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IHEDN : entre l’esprit de défense et l’esprit citoyen

IHEDN : entre l’esprit de défense et l’esprit citoyen

Allocution de Dominique de Villepin, Premier ministre français lors du 70ème anniversaire de l'Institut des Hautes Études de Défense nationale. École militaire, Paris le 17 juin 2006. Source: (IHEDN).

Madame le Ministre, chère Michèle,
Messieurs les Ministres,
Mon Général,
Amiral,
Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis de me trouver parmi vous avec Michèle Alliot-Marie à l’occasion du soixante-dixième anniversaire du collège fondateur de l’Institut des Hautes études de Défense nationale.

L’IHEDN est un lieu essentiel de la réflexion stratégique dans notre pays. Dans un monde qui ne cesse d’évoluer, où les enjeux de défense pèsent de plus en plus sur les décisions politiques, vous avez un rôle majeur à jouer. Votre institut a également su s’imposer comme un lieu d’échange et de dialogue ouvert sur le monde, comme le montre sa contribution à l’organisation du Forum sur le continent africain dont la 7ème édition se clôture aujourd’hui.

Vous tous, auditeurs de l’IHEDN, vous avez à défendre un lien particulier entre l’armée et la nation, entre l’esprit de défense et l’esprit citoyen. C’est pour cela que je suis particulièrement heureux de m’exprimer devant vous aujourd’hui.

1. Permettez-moi d’abord de vous dire, et de dire en particulier au ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, au chef d’État-major des armées, le général Bentégeat, et à tous les hauts responsables militaires qui sont présents parmi nous aujourd’hui, à quel point je suis fier de notre armée.

Fier d’abord de la capacité d’adaptation exceptionnelle dont elle a fait preuve ces dernières années, afin de répondre aux nouvelles menaces avec la plus grande efficacité.

  • En quelques années, nous sommes passés d’une armée de conscription à une armée de métier.
En six ans, nos armées sont passées de 500 000 à moins de 350 000 hommes et femmes. Elles y ont gagné en réactivité, en capacité d’intervention et en efficacité.

Tout l’enjeu aujourd’hui, c’est de renforcer les liens entre les professionnels de la défense et les acteurs de la société civile. C’est le sens de la loi sur les réserves du 18 avril 2006. C’est aussi un défi auquel je sais que tous les militaires sont particulièrement attachés : ouvrir davantage les armées sur le monde, faire connaître ses talents, son professionnalisme, son sens du devoir et du service, c’est essentiel pour rapprocher l’armée des Français

 
En matière de doctrine, vous savez tous que la dissuasion nucléaire reste au cœur de notre autonomie stratégique. Elle demeure la garantie fondamentale de notre sécurité. Car le champ de la dissuasion correspond à celui de nos intérêts vitaux qu’il appartient au chef de l’Etat d’évaluer. Comme l’a rappelé le Président de la République le 19 janvier dernier à l’Île Longue, la perception de nos intérêts vitaux évolue au rythme du monde. Ils doivent être réappréciés en permanence.

Pour accompagner ces évolutions, le gouvernement a fait un choix : appliquer rigoureusement la loi de programmation militaire, afin de redresser notre outil de défense et de lui donner les moyens de faire face aux nouveaux enjeux.

  • Des équipements nouveaux entrent en service cette année : le Rafale dans l’armée de l’air, l’hélicoptère Tigre à l’école franco-allemande du Luc en Provence, les deux bâtiments de projection et de commandement à la marine, les premiers équipements Félin pour les combattants de l’infanterie, ou encore le satellite Syracuse III-B ainsi que des capacités de commandement multinational.

        Cet effort, je voudrais rappeler qu’il est indispensable.

Nous le devons d’abord aux femmes et aux hommes qui sont prêts à donner leur vie pour la défense de nos intérêts, pour la protection de nos concitoyens et de nos ressortissants à l’étranger, pour prévenir les risques et faire face aux catastrophes humanitaires de grande ampleur. J’ai rencontré hier à Mourmelon les militaires du 501 e-503 e régiment de chars de combat. J’ai pu constater cet engagement et cette grande polyvalence qui sont la marque de l’armée française toute entière.
 
Cet effort, nous le devons aussi à la défense de nos intérêts fondamentaux et à l’affirmation de la France sur la scène internationale.
 
Nous le devons enfin au maintien de savoir faire technologiques exceptionnels, d’un tissu industriel performant et d’environ 350.000 emplois directs et indirects sur l’ensemble du territoire national.

C’est pour cela que cet effort doit être poursuivi sans relâche. La bataille de la technologie se gagne tous les jours en matière de renseignement, de protection de nos forces et surtout dans le domaine de l’espace. C’est l’un des enjeux du programme de satellite européen Galileo.

2. Une armée de métier, soutenue par l’ensemble de la nation, c’est la meilleure garantie pour protéger les Français.

Face aux nouveaux risques, face aux nouvelles menaces, nos concitoyens veulent être protégés. Ils ont des attentes légitimes, auxquelles nous devons apporter des réponses fortes.

  • Ils veulent d’abord être protégés face aux menaces conventionnelles et non conventionnelles. C’est le cœur du métier militaire, la première mission des armées.

Cette mission, elles la remplissent sur les théâtres d’opération extérieurs en Bosnie, au Kosovo, en Côte d’Ivoire ou en Afghanistan. Elles jouent un rôle majeur dans le règlement de ces crises régionales, qui nourrissent le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et les trafics de toutes natures. Je tiens à rendre hommage à nos 11 000 soldats engagés dans des opérations extérieures. Mes pensées vont plus particulièrement à ceux qui, récemment encore, ont donné leur vie et qui ont été blessés dans l'accomplissement de leur devoir au service de notre pays. Je voudrais assurer de notre reconnaissance ces hommes et ces femmes qui portent encore dans leur chair les marques de leur engagement. Je voudrais dire aux familles de ceux qui ont été tués tout notre soutien et toute la solidarité de la Nation.
 
Les armées assurent aussi en permanence la protection de nos concitoyens sur l’ensemble du territoire français. Je pense notamment à la lutte contre le terrorisme, à la sécurité des gares, des ports, des aéroports et de divers points sensibles du territoire national. En plus de la gendarmerie engagée au quotidien, environ 900 militaires sont ainsi déployés chaque jour dans le cadre du plan Vigipirate. 4 à 6 patrouilles de Mirage 2000 et 4 hélicoptères sont en alerte 24 heures sur 24 et décollent plusieurs fois par jour pour contrôler des avions dont le comportement semble suspect. Des avions et des bateaux de la marine nationale assurent au quotidien la surveillance de nos approches maritimes.

Les Français attendent aussi de l’armée qu’elle intervienne en cas d’accident ou de catastrophes naturelles, sanitaires, et technologiques. Face à ces risques, les armées sont souvent les seules en mesure de déployer, avec la réactivité nécessaire, les moyens humains et matériels suffisants.

  • Leur action est indispensable sur le territoire national, pour participer aux missions de recherche et de sauvetage, d’évacuation sanitaire ou d’assistance en vol. Elles jouent un rôle majeur dans la lutte contre les feux de forêt et la pollution maritime ou pour porter secours aux populations sinistrées. Elles sont présentes lorsque des menaces sanitaires comme le chikungunya ou la grippe aviaire menacent nos concitoyens. Elles contribuent enfin à la lutte contre le trafic de stupéfiants et contre l’immigration clandestine.
  • L’action des armées est également essentielle à l’étranger, face aux grandes crises humanitaires. Je pense au tsunami en Asie du sud-est et au tremblement de terre au Pakistan.
  • Dans toutes ces circonstances dramatiques, les armées, la gendarmerie et le service de santé effectuent un travail remarquable et apportent en permanence la preuve de leur professionnalisme.

 Pour tous nos concitoyens, l’armée incarne enfin un ensemble de règles et des valeurs auxquelles ils sont attachés.

  • Pendant longtemps, le service militaire a été le creuset de l’intégration républicaine. Il n’existe plus aujourd’hui et il n’est pas question de revenir sur cette décision. Mais il y a dans notre pays une volonté d’engagement à laquelle nous devons répondre. Nous devons permettre à tous ceux qui le souhaitent de s’engager au service de leurs concitoyens, par exemple dans le domaine de la santé, de l’éducation ou de l’action humanitaire. C’est l’objectif du service civil volontaire dont le Président de la République a souhaité la création en novembre dernier.
  • Par ailleurs, l’armée peut apporter un soutien déterminant aux jeunes en difficultés. Elle peut leur donner des repères et leur permettre d’acquérir une expérience précieuse pour leur carrière professionnelle. C’est pour cela que j’ai voulu créer le dispositif « défense deuxième chance ».
Grâce au travail remarquable effectué par Michèle Alliot-Marie, avec le soutien de Jean-Louis Borloo, six centres « Défense deuxième chance », encadrés par d’anciens militaires entourés d’enseignants et de formateurs professionnels, fonctionnent déjà.
 
Les premiers résultats sont extrêmement encourageants et nous poursuivons dans cette voie, avec l’ouverture d’une vingtaine de centres supplémentaires d’ici la fin de l’année

3. Cette armée, nous voulons en permanence l’adapter aux nouvelles réalités du monde, et la mettre au service d’une ambition et d’une vision françaises.

Aujourd’hui, le monde change de plus en plus vite.

  • La mondialisation a profondément bouleversé les grands équilibres internationaux. Certains pays ont su tirer parti des opportunités qui se présentaient et se sont développés à une vitesse sans précédent. Nous voyons ainsi émerger de nouvelles puissances qui pèsent de plus en plus lourd sur la scène internationale, tandis que d’autres restent en marge. Les inégalités se creusent entre les pays du Nord et ceux du Sud, mais aussi parmi les pays en développement. Elles engendrent des lignes de fracture, provoquent des incompréhensions, des frustrations et des haines et font ainsi peser des risques considérables sur la stabilité et sur la sécurité du monde.

  • Ces risques sont d’autant plus importants que de nouveaux enjeux apparaissent, qu’il s’agisse de la sécurité énergétique, de l’accès aux ressources en eau ou encore des formes nouvelles de la violence.

Face à ces risques nouveaux, l’intervention militaire reste un ultime recours. Elle doit s’inscrire dans une véritable vision de l’ordre international. Sans principes, il n’y a pas de force juste, sans règle, il n’y a pas de force légitime.

  • C’est pour cela que la France accorde une importance majeure au respect de la règle de droit.

Nous devons être capables de défendre nos valeurs avec la plus grande fermeté. C’est ce que nous faisons avec nos alliés américains en luttant contre le terrorisme en Afghanistan. Et dans ce combat, ensemble, nous marquons des points.
 
Mais pour que cette lutte soit la plus efficace possible, nous devons agir dans le respect de nos valeurs et de nos règles, fidèles à notre conception de l’Etat de droit. Et je le redis : la plus grande détermination face au terrorisme, oui, mais toujours dans le respect de la règle de droit. Évitons les zones de non droit, refusons tout ce qui peut prêter à l’arbitraire, qu’il s’agisse d’interventions militaires sans l’aval de la communauté internationale, de tribunaux d’exception ou de centres de détention hors du cadre du droit international.
  • Le deuxième principe que nous défendons, c’est la reconnaissance des cultures et des identités. Nous vivons dans un monde où la force des incompréhensions et des antagonismes nourrit les frustrations et la tentation du repli sur soi. Ce n’est qu’en accordant à chacun, à chaque culture et à chaque histoire, la reconnaissance qui leur est due, que nous pourrons combattre l’injustice et désamorcer les conflits.
  • Le troisième principe, c’est l’unité de la communauté internationale. Nous le savons, il ne peut y avoir de paix ni de stabilité durables bâties sur des fondements qui ne sont pas reconnus comme légitimes par tous les États et par tous les peuples

C’est dans le respect de ces principes que la France s’engage en première ligne dans la résolution des crises régionales. Avec notre diplomatie, notre armée est aux avant-postes pour assurer cette mission au service de la paix et de la sécurité dans le monde.

  • C’est particulièrement le cas en Afrique :

Je pense bien sûr à la Côte d’Ivoire où nos troupes ont payé un lourd tribut pour mener à bien la mission qui leur a été confiée par le Conseil de sécurité. La présence française, notamment à travers l’opération Licorne, contribue, en appui de l’ONUCI, à la sécurisation et au maintien de l’unité du pays. Elle joue également un rôle déterminant pour préparer des élections qui offriront, je le souhaite, de vraies perspectives d’avenir et de développement à ce pays ami.
 
Je pense aussi à la République démocratique du Congo, où, dès le mois prochain, la France participera de manière très significative aux côtés de l’Espagne, de la Pologne et d’autres nations à la mission préventive de l’Union européenne dirigée par l’Allemagne chargée d’assurer le bon déroulement d’élections essentielles pour ancrer ce pays dans la démocratie.
 
Je pense enfin à tous les pays où nos forces prépositionnées représentent une vraie garantie de stabilité, comme par exemple au Tchad.
 
Cette présence s’inscrit dans le cadre d’un partenariat rénové. Elle s’accompagne d’une action déterminée en faveur du renforcement des capacités africaines de maintien de la paix. Dans le cadre du programme RECAMP, nous avons réorganisé les formations militaires autour d’écoles à vocation régionale et prépositionné à Libreville, à Dakar et Djibouti des matériels qui serviront à des opérations multinationales de maintien de la paix. C’est essentiel pour avancer vers la stabilité dans ce continent meurtri par les guerres et les conflits. C’est le même souci qui nous anime aujourd’hui au Darfour.
  • Cet engagement au service de la paix et de la démocratie, nous le menons également dans les Balkans où nos troupes participent à la restauration de l’Etat de droit. Au Kosovo, la France est ainsi le 3eme contributeur de troupes. Après le succès de l’opération Althéa en Bosnie, je souhaite que l’Union européenne assume le moment venu ses responsabilités en se donnant les moyens de conduire au Kosovo une opération militaire autonome, en remplacement de celle actuellement menée par l’OTAN.
  • En Afghanistan, presque quatre ans après l’intervention décidée en commun dans le cadre des Nations unies, la France est fortement engagée, dans le cadre de la Force internationale d’assistance et de sécurité comme dans celui de l’opération antiterroriste « Enduring Freedom ».
Avec nos alliés, nous avons connu des succès importants et restauré dans ce pays des institutions légitimes. Nous avons participé à la construction de la démocratie et rétabli une perspective d’avenir. Mais les derniers mois ont montré que ces succès étaient fragiles.

Nous avons de nouveaux défis à relever : la reconstruction, la lutte contre les narcotrafics. Nous devons en même temps poursuivre la lutte contre les réseaux terroristes qui évoluent dans leurs méthodes et leur organisation. C’est pour cela que nous renforcerons notre présence ces prochains mois, aux côtés de nos alliés et des Afghans, pour assurer à partir du 1 er août prochain le commandement de la région de Kaboul.

Mais l’usage de la force est toujours un pari. Il comporte toujours un risque majeur, celui d’aggraver une situation déjà fragile et précaire. Il doit rester l’ultime recours.

C’est pourquoi une politique de sécurité doit toujours être au service d’une véritable ambition politique. Elle doit s’appuyer sur une vraie connaissance des enjeux géostratégiques. Elle doit se construire par le dialogue : dialogue entre les peuples et les cultures, parce que chacun d’entre eux doit pouvoir exprimer ses aspirations légitimes, mais aussi dialogue au sein de la communauté internationale, qui doit être au rendez-vous pour construire une paix durable.

  • Nous le voyons au Proche-Orient, où l’engagement constant de la France repose sur une conviction forte : seule une solution politique et un règlement négocié permettront de parvenir à une paix juste et durable pour l’ensemble des peuples de la région.
La France se tient aux côtés d’Israël pour assurer sa sécurité, elle condamne sans réserve le terrorisme et la violence. Dès que la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes a été connue, nous avons fixé trois principes pour un dialogue avec tout gouvernement palestinien, sur lesquels nous ne transigerons pas : la renonciation à la violence, la reconnaissance de l’Etat d’Israël et la reconnaissance des accords entre Israël et l’OLP.

Nous devons dans le même temps éviter le chaos dans les territoires palestiniens et ne pas sanctionner un peuple pour le choix qu’il a démocratiquement fait. C’est pourquoi le Président de la République a fait des propositions pour assurer l’acheminement de l’aide internationale à la population palestinienne tout en garantissant sa bonne utilisation. C’est l’esprit du « mécanisme » annoncé par le Quartet. Notre objectif reste bien celui de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité.

  • La situation en Iraq confirme la vision qui est la nôtre. Aujourd’hui, ce pays est confronté à une double menace :
Celle d’une véritable guerre civile, comme nous le voyons chaque jour à travers les horreurs insupportables qui meurtrissent la population.

Celle également de se transformer en base arrière du terrorisme pour toute la région, du Caucase au Proche-Orient. Pour conjurer ce double risque, il est aujourd’hui indispensable de rétablir une vraie perspective politique, qui passe par l’inclusion de toutes les communautés dans le processus démocratique et par une participation des États de la région à sa stabilisation

  • Concernant le programme nucléaire iranien, enfin, nous devons trouver une solution par le droit. Face aux tentations de l’escalade d’un côté et du renoncement de l’autre, la France a cherché, avec ses partenaires, à ouvrir un chemin de responsabilité, un chemin fondé sur la coopération internationale et le respect de la règle de droit.
En prenant l'initiative en 2003, la France a voulu rechercher avec ses partenaires allemand et britannique une solution dans le cadre multilatéral.

Cet objectif est désormais partagé par les États-Unis, la Russie et la Chine qui ont décidé de s'associer à nos efforts. Le Conseil de sécurité a été saisi. L'AIEA continue ses investigations sur les activités liées au programme iranien.

Nous avons présenté le 6 juin dernier à Téhéran des propositions ambitieuses qui ouvrent des perspectives nouvelles. Elles bénéficient du soutien de la très grande majorité de la communauté internationale et des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Nous souhaitons que Téhéran examine cette nouvelle offre dans un esprit constructif. L’Iran doit aujourd’hui faire le choix de la responsabilité.

Pour relever tous ces défis, nous devons améliorer les instruments de l’action internationale.

  • C’est tout le sens de la réforme des Nations unies, engagée depuis plusieurs années et dont la France est l’un des artisans les plus actifs. Le Sommet du 60ème anniversaire en septembre dernier à New York a marqué une étape importante, avec la création de la commission de consolidation de la paix, du conseil consultatif des droits de l’homme, et la reconnaissance du principe de responsabilité de protéger. Mais nous devons aller plus loin.
Il nous faut en priorité améliorer la représentativité du Conseil de sécurité des Nations unies. L’enjeu est considérable : il s’agit d’assurer dans la durée la légitimité de ses décisions alors que les rapports entre puissances évoluent sans cesse. La France souhaite qu’un accord puisse être trouvé sur cette question essentielle qui permette l’élargissement du Conseil de sécurité tout en préservant sa capacité de décision. Elle ne ménagera pas ses efforts en ce sens.

Nous devons ensuite améliorer l’efficacité des opérations de maintien de la paix conduites sous l’égide des Nations unies, qui mobilisent aujourd’hui 80 000 casques bleus sur le terrain. Des progrès importants ont été réalisés depuis le début des années 1990. Le mandat et les règles d’engagement ont été largement adaptés afin d’améliorer l’efficacité de ces déploiements. Nous devons poursuivre nos efforts afin d’assurer que les résolutions du Conseil de sécurité soient pleinement respectées. La France a également fait des propositions pour renforcer l’expertise militaire du Conseil de sécurité.

  • Nous devons enfin poursuivre le développement de l’Europe de la Défense, qui permettra de faire de l’Union européenne un acteur de premier plan au service de la paix.
La politique européenne de défense est une dimension fondamentale de l’Europe des projets. C’est un vrai sujet de consensus de nos opinions publiques qui attendent une Europe efficace sur la scène internationale. C’est un des domaines où nous avons accompli le plus de progrès ces dernières années.

Nous avons ainsi mis en place des outils diplomatiques et militaires essentiels, comme l’Etat major de l’Union européenne, doté d’une cellule de planification civilo-militaire, les groupements tactiques 1500 et la Force de gendarmerie européenne. L’Union a conduit ses premières opérations militaires, en Macédoine, en Ituri, en Bosnie et participe à de nombreuses opérations de gestion civile des crises.

Nous devons poursuivre cet effort. Je souhaite que le centre d’opérations de l’Etat major européen soit très rapidement opérationnel. Parallèlement, je souhaite que l’Agence européenne de défense développe un programme de travail complet et ambitieux. Cela nous permettra de progresser sur les grands défis technologiques de demain, comme l’Espace ou les drones. Cela nous permettra aussi d’encourager en Europe la recherche de pointe et la création d’emplois.
Le développement de l’Europe de la défense renforce la complémentarité entre l’OTAN et l’Union européenne dans la gestion des crises. La France continuera à apporter sa contribution à l’Alliance et jouera un rôle majeur dans sa transformation, notamment au travers de sa force de réaction rapide. Je voudrais d’ailleurs rappeler que la France constitue le troisième contributeur de troupes aux opérations extérieures de l’OTAN et le quatrième contributeur aux budgets de l’Alliance

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui plus que jamais, les questions de défense et de sécurité constituent des enjeux majeurs qui préoccupent l’ensemble de nos concitoyens. La responsabilité du gouvernement, c’est de leur apporter des réponses.

Pour cela, nous devons tous nous mobiliser. L’armée, bien sûr, qui est en première ligne pour protéger notre territoire comme pour stabiliser les régions en crise. Mais aussi l’ensemble de la communauté nationale. Je compte sur l’IHEDN pour diffuser l’esprit de défense dans notre société. Je vous remercie.


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