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Les trois impasses que la France doit surmonter

Les trois impasses que la France doit surmonter 

Intervention de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, à l’occasion du Conseil stratégique pour l’attractivité de la France. Paris le 26 avril 2004. Source: Hôtel Matignon.

Nous avons réuni ce matin, pour la première fois, le Conseil stratégique pour l’attractivité de la France. Il s’agit de 21 dirigeants de grandes entreprises françaises ou des entreprises étrangères qui connaissent notre pays, qui connaissent l’Europe, et qui ont accepté d’être auprès du Premier ministre, des conseils pour renforcer l’attractivité de notre pays. Plusieurs de ces personnalités ont fait le voyage du Japon ou de leurs différents pays d’origine pour participer à cette réunion. Réunion, au cours de laquelle les valeurs de la France ont été mises en avant, notamment la qualité de main-d’oeuvre, les capacités technologiques, nos forces d’infrastructures, un certain nombre d’atouts significatifs. Des remarques ont été également faites, par les uns ou par les autres, concernant encore certaines rigidités, concernant des exigences pour les entreprises en matière de développement, quelques complexités des règlementations, en matière sociale ou environnementale, un certain nombre de sujets qui sont des sujets posés au niveau français comme au niveau européen.

Mais le tout s’est fait dans un esprit très constructif. Ces personnalités représentant de très grands groupes et de très nombreux emplois, ont une grande expérience du travail, de l’emploi et du développement des entreprises en France et dans le monde.

Plusieurs éléments d’information. D’abord, les résultats 2003 concernant les créations d’emplois par les entreprises internationales en France. Les investisseurs internationaux ont créé 27 335 emplois directs en France au cours de l’année 2003. Les investisseurs étrangers ont créé en 2003 20 % de plus d’emplois qu’ils n’en avaient crées en 2002. C’est un élément important, puisqu’il s’agit là des emplois directs ; si on prend les emplois indirects, c’est une centaine de milliers de nos concitoyens qui sont concernés sur l’ensemble du territoire national par l’investissement étranger en France. Nous voulons vraiment renforcer dans une économie de plus en plus mondiale, l’attractivité de la France pour développer l’emploi. Attractivité égale emplois. C’est le combat que nous menons et qui est animé par l’Agence Française des Investissements Internationaux - l’AFII -, que Madame l’ambassadeur, Clara Gaymard, dirige. Et donc, elle a mené les débats, ce matin, que nous allons poursuivre au cours du déjeuner. Nous sommes satisfaits de ces premiers résultats.

Je voudrais dire également combien il est important, pour la France, de développer un certain nombre d’autres initiatives. Je crois que tout se partage : la politique de réformes qui est engagée dans notre pays, doit rendre notre pays plus compétitif au niveau européen, et pour mener les différentes réformes nécessaires, notamment sortir la France des différentes impasses qui ferment les portes de l’avenir.

  • Quand on discute avec les uns et les autres, on voit qu’il y a trois impasses qu’il faut surmonter :

la première, c’est l’impasse de la nostalgie, on voit bien que les mouvements dans le monde sont engagés et ne s’arrêteront pas. La Chine, s’est éveillée ; l’Inde, connaît un fort développement - c’est Bengalore -, en même temps qu’un fort sous-développement - c’est Bombay. La nouvelle donne du monde est imposée. La France doit vivre ces mouvements, elle ne doit pas se replier dans une nostalgie qui apparaîtrait comme un renoncement. Il faut donc surmonter cette impasse de la nostalgie. Il faut aussi surmonter l’impasse d'État-providence. Il est clair que les États sont concurrents entre eux et que l’Etat apporte des prestations, l’Etat apporte des aides, mais que, aux citoyens comme aux entreprises, face à ces aides, face à ces droits, sont demandés des devoirs. Il est clair qu’au XXIe siècle, "l’État-providence" a d’autres missions que celles des années et des décennies passées. Et troisième impasse importante qu’il faut surmonter, et tout le monde est, sur ce sujet, bien d’accord sur les efforts faits en France : l’impasse liée au vieillissement de la population en Europe. D’une part, comment régler le problème des retraites partout en Europe ? Nous l’avons fait en France et cela a été à plusieurs reprises souligné. Il faut traiter aussi le problème de santé. C’est ce que nous allons proposer pour la réforme de notre système de santé qui sera élaborée dans la deuxième quinzaine du mois de mai et qui pourra ainsi être débattue au Parlement à partir de la mi-juin pour assurer à notre système de santé un avenir avec des progrès de qualité.

Sortir la France de ces impasses, impasse de la nostalgie, impasse de "l’État-providence", et impasse de son vieillissement, nous avons là l’occasion de mener un certain nombre de réformes. Il est clair que se dégage, avec ce Conseil stratégique de l’attractivité, un certain nombre d’actes importants. D’une part, il est évident que tout le monde mesure bien que le rôle de l’Etat doit être de protéger le citoyen de ce qui ne dépend pas de lui - c’est la situation internationale liée au terrorisme, liée à un certain nombre de phénomènes qui ne dépendent pas du citoyen - ; protéger le citoyen de ce qui ne dépend pas de lui. En revanche, responsabiliser le citoyen et donc donner des droits et des devoirs à tous ceux qui bénéficient des aides d’Etat, et préparer l’avenir, notamment en renforçant un certain nombre d’éléments stratégiques comme la politique d’innovation, tout ce qui est la politique de la valeur ajoutée, du talent, la politique vis-à-vis des cadres impatriés par exemple faisant partie de cette dynamique qui a été développée et pour laquelle nous voulons poursuivre, notamment en développant une mesure que je vous annonce parce qu’elle fait partie de cette logique de mobilisation pour le développement et la recherche du développement en entreprise.

Vous savez que dans le budget 2004, nous avons multiplié par sept le nombre d’entreprises qui ont droit au crédit d’impôts pour la recherche et le développement. Nous voulons aller plus loin, notamment en prenant des mesures pour orienter l’épargne vers la recherche et le développement. Vous savez que notre pays, la France, connaît un haut niveau d’épargne. Nous voulons inviter un certain nombre de Français à s’engager davantage dans des processus liés à la recherche et au développement, et c’est pour cela que j’ai demandé au ministère de l’Économie et des Finances et aussi de l’Industrie, de faire des propositions, avant l’été, à l’issue d’une concertation qui est déjà engagée depuis plusieurs mois sur ce sujet, et notamment en ce qui concerne le dispositif des contrats d’assurance‑vie. Vous savez que le dispositif des contrats d’assurance‑vie investis principalement en actions, qui a été créé en 1998, doit pouvoir être amélioré pour être plus incitatif, pour contribuer davantage au développement des entreprises, notamment des entreprises innovantes. Nous allons faire en sorte que les contrats d’assurance‑vie soient incités à s’orienter davantage vers le développement des entreprises innovantes. C’est un élément essentiel de cette dynamique vis‑à‑vis de l’attractivité par le développement de l’innovation. Nous mettons en place, avec l’AFII et C. Gaymard un Plan « Image de la France dans le monde » dont nous avons présenté quelques éléments. On leur a demandé comment la France était perçue. On a vu un certain nombre de caractéristiques positives. On a vu aussi quelques éléments de faiblesse et nous avons, là, un travail qui est engagé dans le monde entier, diffuser une image de la France attractive. Ce plan a été discuté avec nos partenaires. Il sera finalisé, c’est M. Dauzier qui coordonne ces travaux avec l’AFII, et c’est à la fin mai, aux Journées de la Baule, journées de l’investissement international, que nous présenterons ce Plan « Image de la France dans le monde » avec une grande campagne de communication pour essayer de corriger les écarts qu’il y a entre la réalité de la France et ce qu’elle représente réellement aujourd’hui, à la fois avec son modèle social fort et solidaire mais aussi ses capacités d’innovation, et notamment un certain nombre de pôles d’excellence que nous voulons valoriser.

Enfin, je voulais vous dire que nous travaillons avec le Conseil de l’attractivité sur ce qui sera le tableau de bord de l’attractivité en France, un certain nombre de critères qui sont très importants, que nous avons évalués, ‑ les flux de l’investissement direct, les implantations d’entreprises, le nombre de cadres, le nombre de chercheurs, le nombre d’étudiants ‑ et donc un certain nombre d’éléments objectifs qui nous permettront de mesurer régulièrement, d’évaluer objectivement l’attractivité de la France. C’est un point sur lequel il nous faut élaborer encore pendant quelques semaines, par la concertation avec les différents partenaires, ce tableau de bord, et il sera rendu public prochainement, après avoir été discuté avec les différents acteurs et nous le rendrons public à la Baule pour que tous les ans, on puisse avoir une perception précise de ce qu’est l’attractivité de la France.

Voilà. Je crois que Mme Gaymard fait un point de presse cet après‑midi. Elle pourra vous présenter, dans le détail, l’ensemble de ces dispositions. Je vous remercie. Je crois pouvoir vous dire que les chefs d’entreprises des très grands groupes, qui sont ici présents ‑ vous en avez la liste dans les informations de presse qui vous sont remises ‑ sont des personnalités qui sont particulièrement honorées d’être consultées par le Gouvernement français, et qui, toutes, sont partenaires d’un certain nombre de stratégies que nous voulons développer, puisque nous souhaitons vraiment une stratégie industrielle pour la France, qui puisse s’appuyer sur des grands pôles européens et un certain nombre d’entreprises aujourd’hui se rapprochent. On a parlé de General Electric et de Snecma, on a parlé aujourd’hui évidemment de Sanofi et d’Aventis. Nous parlons d’un certain nombre de projets ; Siemens est très intéressé et a des projets importants.

Ce que nous souhaitons, c’est que se construise autour de très grands pôles une véritable politique industrielle européenne dans laquelle la France puisse jouer un rôle fort, de manière à ce que nous puissions lutter contre ce qui menace terriblement les économies partout en Europe : ce sont les délocalisations. Et c’est par ces stratégies de pôles, de compétences et de puissance et d’excellence que nous pourrons répondre à ces différentes menaces. Je vous remercie.

 


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