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Un Suisse au service de la France

Un Suisse au service de la France

Les monarchies et les principautés d’Europe ont eu pendant près de six siècles des régiments suisses à leur service, les Suisses étant réputés pour leur courage, leur discipline et leur fidélité. C’est en France que ce service a été le plus important. De 1480 à 1830, plus d’un million de Confédérés ont ainsi été au service de la France et près de deux cent mille y ont trouvé la mort. En plus de la garde des "Cent-Suisses", corps d’élite au drapeau vert et rouge, la France a compté jusqu’à 11 régiments suisses, parmi lesquels le célèbre régiment de Diesbach dont la devise "Fidelitate et Honore" a été reprise par la Légion étrangère ("Honneur et Fidélité"). En 1831, un an après la dissolution des anciens régiments suisses, le roi Louis-Philippe crée la Légion étrangère, dont le premier colonel, Anton Stoffel, était un Suisse. En plus de 175 ans d’existence, 30 à 40 000 Suisses se sont engagés dans la Légion. Plusieurs milliers d’entre eux y ont trouvé la mort durant la Première Guerre Mondiale et ont fait du drapeau du Régiment de Marche de la Légion étrangère le drapeau le plus décoré de l’Armée française. Les liens qui unissent la France et la Suisse depuis près de sept siècles sont donc exceptionnels. [1] Des anciens régiments suisses au service de la France à la Légion étrangère, le « service de la France » est connu de tous en Suisse, alors que les Français - dans leur très grande majorité - ignorent que des soldats suisses se sont sacrifiés jusqu'au dernier "par fidélité à la parole donnée" pour tenter de sauver Louis XVI et Marie-Antoinette au Louvre: 800 soldats suisses ont été massacrés. Qui sait que si Napoléon, après la Bérézina a pu s'enfuir de Russie, ce fut grâce à l'héroïsme de 9.000 soldats suisses qui se sont sacrifiés à leur tour pour permettre à l'empereur des Français de quitter la Russie où il s'était engagé dans une campagne qui s'est achevée par un véritable désastre. Les 26 et 27 septembre, à l'occasion du 90ème anniversaire de l’Amicale des Anciens Légionnaires de Genève, plusieurs cérémonies officielles devraient associer la mémoire de tous ces volontaires pour leur rendre un hommage solennel, sans oublier les dizaines de milliers de Suisses morts pour la France durant la Première Guerre Mondiale ainsi que tous ceux qui se sont engagés du côté de la France Libre après l'occupation. Cette époque est aujourd'hui bien différente, la loi suisse interdisant à ses concitoyens de servir dans des pays étrangers, à l'exception des gardes pontificaux, les accords signés avec le Vatican étant toujours en vigueur. [2] Imaginer que tous ces Suisses n'étaient que francophones serait faire une autre injure à l'histoire. Qui sait en France que parmi les légionnaires engagés en première ligne qui ont pris part à la Libération de Paris étaient espagnols ? Ceux qui reprochent à la Suisse sa "neutralité" devraient savoir que celle-ci aura toujours été encouragée par tous les rois de France et même après la Révolution, pour mieux protéger la France sur son flanc Est (Trouée de Belfort) d'une possible invasion militaire. [3] Renouer avec cette tradition dans des conditions certes très différentes, tel a été l'objectif qu'un officier suisse de langue alémanique, le lieutenant-colonel Thomas Zürcher, officier de carrière suisse (artillerie sol-sol), diplômé de l’Académie militaire et breveté, [4] s'était fixé, pour tisser de nouveaux liens entre nos deux armées. Au moment de quitter ses fonctions, après quatre années vécues au cœur de l’armée de Terre française, à Paris et à Lille au CFAT, mais aussi sur le terrain avec nos unités, il nous a fait part de son expérience. Le LCL Zürcher évoque cette période de notre histoire si longtemps partagée entre nos deux pays. Un témoignage d’autant plus émouvant que Thomas Zürcher est un Suisse alémanique, témoignage publié dans l'excellente revue Défense, [5] que nous rediffusons avec l'aimable autorisation du LCL Zürcher et de la revue. Lille, le 6 septembre 2008. (©)

Le GAA Stéphane Abrial, Chef d'État-major de l'armée de l'Air. Photo © Sirpa Air.Le lieutenant-colonel Thomas Zürcher au CFAT à Lille. Photo © Collection particulière.

Le lieutenant-colonel Thomas Zürcher au CFAT à Lille

  • Comment s’inscrire à nouveau dans une longue tradition franco - suisse ?

Comme Jérôme Bodin a pu l’écrire dans son œuvre « Les Suisses au service de la France » , les relations entre La France et la Suisse ont été marquées par une vielle tradition militaire. Pendant des siècles des soldats suisses ont servi en France. Ils sont même à l’origine de la création de la Légion étrangère en 1831. Les militaires helvétiques se sont toujours battus pour la France. Après plus de deux siècles, cette tradition a été remise à l’ordre du jour.

  • Mon année au CID – une bonne base théorique

Après de nombreuses années plongées dans le domaine des systèmes et des moyens d’observation et d’exploration d’artillerie de l’armée suisse, j’ai été stagiaire dans la 12ème promotion du Collège Interarmées de Défense (CID), anciennement l’Ecole Supérieure de Guerre (ESG). Cette année sabbatique (été 2004 – été 2005) m’a permis de rafraîchir mes compétences militaires de base et d’élargir mes connaissances militaires théoriques à un niveau supérieur (politico-militaire, stratégique ainsi que multinational) ; cet enseignement n’étant pas dispensé en Suisse. Même si notre pays n’adhère pas à une alliance militaire telle que l’OTAN pas plus qu’à une alliance politico-militaire telle que l’UE (et ce n’est pas à l’ordre du jour), elle envoie des stagiaires à l’Ecole militaire depuis 1908 (à l’exception des périodes des deux Guerres Mondiales). Force est donc de constater que même la neutralité suisse n’a jamais exclu d’entretenir les vieilles traditions – à juste titre. La traditionnelle amitié franco-suisse a certainement apporté sa pierre à l’édifice. Ma première surprise a été de constater combien de généraux français avaient un passé (généalogique) helvétique, voire un passeport.

A Lille, dans la Citadelle, les couleurs des deux pays sont côte à côte. Photo © Collection particulière.

A Lille, dans la Citadelle, les couleurs des deux pays sont côte à côte

  • Mon arrivée au CFAT – un essai limité

Sur la base de la volonté du commandant de la Force d’Action Terrestre (COMFAT) de l’époque et du commandant des Forces Terrestres suisses, actuellement attaché de défense suisse en France, un arrangement technique réglant le séjour d’un officier suisse au sein de l’état-major du CFAT à l’issue de son année au CID a été établi. L’objectif principal du séjour au CFAT est de permettre au stagiaire d’approfondir les connaissances acquises au CID. Un but ambitieux. Raison pour laquelle ce tout premier séjour, en tant qu’essai, était limité à une durée de six mois. Mais assez rapidement la partie française a souhaité prolonger le séjour de ce tout premier stagiaire (ne pas confondre avec mercenaire, car c’est la Suisse qui a à sa charge toutes dépenses telles que solde, indemnités, etc). La Suisse ne s’y oppose pas, l’essai est prolongé jusqu’à l’été 2006 et l’arrangement technique amendé et pérennisé pour mon successeur. On peut imaginer le début d’une nouvelle tradition.

Cette première année au CFAT m’a offert la possibilité, en tant qu’officier traitant, de mieux apprendre et appréhender l’armée de Terre française (après avoir « plané » dans les hautes sphères politico-militaires et stratégiques) et de toucher à tous les domaines de la préparation opérationnelle de la Force d’Action Terrestre (FAT), en particulier aux niveaux corps d’armée et division, en national et multinational. Une occasion rare pour un officier suisse. Il faut savoir que la Suisse a supprimé les niveaux corps d’armée et division en 2004. Il ne nous reste que des brigades et des régions territoriales.

  • Ma propre succession – pérenniser la présence suisse

La recherche d’un successeur disponible s’avérant difficile, j’ai eu l’opportunité de passer une deuxième année à Lille. Encore un an au cœur de l’opérationnel (pour citer la devise de la FAT) qui m’aura permis de faire encore davantage connaissance avec l’armée de Terre à travers des exercices nationaux et multinationaux, dans le contexte de l’OTAN et de l’Union Européenne. Une expérience extraordinaire, mais également révélatrice. L’ouverture de nouveaux théâtres, les contraintes budgétaires, la disponibilité technique du matériel, la fidélisation du personnel – autant de facteurs déterminants pas ou peu connus en Suisse – tels que les vraies opérations, extérieures et intérieures. J’ai commencé à me rendre compte des vrais problèmes posés à une armée engagée en opérations. Un exemple : l’annonce du décès d’un soldat fait quasiment partie de la vie quotidienne au sein de l’armée de Terre française. Cela fait partie du métier. En Suisse on n’a pas l’habitude (pour ne pas dire cette culture) d’être confronté à la mort tous les jours, même si l’on exerce le même métier de soldat. Touchant à un sujet très vaste mais ô combien délicat je ferai un dernier constat : les soldats français tombés au combat m’ont marqué – pour toute ma vie. Une expérience inoubliable, mais certainement pas une tradition souhaitable.

« Un officier suisse inséré et intégré » : Le Lieutenant-Colonel Thomas Zürcher au CFAT à Lille. Photo © Collection particulière.

« Un officier suisse inséré et intégré » : le LCL Thomas Zürcher au CFAT

Au cours de cette deuxième année au CFAT, la notion de stagiaire a fait place à la notion « d’officier suisse inséré et intégré ». Avec le résultat de pouvoir participer tout seul et en toute autonomie à des réunions en interne FAT et hors FAT au nom du CFAT. Quel honneur pour un « petit suisse » !

  • Jamais deux sans trois – une tradition s’installe !

A défaut de candidat, j’ai eu l’occasion unique de faire une troisième année au CFAT. Mon successeur n’étant pas disponible (ou bien les Suisses ne voulaient plus de moi !). J’ai encore passé douze mois au sein de l’EM du CFAT. Toujours dans le même domaine, mais cette fois-ci en tant que chef de la section « Entraînement national ». Incroyable, mais vrai : un officier suisse devenait responsable de l’entraînement national ! Un officier suisse, entièrement intégré (à l’exception de son uniforme), représentait la FAT à l’EMAT et à l’EMA. Un officier suisse, légèrement atteint par le syndrome de Stockholm, qui gère entre autre la préparation opérationnelle de la NRF 11. Mais également un officier suisse qui doit assumer, à juste titre, les résultats et les conséquences de son travail. Considéré et traité comme un officier français (à l’exception du bulletin de solde !). Mais, j’avoue, mon statut particulier (un vrai privilège ?) m’a permis d’avoir un accès direct à la passerelle du bâtiment 04, c’est-à-dire aux officiers généraux du CFAT. Certes un atout, mais je n’en ai pas souvent profité : deux fois en trois ans.

A la fin de ma troisième année j’ai finalement dû quitter le CFAT. J’étais un officier entièrement intégré, avec des responsabilités nationales (c’est-à-dire françaises), mais avec un passeport différent. Donc, dans la continuité d’une vielle tradition, j’étais un officier suisse … au service de la France, tout court.

  • En fin de compte

Vu les circonstances, mon bilan est assez particulier. J’aurai pu parler en détail des différentes activités que j’ai vécues, des réunions de préparation des exercices (ESC, IPC, MPC, FPC, FCC, etc ), des séminaires de planification, des réunions décisionnelles, des ateliers de travail et surtout de mon travail, souvent nocturne , dans mon bureau derrière l’ordinateur au quartier Kléber à Lille. Sans aucun doute, un de mes moments que je n’oublierai pas fut ma visite au SHAPE à Mons. Je me suis trouvé face à une secrétaire complètement perturbée et déstabilisée par le fait qu’un officier suisse travaillait pour la France, avec une habilitation NATO SECRET). Autre moment inoubliable : ma présentation du CFAT devant le CID anglais à La Citadelle (Homebase du CRR-FR), ou encore devant les futurs attachés de défense français à l’école militaire à Paris. Sans parler de mes contacts avec les armées belge et allemande au nom de l’armée de Terre française. Mais également de mes discussions parfois acharnées (mais toujours objectives) avec des officiers … généraux. Et oui, une tradition assez récente, me semble-t-il. Mais nous, Suisses, restons toujours assez coriaces, avec notre franc-parler. Une qualité qui avait séduit les Français à l’époque. Et à nouveau aujourd’hui semble t-il ?

  • Bilan

Difficile de tirer un bilan en quelques mots quand on n’aime pas oublier qui que ce soit ou quoi que ce soit. J’ai appris beaucoup de choses, pour le métier et pour la vie. J’ai vu de très bonnes choses, mais également des chantiers (surmontables). J’ai pu laisser des marques, mes marques (voire même des traces).

J’ai fait la connaissance de beaucoup de gens compétents, motivés (pour une raison ou une autre) et surtout ouverts d’esprit, sans préjugés vis-à-vis d’un étranger. Les soldats des Forces Terrestres françaises sont de grande qualité et servent leur pays avec conviction et enthousiasme . Je ne suis tombé que sur des chefs qui m’ont pleinement accordé leur confiance (ce que je ne considère pas comme évident). Je tiens à les en remercier tous, directs et indirects, pour la confiance qu’ils m’ont accordée au cours de ces trois dernières années, leur compréhension, leur franchise, leur honnêteté et l’accueil qu’ils m’ont réservé. J’ai apprécié de travailler pour eux et avec eux.

Je suis fier d’avoir servi dans cette armée de Terre.

  • Epilogue

Pour l’avenir de nos deux armées, je souhaite tout simplement que cette belle tradition franco-suisse, dans l’esprit du passé et du présent, soit entretenue des deux côtés. Et que mon successeur puisse ressentir la même confiance, avoir les mêmes responsabilités et finalement qu’il puisse également remplir sa mission … au service de la France !

Thomas Zürcher

[1] Voir "la Légion à Genève" (en cours). Interview à Penthes du général Pichot de Champfleury, commandant la Légion étrangère.

[2] Entretien avec M. Alain-Jacques Tornare, historien franco-suisse, docteur en histoire de la Sorbonne, professeur chargé de cours à l'Université de Fribourg, auteur de nombreux ouvrages de référence. Citons pour mémoire: "les Vaudois de Napoléon : des pyramides à Waterloo 1798-1815", magnifique ouvrage publié aux Editions Cabédita, (Musée militaire vaudois Morges), expliquant comment les Suisses contribuèrent à la sauvegarde de la Confédération en servant Napoléon et la France ou encore "Vaudois et Confédérés au service de France. 1789-1798", publié en 1998 aux Éditions Cabédita, (Collection Archives vivantes), qui relate l'histoire des soldats suisses dans la tourmente révolutionnaire. Ouvrages à commander en Suisse: Route de la gare à 1137 Yens, et en France : BP 16, 74500 Saint-Gingolph.

[3] Entretien avec le président du Musée militaire de Penthes. (en cours)

[4]  Dans l'armée suisse, jusqu'au grade de colonel, un officier de carrière occupe à la fois une "fonction professionnelle", en tant que militaire de carrière, et une "fonction de milice", en tant qu'appelé, c'est-à-dire citoyen suisse astreint au service militaire. Dans sa fonction de milice, donc d’appelé, après divers commandements, il a été officier d’état-major au sein d’une brigade blindée (1999 – 2003). Dans sa dernière fonction professionnelle, donc de carrière, il a été chargé de l’introduction des systèmes et moyens d’observation et d’exploration de l’artillerie avant d’être envoyé en France en 2004 pour un an avant d’être affecté en 2005 pour trois ans à l’état-major du Commandement de la Force d’Action Terrestre à Lille.

[5] Numéro 135 daté de septembre-octobre 2008 de Défense, revue bimestrielle de l'Union des Associations des Auditeurs de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN). Abonnements: BP 41-00445 Armées.

[6] Voir La France honore les Suisses pour leur fidélité.

[7] Jérôme Bodin, Les Suisses au service de la France – de Louis XI à la Légion étrangère, Editions Albin Michel S.A., Paris, 1988.

[8] Il me resterait quelques mois pour rejoindre la Légion étrangère (limite d’âge : 40 ans) et faire pleinement revivre la tradition. Mais que diraient alors les Suisses ?

[9] Si vous y êtes vraiment intéressé : engagez-vous au CFT, Commandement des Forces Terrestres, et on vous l’expliquera. CFT ? En fait, il s’agit bien du CFAT. Celui-ci a été renommé dans le contexte des réformes en cours. Vous voyez : il y a une seule constance – le changement. Plutôt une tradition récente.

[10] Dans le cadre de mon séjour au CFAT, j’ai fait plus de 200 000 km en voiture de service, trajets professionnels et privés confondus. Elle n’est pas petite, cette France !
Dans le contexte du LB, de la RGPP et des réformes des armées, de mauvaises langues disent que « l’officier suisse est l’exemple type d’une externalisation réussie » : se recentrer au cœur du métier militaire en garantissant les prestations nécessaires pour pas cher ! D’autant que mon engagement ne coûtait rien à l’armée de Terre française !

[11] En fait, ce texte est déjà un bref bilan - j’ai appris en France : introduction, corps principal, résumé / bilan avec ouverture.

Voir également :


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