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Le Centre Spatial Guyanais : 40 ans de succès

Le 4 octobre 1957, le lancement par l'Union Soviétique de Spoutnik-1 par Vladimir Kroutchev, premier satellite artificiel de la Terre, marque le début de la conquête de l'Espace où seuls Américains et Soviétiques vont rivaliser. Dés 1958, le général de Gaulle considère que la France doit elle aussi prendre en compte l'Espace comme une nouvelle dimension aussi bien à des fins civiles que militaires. Le 19 décembre 1961, la Loi créée le Centre national d'études spatiales, le CNES. En vertu d’un accord passé fin 1961 entre le ministre des Armées et le ministre délégué à la Recherche scientifique, le CNES utilise à ses débuts les installations des champs de tirs militaires du Centre d’essais d’engins spéciaux (CIEES) et du Centre d’essai et de recherches d’engins spéciaux (CERES), implantés en Algérie : Colomb-Bêchard et Hammaguir. Pour remplacer le pas de tir d'Hammaguir, sur 14 sites étudiés, c'est celui de Kourou qui sera finalement retenu pour les très nombreux avantages qu'il présente : une proximité avec  l'équateur autorisant des lancements polaires et équatoriaux, une sécurité des lancements pouvant être garantie, la présence d'un port en eaux profondes doté de moyens de manutentions suffisants et d'un aérodrome capable d'accueillir des vols un long courriers, avec une piste de 3000 m, enfin pas trop loin de l'Europe, dans une région particulièrement stable. Le 14 avril 1964, le Premier ministre, Georges Pompidou, fixe son choix sur la Guyane, qui présente de très nombreux atouts, possédant une très large ouverture sur l'océan Atlantique favorisant toutes les missions spatiales et des lancements aussi bien vers l'Est pour l'orbite géostationnaire que vers le Nord pour l'orbite polaire avec un minimum de risque pour la population et les biens alentour. Cette proximité de l'équateur (5,3° de latitude Nord) permet de bénéficier au maximum de "l'effet de fronde" (énergie fournie par la vitesse de rotation de la terre autour de l'axe des pôles), procurant au lanceur un complément de vitesse de l'ordre de 460 m/s. Autres atouts : une faible densité de la population (45.000 habitants en 1964 sur un territoire de 91.000 km2, soit 1/6e de la France), fortement concentrée sur la bande côtière; la possibilité d'installer sur les collines environnantes des moyens de poursuite (radars et antennes de télémesure), un site bien ventilé et un climat très supportable malgré sa position équatoriale, une zone à l'abri des cyclones (contrairement à la Floride) et des tremblements de terre, enfin, des infrastructures existantes relativement simples à adapter aux besoins du futur centre spatial (routes, aérodrome, ports, télécommunications).[1] Le développement du centre spatial guyanais a donné lieu à de nombreux investissements visant à promouvoir la Guyane, devenu département français d'outremer le 19 mars 1946. En 2005, 85 établissements liés au secteur spatial employaient ainsi 2500 salariés - la moitié des commandes étant liée au spatial qui représente 20% du PIB, soit près de 6.000 emplois. Le secteur spatial est la principale activité économique de ce département d'Outre-mer. Selon la dernière étude d'impact réalisée par l'Insee, la branche spatiale représentait, en 1994, 49% de la production totale de l'économie guyanaise et 26% de la valeur ajoutée. Les effets d'entrainement sont remarquables. Les succès d'Ariane et l'investissement de nombreux pays européens dans l'espace font de Kourou le plus important site de lancement au monde (80% des lancements). Le CNES s'investit également dans de nombreuses actions de proximité pour soutenir le tissu associatif local, très dense. Le directeur général du CSG en Guyane, organisme dépendant du CNES qu'il représente en Guyane, est l'Ingénieur général de l'Armement, Joël Barre, ancien responsable du programme Hélios. Dans ce  port spatial européen où cohabitent plus de 2.500 personnes de 11 nationalités différentes, chiffre auquel il convient d'ajouter les Russes qui débarquent en ce moment, bénéficiant d'installations flambant neuves autour d'un pas de tir aménagé spécialement pour eux,  le tout financé par l'ESA pour les deux tiers (344 millions d'euros), le troisième étant financé par Arianespace (121 millions d'euros). Le poids du spatial dans l'économie Guyanaise est donc considérable, mais il n'est pas tout le pays. La sécurisation du Centre Spatial Guyanais par les FAG, les Forces armées en Guyane [2] est un défi relevé avec un professionnalisme depuis près de quarante ans. L'arrivée de Vega et de Soïouz vont encore accroître l'importance du site. Le directeur général du CSG présente le centre Spatial Guyanais devenu le port spatial européen. Kourou, le 10 août 2008. Entretien Joël-François Dumont

Joël Barre, IGA, directeur général du CSG. Photo © Joël-François Dumont.
 

Joël Barre, Ingénieur général de l'Armement, directeur général du CSG

  • L'année 2008 devrait être "celle de l'espace"

La réunion tous les trois ans du Conseil européen des ministres de l'ESA, prévue le 15 novembre 2008 devrait sous la présidence française [3] témoigner d'une relance de ce secteur pour que l'Europe conserve cet avantage qu'elle a su conquérir. Si le CNES est sans aucun doute le premier et le meilleur "partenaire de la Guyane", il ne peut se substituer à l'Etat dans ce département d'Outre-mer qui demeure la plus grande région de France. L'état des lieux dressé pour le Programme Opérationnel 2007-2013 montre que la Guyane a besoin de 2,3 milliards d'euros - on est loin des 800 millions - si l'on veut éviter que le fossé social ne continue à se creuser au sein d'une population à la croissance démographique exponentielle.[4] Les engagements pris par le président de la République lors de sa visite à Kourou [5] laissent espérer une relance dans un secteur porteur d'avenir où le rêve et la recherche ont encore toute leur place.

Depuis plus de 25 ans, la Guyane rime avec Ariane.

[1] L'installation du CSG en Guyane. Source: CNES.

[2] Voir Les Forces armées en Guyane : Entretien avec le GBA Philippe Carpentier (COMSUP) et La protection du centre spatial de Kourou par les Forces armées en Guyane: Entretien avec le LCL Lavigne, Cdt le CCM de Kourou.

[3] Voir "L'espace dans la Présidence française de l'Union européenne" dans le numéro de juillet 2008 de CNESMAG N°38. Lire également l'excellent papier consacré au "décollage de la Loi spatiale votée le 23 mai 2008, adoptée à l'unanimité en deuxième lecture au Sénat, comblant le vide juridique existant dans le Droit français en matière d'(activités spatiales.

[4] Source : "Latitude 5" N°7  daté de mai 2007. Voir Le CNES partenaire de la Guyane dans cet excellent magazine d'information du CNES produit au Centre Spatial Guyanais. .

[5] L’Union européenne doit continuer à s’affirmer comme une puissance spatiale à part entière (Discours du président Sarkozy à Kourou le 11.2.2008)

Liens utiles :

Diaporama : légendes des photos : Photos (©) CNES et Joël-François Dumont

Autres interventions du président de la République en Guyane le 11 février 2008


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