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L’intelligence économique et la coopération franco allemande (6)

« L'Intelligence économique, c'est la maîtrise et la protection de l'information stratégique pour tout acteur économique[1] Durant les six années (2003-2009) qu'il a passées au Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN) en tant que Haut Responsable chargé de l'Intelligence économique (HRIE) pour lancer bun vaste chantier, Alain Juillet a rappelé que l'objectif de l'État-stratège était « de permettre aux entreprises françaises de se battre à armes égales dans la défensive comme dans l'offensive », définissant les trois règles du succès en matière d'Intelligence économique. Face aux « menaces, la France a choisi d'adapter ses outils juridiques pour prendre en compte l'évolution des modes d'action des entreprises et répondre à l'attente des investisseurs qui veulent des règles claires et sans ambiguïté[2] L'enjeu est majeur : « Chacun doit comprendre qu'en cent ans on est passé progressivement du marché de l'offre à celui de la demande avec une permanence de l'optimisation et de la déclinaison de l'existant. Aujourd'hui l'irruption de l'intelligence économique est en train de changer complètement la donne: elle nous fait basculer dans le marché de l'information et de la connaissance. Elle est un enjeu majeur de compétitivité face à la concurrence mondiale car c'est le seul vrai moyen qui apporte à l'économie française les éléments lui permettant de renouveler notre offre. Si nous ne sommes pas capables de nous positionner rapidement dans le peloton de tête de ceux qui détiennent l'information, savent la traiter et l'utiliser, nous perdrons progressivement notre efficacité. Le secret de la réussite future est d'avoir en temps réel l'information requise pour détecter les champs du possible et l'exploiter dans des domaines où les autres sont défaillants pour des raisons techniques ou autres[1] Les Anglais ont été les premiers à mettre en œuvre les principes de l'intelligence économique. Suivis dans les années 50 des Japonais et « vers le milieu des années quatre-vingt » par les Américains. Il est surprenant de constater que les Allemands ne se sont toujours pas emparé de ce concept. Dans le grand dossier de la revue Défense consacré à la relation franco-allemande à l'épreuve du temps, Alain Juillet (*) compare ce qui se fait en France et en Allemagne, distinguant deux approches quasiment opposées. Nous reproduisons ici ce texte avec l'accord de la rédaction de la revue.[3] Paris le 23 février 2010.©

Alain Juillet, HRIE (2003-2009)

Tant que la demande a été supérieure à l’offre et qu’il a suffit de produire pour vendre, le besoin d’information sur le concurrent relevait plus de la curiosité que de l’utilité. C’est pourquoi jusqu’au milieu du siècle dernier le monde de l’industrie s’est tenu soigneusement à l’écart du monde du renseignement. Il n’en était pas de même du monde militaire qui avait pour l’entreprise un intérêt stratégique. Chacun sait que le renseignement sur l’économie d’un pays permet de découvrir ses points forts et ses points faibles et fait partie de l’art de la guerre depuis la mise au point du siège des villes, du blocus maritime, et de la destruction planifiée d’activités d’importance vitale. Il fallait identifier chez soi et chez l’adversaire les sociétés dont l’arrêt brutal ou imprévu pouvait mettre en difficulté une filière industrielle, une chaine d’approvisionnement ou la zone du sinistre. Il s’agissait de connaître les capacités industrielles et les caractéristiques des produits offerts ou mis au point pour les comparer aux nôtres et en tirer des conclusions et des objectifs d’amélioration.

Avec le développement de la concurrence nationale et internationale, la surabondance de l’offre, l’arrivée de produits des pays émergents, les modifications des normes et des standards nationaux et internationaux, les entreprises ont découvert bien après le militaire et le politique l’importance du renseignement. Il permet de gagner en efficacité en étant capable d’anticiper et de décoder le comportement et les possibilités des adversaires de tous bords et de toutes origines.

Ceci est particulièrement vrai pour les entreprises des pays de l’Union européenne qui après cinq cents ans de domination commerciale et industrielle à l’échelle mondiale ont progressivement compris qu’elles devaient faire face à des concurrents efficaces que les barrières douanières ou techniques mises en place n’arrivaient plus à empêcher d’entrer. Dans le même temps, l’absolue nécessité de trouver ailleurs des relais de croissance demandait des efforts d’organisation et d’adaptation des processus industriels ainsi que des investissements pour aller recueillir sur place les informations utiles sur les caractéristiques des marchés et leurs niveaux d’exigences.

« Le marché n'étant plus national mais mondial, il faut intégrer cette dimension dans la stratégie de l'entreprise » (Alain Juillet).[1]

Face à cette problématique, il a fallu se structurer en employant des techniques de plus en plus sophistiquées, faisant appel aux technologies les plus modernes de l’information et de la communication. L’utilisation de moyens performants de collecte et de traitement des données brutes a radicalement changé l’approche traditionnelle qui s’appuyait d’abord sur un travail de sources humaines dans le cadre de réseaux. Aujourd’hui la source humaine est principalement utilisée pour compléter ou confirmer les informations obtenues autrement et le recoupement repose de plus en plus sur l’échange. Il ne reste plus qu’a diffuser ensuite rapidement aux bons destinataires le renseignement qui déterminera la stratégie ou infléchira la tactique.

Après des dizaines d’années où ce qui était bon pour nous était forcément bon pour l’autre, il a fallu commencer à changer notre état d’esprit pour reconnaître les différences dans les attentes de ceux qui sont en face ou ailleurs. Le marketing qui nous permettait d’analyser le comportement de nos consommateurs et ceux des pays cibles s’est révélé utile, mais insuffisant. Il a fallu appréhender le monde dans sa globalité et dans chacun des domaines d’expertise à travers le prisme de l’intelligence de situation. C’est sur ce terrain prometteur que s’est développé le concept et la pratique de l’intelligence économique visant à recueillir et analyser les informations utiles pour bâtir une stratégie gagnante et assurer la protection des entreprises concernées face aux prédateurs en tous genres.

Mais le monde est vaste, les marchés multiples, et les moyens limités au niveau d’une entreprise ou d’un pays. En dehors de la cinquantaine de groupes industriels qui sont plus riches que les trois quarts des États de la planète, les entreprises n’ont pas la capacité de financer seules l’ensemble des actions à réaliser et des moyens à mettre en œuvre. C’est pourquoi, au-delà de la séparation entre le public et le privé, chaque pays essaie d’apporter une réponse efficace sur le plan technique et culturellement acceptable pour ses ressortissants. De même au niveau des États, en dehors des principaux pays du G20, aucun n’a la capacité de financer seul tous les éléments nécessaires à la réussite de toutes les filières industrielles et d’accompagner toutes les entreprises concernées.

On retrouve une problématique proche au niveau de l’intelligence économique qui recèle un potentiel considérable mais n’a généralement pas les moyens suffisants pour pouvoir l‘exploiter. De surcroit, il s’y ajoute un niveau qualitatif de pratique qui est très variable tant au niveau du degré de connaissance que de sa mise en œuvre dans chacun des pays sélectionnés et plus particulièrement dans la population salariée. En Europe le Royaume Uni a une large avance due à des siècles de pratique formelle et informelle et la Suède a su développer un modèle original fonctionnant de bas en haut. Par contre dans nos pays continentaux du centre et du sud de l’Europe, la situation est plus contrastée car elle doit prendre prend en compte la culture locale, les structures entrepreneuriales, la volonté politique, et le niveau de connaissance théorique et pratique du sujet qui est en relation avec le temps écoulé depuis sa mise en place.

La comparaison franco allemande est très intéressante car nous sommes face à deux approches quasiment opposées. En Allemagne, la politique industrielle se fait au niveau des Länder et les entreprises sont farouchement indépendantes. En France, elle se fait au niveau national avec des entreprises qui voient d’un bon œil les aides de l’État. Par contre les ambassades allemandes se mobilisent depuis toujours pour les entreprises allemandes de toutes tailles alors qu’il a fallu attendre la création d’Ubifrance pour se retrouver au même niveau, la plupart de nos ambassades n’ayant pas un gout immodéré pour l’économique en dehors de quelques grands contrats. En Allemagne, l’administration regarde avec envie la capacité du gouvernement français à coordonner et promouvoir l’intelligence économique avec l’aide des chambres de commerce et des administrations. Les services allemands sont beaucoup plus orientés sur la protection de l’économique au profit de leurs entreprises pour les aider à faire face à l‘espionnage industriel. C’est d’ailleurs au ministère de l’intérieur qu’il fallait chercher jusqu’à l’année dernière un suivi des grandes entreprises et des grands contrats. Ainsi chacun a des points forts et des points faibles qu’il serait illusoire de vouloir changer dans le délai imparti. Toute la question est de savoir dans combien de temps ces deux pays seront réellement capables de travailler ensemble après avoir mis en adéquation leurs approches et leurs spécificités en construisant des passerelles.

Le Chancelier Adenauer et le Général de gaulle avaient bien compris que, pour que la France et l’Allemagne soient le moteur de l’Europe, il fallait qu’elles travaillent la main dans la main. C’est devenu plus facile aujourd’hui car chacun des deux pays dépend de l’autre pour une part significative de son économie. Il n’empêche qu’il y a encore beaucoup à faire pour que la pratique d’une intelligence économique conjointe sur l’ensemble des activités, de la recherche des données au traitement de l’information et à la diffusion des renseignements, sans oublier la défense contre l’espionnage industriel et les actions d’influence, fasse triompher nos deux couleurs et celles de l’Europe. Ce n’est pas faute de bonne volonté de part et d’autre, car notre expérience et nos échanges sur le sujet le démontrent tous les jours. J’en ai été un témoin et un acteur parmi d’autres.

Il est vrai que le problème de la langue et des intérêts divergents de souveraineté ne facilitent pas toujours la coordination nécessaire des moyens. Face à la pression des fournisseurs internationaux de hardware et de software, nos pays ont du mal à développer des productions performantes. Ne faut- il pas contrebalancer cette situation de dépendance par des commandes conjointes pour atteindre une taille critique imposant au fournisseur de répondre correctement aux besoins et donnant sa chance aux industriels locaux? Plutôt que de se faire des concurrences destructrices de marges et d’emploi, ne vaudrait-il pas mieux se coordonner et faire des choix de répartition des spécialités s’appuyant sur des alliances génératrices d’économie de coût? Une industrie transnationale entre deux ou trois pays d’Europe a toutes les chances d’atteindre le niveau de compétitivité requis par rapport aux entreprises américaines, chinoises ou autres qui contrôlent ces marchés. Face au déferlement asiatique et à la pression américaine, l’Europe, et plus particulièrement nos deux pays, peuvent tirer leur épingle du jeu en apprenant à faire face ensemble et en développant conjointement nos capacités d’innovation.

Les techniques utilisées dans l’intelligence économique sont à la pointe de la recherche sur le recueil et l’analyse des données. C’est elles qui permettent aux entreprises d’anticiper non seulement pour la négociation des contrats et dans la vente des produits, mais aussi dans la protection des installations et des personnes. A l’heure où les systèmes de contrôle et de vidéosurveillance changent le mode opératoire des services et des sociétés spécialisées en commençant à détecter et identifier toute personne entrant dans le champ, alors que l’antiterrorisme a su monter un système d’échange international de données, la France et l’Allemagne doivent collaborer plus étroitement en intelligence économique. Dans ce domaine nous avons les motifs et les moyens de le faire.

Aujourd’hui plus personne ne peut travailler seul sur les problèmes de protection. Face aux manœuvres financières d’organisations se considérant au delà des lois des États, l’intelligence économique est là pour aider les pays concernés à détecter les opérations, les techniques utilisées et permettre de réagir dans les délais. Quand une grande banque d’affaires et deux hedge funds spéculent sur l’euro, il faut que la mise en commun des moyens permette de les identifier puis de les sanctionner, avant que toute l’Europe n’en devienne la victime. Dans le même esprit, face au développement des rumeurs propagées par le net, il faut que nous soyons capables d’échanger nos informations et de remonter très rapidement à la source pour l’empêcher de nuire sans contrôle au profit d’intérêts extérieurs. Face à la croissance exponentielle du piratage de données, au détournement d’image, à la copie illégale des brevets et à la contrefaçon, l’exigence d’efficacité implique de travailler étroitement ensemble en mettant en commun nos moyens, nos fichiers et nos expertises.

La coopération franco allemande en intelligence économique doit s’amplifier en s’appuyant sur tous ceux qui sont convaincus qu’aucun de nos deux pays ne peut s’en sortir tout seul. Dans ce cadre, chacun comprend qu’il s’agit de mettre en place une coordination et de travailler en réseau à l’amélioration de la performance de nos entreprises dont les retombées seront bénéfiques des deux côtés du Rhin.

Alain Juillet (*)

(*) Ancien Haut Responsable à l’Intelligence économique (2003-2009).

[1] Voir L'intelligence économique en France en 2004: les trois règles du succès d'Alain Juillet in Défense N°112.

[2] Du même auteur, lire également :  L’Intelligence économique : une réponse aux enjeux du 21ème siècle in Défense N°126 et Concilier l'inconciliable in Défense N°123. (Reconciling the irreconcilable)

[3] Numéro 144 de Défense, daté de Mars-avril 2010 de Défense, revue bimestrielle de l'Union des Associations des Auditeurs de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), réalisée par des bénévoles, « anciens de l'IH ». Abonnements: BP 41-00445 Armées.

Lire également :

1) La relation franco-allemande à l'épreuve du temps -- Introduction : Joël-François Dumont.
2) France-Allemagne : le grand dessein -- Entretien avec l'ambassadeur Pierre Maillard, Conseiller diplomatique du général de Gaulle. Un des artisans, côté français, du « Traité de l'Élysée ». Richard Labévière et Joël-François Dumont.
3) De Gaulle - Adenauer : une communauté de destin... : Georg Bucksch, Senior Vice-président, Direction de la Stratégie et du Marketing du Groupe EADS.
4) Coopération dans le renseignement : “De la plus grande importance...” : Ambassadeur Hans Georg Wieck, président du BND (1985-1990).
5) Coopération dans le renseignement : “Un domaine privilégié...” : Général d'armée aérienne François Mermet (2S), ancien DGSE.
6)
L’intelligence économique et la coopération franco allemande... Alain Juillet, ancien Haut Responsable pour l'Intelligence Économique (2003-2009).
7) L’espionnage économique : un défi pour le BfV : Hans Elmar Remberg, vice-président de l'Office fédéral de protection.de la Constitution.
8) L’Eurocorps, traduction d’une volonté politique : Chef de Bataillon Marie-Laure Barret, ORP de l'Eurocorps.
9) La brigade franco-allemande en 2010 : Général de brigade Philippe Chalmel, Commandant la brigade-franco-allemande (BFA).
10) Le Centre Multimodal des Transports : Général de brigade aérienne Philippe Carpentier, Commandant le Centre Multimodal des Transports.
11) Échanges sur la coopération franco-allemande : Henri Conze, DGA (93-96) et Dr Martin Guddat, directeur allemand de l'Armement (94-98).
12) L’aventure européenne : de la défense à l’industrie : Amiral Alain Coldefy, Conseiller "Défense" du président d'EADS.
13) Becker : un exemple de PME franco-allemande : Roland Becker, PDG de Becker Avionics International.
14) Les services et la prise de décision politique : Joël-François Dumont, rédacteur en chef adjoint de la revue Défense.

 


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