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Lorsqu’ils unissent leurs forces, il est peu de défis dont nos pays ne peuvent venir à bout

Lorsqu’ils unissent leurs forces, il est peu de défis dont nos pays ne peuvent venir à bout

Allocution prononcée par M. Jacques Chirac, président de la République française à l'occasion du dîner offert en son honneur par la  Reine Elizabeth II au Château de Windsor, le 18 novembre 2004. Sources: Palais de l'Élysée, Paris et Ambassade de France au Royaume-Uni.

  • Madame,

Je remercie chaleureusement Votre Majesté des paroles de bienvenue qu’elle a bien voulu prononcer. Ces paroles nous sont allées droit au cœur, à mon épouse et moi-même.

J’ai été très sensible à votre invitation exceptionnelle à effectuer en Grande-Bretagne, et tout particulièrement ici, chez vous, à Windsor, cette deuxième visite. Je sais combien Vous-même et Votre famille êtes attachées à ce lieu chargé d’histoire, magnifiquement restauré après le dramatique incendie de 1992. J’y vois le témoignage de l’amitié profonde, chaleureuse et fidèle que vous portez depuis toujours à la France. Je veux être l’interprète des sentiments de mes compatriotes en redisant à Votre Majesté le respect et l’affection que les Françaises et les Français portent à Votre personne ainsi qu’au peuple britannique tout entier.

Nous arrivons bientôt à la fin de cette année de célébration du centième anniversaire de l’Entente cordiale. Une Entente aujourd’hui profondément enracinée entre nos deux nations. Une Entente scellée dans nos combats communs pour la liberté et contre la tyrannie. Une Entente consacrée par le sang versé sur le sol de France où s’accomplirent tant de sacrifices auxquels, par Votre présence, Vous avez rendu hommage lors des cérémonies du soixantième anniversaire du Débarquement.

Si la vision de Votre aïeul, Édouard VII, s’est transformée en réalité, c’est parce qu’elle était, il y a cent ans, une vision d’avenir. Et je crois profondément qu’elle le reste aujourd’hui, plus que jamais. Vous me permettrez, Madame, de rappeler ici la formule élégante que Votre Majesté avait employée lors de ma visite d’Etat en 1996: "S’il est vrai que nous ne conduisons pas du même côté de la route, il est tout aussi vrai que nous avançons dans la même direction". Nous avons, certes, nos différences, auxquelles nous sommes souvent attachés. Elles sont dans nos cultures et forgent nos identités. Mais l’essentiel n’est pas là. La grande leçon de l’Entente cordiale est que lorsqu’ils unissent leurs forces, il est peu de défis dont nos pays ne peuvent venir à bout. Tel est le sens que nous avons voulu donner ensemble aux multiples manifestations qui ont émaillé ce centenaire : non pas tant la commémoration de notre passé commun, si riche fût-il, mais, de manière plus cruciale, la préparation de l’avenir.

Notre avenir commun, c’est d’abord l’Union européenne. L’Europe a besoin d’un partenariat franco-britannique fort pour aller de l’avant.

Lorsque l’Europe veut faire entendre sa voix dans le monde, lorsqu’elle décide de se doter d’une capacité militaire au service de sa sécurité et pour la défense de ses valeurs, lorsqu’elle s’engage à bâtir l’économie la plus compétitive du monde, l’action conjuguée de la France et du Royaume-Uni lui est indispensable.

Nos deux pays partagent une même aspiration à considérer le monde dans sa globalité et à exercer des responsabilités à l’échelle internationale. Par l’histoire, par leur statut de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, ils s’engagent chaque fois que la paix et la sécurité internationale sont menacées. Par les solidarités qu’ils ont tissées à travers le monde, notamment avec le Commonwealth et la Francophonie, ils sont particulièrement attentifs au sort des pays les plus vulnérables. La France veut, comme le Royaume-Uni, que la communauté internationale respecte ses engagements: réduire la pauvreté et les déséquilibres du monde, préserver l’environnement, rompre l’engrenage de misère, d’instabilité et de conflit où se débattent tant de peuples, et d’abord en Afrique. La présidence britannique du G8 sera l’occasion de marquer notre engagement commun.

  • Madame,

Je n’ai pas besoin de convaincre Votre Majesté du bel avenir de l’Entente cordiale. Il existe un immense champ d’action où les efforts conjugués de nos deux pays peuvent faire progresser la paix, la justice et la solidarité. A nous, en restant unis sur l’essentiel et fidèles à l’esprit de l’Entente cordiale, de donner corps à la vision du monde qui nous rapproche et de faire des possibilités d’aujourd’hui les réalités de demain.

C’est en formulant ce vœu, Madame, que je lève mon verre en l’honneur de Votre Gracieuse Majesté, en l’honneur de Son Altesse Royale le Prince Philip, duc d’Édimbourg, ainsi que de Votre famille. Je le lève en l’honneur du Premier ministre et en l’honneur des membres du gouvernement britannique qui nous entourent ce soir. Je le lève en l’honneur du cher et grand peuple britannique, allié et ami du peuple français.

  • Vive le Royaume-Uni !

  • Vive la France !

  • Vive l’Entente cordiale !

Version anglaise: When Our Two Countries Unite their Forces, Few Challenges Can Withstand them

  • Le Château de Windsor

 Note documentaire: Source Palais de l'Élysée.

Le château de Windsor, situé à environ 50 kilomètres à l'Ouest de Londres, est la plus ancienne résidence royale et le plus grand château du Royaume-Uni. Sa construction fut décidée vers 1080 par Guillaume le Conquérant sur une colline afin de défendre Londres.

Dès 1100, Henri Ier prit l’habitude d’y résider et Henri II (1165-1179) entreprit la construction du château actuel en pierre, qu’il pourvut d’appartements officiels.

Pendant la guerre civile (1642-1660), les parlementaires y emprisonnèrent les partisans du roi. Charles II (1660-1685) consacra Windsor comme la résidence favorite des souverains britanniques et entreprit la construction de la salle Saint-Georges, avant que Guillaume III d’Orange ne lui préfère le château de Hampton Court. George IV (1820-1830) fut désireux de rendre le château plus confortable. La Reine Victoria apprécia cette vaste demeure qui lui permettait d’accueillir sa nombreuse parentèle européenne et d’y recevoir les souverains étrangers

Le 20 novembre 1992, un incendie a ravagé une importante partie du château. Les travaux de restauration, d’un coût total de 37 millions de livres, ont été achevés en novembre 1997, afin de faire coïncider la réouverture des salles avec les noces d'or de la Reine.

Le château de Windsor est une des résidences favorites de la Reine. Elle y a résidé pendant la seconde guerre mondiale et en a fait, à partir de son sacre, la résidence principale de la famille royale. La cour l’occupe officiellement durant les mois d’avril et de juin. Le souhait d'y accueillir le Président de la République et Mme Chirac répond à une volonté de faire de cette visite un moment ''spécial'', plus intime qu'une réception à Buckingham Palace. Le seul président américain à y avoir être reçu en visite d’Etat a été Ronald Reagan (7-9 juin 1982). Le Président de la République d’Afrique du Sud Thabo Mbeki et le Roi de Jordanie ont été les derniers invités de la Reine en 2001 à l’occasion de leurs visites d’Etat.

Le dîner se déroulera dans la salle Saint-Georges, une longue pièce de 55 mètres décorée dans le style néogothique. Complètement détruite par l'incendie de 1992, cette salle a été restaurée et dotée d'un plafond en chêne en forme de carène renversée.

Les 700 blasons des chevaliers de la Jarretière qui l’ornent ont été également reconstitués. Une exposition regroupera pour la première fois des peintures françaises et britanniques des collections royales afin de célébrer le centenaire de l’Entente cordiale.

 


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