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Midway (6) : Lacunes mises en évidence par Pearl Harbor et conséquences

Midway (6) : Lacunes mises en évidence par Pearl Harbor et conséquences

Le "Wishful thinking" est la pire des choses... En français, on dirait: « prendre ses désirs pour des réalités », une forme de suffisance et d'arrogance mêlées qui est loin d'être l'apanage des seuls Japonais et qui, au mieux, ne peut que nous entraîner vers des désillusions et au pire, voire conduire à l'irréparable. C'est bien de préparer pendant un an « un coup » en secret comme l'attaque surprise sur Pearl Harbor, mais ignorer que l'ennemi dispose de radars plus performants et de moyens efficaces pour déchiffrer vos messages codés rend l'opération suicidaire. A force de se croire supérieur aux autres et d'imaginer l'autre tel qu'on voudrait qu'il fut, et non pas tel qu'il est, on finit tôt ou tard par en payer le prix fort. Et malheur à ceux, bien sûr, qui n'apportent pas les nouvelles qui vont « dans le sens recherché » par la haute hiérarchie... Déjà sous Cléopâtre, les porteurs de "mauvaises nouvelles" subissaient un sort funeste. La seconde religion des Américains responsables a toujours été celle des faits: comme le dit l'adage: « si les commentaires sont libres, les faits sont sacrés.» C'est sans doute une des plus grandes qualités des Américains que les Japonais ont voulu ignorer. Ceci explique pourquoi certains d'entre eux vont faire des erreurs graves, dont certaines seront rédhibitoires. Les Américains en commettront également, à la différence près qu'à l'époque, ils étaient capables de l'admettre et de les corriger en opérant un 180° immédiat si nécessaire "à l'anglaise", dirions nous! Après des années d'isolement, avec pour conséquence une perception du monde erronée, une absence de vision globale, sans parler d'un leadership qui a force d'être consensuel en était devenu ramolli par ses divisions et ses querelles de clocher, seule l'Amérique de l'intérieur comptait depuis le New Deal, l'Amérique était devenu un colosse aux pieds d'argile. Ce qui n'est pas acceptable aujourd'hui encore, c'est que les responsables à Washington avait eu "l'information" plusieurs jours à l'avance, et à Pearl Harbor, l'alerte dix minutes avant l'attaque [1], soit suffisamment pour organiser la défense de la grande base aéronavale, mais ces mêmes responsables, englués dans leurs contradictions et leur rivalités n'y ont pas cru ou pas voulu y croire. Il serait d'ailleurs très intéressant de comparer sur ce sujet les rapports [2] des Commissions d'enquête qui se sont tenues au Congrès après Pearl Harbor et après "9/11" [3]. « Comparaison n'est pas raison », mais dans ce cas, les experts sont très nombreux à y voir de troublantes similitudes. Dans ce nouvel épisode, l'auteur examinera les plus grandes erreurs des uns et des autres et en dégagera les principaux enseignements qui sont toujours d'actualité. Par l'Amiral Guy Labouérie, membre de l'Académie de Marine [4]. Brest, le 12 novembre 2005.©

Les erreurs et les difficultés des Japonais

  • S’ils ont un excellent service de renseignement, il s’agit surtout de renseignement de type statique, quantitatif, analytique...

Plan de Pearl Harbor trouvé sur un pilote abattu à Pearl Harbor écrit en kata kana - Photo US Navy

Ils savent tout des postes d’amarrage des unités américaines à Pearl Harbor et la précision de leurs renseignements fera l’admiration de leurs pilotes retrouvant exactement au moment de l’attaque les conditions de leur entraînement et la place de leurs cibles. Ils savent tout des habitudes dominicales de leurs adversaires et connaissent l’heure la meilleure pour surprendre une garnison américaine tranquille commençant à s‘éveiller pour le breakfast du matin... Mais ils n’ont que très peu d’informations et moins encore de réflexion sur l’aspect dynamique de leur adversaire, ses capacités de réactions, ses comportements dans l’adversité, ses types d’entraînements, la richesse de son potentiel humain de même que celui des chefs militaires, etc. et plus encore ses possibilités réelles de développement à moyen et long terme. S’ils ont eu beaucoup de chance de la non exploitation du radar d’Opana [5], ils n’en connaissaient probablement pas l‘existence et les performances!

Le radar d'Opana installé à 160 m d'altitude sur l'île d'Oahu - Photo © IEEE History Center

Ils sont aveuglés par leur réussite et la rapidité exceptionnelle de leur offensive sur le Sud-est asiatique, qui a suivi l’attaque de Pearl Harbor, aveuglement qui se traduit par un certain nombre de conséquences négatives:

a) ils n’ont pas envisagé, ce qui est quand même étrange et souligne leur ignorance des réactions des puissances européennes même battues, que les techniciens européens des arsenaux et des bassins de Hong Kong, Singapour, Surabaya, allaient disparaître après avoir sabordé leurs installations, alors qu’ils avaient compté pouvoir se servir de ces arsenaux à leur profit pour y entretenir leurs escadres en complément de ceux du Japon. Aussi, manquant d’ingénieurs et de personnels qualifiés, cela les obligera, handicap supplémentaire, à courir après la logistique et la véritable mobilité de leurs forces pendant toute la durée de la guerre.

Photo d'un HA-19 échoué à Waimanalo sur la côte Est d'Oahu [6]

b) ils n’attachent aucune importance aux sous-marins adverses [7], obnubilés qu’ils sont par la puissance du nouveau capital ship, le porte-avions, encore que le commandant de la Flotte Impériale, l’amiral Yamamoto, n’en soit peut-être pas aussi totalement persuadé qu’on le dit, comme on le verra dans le choix de son dispositif pour attaquer Midway. Ce seront pourtant les sous-marins américains qui porteront les coups les plus durs à leur flotte marchande, gagnant ainsi la seule guerre sous-marine de l’histoire, aspect très important dans la défaite du Soleil Levant totalement tributaire de la mer et des navires de commerce pour son ravitaillement en matières premières et en pétrole.

L'USS Sealion: 1er sous-marin US perdu pendant la 2ème G.M. [8]

c) Ils n’ont pas développé de radars à la même vitesse que les Alliés et n’en disposeront que sur deux cuirassés au moment de Midway, ce qui manifeste leur retard technologique sur beaucoup de points, particulièrement sur celui-là qui malgré les imperfections des radars du moment allait avoir une importance primordiale dans les combats entre porte-avions se trouvant à des centaines de kilomètres les uns des autres, le radar étant une des rares possibilités donnant un certain préavis face une attaque aérienne.

Un Zéro décolle de l'Akagi pour attaquer Pearl Harbor

d) Bien plus grave, alors que les Américains ont démarré leur incroyable programme naval [9] et vont multiplier de façon fantastique leurs personnels militaires, les Japonais ne fabriquent pratiquement pas de nouveaux avions et n’entraînent pas de nouveaux pilotes en quantité suffisante pour remplacer les pertes qui pourraient survenir et qu’ils ne semblent pas envisager après leurs succès initiaux, comme si au cours d‘opérations aussi importantes il n‘y aurait pas d‘attrition d‘hommes et de matériels à prendre en compte et comme si la durée de la guerre allait être limitée!

Photo d'un B5-N1 sur l'Akagi pour le film "De Pearl Harbor en Malaisie"

e) Malgré le fait qu’ils ont détruit ou endommagé tous les cuirassés américains présents à Pearl Harbor, qui pour six d’entre eux seront néanmoins renfloués et participeront aux dernières opérations de la guerre, ils sont très dépités d’avoir manqué les porte-avions américains [10], cela devenant chez les marins une véritable idée fixe qui, comme telle, devient très vite un désavantage mental et opérationnel, même s’ils ont raison de penser que c’était la proie prioritaire ou du moins qu’elle aurait dû l’être. Encore aurait-il fallu s’y intéresser de beaucoup plus près avant de lancer l’opération contre Pearl Harbor!

Vue aérienne de la base sous-marine de Pearl-Harbor prise en octobre 1941

Les erreurs des Américains

Elles sont considérables au début de la guerre et comprennent en particulier:

L'Amiral James O. Richardson - Photo U.S. Naval Historical Center

- un total scepticisme sur la probabilité d’une attaque sur Pearl Harbor par un mauvais jugement déjà noté sur la protection offerte par la distance géographique, erreur aggravée par le limogeage de l’amiral Richardson [11] et une mauvaise appréciation des capacités de l’aéronavale japonaise alors même que de l’avis de tous les observateurs à l’époque les pilotes japonais et leurs avions sont les meilleurs du moment.

Il n’y a pas de projet politique global vis à vis de l’Extrême-Orient et donc, dans le domaine stratégique, ni unité de pensée, ni d’organisation, ni d’information, ni de direction.

En fait, après l’attaque japonaise sur le continent asiatique plusieurs années auparavant il n’y a pas eu de définition précise de la politique américaine vis à vis de cet agresseur et vis à vis des effets entraînés sur la politique américaine par ce changement géostratégique considérable allant en s‘aggravant. Les marins surveillent certes leurs homologues japonais mais si c’est cohérent avec la politique officielle et avec les missions de la Marine, c’est insuffisant même en connaissant le code du futur adversaire.

Politiquement le pays est engourdi dans un certain isolement vis à vis de ce qui se passe en Europe, d’autant que la propagande allemande y est grande, même si son gouvernement ne cesse de soutenir la Grande-Bretagne en étant de plus en plus actif en Atlantique.

Les moyens sont mal répartis, la priorité qui avait été donnée à l’ennemi allemand, depuis 1898 dans le Pacifique ne s’est que depuis peu seulement transférée aux Japonais, une partie des moyens du Pacifique ayant été en outre déployés en Atlantique pour renfort éventuel des Britanniques contre l’Allemagne, la situation de la Grande-Bretagne étant de plus en plus difficile face à l’accroissement de la guerre sous-marine allemande.

Il n’y a pas de commandement unique sur le théâtre Pacifique, la Marine refusant d’être sous les ordres du général Mac Arthur lors de la nomination de ce dernier pour assurer la défense des Philippines où, après sa mise à la retraite, il avait été le conseiller de son gouvernement avant d‘être rappelé à l‘activité et chargé de la Défense de ces îles en cas d‘attaque japonaise.

Les querelles d’armée existent entre la Marine et l’Armée de Terre et cela continue y compris pendant l’attaque de Pearl Harbor où le manque de coordination des uns et des autres leur interdisent de déduire la route d’évasion des porte-avions japonais alors qu’ils avaient les renseignements nécessaires grâce au radar d’Opana qui, remis en route après l’attaque, avait suivi l’éloignement des raids japonais vers le Nord avec regroupement massif route au Nord Ouest... Le fait de ne pas avoir dans l’immédiat les moyens suffisants pour tenter une contre-attaque victorieuse contre les six porte-avions japonais n’excuse en rien ces fautes de coordination.

Les services et sous-services de renseignement et de contre espionnage sont insuffisants et victimes comme souvent d’un manque de coordination et de luttes de pouvoir entre eux, ce qui paralysera l’information réelle à tous les échelons de la Marine avant l’attaque japonaise.

 Les enquêtes qui suivront l’attaque montreront l’incroyable laisser-aller et la confiance excessive des divers responsables à un peu tous les niveaux du renseignement et des transmissions.

Le plus étrange, ce qui favorisera ultérieurement l’hypothèse inexacte que le Président américain voulait cette attaque pour lancer le pays dans la guerre, est la série d’erreurs, d’oublis, de non transmission d’informations entre autorités politiques et militaires US [12] alors même que le politique disposait d’informations considérables sur les intentions japonaises pratiquement jusqu’au dernier moment.

L'Amiral Kimmel (au centre), les CDV Delany  et Smith à Pearl Harbor

Ce sera particulièrement le cas dans l’oubli de prévenir l’Amiral Husband E. Kimmel [13] à Pearl Harbor de l’imminence d’une agression majeure japonaise dans le Pacifique, ce qui est quand même invraisemblable pour un pays qui avait cassé le code japonais depuis longtemps, même s’il changera au dernier moment. Les Britanniques eux-mêmes avait pourtant prévenu de leur côté les Américains de l’imminence d’une attaque, mais tout cela ne servit à rien...

Enseignements

  • Le Projet doit prendre en compte la totalité des acteurs sans faire d’hypothèse sur leur comportement.
C’est une erreur aussi bien japonaise qu’initialement américaine, et une tentation très commune dans toutes les activités se déroulant en milieu concurrentiel, et/ou hostile.
Y succomber entraîne inexorablement une faiblesse difficile à rattraper voire l‘échec. Si l’on est conduit, en fonction de ses capacités d’information et de renseignement, à proposer des hypothèses de travail facilitant la conduite de la préparation d’une opération quelle qu’elle soit, civile ou militaire, il serait dangereux de la lancer sans en avoir préalablement vérifié les hypothèses. Il est très rare que les politiciens aient recours à ce type de raisonnement qui fait pourtant partie désormais de toutes les méthodes d’appréciation de situation en univers complexe, hostile ou concurrentiel. Se réunir en comités, généralement mal préparés, n’est en rien une méthodologie acceptable au XXIème siècle. C’est pourtant le cas général aujourd’hui et l’on serait bien inspiré de développer l’étude et les applications de véritables méthodes de pensée et de travail qui soient communes à tous les participants d’un Projet et des actions qui s‘en déduisent.
  • Le Projet doit donner la finalité à terme de l’opération projetée et ne pas se contenter des objectifs, ce qui peut conduire à de désastreuses conséquences comme cela se produira dans le raisonnement des marins japonais [14].

Sans finalité à terme, qui dans le domaine de la guerre ne peut être que politique, on tombe dans un immobilisme, conséquence des interrogations suscitées par l‘obtention d‘objectifs dont on ne voit pas ou ne comprend pas « pour quoi » on les a atteints. On retrouve la même erreur, américaine cette fois-ci, dans la Deuxième Guerre du Golfe où les objectifs militaires n’étaient ni inspirés ni soutenus par un Projet politique précis, ce qui malgré leur obtention très rapide n’a pas facilité la suite de cette guerre. Mieux vaut ne pas insister sur les innombrables erreurs de jugement que l’on trouve au plus haut niveau dans tous nos pays par manque de Projet.

Il est difficile de se mettre dans le cerveau de l’Autre, et ce l’est d’autant plus que les cultures sont plus éloignées. Cela illustre la nécessité dans toute rencontre non seulement de connaître l’Autre ce qui est déjà très compliqué si l’on ne veut pas en rester à l’apparence mais de s’identifier dans les yeux de l’Autre [15], ce qui demande là aussi des personnes capables de ce très difficile exercice.

Toute l’organisation et la finesse du renseignement/intelligence en dépendent et c’est valable dans toutes les activités sur la planète. Le renseignement a toujours plusieurs aspects, arithmétique, statique et dynamique, mécanique et cinématique et pour finir cybernétique dans tous les domaines qui intéressent l’action projetée puis en cours jusqu’à son dénouement. Si la cybernétique était étymologiquement l’art de manœuvrer les vaisseaux il y faut la même “adresse” et le même professionnalisme pour maîtriser l’information / renseignement et d’une façon plus générale la conduite globale de toute action sur la planète-archipel.

Il ne faut se tromper, ni sur les distances, dans toutes leurs conséquences, ni sur le temps, en particulier sur les rythmes, personnels et collectifs, ce qui implique une prise en compte continue de l’Espace/Temps/ Information réel de l’opération, le sien et celui de l’Autre, sous tous leurs aspects en commençant par les données humaines.

  • Le Temps, élément essentiel, n’est pas seulement le sien mais aussi celui de l’Autre que l’on contraint ou non à jouer la partie [16].

Dès lors qu’il existe un état de concurrence ou pire de guerre sur telle ou telle partie du globe, le Temps de paix n’existe pas et l’Intelligence du temps pluriel de l’action entreprise doit être permanente.

Aujourd’hui l’ensemble se complexifie par l’introduction systématique du Droit ou plutôt des droits et des médias qui ajoutent des contraintes parfois insurmontables dans les affaires à défaut de l’être toujours dans la guerre où il est possible de s’en affranchir dans une certaine mesure, même si c’est désormais de plus en plus difficile du moins dans les démocraties. Rien n’est plus triste que de constater la création de cellules dites "de crise" qui sont toujours en retard sur les événements, puisqu‘au moment de leur création l‘information est déjà vieillie et que suivant le ou les motifs de la crise, cela peut aller à des écarts grandissants rendant compréhension et actions très difficiles! Il y a là, sous prétexte d’économies, la permanence coûtant cher, quand ce n’est pas simplement d‘illusions sur le monde dans lequel on vit, de très mauvaises habitudes.

Il ne faut jamais se laisser dominer par des succès initiaux d’où l’intérêt de disposer près du décideur d’une cellule “mauvaise conscience”, indépendante de tous les acteurs.

Chargée de prévoir et d’analyser toutes les retombées positives et négatives des décisions prises, depuis la préparation jusqu’à l’aboutissement de l’opération [17], elle évite de se laisser griser par tel ou tel succès immédiat ou partiel comme d’ailleurs de tel ou tel échec. Il ne faut pas non plus, en effet, s’obnubiler sur la partie négative d’une action en la centrant exclusivement sur les moyens ou sur les objectifs non atteints, mais réfléchir aux données d’ensemble, particulièrement aux comportements humains et à leurs réactions qui ont entraîné le mauvais résultat en question pour revenir à la finalité du Projet global qui permet seule un jugement correct avec la possibilité d‘y remédier.

Il n’y a pas de réelle mobilité si l’on ne possède pas la grande logistique qui va avec et qui sera d’autant plus importante que les distances seront plus grandes.

  • Sur ce point il y a une confusion habituelle chez beaucoup entre mobilité et rapidité.

Il faut en réalité les deux et c’est l’immense avantage des forces aéronavales de les concilier par le mariage de la mobilité de l’ensemble de leurs moyens qui fait planer l’Incertitude et la Foudroyance de leurs moyens missiles et aéronefs embarqués.

Cela est vrai dans toutes les activités humaines en commençant par la recherche d’emplois... La mobilité réelle ne devant pas être confondue en France avec l’usage hexagonal de l’automobile! De plus la logistique n’a de sens que projetée vers la finalité de l’opération, qu’elle soit civile ou militaire. Si l’on n’a pas pris en compte sur la durée prévue ou possible, les besoins en recomplètement et renforcement, les fameux Re/Re de l’OTAN il y a quelques années, en hommes et en matériels alors on se retrouve impuissant au moment même où ces capacités seraient nécessaires pour pouvoir poursuivre son action, car rien n‘est moins « certain »  que les réactions du concurrent ou de l‘adversaire.

Si l’on se moque parfois des militaires qui ont une formule simple: “un chef, une mission, des moyens”, c’est pourtant une clé incontournable du succès et bien des entreprises et des États devraient s’y tenir.

  • La multiplication des autorités favorise trop souvent les querelles de leurs états-majors et entraîne flou et irresponsabilité.

C’est également la caractéristique des gouvernements trop nombreux avec des cabinets ministériels trop développés où chacun a ses petites ou grandes chapelles avec une incapacité de plus en plus grande d’avoir une vision globale de la situation et des retards de plus en plus dommageables à la décision. C’est encore plus sensible en matière de renseignement et d’information, et les médias sont pleins des batailles internes des gouvernements trop nombreux où l’émiettement remplace l’esprit de synthèse et une organisation efficace. Si la leçon fut rude à Pearl Harbor, les militaires américains en tireront immédiatement profit pour la suite, même si ultérieurement en particulier au Vietnam, ils ne furent pas souvent suivis par le pouvoir politique. Quant aux Européens ils feraient bien d’y réfléchir que ce soit pour certains gouvernements nationaux ou dans la pieuvre envahissante de certaines administrations y compris bruxelloises.

Guy Labouérie

[1] Témoignage du soldat Joseph P McDonald affecté au Centre d'information de Fort Shafter à Hawaï, relié aux 5 radars d'Oahu. Les gens étaient en alerte permanente depuis plusieurs semaines, car les navires japonais ne pouvaient être localisés... L'alerte a été interrompue le 7 décembre 1941 à 6 heures du matin. Mc Donald était le seul qui n'était pas parti prendre son petit déjeuner.  A 7 heures, il a eu un appel du standard. C'était son ami, le soldat George Eliott affecté au site d'Opana qui disait: « Il y a un grand nombre d'avions venant du Nord, 3 degrés Est »... Joseph lui répondit qu'il « ne savait pas très bien quoi faire, car il était tout seul...» Puis la liaison a été interrompue. Voyant un officier de permanence, le sous-lieutenant Kermit Tyler,  Mc Donald lui répète le message d'alerte. Ce à quoi, il lui fut répondu: « nothing to get excited about » ! McDonald insiste et rappelle le poste d'Opana en disant à son ami Eliott tout l'intérêt suscité par son premier appel. Celui-ci précise que son écran est plein d'appareils. Mc Donald retourne voir l'officier en lui disant que c'est la première fois qu'une telle alerte est donnée... « Cela a l'air sérieux »... Mais non, lui dit le sous-lieutenant, c'est sûrement « un vol en provenance des États-Unis ». Eliott insiste pour lui parler jusqu'à celui-ci lui donne l'ordre de "laisser tomber" pensant qu'il s'agissait de l'arrivée prévue le même jour de B-17 ! Il aura fallu attendre le 1er février 1987 pour voir publier dans le Honolulu Star Bulletin cet échange incroyable avec le texte de la citation écrite par le Colonel W.H. Tetley, Commandant le 580ème Corps de Transmissions en l'honneur du soldat Joseph P McDonald. Ce témoignage a été mis sur Internet par le fils de McDonald. Pearl Harbor Revisited by Joseph Lockard.

[2] Rapport de la Commission d'enquête sur Pearl Harbor (Report of the Commission Appointed by the President of the United States to Investigate and Report the Facts Relating to the Attack Made by Japanese Armed Forces Upon Pearl Harbor in the Territory of Hawaii on December 7, 1941 [Roberts Commission, named after U.S. Supreme Court Justice Owen Roberts], January 23, 1942. Rapport de l'U.S. Army sur l'attaque de Pearl Harbor. Report on the Joint Committee on the Investigation of the Pearl Harbor Attack, Congress of the United States: A concurrent resolution to investigate the attack on Pearl Harbor on December 7, 1941, and events and circumstances relating thereto". Pour une documentation très complète, lire tous les rapports Pearl Harbor Action Reports, 7 Dec 1941, y compris le rapport du Commandant en chef du Pacifique (Commander in Chief, Pacific Fleet, Serial 0479 of 15 February 1942).

[3] The 9/11 Commission Report (585 pages).

[4] L'Académie de Marine a été fondée en 1752. Dissoute comme toute ses consoeurs pendant la Révolution, elle n'a été réactivée qu'en 1921. Son siège est à Paris.

[5] Le fameux radar mobile d'Opana était tenu par deux soldats: Joseph L. Lockard et George Elliot. Installé sur l'île d'Oahu, c'est la première fois qu'un radar a été utilisé de manière opérationnelle en temps de guerre. Il faisait partie d'un groupe de 6 détecteurs mobiles, répartis à  Kawaiola, Wainae, Kaawa, Kokohead, la caserne Schofield et Fort Shafter composant le tout premier AWS expérimental (Aircraft Warning Service). Voir The SCR-270 Radar by Frederick G. Suffield. Schéma fourni par le soldat Lockard.

[6] Cette photographie d'un sous-marin de poche de type "Midget A" (HA-19) échoué sur une plage d'Oahu a été prise par un photographe de l'U.S. Navy le 8 décembre 1941. Elle figure dans le rapport 0570 du Commandant de la 4ème flottille de sous-marins établi le 26 décembre 1941. Ce H-19 avait été transporté par un grand sous-marin de type I-24 au large de Pearl Harbor avec quatre autres Midget pour participer au raid du 7 décembre 1941. Celui-ci ayant rencontré des problèmes de boussole gyroscopique n'a pas pu pénétrer dans la rade de Pearl Harbor et s'est échoué à Waimanalo sur la côte Est d'Oahu. Le sous-marin et son pilote ont été capturés le 8 décembre. L'Enseigne de vaisseau Kazuo Sakamaki est ainsi devenu le premier Japonais fait prisonnier de guerre par les Américains dans le Pacifique. Le HA-19 a été récupéré et envoyé aux États-Unis où il a été promené à travers le pays. A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, il sera exposé à Key West avant d'être transféré en 1991 à Fredericksburg, au Texas, ville natale de l'Amiral Nimitz. (Détails de la tourelle).

[7] D'après certaines sources et dépositions, les pilotes japonais auraient volontairement épargné les 4 sous-marins présents à Pearl Harbor l'USS Narwhal (SS-167), l'USS Dolphin (SS-169), l'USS Cachalot (SS-170) et l'USS Tautog (SS-199), considérés comme des objectifs secondaires. Un premier assaut avait été donné avec 180 appareils, bombardiers à haute altitude, avions torpilles et chasseurs, suivi d'une deuxième vague, avec plus d'avions mais équipés de bombes. La première vague a mitraillé les appareils au sol pour empêcher toute contre-attaque, pendant que les avions torpilles lâchaient leurs torpilles sur les navires de guerre au mouillage.

Photographie prise par le pilote japonais d'un avion torpille lancé sur la rangée de cuirassés au mouillage à Pearl Harbor: de gauche à droite, l'USS Nevada (BB-26), l'USS Arizona (BB-39), bord à bord avec l'USS Vestal (AR-4); l'USS Tennessee (BB-43) bord à bord avec l'USS West Virginia (BB-48); l'USS Maryland (BB-46) bord à bord avec l'USS Oklahoma (BB-37) ainsi qu'un ravitailleur, l'USS Neosho (AO-23). L'USS West Virginia, l'USS Oklahoma et l'USS California (BB-44) ont déjà été torpillés. On voit même des torpilles avancer sous l'eau et des flaques d'huile se répandre autour des navires touchés.. En feu au fond, se trouve un croiseur léger, l'USS Helena (CL-50). En bas de la photo, est inscrite la mention en japonais "reproduit avec l'autorisation du Ministère de la Marine". Photo U.S. Naval Historical Center.

L'USS Nevada échoué sur la plage sera sauvé par un remorqueur

Le matin du 7 décembre 1941, 127 vaisseaux étaient enregistrés au port de Pearl Harbor, dont 94 étaient au mouillage. Heureusement, les 3 porte-avions Saratoga, Lexington et Enterprise ainsi que 13 croiseurs étaient en patrouille au large. Les Japonais concentrèrent leur attaque sur les 7 cuirassés (Arizona, Oklahoma, West Virginia, California, Nevada, Maryland et Tennessee) amarrés deux par deux le long de l'île Ford, située au centre de la baie. L'Arizona reçu le premier une bombe de 800kg qui fit sauter l'avant alors qu'une deuxième bombe tombait par la cheminée dans la salle des machines; brisant le navire en deux et tuant par le fait même 1106 hommes sur une possibilité de 1500. L'Oklahoma reçu trois torpilles sur son flanc gauche, ce qui le fit chavirer, gardant dans son ventre des matelots qui agonisèrent dans le noir pendant 17 jours. Le West Virginia et le California reçurent des torpilles aussi et ils auraient chaviré si ce n'avait été de leurs matelots qui s'efforcèrent de les redresser. Le Nevada reçu une torpille et deux bombes mais resta à flots. Le Maryland et le Tennessee ne subirent que des dommages légers et 15 jours après ils étaient prêts au combat avec le cuirassé Pennsylvania qui était en cale sèche lors de l'attaque. En plus des cuirassés, les avions japonais endommagèrent 3 croiseurs et 3 destroyers.

[8] L'USS Sealion (SS-195) est ici photographié au cours d'essais à la mer au large de Princetown le le 6 octobre 1939 (Courtoisie Archives nationales américaines - Bureau of Ships Collection). Ce navire est un des dix sous-marins de la classe Sargo de 1450 tonnes, entré en service en novembre 1939 a été déployé au cours du printemps 1940 en Extrême-Orient pour renforcer la défense côtière des Philippines. Le 10 décembre 1941, le Sealion qui était en entretien à Manille a été touché par deux bombes larguées par un bombardier japonais, tuant quatre marins. Le sous-marin, gravement endommagé, ne pouvant être réparé, fut délesté de tous ses équipements avant d'être dynamité le 25 décembre 1941. Le Sealion sera le premier sous-marin américain perdu pendant la Seconde Guerre Mondiale. L'USS Seadragon (SS-194) s'en est sorti de justesse.

[9] Voir Midway (4) : La situation immédiate (Note 14): L'Amérique devient l'arsenal de la démocratie: Le 11 juillet 1940, Frank Knox est nommé Secrétaire à la Marine et le restera jusqu'au 28 avril 1944. Le président Roosevelt signe le 19 juillet 1940 la Loi Vinson-Walsh dite "loi d'expansion navale des deux océans" (Two-Ocean Naval Expansion Act) autorisant la construction de deux grandes flottes dans l'Atlantique et dans le Pacifique. Une guerre dans le Pacifique ne pouvant être remportée qu'en mer, compte tenu des menaces qui se profilent à l'horizon, le gouvernement des États-Unis et l'industrie privée profitent de la première commande britannique de navires de guerre en décembre 1940 pour passer des accords sans précédent. L'idée est de mettre en commun et de centraliser toutes les ressources disponibles. L'objectif étant, d'une part, d'éviter de répéter les erreurs commises lors de la 1ère Guerre Mondiale avec un lancement trop tardif de programmes navals (1917-1922); d'autre part de créer sur la façade pacifique, devenant un enjeu stratégique majeur, un complexe géant, regroupant une trentaine d'arsenaux dans la baie de San Francisco, s'étendant de Napa au nord, vers Sacramento et Stockton à l'est jusqu'à San José au sud. Le plus grand chantier naval au monde verra ainsi le jour en Californie dans lequel travailleront fin 1945 plus de 100 000 ouvriers, dont 27% de femmes.

[10] Où étaient les porte-avions américains lors de l'attaque de ¨Pearl Harbor, le 7 décembre 1941 ? Le 28 novembre 1941, la Task-Force 8 (TF-8) placée sous le commandement du Vice-amiral William F. Halsey, Jr., était composée d'un porte-avions, l'USS Enterprise (CV-6), de trois croiseurs lourds, l'USS Northampton (CA-26), l'USS Chester (CA-27) et l'USS Salt Lake City (CA-24) et de neuf destroyers. Au moment de l'attaque, elle se trouvait à 215 nautiques à l'ouest d'Oahu et retournait sur Pearl Harbor avec 12 Grumman F4F-3 Wildcats de la flottille (VMF) 211. Le 5 décembre 1941, la Task-Force 12 (TF-12), placée sous le commandement du Contre-amiral John H. Newton, formée autour du porte-avions, l'USS Lexington, de trois croiseurs lourds, l'USS Chicago (CA-29), l'USS Portland (CA-33), et l'USS Astoria (CA-34) et de 5 destroyers quitte Pearl Harbor avec 18 Vought SB2U-3 Vindicators de la flottille (VMF) 231 destinés à Midway. Elle sera à 500 miles nautiques de Pearl Harbor au moment de l'attaque. L'USS Saratoga le 6 décembre 1941 venait de rentrer à San Diego et devait rappareiller pour Pearl Harbor après avoir embarqué la flottille de chasse (VMF) 221. Enfin, l'USS Yorktown, l'USS Ranger (CV-4) et l'USS Wasp (CV-7), avec le porte-avions d'escorte USS Long Island (AVG-1), étaient dans la Flotte de l'Atlantique; l'USS Hornet (CV-8), entré en service en octobre 1941 n'était pas encore disponible. Le 16 décembre 1941, l'USS Yorktown sera le premier de porte-avions de la Flotte de l'Atlantique a être transféré dans le Pacifique. (Source: Naval Historical Center, Washington D.C.)

[11] L'Amiral James O. Richardson (1878-1974) commandant la flotte du Pacifique s'était rendu à Washington au Pentagone le 10 octobre 1940 pour voir le Secrétaire de la Marine, Frank Knox, en "protestant contre le stationnement permanent de la flotte du Pacifique à Pearl Harbor". Il sera relevé de son commandement en février 1941. Sur cette photo on voit l'Amiral Richardson prêter serment lors de son audition par le Congrès après l'attaque de Pearl Harbor. L'Amiral Richardson était convaincu que Pearl Harbor était devenu une cible pour les Japonais et qu'il fallait rapatrier le QG de la flotte du Pacifique en Californie. Mais certains à Washington étaient convaincus qu'en cas de danger, ils seraient alertés à l'avance et pourraient réagir à temps ! «L'idée d'une attaque sur Pearl Harbor pouvait donc être écartée sans risque»...

[12] Plusieurs historiens, révélant parfois des informations troublantes, ont accusé certains membres de l'Administration Roosevelt d'avoir laissé les Japonais attaquer Pearl Harbor pour que l'Amérique se décide à entrer en guerre. En particulier: John Toland Pearl Harbor and Its Aftermath (Garden City, NY: Doubleday, 1982); Perpetual War For Perpetual Peace, d'Harry Elmer Barnes, (Caldwell, ID: Caxton, 1953) et Back Door to War, The Roosevelt Foreign Policy, 1933-1941 de Charles Callan Tansill (Chicago: Henry Regnery, 1952).

[13] Voir la déposition de l'Amiral Husband Kimmel au Congrès. Amiral à titre temporaire, lors de sa nomination comme Commandant en Chef du Pacifique, il sera rétrogradé à Contre-amiral et relevé de ses fonctions à la mi-décembre. Certains ont essayé de lui "faire porter le chapeau" ainsi qu'au Général Walter Short. Il faudra attendre la sortie intégrale du "Rapport Dorn", le 15 décembre 1995, du nom du Sous-secrétaire d'État à la défense Edwin Dorn, publiée par Fred Borch et Daniel Martinez, un juriste et un historien, au Naval Institute Press pour disculper ces deux hommes qui n'ont pas été informés des menaces ni des interceptions des messages japonais. Ces deux chefs militaires avaient été tenus à l'écart de toute information qui aurait pu les faire réagir. Le 25 mai 1999, le Sénat des États-Unis votera une résolution présentée par le Sénateur William V. Roth Jr (R-DE) disant que"toute information vitale leur avait été refusée". Le général Short est mort en 1949 à Dallas, Texas. S'il avait pu vivre encore 50 ans, il aurait certainement été d'accord avec le Sénateur Strom Thurmond (R-SC) lorsque celui-ci affirma que « Kimmel et Short étaient les deux dernières victimes de Pearl Harbor.» Leur véritable faute a sans aucun doute était d'avoir été trop dépendants de Washington en matière de renseignement et d'initiative. Il ne faut pas non plus oublier que Pearl Harbor a réussi parce que les Japonais ont tout fait pour... Les deux officiers généraux seront promus à titre posthume par une Loi votée le 7 octobre 1999 par la Chambre des Représentants. Une résolution dans ce sens avait été votée par le Sénat le 31 août 1998.

[14] Voir "The Principle of the Objective--Nagumo vs Spruance at Midway"

[15] Cf. Sun Tse dans L'art de la guerre.

[16] Voir Les leçons de l’Océan: (2) le Temps de l'Amiral Labouérie.

[17] Voir Operational Assessment - The Achilles Heel of effects-based Operations ? par Christopher W. Bowman, LTC, USAF. Document de 30 pages soumis le 13 mai 2002 à l'école de guerre navale du Département de la Marine des États-Unis.

[18] Site de Pearl Harbor.

Lire également du même auteur : dans la série "les leçons de la bataille de Midway":

  • Penser l'Océan avec Midway
  • Midway (13) : Commentaires généraux
  • Midway (12) : La bataille du 4 juin 1942
  • Midway (11) : Appareillages et transits des forces
  • Midway (10) : Le dispositif américain
  • Midway (9) : Le plan d’opération japonais
  • Midway (8) : Projets japonais après Pearl Harbor
  • Midway (7) : Les réactions américaines après Pearl Harbor
  • Midway (6) : Lacunes mises en évidence par Pearl Harbor et conséquences
  • Midway (5) : La montée vers la guerre
  • Midway (4) : La situation immédiate
  • Midway (3) : Le terrain
  • Midway (2) : Retour sur le passé: effet mémoire
  • Midway (1) : Une OPA hostile ratée
  • Dans la série "les leçons de l'Océan":

    Dans la série "analyse stratégique":


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