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La DGA lange l'aérolargage de précision en Europe

La DGA lange l'aérolargage de précision en Europe

La délégation générale pour l’armement (DGA) a organisé, du 3 au 6 juillet 2006, avec l’armée de l’air et sous le parrainage de l’OTAN, la première démonstration de largage de précision réalisée en Europe. Pour cette opération "Precision Air Drop Capability Demonstration", le centre d’essais en vol (CEV), base de Toulouse et de Cazaux, et le centre d’essais de lancement de missiles (CELM) de la DGA étaient responsables de la conduite des essais, ainsi que des mesures et observations associées. Source: DGA. Paris, le 13 août 2006.

La démonstration de largage de précision conduite au centre de Biscarosse avait pour but de livrer par parachute des colis représentatifs d’armements, munitions et équipements en respectant une zone de pose prédéfinie. Elle revêtait donc un caractère opérationnel et avait été construite à partir de scénarii fournis par l’OTAN.

Cinq nations ont participé au show en fournissant des avions, des systèmes, ou en association avec leur industrie nationale. En tout, 19 systèmes et 4 parachutistes ont été largués sur un créneau de quatre heures. Deux systèmes Panther de la société Aérazur et deux systèmes italiens Skyporter de la société Utri étaient directement largués par le CEV, base de Toulouse, depuis un Transall de l’armée de l’air.

Le CEV et le CELM ont défini les conditions de sécurité en réalisant, pour chaque système largué, les simulations permettant de déterminer les points de largages, l’altitude à laquelle ceux-ci devaient intervenir et le gabarit de retombée associé. Le CELM a en outre assuré la maîtrise des dispositions de sécurité et la conduite opérationnelle des démonstrations ainsi que la partie observation et mesures, tant en temps réel pour permettre une restitution vers les spectateurs présents, qu’en temps différé pour l’analyse des résultats.

Le largage de précision est particulièrement utile pour les forces spéciales des différents pays. Il a été inscrit comme une des priorités de la conférence des directeurs nationaux d'armement de l'OTAN dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les démonstrations de largage de précision ont habituellement lieu aux États-Unis et consistent essentiellement en des compétitions techniques entre industriels. Par cette première démonstration en Europe, l’armée de l’air et la DGA apportent une contribution essentielle à la mise au point de dispositifs de largage de précision dont la maîtrise et la détention sont essentielles dans le cadre du soutien logistique des forces armées engagées sur des terrains difficiles d’accès ou de missions humanitaires.

Pour en savoir plus sur l'aérolargage :

C’est une première en France. Le centre d’essais en vol (CEV), base d’essais de Toulouse, a procédé le 15 mars dernier au largage, depuis un Hercule C130 de l’armée de l’air, d’une charge de 13,6 tonnes. Bien au-delà des 8 tonnes jusqu’ici atteintes.

13,6 tonnes de charges sont larguées depuis un Hercule C130 (Photo : CEV, base d'essais de Toulouse).

13,6 tonnes de charges sont larguées depuis un Hercule C130

Un record pour la beauté du geste ou pour entrer dans un livre de records quelconque ? Aucunement. Il s’agit pour le CEV de développer et démontrer son savoir-faire en matière d’aérolargage, via un plan d’étude amont financé par le service des programmes d’armement terrestre (SPART) de la DGA, avec pour point de mire la qualification de l’avion de transport militaire futur l’A400M.

A 400M (Photo EADS).

A 400M

« Toutes les nations européennes qui participent au programme A400M devront fournir les moyens d’essais en vue de la qualification de l’avion, explique Thierry Dodet, responsable prestations projets A400M au CEV, base d’essais de Toulouse. En ce qui concerne l’aérolargage, le besoin spécifié dans le contrat de l’A400M requiert le largage de 16 tonnes, une masse que les forces françaises ne réalisent pas. Le CEV a lancé depuis 2005 une importante campagne d’essais par laquelle il entend démontrer sa position de leader dans la compétition européenne pour les essais de l’A400M. »

L’aérolargage n’est pas une discipline à prendre à la légère et éjecter 13,6 tonnes est chose complexe. « Ce que nous testons actuellement au CEV n’a jamais été réalisé en France, indique Joachim Gascon, le responsable technique et l’organisateur de cette campagne au CEV, base d’essais de Toulouse. Pour trouver les solutions adéquates et pour des questions évidentes de sécurité des personnes et des matériels, il est nécessaire de procéder par étape, d’augmenter la masse de largage au fur et à mesure. Le 15 mars, nous avons franchi un jalon significatif vers les 16 tonnes que nous réaliserons en juin. »

Il existe deux méthodes pour larguer du matériel d’un avion de transport : par éjection et par gravité. La première se déroule entre 1000 et 1500 pieds (300 et 450 m) d’altitude et consiste à extraire la charge contenue dans l’avion grâce à un parachute éjecteur. Lorsque la charge passe la rampe de l’avion, le parachute éjecteur met en œuvre les voiles de charge qui prennent le relais pour amener en douceur jusqu’au sol la cargaison. La seconde, par gravité, utilisée surtout pour le ravitaillement ou les actions humanitaires, ne nécessite pas d’éjecteur car le chargement est largué par l’action combinée de la pesanteur et une configuration aéronef générant une assiette à cabrer (entre 4 et 6°), c’est-à-dire une mise en montée de l’avion. L’altitude est ici moindre, entre 400 et 1 000 pieds (125 et 300 m).

Les voiles de charges permettent à la cargaison de se poser en douceur (Photo : CEV, base d'essais de Toulouse).

Les voiles de charges permettent à la cargaison de se poser en douceur

La campagne d’essais menée au CEV intègre ces deux méthodes. Les 13,6 tonnes ont été larguées par éjection. « Pour y parvenir, nous avons du faire preuve d’imagination et mettre au point quelques nouveautés, explique Joachim Gascon. Sachant qu’un éjecteur peut tirer 8 tonnes, un montage en duo a été testé lors d’essais en vol pour augmenter la capacité de largage. Le résultat s’est révélé plus que probant. » En outre, de nouvelles voiles de charge de fabrication américaine, supportant des masses plus importantes, ont été utilisées pour l’aérolargage. En parallèle, « un autre record a été battu dans la même semaine, cette fois par gravité, s’enthousiasme Ludovic Dupuy, expert aérolargage au CEV base d’essais de Toulouse, avec 4 tonnes. Le maximum réalisé dans les forces était jusqu’ici de 2,5 tonnes. »

Si la satisfaction est grande parmi la trentaine de personnes qui composent l’équipe du CEV en charge de cette campagne d’essais, les esprits sont désormais tournés vers l’étape ultime : le largage des 16 tonnes. Rendez-vous donc en juin dans le ciel toulousain.

 


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