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Le sommet de Cayenne consacre la reconstruction en Haïti

Le sommet de Cayenne consacre la reconstruction en Haïti

Dans un entretien au Figaro du 18 mars 2005, le ministre français des Affaires étrangères, M. Michel Barnier précise l'enjeu de ce sommet de Cayenne. « Il s'agit d'un rendez-vous opérationnel, qui va se tenir dans la région même, à Cayenne, avec des pays décidés à agir rapidement et le Premier ministre haïtien, M. Latortue. Nous allons établir la liste des projets que nous sommes prêts à soutenir puis décider qui les réalise et dans quels délais. La France va proposer près de 60 projets pour un montant de 31 millions d'euros. Au total, plus de 200 projets sont en train d'être finalisés, c'est un véritable "agenda pour Haïti" que nous voulons mettre en œuvre tous ensemble. Les initiatives qui devraient être adoptées à Cayenne couvrent trois grands enjeux : les infrastructures avec les routes, l'électricité et l'eau, les services de base avec la santé et l'éducation et la bonne gouvernance. L'originalité de notre démarche est d'éviter les vœux pieux et les promesses verbales et de se concentrer, tout au contraire, sur des projets très concrets. » Intervention de Michel Barnier, , lors de l'ouverture de la réunion ministérielle sur la reconstruction en Haïti, Cayenne, le 18 mars 2005. Source: Quai d'Orsay.

Je voudrais tout d'abord remercier M. Karam, Président du Conseil Régional de Guyane, qui accueille nos travaux et à notre ministre du tourisme, M. Léon Bertrand. L'ensemble des délégations pour leur participation, en dépit des difficultés de liaison aérienne. Avec des remerciements particuliers pour le Premier ministre haïtien, M. Gérard Latortue, et pour le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies (RSSGNU), M. Juan Gabriel Valdès, qui honorent cette réunion de leur présence.

        Présentation des objectifs de la Conférence.

Un an s'est écoulé depuis la démission du Président Aristide. Dans quelques mois (décembre 2005) les Haïtiens choisiront démocratiquement un nouveau Président, qui prendra ses fonctions dans un peu moins d'un an, le 7 février 2006. Nous sommes donc à mi-parcours de cette période de transition.

J'inviterai dans un instant le Premier ministre, M. Latortue, et le RSSGNU, M. Valdès, à dresser un bilan de ce qui a été accompli pendant l'année écoulée, et de ce qui reste à faire.

Au-delà de ce bilan nécessaire, notre objectif, en organisant cette réunion est en effet de mesurer la tâche qui reste à accomplir, dans le peu de temps qui nous sépare des élections, et de trouver ensemble les moyens pour accélérer la mise en œuvre de l'aide que nous avons annoncée au gouvernement d'Haïti et, à travers lui, au peuple haïtien.

II n'est pas utile de revenir en détail sur ce qu'était la situation d'Haïti, il y a un an, au départ d'Aristide :

  • une administration publique détruite,

  • un appareil judiciaire sinistré,

  • un pouvoir législatif qui avait disparu faute d'élections,

  • un chaos sécuritaire, où les bandes armées de tous bords avaient pris le pays en otage ;

  • une économie en ruine, où les investisseurs et les bailleurs de fonds avaient renoncé à intervenir.

Aujourd'hui, un an après :

  • Une situation sécuritaire en légère amélioration, mais sujette à de préoccupantes rechutes. Un processus de désarmement qui n'a jamais véritablement commencé.

  • Une force des Nations Unies (MINUSTAH) qui commence à jouer effectivement son rôle stabilisateur et qui, depuis maintenant au moins trois mois agit en bonne coordination avec le gouvernement haïtien et sa police.

  • Une administration publique haïtienne qui peine toujours à renaître de ses cendres, mais qui donne des signes positifs de meilleur contrôle de la dépense publique.

  • Un processus politique entré en phase active de préparation des échéances électorales, avec la publication il y a un mois du décret fixant le calendrier électoral.

  • Une population haïtienne partagée entre l'espoir, l'attentisme, le scepticisme. Ses conditions de vie ne se sont pas améliorées depuis un an, et elle constate un grand écart entre l'annonce de la reprise de l'aide internationale, qui a suivi assez rapidement la démission d'Aristide, et son décaissement effectif. Seules les aides d'urgence, en mars (après les troubles politiques), en mai (après les inondations dans l'est du pays) et en septembre (après le cyclone Jeanne) ont été perçues comme concrètes. Mais, par nature, elles étaient limitées dans le temps.

  • Cet écart constaté est réel. Il est toujours difficile de relancer une machine qui a été arrêtée. Les procédures sont lourdes et il faut d'abord s'assurer de la fiabilité des nouveaux circuits mis en place. Les bailleurs de fonds ont trop souvent eu l'impression de déverser leur aide en pure perte, et cherchent à s'entourer de garanties. L'expérience du passé nous a d'autre part instruits de la nécessité de coordonner nos aides : l'élaboration préalable d'un cadre global, le Cadre de Coopération Intérimaire, a pris plusieurs mois.

L'aide commence aujourd'hui à arriver, et à être visible. Des travaux de proximité, ou des projets plus ambitieux, se mettent en place. La perception de notre action est en train de se modifier. Mais cela reste trop diffus.

  • Dans ce contexte : nous avons souhaité rassembler l'ensemble des contributions concrètes, accélérer leur instruction, leur maturation, et faire savoir aux haïtiens que tout le travail préalable qui a été accompli depuis un an est aujourd'hui en train de se concrétiser.

  • Il s'agit de transformer la perception diffuse d'un début d'arrivée de l'aide, en prise de conscience collective de sa réalité, de créer un choc positif. Il ne s'agit plus d'annoncer des chiffres, mais de dire précisément dans quel quartier, quel hôpital, quelle école, quelle zone rurale, le mieux-être va arriver, et sous quelle forme.

Il s'agit d'améliorer ensemble la perception, et donc la communication, sur l'effort que nous faisons ensemble.

  • Notre but est éminemment politique : il est de convaincre les Haïtiens, non par des mots mais par des actes, qu'ils ont un avenir, que cet avenir leur appartient, et que nous sommes déterminés à les aider, dans la durée, à le construire. Cela passe, nous le savons tous, par la possibilité pour les centaines de milliers de chômeurs que compte Haïti, de retrouver un emploi.

  • Le document final que nous adopterons à l'issue de nos travaux aura pour cette raison un format inhabituel. Il ne s'agira pas d'une déclaration générale, mais d'une liste structurée des projets que, les uns et les autres, nous allons mettre en œuvre dans le courant de cette année cruciale pour Haïti, et dont nous pensons qu'ils répondent aux préoccupations des Haïtiens dans leur vie quotidienne.

  • Vous le voyez, notre objectif est modeste mais à nos yeux essentiel. J'ai souhaité que nos travaux soient marqués par la même modestie : que nos délégations soient peu nombreuses, que nous ne nous payions pas de mots, que nous évitions les effets d'annonce. La communauté internationale n'a pas le droit d'échouer en Haïti. Ce serait trop grave pour nous tous. Ce serait un signal dramatique d'impuissance qu'il nous est interdit de donner. C'est parce que nous partageons tous cette conviction que nous sommes ici rassemblés.

        Présentation du projet d'ordre du jour :

  • Nous avons prévu, ce matin, de donner la parole au Premier Ministre haïtien, M. Latortue, puis à M. Valdès, afin qu'ils nous décrivent, rapidement et avec la franchise qui les caractérise, la situation d'Haïti.

  • Nous aurons ensuite une première session d'examen des projets que, les uns ou les autres, nous entendons développer, dans le domaine des infrastructures et de la relance économique. Le représentant de la Commission de l'UE voudra bien introduire nos travaux par la présentation des programmes qu'elle développe dans ces domaines.

  • Nous aurons ensuite un déjeuner, au cours duquel les chefs de délégation, réunis autour d'une même table, seront invités à aborder les programmes liés au volet politique de notre action. Je suggère que ces travaux soient introduits par notre collègue canadien, M. Pettigrew, particulièrement engagé sur ces aspects. - Nous reprendrons ensuite nos travaux pour examiner l'ensemble des programmes visant à assurer à la population haïtienne un meilleur accès aux services de base. La délégation des États-Unis pourrait introduire ce volet par la présentation de ses propres projets.

Si cet ordre du jour vous convient, je donne la parole au Premier Ministre de la République d'Haïti, M. Gérard Latortue, et je vous remercie pour votre attention.

 


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