi coopérer étroitement avec les États-Unis, sur le plan politique comme sur le plan militaire : c'est ce que nous faisons en Afghanistan, dans les Balkans ou en Afrique.

Il est enfin un domaine dans lequel la France et le Danemark partagent les mêmes objectifs : c'est le renforcement des institutions multilatérales au service de la paix, du développement des pays les plus pauvres et du respect de l'environnement, domaines dans lesquels l'action des autorités danoises constitue un exemple et une référence. L'Europe a, sur ces thèmes, une position forte à défendre pour entraîner la communauté internationale dans son ensemble. Je suis certaine que nos deux pays pourront continuer à y travailler, en particulier lorsque le Danemark siègera au Conseil de sécurité des Nations unies en 2005 et 2006.

Je vous remercie.


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