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OTAN, Afghanistan!...Vers où ? Vers quoi ?

OTAN, Afghanistan ! ...Vers où ? Vers quoi ?

L'annonce faite à Londres devant le Parlement britannique par le président Sarkozy de l'envoi de renforts français en Afghanistan a été suivie d'un "débat" à Paris qui était loin d'être à la hauteur des enjeux. A un moment où il est question de réduction drastique des budgets militaires, ne pouvant pas ne pas entraîner dans nos trois armées des « pertes de capacités » qu'il faudra bien un jour reconnaître, on est amené à se poser plusieurs vraies questions. Dans nos journaux, les prises de position motivées des politiques ont brillé par leur absence. L'époque où nos Assemblées avaient de vrais experts militaires, en France comme aux Etats-Unis est révolue depuis longtemps, à de très rares exceptions près à gauche comme à droite ! Il est révélateur que lors de son entretien télévisé, le président Sarkozy n'a pas une seule fois parlé de défense ou d'espace. Jusqu'ici les journalistes sélectionnés pour interroger le chef de l'Etat ont toujours ignoré ces questions. On peut parier qu'à l'étranger, c'eut été très différent ! Devant le silence assourdissant des uns et une presse française tout aussi absente à l'exception de quelques journalistes, parmi lesquels Jean-Dominique Merchet qui dans le "blog" de Libération qu'il anime avec succès [1] ou de quelques très rares articles dans le Monde, le Figaro ou TTU [2] qui fait un travail plus que difficile dans une période où la communication militaire n'est plus ce qu'elle était, Guy Labouérie, lui, n'a jamais baissé sa plume pour dire tout haut avec un talent que lui reconnaissent ses pairs ce que la plupart d'entre eux pensaient tout bas. Son dernier livre, [3] bien au delà des faits "têtus" qu'il rapporte est une réflexion qui devrait guider ceux qui nous gouvernent, de peur que les générations futures n'éprouvent un jour le sentiment que leurs aînés ont encore raté un train quand la chance est passée devant eux !  Voici sa dernière tribune que nous avons l'honneur, une fois de plus, de diffuser ici. Brest, le 6 avril 2008. Mis en ligne le 1er mai 2008.

Quand la charte de l’Alliance Atlantique face à l’empire Rouge fut adoptée et que l’on passa aux données concrètes de son organisation militaire, dite OTAN, le raisonnement américain fut d’une grande simplicité. « Vous êtes faibles et sans grands moyens. Or les Soviets ont de l’autre côté une multitude de chars, d’avions et de sous-marins. Puisque vous serez en première ligne construisez donc les chars, les avions et les frégates nécessaires pour les équilibrer. Compte tenu de nos moyens, nous assurerons à votre profit l’information/renseignement, les bombardements stratégiques, le nucléaire, et un renforcement considérable de nos propres moyens aéroterrestres en Europe, tandis que nos forces aéronavales assureront le contrôle des mers au profit de tous. » Nous y trouvâmes, ne l’oublions jamais, la confirmation de notre liberté et le début de notre richesse.

Alors que la Grande Bretagne se croyant toujours l’ami spécial des Etats-Unis se sentait un peu en dehors de ce schéma à l’exception des commandements à récupérer à son profit, un seul pays, le nôtre, ne l’accepta que du bout des lèvres. Veillant à ce que les astuces du parti communiste français assimilant Alliance et outil ne fassent pas dérailler des partis politiques toujours en mal de comprendre la géopolitique mondiale, la France fit le considérable effort de son accession au nucléaire stratégique lui donnant une stature politique, diplomatique, et d’autonomie considérable, tout en armant deux porte-avions, avec malheureusement un seul groupe aérien, qui lui assurèrent les mêmes capacités d’indépendance dans les nombreuses interventions qu’elle décida.

Et puis le temps passa et le démantèlement de l’Empire Rouge, nous privant d’ennemi officiel laissa tous les participants de l’Alliance interdits à l’exception des Américains et dans une moindre mesure des Britanniques qui néanmoins faillirent perdre leur âme en voulant vendre leurs porte-avions que seule sauva la guerre des Malouines. Les autres participant de la brillante réflexion stratégique sur « les dividendes de la paix » se pâmèrent devant les pacifistes de tout poil et les donneurs de leçons d’humanité en chambre puis s’empressèrent de diminuer leurs budgets militaires au lieu de réfléchir sur le fond aux nouvelles conditions géoéconomiques, géostratégiques et géopolitiques, trouvant confortable la protection américaine et d’excellents arguments dans les difficultés économiques qui n’avaient pas manqué de surgir dès 1974.

En même temps, incapables de se projeter dans l’avenir et se comportant comme des adolescents prenant leurs désirs pour des réalités, l’ensemble des pays européens, incapables d’avoir une vision politique commune de leur avenir et se contentant de monter une Babel économique bruxelloise, sans se doter par ailleurs de la moindre industrie d’armement cohérente, finirent par accepter des élargissements successifs sans réflexion politique, l’économie prenant le pas sur toute autre considération. Cette fuite en avant fut et continue d’être encouragée par les Etats-Unis voulant une Europe riche comme cliente pour ses entreprises, mais faible pour que se termine l’obligation de l’Oncle Sam à revenir faire la paix en Europe comme lors des deux conflits mondiaux européens et plus récemment dans son ventre mou des Balkans, en évitant qu’elle ne se lance dans des initiatives dangereuses. Pour cela les Etats-Unis élargirent chaque fois que possible l’accession à l’OTAN des anciens pays d’Europe de l’Est, obligeant ainsi l’Europe à les faire entrer très vite dans l’Union sans précaution ni institutions adaptées. Si les Etats-Unis viennent enfin de subir un échec provisoire avec l’Ukraine et la Géorgie, c’est seulement par peur des Allemands et des Français vis à vis de la Russie. Peut-être, en étant optimiste, peut-on espérer que les écailles leur tombent des yeux et qu’ils vont désormais à deux, en véritable moteur arrêté depuis trop longtemps, reprendre le chemin de la réflexion et de l’approfondissement d’une Europe politique à inventer. Toutefois ne nous faisons pas d’illusion les pressions américaines et britanniques pour l’entrée de la Turquie dans l’Union vont reprendre de plus belle, car une fois coincée entre la Turquie et la Grande-Bretagne l’Union Européenne ne pourra jamais prendre son autonomie, en attendant une illusoire indépendance. Se retrouvant alors avec une frontière commune avec les drames du Proche-Orient (Iran, Syrie, Irak, Liban, Israël, sans oublier la Russie et la Turquie elle-même avec ses Kurdes) elle ne pourra jamais s’en sortir dans son organisation bureaucratique actuelle sans les Etats-Unis. Oserons nous nous libérer de ce collier analogue à celui du chien dans la fable « le chien et le loup » ou préfèrerons-nous, bien des groupes de pression divers y travaillent assidûment, nous refermer sur une certaine tranquillité confortable? On peut craindre cette dernière aussi bien dans les prises de position de notre gouvernement que dans « la nullité des deux grands partis politiques français » sur ces sujets difficiles, pour reprendre le terme d'un diplomate britannique. La discussion parlementaire sur l’envoi de renforts en Afghanistan vient de le montrer à l’évidence.

Depuis une vingtaine d’années, incapables de prendre la mesure des véritables défis qui nous attendent dans tous les domaines, en commençant par celui de la Défense, nous préférons nous incliner devant les diktats invraisemblables de divers et parfois généreux groupuscules, irresponsables mais se croyant investis d’une mission rédemptrice aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays, au lieu de ramasser nos énergies et nos talents pour ces ruptures attendues depuis si longtemps et toujours refusées non seulement en France mais sur l’ensemble de la planète. Le retour annoncé récemment dans l’organisation militaire de l’Alliance, outre l’admirable hypocrisie de l’extrême gauche avec le renfort de « nouveaux barbus » et de quelques « pieds nickelés » adoubés par l’Acrobate, laisse néanmoins un certain malaise par le peu de précision apportée sur la refonte obligatoire de l’Alliance aussi bien que de l’organisation militaire qu’il devrait impliquer si nous voulons garder notre autonomie et protéger celle de l’Europe à venir. L’Alliance n’a jamais eu vocation à se substituer à l’ONU et ses forces militaires non plus, c’est fausser le « jeu » international bien que ce fut souhaité par les deux Grands pendant toute la guerre froide en refusant l’état-major et les moyens pourtant prévus par la charte. Le silence des militaires est d’ailleurs regrettable à moins qu’ils ne soient, du moins certains, une des parties menantes espérant y trouver des satisfactions professionnelles de haut niveau qui n’existent plus chez nous comme il y a cinquante ans. La France, comme l’Europe pour reprendre le titre d’un papier du Figaro méritent mieux. Mais pour cela encore faudrait-il s’interroger vraiment sur notre monde, ses caractéristiques, ses menaces, les moyens à développer, les hommes à former, etc. au lieu de passer son temps en discussions politiciennes sans effet sinon de retarder perpétuellement les décisions nécessaires. Les défis sont immenses dans un monde hétérogène, rongé par l’économie criminelle, les terrorismes, les totalitarismes, inquiète des excès de plus en plus probables des incroyables progrès technologiques en cours en commençant par leur impact sur les humains en même temps que la faim physique, intellectuelle mais aussi spirituelle de populations qui n’ont jamais été aussi nombreuses, etc.

S’imaginer comme quelques uns que nous en sommes encore au déferlement de divisions mécanisées à travers les espaces de l’Europe ou de l’Asie est du domaine du passé car notre monde n’est plus celui-là, sauf peut-être en ce qui concerne la Russie et la Chine si elles se montraient incapables de dominer, l’une ses immenses espaces vides, l’autre ses immenses populations. S’imaginer d’un autre côté que l’on peut passer des années à envoyer des troupes d’intervention à l’extérieur sans trop savoir vraiment pourquoi en dehors des habituelles incantations démocratiques n’a pas de sens et ne fait qu’encourager les haines et les violences. Depuis quarante ans toutes ces interventions militaires ont abouti à l’échec…depuis l’Indochine jusqu’à l’Afghanistan ! Nous avons tous échoué, Américains, Français, Russes, Chinois, et demain islamistes radicaux… pour une simple raison : nous avons refusé de faire ou de ne pas faire la guerre qui aurait été nécessaire parce que nous ne savions pas quelle guerre faire pour de multiples raisons en commençant par un manque de vision politique globale de la situation réelle du moment et par des pressions internes et externes auxquelles nous étions incapables de résister par manque de caractère et peur de déplaire ce qui est grave en politique.

  • Nous avons oublié que si la force doit être contrôlée par le Droit, il n’est pas de Droit sans la Force.

Rien n’est pire dans ce domaine que les demi-mesures auxquelles nous nous sommes trop longtemps résignés. Un bon et malheureux exemple en est donné aujourd’hui par la piraterie. Anglais et Français, appliquant les peines prévues pour les pirates en avaient débarrassé le monde, particulièrement l’océan indien, en même temps qu’arrêté le juteux trafic des esclaves. Ayant tout abandonné par peur d’être accusés de colonialisme voire pire, ces crimes sont repartis de plus belle. Seul Singapour exécutait encore sur le lieu de leur forfait, il y a peu, tout pirate pris dans le détroit de Malacca. Il est temps de tirer les leçons de tous nos échecs mais pas dans le sens de ce que nous entendons ici ou là. Ainsi est-il préoccupant d’entendre déclarer que nous sommes sur la voie d’interventions de plus en plus longues nécessitant de plus en plus de moyens alors que c’est ce qui a entraîné tous les échecs précédents et actuels. Il est encore plus alarmant de constater une dérive vers un bipolarisme stupide et dangereux par les graves oublis qu’il comporte et les violences qu’il pourra déchaîner entre des « droits de l’homme » inconnus des trois quarts des humains et des « droits d’un dieu » qui refuse de vivre à ceux qui l’ignorent. C’est d’autant plus inefficace que les dits droits de l’homme sont trop souvent la garantie des criminels qui ne les respectent pas et non des victimes perdant ainsi tout crédit auprès des populations et que les droits de dieu servent essentiellement pour le moment à asservir les populations qui y croient. Mais ce n’est pas dans ces simplismes que réside la situation géopolitique et géostratégique mondiale d’aujourd’hui C’est infiniment plus complexe, plus hétérogène, plus flou, plus risqué, plus malheureux… et il est d’autant plus indispensable d’y réfléchir autrement que dans ces grand’ messes politiciennes où des dizaines de « robots » en cravate s’agitent sous le regard de médias d’autant plus critiques qu’ils n’ont souvent pas les connaissances nécessaires pour en juger.

L’urgence est de revenir à ce que l’on appelle des fondamentaux, du moins à deux d’entre eux. Le premier est de prendre en compte la fermeture, l’hétérogénéité, les mouvements, les progrès technologiques d’une planète de plus en plus petite pour une population de plus en plus nombreuse, etc. ce qui rend de plus en plus dangereuses les idées d’un Clausewitz qui marquent encore bien trop les esprits non seulement des militaires mais aussi de trop de politiques comme un certain Rumsfeld. Ces idées ont entraîné les plus grands massacres humains imaginables sur la plus petite surface terrestre, l’Europe, ainsi que la démission de bien trop de leaders politiques, face aux menaces puis aux dangers. Le deuxième est que dans toute situation de rencontre entre sociétés et d’autant plus dans un monde fermé sans échappatoire possible, qu’on le veuille ou pas, qu’on le comprenne ou pas, qu’on le condamne ou pas, que s’exercent avec excès de multiples pressions par des gens parfois généreux mais jamais en charge de la collectivité, il y a des situations de force qu’il faut prendre en compte et que cela peut conduire à des décisions qui peuvent être terribles mais qu’à terme il peut être bien plus terrible de ne pas les prendre. C’est au chef politique à l’assumer car « celui qui place la vie au-dessus de toute chose sera paralysé par l’irrésolution. L’irrésolution chez un général est une grande calamité. (Sun Tse VIII-19) » C’est pire chez un Politique. C’est d’une certaine façon ce qu’ont voulu rappeler cinq anciens chefs d’état major des Armées à propos certes du nucléaire et de son éventuel emploi en premier, mais aussi que face à certaines situations où les valeurs et les intérêts majeurs d’une nation ou d’un groupe de nations sont menacés on a le choix entre « se battre ou aller danser » (amiral Nimitz) mais que l’entre deux n’a pas de sens.

Seulement si la véritable Force reste militaire, elle ne peut plus s’exercer dans un monde fermé comme autrefois et elle doit être précédée, accompagnée et poursuivie par celle de l’Information.

Cette dernière doit la dominer aussi bien dans la préparation des décisions que dans l’exécution elle-même, information plurielle destinée aux exécutants comme à ceux auprès de qui on intervient. Envoyer des troupes sans vision politique de la nouvelle situation que l’on cherche à obtenir et sans information préalable continue dans leur langue, leurs habitudes, leurs organisation, leurs cultures et leurs hétérogénéité locales, ne résout aucun problème, entraîne la mort de multiples humains sans oublier les militaires que l’on envoie dans un brouillard dont ils sont parfois responsables par leurs déclarations et leurs conseils. Quand on se souvient des déclarations américaines avant l’Afghanistan comme avant l’Irak, on peut avoir des doutes sur le sérieux de leurs conseillers militaires du moment, ce qui n’enlève rien aux responsabilités de leurs gouvernants. Quand on sait que l’Afghanistan est le grenier de l’héroïne qui détruit non seulement la jeunesse occidentale mais également bien trop de ses adultes jusqu’aux plus hautes responsabilités, on peut légitimement se poser la question de savoir quelle guerre nous devons y faire ou si nous ne voulons et ne devons pas la faire. On n’entend rien sur ce sujet aujourd’hui. Cela reste vrai à l’intérieur d’un pays, par exemple en Turquie où seule une solution politique d’autonomie des Kurdes peut faire cesser la guérilla du PKK avec ses milliers de morts. A la suite des décolonisations, cette situation se retrouve dans de nombreux pays. Il a fallu deux siècles à l’Amérique du Sud pour parvenir à une situation à peu près pacifique, il est souhaitable que ce soit bien plus rapide en Afrique bien que les situations maures/esclaves noirs dominent encore une large partie de l’Afrique subsaharienne avec ses cortèges d’horreurs.

Face aux extrêmes, particulièrement idéologiques, seule l’information véritable peut forcer les barrières de l’ignorance, déstabiliser ceux qui oppressent leurs peuples, détruire les intégrismes et leurs suppôts, déstabiliser les meneurs des économies criminelles, fragiliser les idéologies dangereuses, etc. Encore faut-il s’entendre sur le fait qu’il y faut des personnes particulièrement au fait de ce dont elles vont informer les autres dans leurs langues, leurs coutumes, leurs croyances… etc. et une résolution sans faille pour ne jamais cesser d’en faire à l’intérieur et à l’extérieur avec en outre les moyens matériels et juridiques indispensables.

Il est plus que temps, sans a priori d’aucune sorte, de réunir les Six de l’origine plus l’Espagne pour une étude sans complaisance non seulement de l’avenir mais aussi de nos erreurs, nos lâchetés, notre impuissance feinte ou réelle, et de proposer aux gouvernements correspondants une politique générale répondant aux espérances de nos peuples et de tous ceux qui attendent de l’Europe et de la France autre chose que des discours, des projections militaires défendant des dictateurs, des crédits versés sans contrôle et dilapidés, et la générosité d’innombrables ONG indispensables mais dont les dérives deviennent inévitables par manque de formation, d’information, et de responsabilité. Il n’y a pas que l’arche de Zoé à le manifester. S’il est bien de songer à renforcer l’Alliance avec l’espoir probablement illusoire de la changer, il est infiniment plus important de nous occuper de ceux qui veulent réellement « Inventer l’Europe » en nous donnant les moyens juridiques, humains, institutionnels et matériels indispensables. Le reste ne serait que de la mauvaise littérature.

Oui nous sommes dans l’Alliance, oui nous avons un rôle important à y jouer, oui nous sommes non seulement alliés mais amis des Américains, oui l’Union économique européenne doit continuer mais, oui, nous sommes aussi un pays certes difficile parfois à comprendre mais héritier de grands moments et nous devons et pouvons continuer librement dans les conditions d’aujourd’hui de construire notre avenir et celui de ceux qui voudront le faire réellement avec nous. Nous ne pouvons pas cautionner sans prudence politique les dérives constatées de l’Alliance et de son organisation militaire. Nous devons à l’aune de nos valeurs et de nos intérêts participer à ce que nous proposent ou nous demandent nos Alliés mais notre avenir ne peut se limiter à l’économie et aux bonnes œuvres ou à des interventions militaires inutiles qui ne grandissent pas ceux qui les engagent dans de telles conditions.

Notre monde est de plus en plus difficile, incertain, dangereux. Cessons d’une part de croire aux bons sauvages pacifiques et d’autre part à l’emploi indistinct des forces militaires. Rejetons Clausewitz, étudions tous ceux, ils sont nombreux, qui ont stratégiquement compris ce qu’est un monde hétérogène, multiforme, passionnel, dangereux, aux richesses limitées et aux excès idéologiques criminels… Réfléchissons, travaillons, formons les hommes nécessaires, construisons une Europe politique limitée en nombre, c’est prévu dans les accords actuels, et ne perdons pas de temps à ânonner un avenir à trente qui, intéressant économiquement dans la zone de libre échange chérie des Britanniques à conserver pour tous ceux qui auront les capacités d’y entrer, nous conduit à un immobilisme qui ne sera ni source de grandeur ni capacité de sécurité. A cet égard le manque de sens du temps de l’ensemble de nos dirigeants est quelque chose d’assez étonnant et qui nous coûte de plus en plus cher dans tous les domaines et rejoint le manque de décisions rapides et fermes là où elles devraient être prises pour le bien futur de leurs administrés… Foch avait raison, et les Américains l’ont bien compris : « rien n’est plus difficile à manœuvrer qu’une coalition. » Alors si nous y entrons, veillons à ce que nos valeurs, comme nos intérêts, y soient premiers dans ses décisions.

Et les Chinois de rire !

Guy Labouérie

[1] Les Super-Etendard en Afghanistan, une escroquerie ? in Secret Défense

[2] Afghanistan : la Bundeswehr en détresse

[3] Penser l'Océan avec Midway ( publié aux Éditions L’Esprit du Livre, le 5 novembre 2007)

Voir également dans la série "analyse stratégique":


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