Éditoriaux Défense Sécurité Terrorisme Zones de conflits Logistique Livres de référence Liens
Terre Air Mer Gendarmerie Renseignement Infoguerre Cyber Recherche

La Transformation de la Bundeswehr : Réforme, relance ou révolution de la défense allemande ?

La Transformation de la Bundeswehr : Réforme, relance ou révolution de la défense allemande ?

Dix-huit ans après la réunification allemande et malgré son maintien dans l’OTAN, la Bundeswehr n’est toujours pas une armée alliée comme les autres. Perçue par les uns comme la force armée d’un des pays les plus riches du monde, très bien organisée et encadrée par des sous-officiers et officiers jouissant d’une excellente réputation. Les autres jugent l’outil inadapté aux missions du moment et voient en elle une armée parfois effrayée par sa propre puissance, incapable d’envoyer plus de 5% de ses effectifs sur le terrain dans des opérations extérieures. Une force armée apparemment sans mission, souffrant cruellement d’une absence de vision et d’un manque cruel de considération du politique, l’imaginant comme un mal nécessaire. A force d’avoir voulu en faire, réforme après réforme, un modèle d’armée de « civils en uniformes », avec la réunification et la disparition de la menace d’un conflit aéroterrestre au centre-Europe avec la Russie, il a fallu se rendre à l’évidence : cette armée ne correspondait plus aujourd’hui à l’image de ce que l’on pouvait attendre d’un des plus importants pays européens, dans une Alliance atlantique élargie et rénovée après le sommet de Prague en 2002, avec des missions de paix et des exigences techniques et opérationnelles modernes (NRF). Un premier article sur ce thème, d'abord publié en langue allemande sur ce site, a été écrit en français par Michael Hellerforth (*) pour la revue Défense [1] et diffusé dans le numéro de janvier-février 2008. Nous le reproduisons ici avec l'aimable autorisation de son auteur et de la revue. (©)

  • « Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut pas non plus savoir où il va ». [2]

Heinz Michael Hellerforth © Foto.Revue Défense N°131.

Heinz Michael Hellerforth

A l'époque, la participation de militaires allemands à des OPEX était loin de faire l’unanimité. Une frange du FDP, parti libéral pourtant au pouvoir, avait voté avec le SPD (sociaux-démocrates dans l'opposition avec les Verts), pour remettre en question l'envoi de troupes hors du territoire national, qualifié d'illégal car contraire à la Loi fondamentale, avant de faire appel au Tribunal fédéral constitutionnel de Karlsruhe. Lequel a définitivement tranché en donnant son feu vert. Mais l'arrêt rendu, qui a eu le mérite de mettre un terme à un long débat, exigeait en contrepartie que deux conditions préalables soient réunies : un vote positif du Bundestag et un mandat donné par un organisme de sécurité collective, tel que l’ONU, l’OTAN ou la CSCE. [3]

Daten, Fakten, Hintergrunde auf einen Blick. Source: Bundeswehr.de

 OPEX où la Bundeswehr est engagée

Nombre de personnels engagés en OPEX. Source: Bundeswehr.de.

Des contingents de la Bundeswehr sont maintenant déployés bien au delà des frontières allemandes. Source : Bundeswehr. [4]

Des contingents de la Bundeswehr sont maintenant déployés bien au delà des frontières allemandes. Source : Bundeswehr.

En cas d’attaque du sol allemand, le président de la République fédérale déclare l’état de guerre (Verteidungsfall) autorisant l’armée à agir. La direction des opérations est alors directement confiée au Chancelier. En temps de paix, par contre, seul le parlement peut autoriser la Bundeswehr à partir en mission à l’étranger. Elle peut également décréter l’état d’urgence (Spannungsfall), auquel cas certaines prérogatives des Länder sont provisoirement transférées au niveau fédéral pour que le pays puisse être en mesure de fonctionner efficacement. D’où cette appellation qui lui est donnée d’être une « armée parlementaire » (Parlamentsarmee).

La brigade franco-allemande - Photo Bundeswehr © de.

Malgré sa responsabilité en matière de sécurité nationale, la classe politique allemande, toutes tendances confondues, a réussi à éviter un débat de fond sur la défense. Jusqu’à un certain 11 septembre 2001 ! Les cadres militaires supérieurs, quant à eux, dépourvus d’un « Generalstab » classique, mal relayés au Parlement pour faire valoir leurs préoccupations ont été bien incapables de suggérer des initiatives politiques.

La Bundeswehr dispose de 1.000 VAB déclinés en différentes versions, notamment ABC (Fuchs) qui a connu un succès à l'export. Photo © Bundeswehr.

La Bundeswehr dispose de 1.000 VAB déclinés en différentes versions

Et pourtant, après des années de stagnation, des budgets constamment réduits aboutissant à une sorte de chaos institutionnel, la Bundeswehr commence à renaître comme le phœnix de ses cendres. Sans faire trop de bruit, les politiciens et les généraux se sont lancés ensemble dans une aventure, celle de réinventer l’armée allemande. Cette réforme, préconisant une « Transformation der Bundeswehr », devrait radicalement changer les données politico-militaires allemandes. Pour l’Allemagne cette « Transformation » représente le plus grand bouleversement de sa politique de défense, de sécurité nationale et même par conséquent de sa politique étrangère. A titre d’exemple, la participation allemande à la FINUL, malgré la possibilité théorique de devoir affronter l’état hébreu, était une première conséquence des changements en cours. D’autres vont suivre rapidement. Soixante ans après la capitulation du Reich, l’Allemagne démocratique est de retour sur le plan international en tant que puissance politique. Malgré cela, la majorité du public allemand ne s’intéresse pas plus à cette transformation en particulier qu’aux questions de défense en général.

Pour comprendre cette situation paradoxale, ainsi que les enjeux et les chances de voir aboutir cette « Transformation » il convient de rappeler les étapes majeures qui ont marqué la Bundeswehr depuis sa création.

Une naissance difficile : Organisée dans l’ombre de la Wehrmacht et dans le contexte d’une guerre froide en plein réchauffement, la Bundeswehr, a été créée en 1955, regroupant les composantes terrestre, maritime et aérienne. Après le choc provoqué par l’attaque des forces communistes en Corée, les Alliés ont compris le besoin urgent de constituer des renforts en forces conventionnelles pour faire face au rouleau compresseur soviétique. Etant donné que la RFA était toute désignée pour devenir le champ de bataille principal d’une Troisième Guerre Mondiale, la création d’unités allemandes présentait alors des avantages évidents. Mais à peine dix ans après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la majorité des pays occidentaux était encore réticente à donner naissance à une nouvelle armée allemande organisée d’une manière classique.

La première solution retenue concernait la création de la Communauté Européenne de Défense, la CED, avec l’intégration de petites unités allemandes dans un ensemble de défense commun, mais ce projet fut mis en échec en 1954 par les députés français à l’Assemblée nationale.

La deuxième solution, négociée et mise en place en catastrophe après le « non gaulois » fut de créer une force blindée moderne, placée sous commandement allié mais dotée ni d’état-major indépendant, ni d’organismes de commandement stratégique, ni de moyens de projection hors du territoire national. Les effectifs et les cadres de cette nouvelle armée devaient être entraînés pour une seule et unique mission : la défense à outrance du territoire de la RFA contre une attaque soviétique. Pour cette mission, Bonn vota et finança une armée de 500.000 hommes, dominée par une composante terrestre organisée en 12 divisions de première ligne (11 blindées et une aéroportée) et 25 brigades territoriales, fortes de plus de 6.000 blindés. La touche finale étant de mélanger dans un dosage équilibré militaires de carrière, appelés, fonctionnaires civils et réservistes, ceci à tous les niveaux. La Bundeswehr dépendait donc de la mobilisation générale avant de sortir de ses casernes. Si elle restait impressionnante de par son intégration réussie dans le dispositif allié, seule, elle n’aurait pas été capable de mener à bien des opérations indépendantes.

Les réalités de la guerre froide et la pacification de l’armée : Pendant la période de 1955 à 1989, le raisonnement stratégique de la confrontation entre l’Est et l’Ouest dominait totalement les esprits : c’était le fondement même de la doctrine de l’armée allemande. Mais pendant que les alliés otaniens menaient des guerres de décolonisation ou étaient impliqués dans « les conflits chauds de la guerre froide », les armes allemandes se sont tues pour la plus longue période de leur histoire. Avec la dissolution de l’Union soviétique et l’amélioration des relations avec la Russie, l’esprit de corps, l’attitude des cadres et l’image d’une armée, tels qu’ils avaient pu exister dans la Wehrmacht étaient tellement différents dans la Bundeswehr, que certains se sont interrogés sur le sens à donner à cette armée, les uns ressentant un malaise du à une trop longue inactivité, les autres ayant l’impression qu’elle était devenue une armée de fonctionnaires.

Pour les politiciens comme pour les officiers, aucune opération autre que la défense du territoire national, y compris les opérations de maintien de la paix, n’était désormais envisageable. En effet, la guerre pour les Allemands était devenue une chose qui n’arrivait qu’aux autres nations. Être militaire, selon le slogan officiel des campagnes de recrutement, était « un job comme tous les autres »… Une image qui perdure à ce jour d’ailleurs. Malgré les opérations en cours, la Bundeswehr est perçue presque comme un corps de sapeurs-pompiers armés.

Les conséquences de la réunification : L’effondrement du Bloc de l’Est fut donc un choc rude : d’un jour à l’autre, une profession « calme et tranquille » devenait une vocation potentiellement à haute risque sans garantie automatique d’emploi à vie. Cette situation fut aggravée par un zigzag politique sans plan ni objectif pendant près de dix ans, pendant la période qui va de la chute du mur en 1989 à l’élection du gouvernement Schröder.

  • Pendant toute cette période les militaires allemands ont du faire face à des crises qui se sont succédées les unes aux autres :

Le premier choc fut la réduction des effectifs et la valse des mutations : le traité de réunification prévoyait à la fois l’intégration de l’« Armée Nationale Populaire » (Nationale Volksarmee/NVA) dans la Bundeswehr mais aussi une diminution combinée des effectifs réduits de 700.000 à 370.000 hommes. Cette mission, à peine achevée, les problèmes budgétaires ont forcé le gouvernement fédéral à réduire encore les effectifs en plusieurs étapes à moins de 300.000 hommes. Cette réduction a entraîné des conséquences graves pour la pyramide des âges, les perspectives de carrière et l’adéquation des compétences aux postes occupés, provoquant d’incessantes mutations peu propices au maintien de l’esprit de corps.

La confusion des cadres et l’absence de stratégie : La disparition de la menace soviétique démoda les doctrines, une grande partie des équipements et toute planification future. Le constat s’est brutalement imposé.

Face à une situation aussi inattendue, une grande partie des cadres supérieurs de l’armée allemande perdit ses repères. Les uns, les plus nombreux, choisirent de se retrancher dans le passé, en essayant de protéger la structure en place, même à format réduit. Les autres, firent preuve d’un manque de confiance étonnant, en avançant des propositions, parfois bizarres, pour mieux justifier le maintien de la Bundeswehr. Les derniers, émettant l’idée de devenir des « franchisés » de l’armée américaine et de la suivre dans tous les conflits sans réflexion préalable.

Pendant plusieurs années la Bundeswehr qui venait de fêter ses 50 ans a souffert d’une sorte de frustration engendrée par plusieurs phénomènes. Tout d’abord, parce qu’elle était bien la seule armée d’Europe à être dépourvue d’un état-major classique. Mais surtout par le fait que les politiques allemands de tous bords, à force de reporter sans cesse les échéances pour mieux escamoter le débat de peur d’avoir à le trancher, y compris le premier d’entre eux. Le Chancelier Helmut Kohl, n’ayant aucune vision en la matière, s’est montré incapable de donner les impulsions nécessaires pour attribuer de nouveaux objectifs à cette armée qui, sans avoir démérité, en arrivait à douter parfois, sinon de sa vocation, du moins de sa raison d’être. Le tout contribuant à un « sentiment de vide » très mal vécu de l’intérieur.

Entre-temps, dépourvue d’un état-major classique et faute d’une vraie décision du gouvernement Kohl qui aurait tranché le débat au fond en donnant des nouveaux objectifs, les décideurs en matière de défense se sont retrouvés dans un vide politico-militaire pendant plusieurs années. Et il n’y a pas que la nature qui a horreur du vide !

Un budget insuffisant et des projets d’armement peu adaptés : à cause des coûts énormes associés à la réunification, le budget de la défense connaissait des réductions annuelles importantes. Jusqu’aux attentats de New York en 2001, le mot d’ordre politique était « d’encaisser les dividendes de la Paix ».

Pendant que les investissements diminuaient, la Bundeswehr continuait à financer des armements dans le but de mener une guerre mécanisée en Europe centrale. Il aura fallu attendre l’expérience des premières opérations extérieures et le retour des militaires tombés pour l’Allemagne après 1945, pour déclencher de toute urgence des programmes d’armements mieux adaptés.

Pour financer certains « éléphants blancs », les fonds de roulement étaient diminués à un tel point que la majorité des bataillons n’avaient plus suffisamment de moyens pour continuer à fonctionner normalement. La cannibalisation des véhicules et aéronefs devenait monnaie courante. Les militaires s’habituaient à acheter leurs équipements eux-mêmes. Les casernes tombaient en ruines.

Il est vrai, que le budget a connu des augmentations depuis l’élection du gouvernement Merkel. Pourtant, ces fonds, liés à des projets précis, ne sont pas suffisants pour payer les coûts additionnels dus à l’acquisition des nouveaux équipements adaptés aux besoins recensés et aux soldes majorées des effectifs en opération extérieure. Sans oublier que ces nouvelles missions sont régulièrement payées sur un budget de défense qui a été voté antérieurement à la décision d’envoyer ces mêmes forces.

Des réformes sans fin ni objectif : Au moment de la réunification, l’armée de Terre allemande était en train de préparer l’introduction d’une nouvelle structure organisationnelle. La réunification de l’Allemagne et la réduction de la Bundeswehr compliquèrent ce projet et par conséquent, cette réforme ne fut jamais menée à son terme. Tandis que certaines unités restaient dans l’ancienne structure, d’autres furent réorganisées.

Sans concept d’adaptation aux nouvelles réalités et faute d’un budget suffisamment important pour financer les réformes nécessaires, l’état général de l’armée devint rapidement alarmant.

Afin de maîtriser la situation, le gouvernement décida de réduire les effectifs ainsi que le budget et de « reformer la reforme » en cours. Une réforme comme toujours presque aussitôt réformée – en attendant la prochaine réforme…

Pendant cette période, l’armée allemande ne put trouver la stabilité nécessaire pour assumer pleinement ses nouvelles responsabilités. A titre d’exemple, malgré une nouvelle Force de Réaction Rapide (KRK – Krisenreaktionskräfte) la majorité des missions était organisée autour des bataillons de marche, composés largement de militaires en provenance des forces classiques.

Elément clé de plusieurs réformes, le concept KRK immobilisa des capacités énormes pour un retour sur investissement négligeable pour finalement retarder à la fois le renouvellement de la doctrine et de la structure.

Schizophrénie entre rêves et réalités : Dés le début des opérations extérieures en 1992, la Bundeswehr se trouva face à un dilemme :

• D’un coté, une classe politique qui exigeait des missions de plus en plus compliquées, sous l’égide de l’ONU ou de l’OTAN, tout en soulignant l’importance de continuer à assurer la mission traditionnelle de la défense du territoire.

• De l’autre coté, une Bundeswehr dépourvue de tous les éléments nécessaires pour mener ses nouvelles missions. En particulier, l’entraînement était insuffisant et l’équipement inadapté. Elle manquait de véhicules, d’unités professionnalisées, de moyens de communication et de commandement à longue distance ainsi que les budgets normalement associés.

A défaut de décision politique d’envoyer la KRK, la Bundeswehr a réagi en faisant appel au « système D » pour équiper ses bataillons. Le matériel nécessaire a été récupéré un peu partout. Certains ont vu leurs effectifs provenir de plus de cent compagnies différentes !

La Bundeswehr change de cap : En 1989, il est vrai que certains ont rêvé de devenir une « grande Suisse ». Mais aujourd’hui Berlin n’a plus le choix. La phrase « L’Allemagne doit être défendue dans le Hindou-Kouch » énoncée par Rudolf Scharping, ancien ministre de la Défense, est devenue le credo officiel. Et l’implication de la Bundeswehr dans une telle politique, malgré les problèmes que cela pose pour son fonctionnement au quotidien, est la source du rebondissement actuellement en cours.

  • Un changement de cap passant par plusieurs étapes distinctes :

Volker Rühe et le début des opérations extérieures : Au début des années 1990, les données paraissaient claires : le gouvernement Kohl n’autorisait ni les opérations extérieures armées, ni l’envoi de la Bundeswehr dans des zones anciennement occupées par la Wehrmacht et concentrait les capacités militaires allemandes uniquement sur la défense des territoires de la zone OTAN. Des crises telle que la guerre du Golfe en 1991 ou la guerre civile en ex-Yougoslavie étaient traitées soit en remplissant des chèques et en livrant du matériel aux alliés, soit en les déclarant de « nature humanitaire », nécessitant une approche strictement civile.

Cette politique fût interrompue à la fois par la combinaison d’un déficit budgétaire important, rendant plus économique l’envoi de casques bleus et par les ambitions du nouveau ministre de la défense, Volker Rühe. Entre sa nomination à la défense en 1992 et la défaite du gouvernement Kohl aux élections de 1998, il entreprit de transformer la Bundeswehr en la faisant évoluer d’une force territoriale vers une force opérationnelle par « une politique de petits pas ». Après une mission humanitaire au Cambodge, il envoya des chasseurs alpins et des parachutistes en Somalie, ordonna à la marine fédérale de patrouiller au large des côtes yougoslaves, chargea la Luftwaffe de larguer de l’aide humanitaire sous le feu serbe en Bosnie et convainquit le parlement à autoriser le stationnement de plusieurs milliers de fantassins et de tankistes en Bosnie afin de garantir les accords de Dayton.

Volker Rühe ne se prenait pas pour autant pour un seigneur de la guerre. Pour lui l’intervention militaire était une façon de poursuivre sa vraie passion politique : la politique étrangère. Il considérait la militarisation de cette politique ainsi que la renaissance d’une politique allemande musclée non pas comme un objectif mais comme un moyen d’y parvenir. Par voie de conséquence, il ne s’est jamais occupé en profondeur des réformes militaires et de l’adéquation des besoins, se contentant de soutenir la ligne officielle, considérant les opérations extérieures comme des exceptions, ne nécessitant pas de changements en profondeur de la Bundeswehr.

Dans les domaines Cimic (Coopération civilo-militaire) et PsyOps, le Multinational est la règle. ici deux officiers en Afghanistan : un Suédois et un Allemand. Photo © Bundeswehr.de.

Dans les domaines Cimic (Coopération civilo-militaire) et PsyOps, le Multinational est la règle

Cependant, comme l’a prouvé la guerre dans l’ex-Yougoslavie, une fois le tabou brisé, les choses ont commencé à se développer à leur propre vitesse. Au début du conflit, l’Allemagne se contenta d’envoyer seulement des navires pour patrouiller au large des cotes yougoslaves et des avions de transport pour larguer de l’aide humanitaire sur les enclaves bosniaques. En 1995, elle participa à l’envoi de forces mécanisées en Croatie et en Bosnie au sein de l’IFOR pour veiller à l’application des accords de Dayton. Finalement, en 1999, la Luftwaffe attaqua la DCA serbe pendant que des blindés allemands se préparaient à franchir la frontière du Kosovo par la force. Plus tard, après la retraite de l’Armée yougoslave, des grenadiers allemands se sont affrontés à des miliciens serbes à Pristina. Une situation inimaginable dix ans plus tôt !

Depuis le milieu des années 90, les KSK stationnés à Kalw sont engagés à l'étranger. Photo © Bundeswehr.de.

Depuis le milieu des années 90, les KSK stationnés à Kalw sont engagés à l'étranger

Afghanistan et guerre contre la terreur : Bien que la guerre dans l’ex-Yougoslavie fut la dernière opération menée avec des stratégies et des matériels adaptés aux exigences de la guerre froide, sur le terrain, ceux-ci se sont avérés inadaptés. Ceci n’a pas empêché les éléments engagés de relever brillamment les défis auxquels ils se sont trouvés confrontés. Mais, de retour au pays, mûris par leur expérience opérationnelle, les militaires allemands ont donné de la voix pour réclamer de vraies reformes et une modernisation de leurs équipements.

Modernisés, les Sikorsky CH-53G (transport) et Bell UH-1G sont encore en service pour longtemps. Photo © Bundeswehr.de.

Modernisés, les Sikorsky CH-53G (transport) et Bell UH-1G sont encore en service pour longtemps

Après le 11 septembre et l’envoi d’unités allemandes en Asie, en Afrique, dans l’Océan Indien, en Amérique du Nord et en Méditerranée, ces exigences ne pouvaient plus être ignorées. Le gouvernement Schröder donna son accord à l’acquisition de nouveaux matériels et – plus important encore – lança la première réforme de fond visant à la fois les structures et la doctrine, laquelle ne reposerait plus sur la seule idée de maintenir la Bundeswehr de la Guerre froide avec un format réduit.

Commando membre d'une unité spéciale. Photo © Bundeswehr.de.

Commando membre d'une unité spéciale

Cette nouvelle politique fut appliquée d’une manière conséquente, d’autant que le gouvernement Schröder a été soutenu en cela par l’opposition conservatrice. C’est lui enfin qui donna le feu vert à la Bundeswehr pour qu’elle créée les états-majors nécessaires pour planifier, préparer et mener au bien les indispensables changements.

En 10 ans, les femmes ont accès à toutes les fonctions de la Bundeswehr, à l'exception des engagements armés. Opex (Afghanistan). Photo © Bundeswehr.de.

Après la création d’un premier état-major interarmées permanent ayant vocation à commander les unités allemandes en opérations extérieures dés 2001, le nouveau ministre de la défense, Peter Struck, lança un audit avant de procéder à une nouvelle réforme. Pour souligner le fait qu’il n’agissait pas d’une « demi-réforme de plus », le projet prit le nom de « Transformation » et le Zentrum für Transformation der Bundeswehr fut spécialement créé en 2004 pour veiller à sa mise en œuvre.

La transformation : Cette nouvelle doctrine, soutenue également par le gouvernement de la grande coalition, prit en compte les changements intervenus depuis la fin de la guerre froide. Le nouveau contexte stratégique et les enjeux définis par la politique de sécurité et défense de l’Allemagne, ont fait l’objet d’un nouveau Livre blanc de la défense paru en 2006 - le précédant datant de 1994, pouvant être résumés comme suit :

• défendre le droit et la liberté, la démocratie, la sécurité et la prospérité des Allemands et de les protéger contre toute menace ;
• garantir la souveraineté et l’intégrité du territoire allemand ;
• prévenir les crises et conflits régionaux susceptibles de compromettre la sécurité de l’Allemagne et contribuer à la gestion de ces crises ;
• prévenir la menace représentée par le terrorisme international et la prolifération des armes de destruction massive ;
• contribuer au respect des droits de l’homme et au renforcement de l’ordre international sur la base du droit international ;
• encourager le développement et la liberté sans entrave du commerce mondial, comme fondement de la prospérité allemande, tout en aidant à surmonter le fossé entre régions riches et pauvres de la planète.

Conséquence de cette transformation, le rôle de la Bundeswehr a vraiment changé. Après avoir joué un rôle strictement réactif et défensif, elle est devenue un « outil d’une politique de sécurité et de défense globale et prévoyante », la nouvelle doctrine assignant les missions suivantes à l’armée allemande :

• assurer une capacité d’action extérieure ;
• contribuer à la stabilité dans le cadre européen et global ;
• garantir la sécurité et la défense nationale ;
• concourir à la défense des Alliés ;
• encourager la coopération et l’intégration multinationales.

Cette nouvelle politique de défense et de sécurité allemande prévoit un rôle beaucoup plus actif que sous le gouvernement Kohl. L’Allemagne s’engage notamment dans les forces (Battlegroups) de l’Union Européenne et dans la NATO Response Force (NRF) – la force de réaction rapide de l’OTAN – et déclare à la fois sa volonté et sa capacité d’y assumer le rôle d’une « nation cadre ».

D’après le même document, d’ici 2010, la Bundeswehr doit être transformée afin d’assurer les missions suivantes avec des forces crédibles :

• prévention des conflits et gestion des crises à l’échelle mondiale, y compris la lutte contre le terrorisme international ;
• soutien des Alliés ;
• protection de l’Allemagne et de ses citoyens ;
• sauvetage et évacuation ;
• partenariats et coopérations ;
• prestations d’assistance subsidiaires (entraide administrative, aide en cas de catastrophe naturelle et d’accidents particulièrement graves)

Afin de pouvoir remplir ces missions, l’armée est réorganisée et les unités d’active assignées aux trois nouvelles catégories de forces. Ces forces remplacent l’ancien concept de 1994 qui prévoyait seulement les deux catégories KRK et HVK :

            

80 Tigre en version UHT ont été commandés. La formation est commune aux pilotes français et allemands au Luc (Var). Photo © Joël-François Dumont.

80 Tigre en version UHT ont été commandés par la Bundeswehr

Les forces d’intervention : Fortes de 35 000 hommes et femmes, ces forces constituent le fer de lance de la Bundeswehr actuelle. Leurs missions principales consistent à ouvrir des théâtres d’opérations, évacuer des ressortissants allemands et alliés d’une zone de crise, de mener des combats à haute intensité, ou des missions de rétablissement de la paix contre une opposition militaire et à préparer des missions de maintien de la paix pendant la période initiale de transition, après la fin des hostilités. Elles comprennent des unités aéroportées, les forces spéciales, des bataillons mécanisés et une composante crédible et projetable de la Luftwaffe et de la Deutsche Marine. Ce sont ces forces qui sont mises à la disposition de l’OTAN et de l’UE afin de servir au sein des NRF et autres « Battlegroups ». Plus réactives que les force de stabilisation, elles peuvent être renforcées et augmentées par ces dernières en tant que de besoin.

Le MRCA Tornado (Panavia) de la Luftwaffe est particulièrement efficace pour détruire les défenses adverses. Photo © ILA 2006.

Le MRCA Tornado (Panavia) de la Luftwaffe est particulièrement efficace pour détruire les défenses adverses

• Les forces de stabilisation : Elles comprennent 70 000 militaires dont les missions sont à vocation interarmées et interalliées, qu’il s’agisse de crises de basse ou moyenne intensité. Elles doivent être capables de mener en même temps jusqu’à cinq opérations extérieures avec des « casques bleus ». Avec un effectif total de 14 000 militaires, elle doivent pouvoir, le cas échéant, monter en puissance dans un conflit et livrer un combat mécanisé contre une force moderne. Organisées autour de bataillons blindés et mécanisés, elles sont capables de renforcer ou de remplacer des éléments des forces d’intervention. De plus, elles comprennent des composantes importantes de renseignement tactique et opérationnel.

• Les forces de soutien : Fortes de 147 500 hommes et femmes, elles ont pour mission principale de préparer et soutenir les opérations des deux autres forces. En outre elles comprennent les unités de logistique et de commandement, le renseignement stratégique, la gendarmerie prévôtale, les hôpitaux militaires et la protection NBC. Chargées également de l’entraînement, elles sont la composante ayant le plus important pourcentage d’appelés.

La modernisation de la structure : La création de ces trois nouvelles catégories n’avait pas seulement nécessité de nouvelles structures pour les quatre armées existantes, mais entraîné la création d’une cinquième armée :

La Streitkräftebasis (SKB) - Force interarmées de soutien : La SKB est le résultat logique de la décision de professionnaliser et de rationaliser l’armée allemande tout en maintenant la conscription. Son objectif est de créer une force à la fois plus efficace, plus réactive et plus capable de mener des opérations extérieures sans augmentation du budget.

Depuis sa mise en place, la SKB est responsable de toutes les missions strictement territoriales ainsi que du soutien des opérations en cours. A cette fin, toute les unités de soutien, transmissions, logistique ainsi que les administrations militaires territoriales des trois armées « classiques » ont été placées sous son commandement.

La SKB est également responsable du Quartier Général des opérations extérieures de la Bundeswehr, du commandement du renseignement stratégique, du contre-espionnage, de la sécurité militaire, des futurs satellites militaires et des drones à longue portée.

En ce qui concerne les effectifs, la création de la SKB a permis pour les mêmes résultats de réduire une double voire triple capacité dans certains domaines (transmissions, logistique). Les unités de la SKB, majoritairement « clouées au sol allemand » sont également devenues la maison mère des appelés effectuant leur service militaire. La SKB contribue ainsi à la professionnalisation de la Bundeswehr.

Actuellement la SKB comprend un état-major au ministère de la défense à Bonn, l’administration centrale à Cologne, un Quartier Général au niveau Armée à Cologne, quatre commandements territoriaux au niveau Division, un Quartier Général pour commander les opérations extérieures à Potsdam (comparable au CPCO français au ministère de la Défense à Paris) et un Quartier Général opérationnel à Ulm (comparable au CG CRR-FR à Lille) pour commander des missions multinationales jusqu’à la taille d’un Corps d’Armée.

Entre-temps, les autres armées ont profité de leur réduction en format pour mieux s’adapter à la nouvelle donne :

Armée de Terre : Longtemps l’armée la moins flexible, l’armée de Terre (Heer) devient plus opérationnelle. Dans l’avenir elle comprendra trois divisions mobiles et deux divisions statiques. Les effectifs de ces divisions seront organisés en 12 brigades renforcées. Deux divisions et 8 brigades seront dissoutes.

Notons que l’armée de terre se sépare également de composantes importantes, en matière de soutien, de transmissions, d’entraînement et de logistique, toutes transférées à la SKB. En libérant l’armée de Terre de toutes les tâches secondaires/territoriales, elle devient une force active et réactive. Plus important encore, les trois divisions mobiles et les nouvelles brigades seront structurées et organisées pour être envoyées sur le terrain. Les deux autres divisions servant de force de réserve pour participer aux opérations multinationales avec des forces additionnelles de stabilisation. Cette nouveauté a pour finalité de mettre un terme à la dualité entre organisation territoriale et organisation opérationnelle, au gaspillage, pour créer des synergies en sonnant le glas des bataillons de marche.

Deux Eurofighter Typhoon effectuant un vol de démonstration. Photo © ILA 2006.

Deux Eurofighter Typhoon effectuant un vol de démonstration. Photo © ILA 2006.

Armée de l’Air : De toutes les armées, la Luftwaffe est sans aucun doute celle qui a les plus gros efforts à faire pour moderniser à la fois ses structures et ses capacités. Les principales étapes de sa réforme en cours visent à :

• réduire le nombre de divisions aériennes après la dissolution des deux corps d’armés aériens,
• introduire l’Eurofighter pour remplacer les chasseurs vétustes F4-G Phantom ainsi que les bombardiers MRCA Tornado,
• moderniser les MRCA Tornado dont la mission est la surveillance aérienne, la guerre électronique et spécialisés dans l’attaque des installations radar,
• remplacer les Transall par les A-400M,
• acquérir et transformer des Airbus civils en avions de transport et hôpitaux volants,
• intégrer la capacité du transport aérien dans le futur Commandement de transport européen,
• acquérir des systèmes anti-avion et anti-missiles Patriot PAC 3.

L’armée de l’Air va préparer et proposer des modules adaptés pour plusieurs types de missions qui peuvent être inclus dans l’ensemble d’une OPEX.

La frégate Mecklenburg-Vorpommern. Les frégates des Classes 123 et 124 sont toutes équipées du système MEKO - Photo Bundeswehr © de.

La frégate Mecklenburg-Vorpommern - Photo Bundeswehr © de

Marine : La Deutsche Marine est de loin l’armée qui a les effectifs les plus faibles et qui est la plus avancée dans cette Transformation. Depuis la réunification la Marine a réduit ses effectifs de presque 50 pour cent et mis hors service plus de 100 bateaux. Par contre, elle a utilisé le budget voté pour moderniser ses escadres (Geschwader) et ses bâtiments de guerre. Elle a donc acquis de nombreuses frégates, corvettes, navires anti-mines et sous-marins dernier cri ainsi que des bâtiments de soutien capables de soutenir une force navale (Einsatzgruppe) à longue distance des bases allemandes pendant plusieurs mois. La Bundesmarine qui était une flotte de garde-côtes a laissé la place à la Deutsche Marine qui est devenue une flotte de haute mer.

Les huit frégates de la Classe 122 doivent être remplacées par des frégates de la Classe 125. Photo Bundeswehr © de.

Les huit frégates de la Classe 122 doivent être remplacées par des frégates de la Classe 125

Depuis 2005 elle est organisée en deux flottilles (Einsatzflottillen) opérationnelles, stationnées en mer du Nord et en mer Baltique. Ces flottilles peuvent être envoyées partout dans le monde presque instantanément.

Sous-marin U 31 (Source © 2005 Bundeswehr / Matthias Dörendahl.

Les quatre sous-marins de la classe 212A utilisent un système de propulsion du type pile à combustible, combinant ainsi le silence des sous-marins diesel-électrique avec l’endurance des bateaux à propulsion nucléaire.

Ravitailleur (EGV) de la Classe Berlin en action. La Deutsche Marine envisage deux EGV pour renforcer sa flotte de haute mer. Photo © Bundeswehr.de.

Ravitailleur (EGV) de la Classe Berlin en action

Les lacunes principales de la Marine allemande sont le manque d’une composante d’attaque amphibie ainsi que la perte de son aéronavale d’attaque transférée à la Luftwaffe en 2006.

VAB Fuchs en version sanitaire dans les Balkans. Photo © Bundeswehr.de.

VAB Fuchs en version sanitaire dans les Balkans. Photo © Bundeswehr.de

Service de santé : L’armée allemande garde une composante de santé importante. A part les hôpitaux militaires (Feldlazarett), ce service réputé comprend quatre grands hôpitaux militaires (Bundeswehr Krankenhaus) [5] ainsi qu’un Quartier Général au niveau Armée. Pour remplacer les hôpitaux militaires dissous, l’armée allemande a initié un projet de coopération avec des hôpitaux civils qui fonctionne bien.

Equipage de Première urgence. Source : Bundeswehr / PIZ Sanitätsdienst (Thorsten Burger).

Equipage de Première urgence. Source : Bundeswehr / PIZ Sanitätsdienst (Thorsten Burger).

  • Conclusion :

Pour l’Allemagne la page de l’après-guerre est définitivement tournée. Malgré les souhaits d’une large majorité d’Allemands, la réunification n’a pas seulement mis un terme à l’existence de la RDA mais aussi celle de l’ancienne RFA. Cette rupture douloureuse a pris du temps, mais depuis que le gouvernement fédéral siège de nouveau à Berlin au lieu de Bonn, les conséquences de ces bouleversements sont devenues plus évidentes. Les résultats sont cependant encourageants : malgré toutes les craintes exprimées ici ou là, la réunification n’a pas créé de menace pour la paix en Europe, bien au contraire. L’Allemagne réunifiée est une démocratie stable avec une politique radicalement différente de celle du Reich. Ancré dans l’OTAN et entouré par des amis et alliés pour la première fois dans son histoire, ce pays s’est donné comme priorités la reconstruction, la réforme de ses institutions et l’avancement de l‘Union européenne. Des priorités « pacifiques » qui sont sans doute pour partie responsables d’une certaine lassitude pour ce qui touche à la défense nationale. C’est seulement maintenant que l’Allemagne est en train de prendre sa place, toute sa place, parmi les autres puissances européennes sur le plan de la diplomatie et de la sécurité internationale.

Soldat de la Bundeswehr dans un VTB Mungo, créé après un crash-programme et en service depuis 2005. Photo © Bundeswehr.de.

Soldat de la Bundeswehr dans un VTB Mungo. Photo © Bundeswehr.de

Par contre, cette lassitude en matière de défense s’oppose à des activités économiques, politiques et diplomatiques considérables. Une fois sa souveraineté retrouvée, la classe politique allemande n’a pas hésité à faire entendre sa voix à propos de sujets chers aux Allemands, comme l’unification européenne, l’écologie, le commerce international, le combat contre la faim ou les risques de prolifération, la paix et la stabilité dans les zones voisines comme les Balkans ou le Proche-Orient. Des objectifs très idéalistes… mais souvent nécessitant une approche plus musclée que l’envoi de chèques.

La réforme en cours est le résultat du fait que Berlin a compris les limites d’une politique de défense et de sécurité internationale « passive ». Les décisions ont pris du retard mais les résultats sont impressionnants, faisant de la nouvelle Bundeswehr une armée différente de toutes les armées allemandes précédentes :

• Sur le plan politique la défense du territoire n’est plus la première priorité. En effet, cette mission a été ouvertement remplacée par les missions de maintien de la paix, mais également par les interventions sous l’égide de l’OTAN et de l’ONU.
• Sur le plan organisationnel, la Bundeswehr devient une force complètement interarmées vouée à des missions nationales ou interalliées.
• Sur le plan tactique, elle s’éloigne du concept des « Kampfgruppen » blindés, favorisant des unités plus légères et mobiles.
• Elle continue les traditions démocratiques de l’armée créée en 1955 : contrôle parlementaire strict, commandée par un ministre civil, rôle important des appelés, attaches fortes avec les structures alliées.
• Finalement, sur le plan stratégique, elle sera la première force allemande capable d’opérer à longue distance du territoire allemand.

Parachutistes allemands lors du défilé du 14 juillet 2007 à Paris - Photo Bundeswehr © de.

Parachutistes allemands lors du défilé du 14 juillet 2007 à Paris

L’Allemagne gagne ainsi un instrument souple, puissant et à l’hauteur de ses aspirations et de ses engagements internationaux. La Transformation de la Bundeswehr montre que l’Allemagne réunifiée est devenue pleinement souveraine. L’Allemagne entend désormais être un partenaire à part entière dans les domaines de la défense et de la sécurité Reste à voir, à l’usage, si Berlin saura en tirer profit. A ce jour, les auspices sont prometteurs.

Heinz Michael Hellerforth

(*) Avocat. Officier de réserve de la Bundeswehr et ORSEM.

[1] Défense, revue bimestrielle de l'Union des Associations des Auditeurs de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN). Abonnements: BP 41-00445 Armées.

[2] Citation de l'Archiduc Otto d'Autriche : « Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut pas non plus savoir où il va parce qu'il ne sait même pas où il est », citation reprise par le ministre fédéral de la Défense.

[3] La décision rendue le 12 juillet 1994 par la Cour Constitutionnelle a mis un terme à un long débat entre les partis politiques sur le fait de savoir si l'armée allemande pouvait ou non participer à des opérations extérieures.

[4] L'Allemagne participe à hauteur de 6.900 hommes aux OPEX. Source : Bundeswehr.

[5] Bundeswehrzentralkrankenhaus Koblenz, Bundeswehrkrankenhaus Ulm, Bundeswehrkrankenhaus Berlin, Bundeswehrkrankenhaus Bad Zwischenahn.

Lire également :

Liens utiles :

 

 


Derniers articles

Verdun 2016 : La légende de la « tranchée des baïonnettes »
Eyes in the Dark: Navy Dive Helmet Display Emerges as Game-Changer
OIR Official: Captured Info Describes ISIL Operations in Manbij
Cyber, Space, Middle East Join Nuclear Triad Topics at Deterrence Meeting
Carter Opens Second DoD Innovation Hub in Boston
Triomphe de St-Cyr : le Vietnam sur les rangs
Dwight D. Eisenhower Conducts First OIR Missions from Arabian Gulf
L’amiral Prazuck prend la manœuvre de la Marine
Airmen Practice Rescuing Downed Pilots in Pacific Thunder 16-2
On ne lutte pas contre les moustiques avec une Kalachnikov...
Enemy Mine: Underwater Drones Hunt Buried Targets, Save Lives
Daesh Publications Are Translated Into Eleven Languages
Opération Chammal : 10 000 heures de vol en opération pour les Mirage 2000 basés en Jordanie
Le Drian : Daech : une réponse à plusieurs niveaux
Carter: Defense Ministers Agree on Next Steps in Counter-ISIL Fight
Carter Convenes Counter-ISIL Coalition Meeting at Andrews
Carter Welcomes France’s Increased Counter-ISIL Support
100-Plus Aircraft Fly in for Exercise Red Flag 16-3
Growlers Soar With B-1s Around Ellsworth AFB
A-10s Deploy to Slovakia for Cross-Border Training
We Don’t Fight Against Mosquitoes With a Kalashnikov
Bug-Hunting Computers to Compete in DARPA Cyber Grand Challenge
Chiefs of US and Chinese Navies Agree on Need for Cooperation
DoD Cyber Strategy Defines How Officials Discern Cyber Incidents from Armed Attacks
Vice Adm. Tighe Takes Charge of Information Warfare, Naval Intelligence
Truman Strike Group Completes Eight-Month Deployment
KC-46 Completes Milestone by Refueling Fighter Jet, Cargo Plane
Air Dominance and the Critical Role of Fifth Generation Fighters
Une nation est une âme
The Challenges of Ungoverned Spaces
Carter Salutes Iraqi Forces, Announces 560 U.S. Troops to Deploy to Iraq
Obama: U.S. Commitment to European Security is Unwavering in Pivotal Time for NATO
International Court to Decide Sovereignty Issue in South China Sea
La SPA 75 est centenaire !
U.S. to Deploy THAAD Missile Battery to South Korea
Maintien en condition des matériels : reprendre l’initiative
La veste « léopard », premier uniforme militaire de camouflage
Océan Indien 2016 : Opérations & Coopération
Truman Transits Strait of Gibraltar
Navy Unveils National Museum of the American Sailor
New Navy, Old Tar
Marcel Dassault parrain de la nouvelle promotion d’officiers de l’École de l’Air
RIMPAC 2016 : Ravitaillement à la mer pour le Prairial avant l’arrivée à Hawaii
Bataille de la Somme, l’oubliée
U.S., Iceland Sign Security Cooperation Agreement
Cléopatra : la frégate Jean Bart entre dans l’histoire du BPC Gamal Abdel Nasser
Surveiller l’espace maritime français aussi par satellite
America's Navy-Marine Corps Team Fuse for RIMPAC 2016
Stratégie France : Plaidoyer pour une véritable coopération franco-allemande
La lumière du Droit rayonne au bout du chemin





Directeur de la publication : Joël-François Dumont
Comité de rédaction : Jacques de Lestapis, Hugues Dumont, François de Vries (Bruxelles), Hans-Ulrich Helfer (Suisse), Michael Hellerforth (Allemagne).
Comité militaire : VAE Guy Labouérie (†), GAA François Mermet (2S), CF Patrice Théry (Asie).

Contact