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Terrorisme: la France constitue une structure aéromobile interarmées

Terrorisme: la France constitue une structure aéromobile interarmées (2)

Le 1er février 2006 a été créée une structure aéromobile interarmées composée de personnel de l'aviation légère de l'armée de terre (ALAT) et du groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), basée à Villacoublay. Le ministre de la Défense, Madame Michèle Alliot-Marie, s'est rendue le 2 mars 2006 au camp de Beynes (Yvelines) pour rencontrer le personnel de cette nouvelle structure et assister à une démonstration dynamique montée autour d'une simulation de libération d'otages, suivie d'une présentation statique du détachement d'intervention. Réalisée dans le cadre du rapprochement des moyens, souhaité par le ministre, la création de cette structure aéromobile interarmées renforce la contribution du ministère de la défense à la lutte contre le terrorisme. Après avoir servi pendant de nombreuses années comme terrain de manœuvre à des régiments de l'armée de terre, le camp de Beynes à 20 km situé au nord-ouest de Versailles a été transféré en 1997 à la légion de gendarmerie mobile d'Île-de-France. C'est là que se trouve également le centre de formation du GSIGN (1) et divers services techniques, comme a pu le constater Joël-François Dumont. Beynes, le 2 mars 2006.

A son arrivée à Beynes, Madame Alliot-Marie s'est fait expliquer les diverses étapes de la mise en place d'un soutien aéromobile du GIGN (2) par des unités de l'ALAT. Le ministre de la défense avait demandé à ce que les armées mettent en place un tel dispositif d'hélicoptère de manœuvre dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dés le début de l'année 2006.

Le ministre, Michèle Alliot-Marie, se fait expliquer les quatre étapes de la mise en place du nouveau dispositif. Photo © Joël-François Dumont.

C'est ainsi que depuis le 1er février dernier, un détachement de l'armée de terre est en place et opérationnel sur la Base aérienne 107 de Villacoublay. Les hommes sont relevés tous les 15 jours, les matériels tous les mois. Le détachement étant armé à tour de rôle par un régiment ALAT ou par le Détachement ALAT des Opérations Spéciales (DAOS).

Photo © Joël-François Dumont.

Le détachement se compose de 5 Pumas SA 330 et de leurs équipages, soit 50 hommes de l'armée de terre. Un dispositif disponible en moins d'une heure pour intervenir dans un rayon d'action de 400 km autour de Paris.

Gendarmes du GIGN armés et équipés pour une prise d'otage à haut risque. Photo © Joël-François Dumont.

La mission de cette unité dont les personnels sont parfaitement entraînés au combat aéroterrestre de jour comme de nuit est d'intervenir pour escorter des convois, sécuriser des zones, infiltrer ou renseigner un objectif et intervenir même en ambiance NRBC.

Gendarmes de l'unité spécialisée NRBC du GIGN avec leur combinaison étanche et leur réserve d'oxygène dans le dos. Photo © Joël-François Dumont.

L'emploi de ces moyens est envisagé dans trois types d'activités:

- préparation opérationnelle entre des unités d'élite de la gendarmerie et de l'armée de terre;
- soutien et de transport opérationnel dans toute sorte d'environnement, enfin,
- des missions d'appui et d'intervention.

C'est ainsi qu'un exercice de simulation de récupération d'otage a été effectué devant le ministre entouré des principaux responsables du GIGN en présence des journalistes.

Les membres du GIGN entourent la maison avant de donner l'assaut. Photo © Joël-François Dumont.

Un premier commando d'une dizaine d'hommes du GIGN descend d'un hélicoptère et prend position autour de la maison, bientôt suivi par un second commando, chaque homme prenant position, étant protégé par des tireurs d'élite au sol en tenue de camouflage et d'autres ayant pris place à bord d'un troisième hélicoptère en vol stationnaire.

Photo © Joël-François Dumont.

Leur objectif est localisé au premier étage d'une maison contenant des produits toxiques. Pour cela, des gendarmes du GIGN revêtus de combinaisons spéciales, donnent l'assaut

Photo © Joël-François Dumont.

et récupèrent l'otage avant de l'exfiltrer par la voie des airs sur une plate-forme protégé par cinq membres du GIGN.

Exfiltration sous bonne garde de l'otage récupéré par un commando du GIGN. Photo © Joël-François Dumont.

Une action spectaculaire qui ne prendra que quelques minutes.

Michèle Alliot-Marie passe en revue des membres du GIGN équipés d'une tenue NRBC. Photo © Joël-François Dumont.

Le ministre ira ensuite saluer les militaires de l'armée de terre et les gendarmes ayant participé à cet exercice qui aura mis en évidence leur excellente coopération, créant, selon Madame Alliot-Marie une « synergie de compétences pour pouvoir faire face à une action terroriste ou à une prise d'otages massive ».

Gendarmes du GIGN en tenue de combat avec casque et visières renforcées. Photo © Joël-François Dumont.

Michèle Alliot-marie a déclaré avoir « voulu fédérer durablement les compétences et les matériels en créant une structure spécialisée. L’alliance des savoir-faire déjà reconnus du GIGN dans la lutte anti-terroriste, et de ceux des pilotes de l’ALAT et de l’armée de l’air, acquis notamment en opérations extérieures, permettra d’améliorer notre réactivité et notre capacité d’intervention... »

Michèle Alliot-Marie discute avec des équipages de l'ALAT. Photo © Joël-François Dumont.

Le ministre s'est félicité de ce que « le détachement » ait « été opérationnel dans un délai record, dès le 1er février. Cet été, il évoluera en une escadrille interarmées permanente, rassemblant des moyens de l’armée de terre et de l’armée de l’air susceptibles d’appuyer les missions du GSIGN » après avoir rappelé la détermination du gouvernement « à opposer au risque terroriste une réponse forte et immédiate. » Madame Alliot-Marie s'est ensuite entretenue avec des membres du GIGN et de l'ALAT présents.

Le "patron" du GIGN répond aux questions de notre confrère Harold Hyman de BFM TV. Photo © Joël-François Dumont.

Le commandant du GIGN (3), répond ici aux questions de notre confrère en estimant, pour sa part, « extrêmement importante cette coopération entre l'ALAT et le GIGN, car elle va permettre de gagner en réactivité et en manœuvre sur place avec l'emploi d'hélicoptères pour positionner par exemple sur les toits environnants des tireurs d'élite » et pour donner en permanence une image de la situation sur place.

Prochaines étapes, la création le 1er mai prochain d'un "Centre interarmées de planification et de coordination" placé sous l'autorité directe du COS (4). A compter du 1er juillet prochain, des Puma de l'armée de l'air participeront à leur tour à cette escadrille interarmées. Le CEMA (5) assumera le commandement opérationnel des moyens engagés et le contrôle opérationnel sera assuré par le CPCO (6).

La création de cette structure aéromobile interarmées démontre en tout cas que dans le domaine de la lutte antiterroriste, il y a encore de la place pour de bonnes idées. Mais compte tenu de nos moyens et de leur disponibilité (en France, pas sur les lieux d'engament où elle est presque totale, pour avoir 5 hélicoptères opérationnels à temps plein, l faut en immobiliser dix qui marchent, à temps plein. On ne peut donc que regretter que ces moyens aériens soient financés sur le budget de l'armée de terre alors que les hélicoptères pour l'entraînement se font rares. Dans certains pays, lorsque une décision est prise, elle est aussitôt "budgétisée", ce qui est très loin d'être le cas chez nous !. Malheureusement, dans ce domaine, l'exception française est encore trop souvent la règle.

Joël-François Dumont

1) Le GSIGN : le Groupement de Sécurité et d'Intervention de la Gendarmerie Nationale créé en 1984, est l'héritier des unités parachutistes de la gendarmerie, nées en 1947. Fort de 367 femmes et hommes, il est composé d'un état-major et de quatre unités dédiés à la lutte contre le terrorisme, le grand banditisme et ainsi qu'à la sécurité des intérêts vitaux de l'État.

Ses missions : des actions à hauts risques et/ou de haute technicité. La gestion des situations conflictuelles, la protection de personnalités, la sécurité de site ou d'événement, l'observation et la recherche de renseignement spécialisé, la formation des personnels français et étrangers luttant contre le terrorisme.

2) Le Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), créé en 1974, composé de 120 hommes est l'une des  unités qui composent le GSIGN. Ses missions :

le contre-terrorisme en tous milieux (terre, air, mer),
les réductions de forcenés,
la maîtrise des révoltes en milieu pénitentiaire,
les arrestations à hauts risques,
les transfèrements sensibles,
les concours techniques d'observation et recherche au profit des unités de PJ,
les audits de sécurité (sites, événements)

  • Autre unités d'élite de la gendarmerie:

L'Escadron Parachutiste de la Gendarmerie Nationale, créé en 1971. L'EPIGN est composé de 140 femmes et hommes. Ses missions:

la protection de personnalités en France et à l'étranger,
la sécurisation de site ou d'événement,
les missions d'observation et de recherche dans un cadre judiciaire national ou international,
les concours techniques d'observation et recherche au profit des unités de PJ,
les appuis spécialisés au profit du GIGN et du GSPR,
les audits de sécurité (sites, événements, personnes)

Le Groupe de Sécurité de la Présidence de la République, créé en 1983. Unité mixte (gendarmerie-police), Le GSPR est composé de 30 femmes et hommes de la gendarmerie. Il est est commandé alternativement par un officier supérieur de gendarmerie et un commissaire de police. Sa mission:

la protection immédiate et personnelle du chef de l'Etat et de ses proches familiaux.

Le Groupe d'Instruction et de Sécurité des activités, créé en 2005. Le GISa est l'héritier de la cellule "instruction" du GSIGN créée au début des années 80, puis du Centre de Formation, créé en 1999. Composé d'un trentaine d'hommes expérimentés issus des trois unités opérationnelles, il est implanté sur les bases d'entraînement du GSIGN de Beynes et Mondésir. Ses missions:

contribuer à la formation des personnels du GSIGN,
élaborer les règles et mesures de sécurité spécifiques aux activités d'entraînement et opérationnelles des unités du GSIGN et veiller à leur application,
dispenser une instruction spécialisée à des fonctionnaires militaires et civils français et étrangers,
conduire toutes les actions de formation à la lutte anti-terroriste conduite par le GSIGN au profit des pays étrangers.

3) A la suite d'un décret paru au Journal officiel, il est interdit de révéler l'identité ou de montrer les visages d'hommes ou de femmes appartenant à certaines unités ou services, ce qui explique que leur visage soit ici dissimulé, conformément aux textes en vigueur. La plupart des pays du monde ont adopté pour leurs unités spéciales des règlements analogues.

4)  COS: Commandement des Opérations Spéciales.

5) Chef d'État-major des armées.

6) Centre de Préparation et de Conduite des Opérations.

Voir également:

 

 


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