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Berlin-Schönefeld : y aller ou pas ?

Berlin-Schönefeld : y aller ou pas ?

Les salons internationaux sont toujours révélateurs. Au moins autant sur les intentions à moyen ou long terme des pays organisateurs que sur la façon de travailler des sociétés étrangères représentées par des exposants privés ou publics. On ne le répétera jamais assez: le salon aéronautique de Berlin Schönefeld, l'Internationale Luftaustellung - l'ILA - n'a pas pour ambition de rivaliser avec le Bourget ou avec Farnborough. Au contraire, la vocation et les chances de succès de ce salon sont dans cette "différence" dont se réclament ses organisateurs. Ses détracteurs ont beau être nombreux en Grande-Bretagne quelques semaines avant le salon de Farnborough pour militer de manière à peine voilée pour la suppression de l'ILA, rien n'y fera. Cela dit, l’Europe a-t-elle vraiment besoin de cette manifestation, les années paires ? Sur ce point, notre confrère Pierre Sparaco [1] est catégorique : « Aucune des réponses formulées n’est crédible » et. « douter du bien-fondé du rendez-vous de Berlin reviendrait à mettre en cause les grandes ambitions aéronautiques et spatiales des industriels d’outre-Rhin. » ... « Berlin se veut différent dans la mesure où il relève aussi de la volonté des industriels de montrer aux citoyens allemands que leur aviation a retrouvé toute sa vigueur d’antan. Cela, pour l’essentiel, par le biais de grandes coopérations. » Voilà qui est clair. L'Allemagne n'entend pas renoncer à s'affirmer dans ce secteur à très haute valeur ajoutée. Correspondance de François de Vries. Berlin-Schönefeld, le 29 mai 2008.

L'A-380 se prépare pour une nouveau vol de démonstration. Photo © ILA 2008.

L'A-380 se prépare pour une nouveau vol de démonstration

Pour avoir parlé avec de nombreux exposants étrangers sur les raisons de leur participation, on peut penser que l'ILA a de nombreux atouts, faut-il encore les connaître... Si l'on tient compte du fait qu'à la volonté politique s'ajoute celle des industriels allemands d'être encore plus dynamiques à l'avenir dans ce secteur aéronautique et spatial, considéré comme porteur d'avenir, on peut imaginer que l'Allemagne fera les sacrifices nécessaires pour relever le défi pour que cette renaissance s'inscrive dans les faits. Le BDLI [2] qui regroupe sous sa bannière 160 sociétés, soit 85.000 emplois, pour la plupart très qualifiés, d’EADS aux petites PME-PMI allemandes, avec un chiffre d’affaire de 20 milliards d’euros, mais aussi la Foire de Berlin [3] pour leur part y sont prêts. Ils ont déjà confirmé qu'ils continueraient de s'associer à l'avenir pour promouvoir et développer les activités de ce salon qui, cette année encore, a su drainer plus de 120.000 professionnels (5.000 de plus qu'en 2006, grande année de référence) et 241.000 visiteurs contre 250.000 en 2006 en seulement trois jours. Le Land de Brandebourg a fait également des efforts considérables en matière d'infrastructures aéroportuaires. Celles-ci seront achevées en 2010 et les travaux rencontrés sur la route ne seront plus qu'un lointain souvenir. L'un des intérêts de ce salon ne réside pas dans la présentation de grandes nouveautés, mais il permet de révéler des talents, des produits de qualité, des innovations ou de rencontrer des experts à la centaine de conférences de haut niveau organisées à cette occasion. La recherche de contact avec de nouveaux partenaires, attirés par le sérieux allemand et par des sociétés beaucoup plus ouvertes à l'idée d'établir des partenariats avec des sociétés étrangères se fait devant vous. 62% des entreprises présentes sont européennes, 11% américaines, 9% pour les autres pays européens hors UE et 8% pour les pays d'Europe centrale et orientale. Les visiteurs les plus nombreux viennent de Grande-Bretagne, de France, de République Tchèque, de Suisse et de Russie. Pour ce qui est des exposants, c'est une toute autre affaire. Il n'y a qu'à se rapporter à la liste des exposants disponible sur Internet... Une liste révélatrice à bien des égards.

La Chancelière Mme Merkel entourée de Louis Gallois, PDG d'EADS et de Tom Enders, PDG d'Airbus. Photo © François de Vries.

La Chancelière Mme Merkel entourée de Louis Gallois et de Tom Enders

S'il est vrai de dire que les participations aux grands salons représentent des investissements coûteux, il ne faudrait pas oublier que trop souvent certains salons sont parfois mal préparées, faute de temps ou de moyens. Si les très grandes sociétés peuvent se permettre d'être présentes partout, les PME-PMI, elles, se doivent de faire des choix et trouver des partenariats. Elles n'ont pas le droit à l'erreur. Il serait faux de juger la France à travers les firmes françaises présentes à l'ILA 2008. Le moins que l'on puisse dire est que la participation française est très loin d'être à la hauteur d'un pays qui occupe la première place en Europe dans le domaine aéronautique et spatial. La question est peut-être de savoir, pour combien de temps encore, quand on voit l'importance des problèmes à régler, le manque de moyens, le manque de volonté politique quand on voit les investissements à réaliser, les grands programmes de renouvellement étant systématiquement retardés, des querelles qui n'en finissent pas, comme si la crise du dollar monnaie de réserve pour les achats pétroliers et en aéronautique n'avait pas assez de conséquences négatives sur les entreprises les plus performantes du secteur, quelle que soit leur taille. Certaines ont fait le choix de la délocalisation, pensant y trouver le salut. D'autres ont mis les coudées doubles pour sauver l'outil de production menacé. Le drame est que l'Etat n'a plus les moyens qu'il avait d'intervenir, chose par ailleurs qu'il ne peut plus faire comme avant, les règles de la concurrence le lui interdisant. Last but not least, ses représentants ont trop souvent montré qu'ils n'étaient pas les plus qualifiés pour diriger des entreprises publiques avec succès.

Thales vient de s'associer à Diehl pour reprendre une usine allemande d'Airbus. Photo © ILA 2008.

Thales vient de s'associer à Diehl pour reprendre une usine allemande d'Airbus

Quand on a passé près de quarante ans à côtoyer nos compatriotes à l'étranger au hasard de foires expositions ou de grands salons de l'armement ou aéronautique, on finit par avoir une certaine expérience du savoir faire gaulois en la matière et une certaine compréhension de nos difficultés à l'exportation. Et des regrets parfois de voir notre pays si peu ou si mal représenté.

Devant un DC-3, symbole de la Liberté pour les Berlinois, Mme Merkel salue les vétérans américains et britanniques. Photo © François de Vries.

Devant un DC-3, symbole de la Liberté pour les Berlinois, Mme Merkel salue les vétérans américains et britanniques

Un exemple ? Que dire à Berlin, lors de l'ouverture du salon par la Chancelière d'Allemagne, ouverture coïncidant avec le 60ème anniversaire du pont aérien organisé par les Alliés pour approvisionner Berlin-Ouest assiégée par le blocus soviétique ? Alors que des vétérans américains et britanniques sont là en tenue, aux côtés de leurs épouses, mais où sont donc les Français ? Absents, à l'exception de notre ambassadeur. Que reste t-il de ces cinquante années d'occupation militaire du secteur français de Berlin et de la protection de cette ville qui fut pendant si longtemps l'avant-poste du Monde libre ? Peu de choses, quelques souvenirs dans des musées alliés ! C'est oublier que dans la mémoire des Berlinois, certains se souviennent et regrettent cette légèreté. Quelques vétérans français auraient certainement par leur présence rehaussé cette cérémonie du souvenir à une manifestation où pour la première fois un Rafale de l'armée de l'Air a effectué un passage, très remarqué, signe que certaines choses évoluent.

Photo © François de Vries.

A quelques mètres du DC-3, devant le C-17A de l'US Air Force "The Spirit of Berlin", la Chancelière dit quelques mots pour évoquer le courage et la ténacité des pilotes alliés, sans lesquels Berlin aurait du se soumettre ou mourir de faim. A ses côtés, le ministre-président du Land de Brandebourg, M. Platzeck, le ministre fédéral de l'économie, M. Glos, l'ambassadeur de France, M. de Montferrand, des Etats-Unis d'Amérique, M. Timken,  et le chargé d'Affaires britannique, Tom Enders, en sa qualité de président du BDLI, le sous-chef d'état major de l'US Air Force, le général Duncan J. McNabb, le général Roger A. Brady, USAFEE, et la vedette en tenue d'époque, le général Halvorsen : c’est lui qui avait eu l’idée de parachuter des friandises aux enfants de Berlin, sans oublier Mercedes Wild qui a immortalisé dans un livre cet épisode de notre histoire contemporaine déjà oublié.

Nous avons quand même eu de la chance. Celle de rencontrer une PME-PMI des Pays-de-Loire, une des deux régions françaises avec la Picardie bien décidées à faire le voyage de Berlin. Il s'agit de la société Allio BC, installée à Malville en Loire-Atlantique. [4] Ses représentants à Schönefeld ont bien fait les choses. Deux responsables commerciaux français, plus un commercial allemand; une documentation détaillée avec des fiches produits en allemand, remarquablement traduites et un site Internet trilingue! Cela ne paraît pas, mais cela est loin d'être évident. Les propos que tiennent son directeur commercial aéronautique, Jean-Marc Fourage, gagnent à être entendus. Ils donnent en tout cas raison au vieil adage : Aide toi et le ciel t'aidera, toujours d'actualité et pas seulement pour les PME-PMI..

Jean-Marc Fourage, Directeur commercial Aéronautique Allio S.A.S. Photo © François de Vries.

Jean-Marc Fourage, Directeur commercial Aéronautique Allio S.A.S

Des deux côtés du Rhin, nos PME-PMI forment un tissu économique de très grande qualité. Leur dynamisme est évident, mais ce qui frappe, c'est la différence d'environnement qui les distingue. Les traditions ont certes du poids, mais elles n'expliquent pas tout ou ne sauraient le justifier.

D'un côté, le fédéralisme, une paix sociale organisée avec des syndicats résolument réformistes, la recherche la plus large et permanente d'un consensus sur toute question de fond, une formation pratique, des nominations qui sont le résultat d'un parcours et non d'un choix arbitraire, la mise en œuvre de la participation (Mitbestimmung), une meilleure association des ouvriers, des cadres et des employés aux fruits de la croissance.

De l'autre, un Etat centralisé, des régions très inégalement développées, des arsenaux juridiques contraignants, des administrations dont les hommes sortent de pépinières où l'on fabrique des théoriciens mieux préparés au combat politique national qu'aux subtilités du  monde économique et du commerce mondial. Un pays qui a renoncé au compagnonnage, aux écoles professionnelles pour se chercher une voie royale avec des grandes écoles, des universités qui produisent des diplômés brillants, mais du fait du système, dont les étudiants manquent cruellement d'expérience pratique. Des systèmes de subvention mal organisés. En caricaturant, on pourrait dire que seuls les grands groupes ou les sociétés qui en ont le moins besoin peuvent obtenir des aides. Ceux qui mériteraient des subventions ne remplissent jamais tous les critères. Il y a là de quoi décourager plus d'un chef d'entreprise en France et susciter peu de vocations à l'étranger pour venir investir chez nous, pays où les charges sont parmi les plus élevées du monde, pays qui n'ose pas l'avouer mais où la réussite dérange.

Prenons l'exemple de Roland Becker. Voilà un industriel allemand francophone et francophile à la tête d'une entreprise familiale emblématique outre-Rhin qui a pignon sur rue dans le monde entier depuis soixante ans. Son père, Max Egon Becker, parmi ses toutes premières inventions avait créé en 1949 le premier véritable autoradio à modulation de fréquence pour les voitures Mercedes. Il y a dix ans, le groupe s'est scindé, la division radio équipant les voitures étant vendue au groupe américain Harmann. Au moment ou l'analogique était encore la règle, il a fallu prévoir l'avenir : le numérique qui allait changer la donne. Une petite révolution qui mobilisa Roland Becker et ses hommes dont certains de plusieurs nationalités sont dans l'entreprise depuis plus de trente ans. Aujourd'hui, Becker est en très bonne place derrière deux géants mondiaux, américains, dont Honeywell qui, à eux seuls, font chacun 40% des parts de marché. Le groupe Becker Avionics International Flugfunkwerk GmbH installé à Rheinmünster près de Baden-Baden depuis 1959 a maintenant des filiales en Floride, au Brésil, en France, [5] en Chine et à Taïwan, en Pologne et en Russie. Les produits Becker se trouvant dans les derniers modèles civils et militaires d'Eurocopter et d'Airbus pour ne citer qu'eux et dans tous les avions de l'aviation civils. [6]

  • Modèle allemand ? Modèle français ?

Il y a peut-être pas trente-six façons de réussir, mais il y a des gens pour qui la réussite est une tradition, qui doit peu au hasard. En cela, certaines PME-PMI françaises et allemandes ont beaucoup en commun, malgré des différences dans le management et des traditions de part et d'autre du Rhin qui ont leurs avantages et leurs inconvénients. Roland Becker voulait une « société Becker Electronique en France », car « la France restera un grand pays aéronautique et la proximité du marché est une nécessité. » Comme beaucoup d'hommes de sa génération, M. Becker, issu d'une famille francophile, a toujours vu dans cette complémentarité franco-allemande, née de la volonté politique d'hommes d'exception qui a servi de moteur à l'édification de l'Europe, un moyen privilégié de réussir pour qui saurait tirer le meilleur profit des qualités des uns et des autres. Bien décidé à franchir le pas, il a d'emblée opté pour une région qu'il connaissait bien : la Franche-Comté, région renommée pour sa main d'œuvre horlogère de très grande qualité, pour ses écoles professionnelles...  Roland Becker aime reconnaître que, contrairement à certaines idées reçues, s'il a surmonté les obstacles et les difficultés, c'est en partie parce qu'il a su trouver auprès de la région, du département et de l'Etat les aides promises à tous ceux qui apportent leur savoir-faire, en investissant dans des régions potentiellement dynamiques mais qui ont été touchées de plein fouet par la crise économique. Il s'interroge néanmoins: le fait d'avoir choisi la région de Belfort au lieu de Marignane, Toulouse ou Paris serait-il rédhibitoire pour réussir en France à s'intégrer dans le secteur aéronautique ? Gageons que non, sinon, la régionalisation à la Française dans une Europe en plein renouveau serait un échec cuisant.

 
Roland Becker, PDG de Flugfunkwerk GmbH à l'ILA 2008. Photo © François de Vries.
 

Roland Becker, PDG de Becker Flugfunkwerk GmbH à l'ILA 2008

[1] Berlin-Schönefeld, Chronique de Pierre Sparaco du 28.5.2008 sur AeroMorning.com (en français) et The Berlin International Air Show offers a showcase for major industrial ambitions (Pierre Sparaco's chronicle in English).
[2] Bundesverband der Deutschen Luft- und Raumfahrtindustrie e.V.
[3] Die Messe Berlin GmbH
[4] Allio BC, Z.I. de la Croix-Rouge, 4, Rue de l'Europe, BP 37, 44260 Malville
[5] Savoir-faire français et faire-savoir : le dilemme gaulois
[6] Becker Avionics : un modèle européen de PME



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