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L’avenir se construit sur un présent maîtrisé

Assurer la pérennité de l'activité navale est un impératif les raisons ne manquent pas et ne sont pas qu'économiques. Au delà de maintenir des emplois qualifiés et à très haute valeur ajoutée, il y a mais aussi des raisons de souveraineté et d'indépendance nationale. En prenant les rênes en 2009 de DCNS,[1] entreprise disposant, en plus des « compétences » dans le domaine naval de tous les « équipements permettant de réaliser l'ensemble des produits qu'attendent les forces navales », le nouveau PDG, Patrick Boissier, se voulait optimiste, voyant « un terreau extraordinaire pour bâtir un avenir brillant pour DCNS.» « Immergé » depuis plus d'un an dans le secteur naval de défense, Patrick Boissier invité par le cercle Stratégia [2] à débattre de "l'avenir de l'industrie navale de défense française" a rappelé le contexte général de la construction navale... « 15 à 17 milliards d'euros par an de commande de navires de surface et sous-marin, et le double en incluant les missiles navals, l'électronique de défense naval et le MCO. Sur ces 17 milliards, la moitié, c'est le marché américain, un petit quart, le marché européen et le reste du monde 25%, dont 20% pour l'Asie.» Dans ce paysage mondial, « la construction navale européenne, au premier rang de laquelle DCNS, tient un rôle prééminent. La totalité du marché américain est aux mains des sociétés américaines ; la quasi-totalité du marché européen est aux mains des sociétés des pays concernés, mais la très grande majorité de l'exportation est aux mains des sociétés européennes. En cela, l'industrie navale diffère très sensiblement de l'activité aéronautique et de l'industrie spatiale. Autre différence, le marché américain est dominé par trois grands acteurs : Northrop Grumman, Lockeed Martin, et General Dynamics. En Europe, nous avons au moins cinq acteurs majeurs : BAE, DCNS, TKMS, Navantia et Fincantieri... Aux États-Unis, les 3 grands constructeurs réalisent l'essentiel de leur activité dans 9 chantiers. En Europe, il y a plus de 20 chantiers de taille significative. Un chantier naval en Europe est entre 5 et 10 fois plus petit qu'un chantier naval aux États-Unis - en chiffre d'affaires du moins. L'Europe, qui détient une part importante du marché mondial – marché européen et marché export – est aujourd'hui confrontée à un certain nombre de défis.» Le premier c'est la réduction des budgets nationaux, le deuxième « est qu’il y a un renforcement de la compétition à l'exportation. C'est le fait des européens eux-mêmes, qui se livrent une concurrence féroce avec 3 grands acteurs majeurs à l'exportation, DCNS, TKMS et Navantia, sans oublier Fincantieri, BAE, etc. Cette concurrence est renforcée par l'émergence de nouveaux acteurs qui commencent à poindre et vont arriver de manière inévitable : la Corée, la Chine et peut-être le Japon qui renouera avec l'exportation d'armement.» Après la signature d'un contrat exceptionnel avec le Brésil, Patrick Boissier [3] a accordé un "Grand entretien" à la revue Défense,[4] faisant partager à Yannick de Prémorel (*) sa vision, celle d'un groupe leader sur le marché européen. Paris, le 22 décembre 2010.©

Patrick Boissier, PDG de DCNS.

Yannick de Prémorel : Il y a un peu plus d’un an, vous avez présenté le projet de croissance "Championship". Quelles sont les grandes lignes de cette stratégie ?

Patrick Boissier : Afin de préciser la stratégie du Groupe et de définir les moyens de sa mise en œuvre, nous avons mené une réflexion stratégique de plusieurs mois. L’étude du potentiel de nos marchés, tant traditionnels que nouveaux, nous a révélé de réelles opportunités de croissance. Le naval de défense à l’international et les secteurs de l’énergie constituent des marchés très dynamiques. Nous pouvons nous y positionner à condition de mener une transformation profonde et rapide de notre Groupe. En effet, la forte concurrence qui les caractérise nous oblige à accroître notre performance. Nous sommes capables de concevoir d’excellents produits. Nous devons également nous montrer compétitifs. Notre plan de transformation s’inscrit pleinement dans cette perspective. Nous savons aujourd’hui que nous devons agir vite pour saisir ces opportunités car nos clients ne nous attendront pas. Aussi, l’essentiel de nos progrès devra être réalisé en trois ans. Pour profonde et rapide que sera la transformation du Groupe, c’est dans le respect de chacun qu’elle devra se faire. Notre croissance en dépend également.

Yannick de Prémorel : Quels sont les objectifs que vous avez fixés pour DCNS ?

Patrick Boissier : Nous avons l’ambition de multiplier par deux notre chiffre d’affaires dans les dix prochaines années. La performance du Groupe en termes d’innovation, de qualité, de niveau de service, de réduction des coûts et des délais, ou encore de réactivité, devra pour cela progresser de 30% au cours des trois prochaines années. Les premiers à en bénéficier seront nos clients. La croissance et les gains de performance de DCNS seront également créateurs de richesse et d’emplois pour le Groupe et son environnement. Enfin, DCNS se trouvera en meilleure position pour de futures alliances européennes.

Notre plan stratégique repose ainsi sur trois piliers : croissance, performance et alliances. Ces trois piliers sont indissociables et s’enrichissent mutuellement. La croissance est rendue possible par la performance.

La croissance favorise la performance en augmentant les volumes d’activité interne, et donc en élargissant la base d’amortissement des coûts fixes. De même, croissance et performance nous positionneront favorablement pour nouer des alliances qui, elles-mêmes, aideront DCNS à devenir plus performant et à se développer.

Yannick de Prémorel : L’un des piliers de votre plan stratégique a trait aux alliances. Quelle est votre vision quant à la consolidation européenne ?

Patrick Boissier : L’Europe n’est certainement pas à l’optimum de l’efficacité de la dépense en matière de défense navale avec quatre programmes de frégates différents, trois de torpilles et trois de sous-marins. La fragmentation de son industrie navale est à la fois une source d’inefficacité en termes de dépenses et une source de faiblesse vis-à-vis de concurrents potentiels futurs. Ainsi, la consolidation de ce secteur industriel est une perspective inéluctable… et souhaitable. En effet, les industriels continentaux seront plus forts en s’alliant qu’en restant isolés. Cela nous permettra de développer des stratégies gagnant-gagnant dans tous les domaines (R&D, achats…) et d’accéder ensemble à un marché domestique plus large que les seuls marchés nationaux.

Le Scorpène

Ces rapprochements permettraient également de nous préparer à la menace des nouveaux entrants, notamment les pays qui sont en train de développer une nouvelle industrie navale comme le Brésil et l’Inde mais aussi la Corée et la Chine. Mais la construction navale ne bénéficie d’aucun des leviers qui poussent la plupart des entreprises à se rationaliser naturellement.

  • Le naval de défense est une industrie de souveraineté

Par ailleurs, le naval de défense est une industrie de souveraineté,[5] et la situation n’est pas encore mûre, aujourd’hui, pour mettre en œuvre une alliance bénéfique à toutes les parties. Mais, quelle que soit l’échéance d’une telle alliance, il faudra que DCNS se trouve dans la meilleure position possible. Cela nous ramène à la nécessité de mener à bien notre transformation pour améliorer notre performance au service de notre croissance.

Yannick de Prémorel : Pourquoi, alors, avez-vous mis récemment fin à votre partenariat avec l’espagnol Navantia ?

Patrick Boissier : DCNS et Navantia ont mis fin à leur désaccord sur leur coopération dans le domaine des sous-marins. De ce fait, il est mis fin à la procédure arbitrale engagée. Les sous-marins Scorpène seront désormais commercialisés et réalisés par DCNS. De même, les sous-marins S80 seront commercialisés et réalisés par Navantia. Navantia comme nous même ne souhaitons pas faire davantage de commentaires.

Yannick de Prémorel : Pensez-vous que Thales va exercer son option de montée à 35% au capital de DCNS ?

Patrick Boissier : Le groupe Thales détient 25% du capital de DCNS et a jusqu’à fin mars 2012 pour porter sa participation à hauteur de 35%. L’entrée de Thales au capital de DCNS est très positive. Elle a apporté au groupe DCNS un actionnaire industriel, des synergies commerciales et la fin d’une concurrence franco-française. Maintenant, c’est à Thales de se prononcer sur cette option.

Yannick de Prémorel : Vous avez évoqué deux marchés sur lesquels DCNS ambitionne de se développer. Commençons par le naval de défense. Quels sont vos objectifs ?

Patrick Boissier : Dans les dix ans à venir, la Loi de Programmation Militaire française nous donne une visibilité à long terme. Elle permet de prévoir un marché du naval de défense stable pour la construction neuve et en baisse pour l’entretien des flottes. Parallèlement, les marchés internationaux (construction neuve et services) représentent un potentiel très important, notamment en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Tout en demeurant le partenaire de référence de la Marine nationale, DCNS ambitionne de devenir le leader mondial à l’exportation.

Le Bâtiment de Commandement et de Projection (BPC) Mistral

Dans cette optique, nous visons un doublement, voire un triplement, de notre part de marché. La satisfaction de nos clients viendra concrétiser notre succès. À cet égard, le Groupe dispose d’une gamme de sous-marins et systèmes navals de surface – FREMM,[6] Scorpène,[7] Mistral, Gowind, Andrasta…[8] – performants et adaptés aux nouveaux besoins de défense et de sécurité des marines du monde entier. Nous proposons également une offre de services personnalisés.

Yannick de Prémorel : Et dans le domaine de l’énergie ?

Patrick Boissier : L’énergie constitue un secteur crucial aujourd’hui pour le développement économique et social de tous les pays à travers le monde. De plus, la limitation des ressources naturelles et la prise en compte croissante des problématiques environnementales confèrent une acuité sans précédent aux enjeux énergétiques. Ce secteur représente donc un fort potentiel de développement pour les acteurs industriels qui peuvent apporter des réponses à ces problématiques. Le nucléaire civil constitue un domaine en plein développement dans lequel DCNS bénéficie de compétences remarquables : notre Groupe a intégré pas moins de 18 centrales nucléaires dans les sous-marins et porte-avions que nous avons réalisés pour la Marine nationale. DCNS se positionne dans le nucléaire civil comme maître d’œuvre de sous-ensembles, comme fournisseur d’équipements et comme prestataire de services. Nous entendons donc jouer un rôle significatif sur ce marché. Les énergies marines renouvelables, elles, constituent un relais de croissance à plus long terme. DCNS veut y être l’un des leaders mondiaux en investissant dans quatre des principales technologies en développement : éoliennes flottantes, hydroliennes, énergie thermique des mers et houlomoteurs.

Nous avons créé un incubateur pour conduire nos investissements en recherche et développement ainsi que dans la réalisation de démonstrateurs.

Yannick de Prémorel : Cette ambition de croissance à l’international et dans l’énergie ne va-t-elle pas se réaliser au détriment de la Marine nationale ?

Patrick Boissier : Notre première ambition est de demeurer le partenaire de référence de la Marine nationale pour la conception, la construction et la maintenance de ses navires armés. Il est en effet essentiel, pour une entreprise comme DCNS qui veut doubler de taille et qui est donc tournée vers le futur, de ne pas oublier que l’avenir se construit sur un présent maîtrisé. Nous avons la chance d’entretenir une relation privilégiée avec la Marine nationale. Ses exigences nous conduisent à être capables de développer des produits performants, à la pointe de la technologie et répondant aux justes besoins opérationnels. Ainsi, les ambitions de la Marine nationale constituent le principal moteur de l’innovation du Groupe.

La frégate multi-missions Aquitaine

Nos frégates FREMM, nos sous-marins nucléaires - qui bénéficient au développement de nos sous-marins conventionnels -, mais aussi nos BPC (Bâtiments de Commandement et de Projection),[9] sont là pour en témoigner. Notre engagement quotidien au service de la Marine nationale est à la hauteur de la complexité des programmes industriels que nous réalisons à son profit. C’est d’ailleurs notre challenge avec Championship de fournir des produits et des prestations toujours meilleurs à nos clients en exploitant nos atouts et le potentiel de progrès dont nous bénéficions. Toutes nos priorités opérationnelles découlent de celle-là. Championship est donc un plan pour nos clients avant d’être le plan de DCNS.

Yannick de Prémorel : Où en êtes-vous dans la réalisation des programmes de la Marine nationale ?

Patrick Boissier : DCNS conduit plusieurs programmes majeurs pour la Marine nationale, avec en particulier le programme des frégates multi-missions FREMM et le programme des sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda.[10] Nous progressons conformément au planning de réalisation et aux objectifs de coûts. Nous avons procédé en décembre dernier à la découpe de la première tôle de la troisième frégate multi-missions FREMM française baptisée Provence. La réalisation du programme FREMM constitue un défi industriel unique en Europe à cette échelle : le contrat prévoit qu’une frégate soit livrée tous les dix mois. La capacité industrielle du groupe DCNS lui permet en outre d’intégrer des commandes export dans le planning de réalisation. Le site DCNS de Lorient est ainsi dimensionné pour pouvoir produire une frégate FREMM tous les sept mois. La livraison de la FREMM Aquitaine, la première frégate de la série nationale, sera effectuée à l’été 2012.

Le SNA Barracuda (Vue d'artiste)

Pour sa part, la réalisation de la série des six sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda qui, a démarré en janvier 2007, progresse à un rythme soutenu. Le Suffren, le premier de la série sera livré en 2017. Nous venons d’ailleurs de franchir une étape importante en novembre dernier avec l’achèvement de sa piscine neutronique. Celle-ci va maintenant recevoir les équipements de sa chaufferie nucléaire. La notification du 2e SNA, le Duguay-Trouin est intervenue le 26 juin 2009 ; celle du 3e SNA le Dupetit-Thouars est envisagée cette année. Avec la livraison d’un bâtiment tous les deux ans, le développement et la réalisation du programme Barracuda structure l’activité sous-marine de DCNS pendant encore 15 ans.

Yannick de Prémorel : DCNS a-t-il les moyens de réaliser pleinement ses ambitions ?

Patrick Boissier : Les ambitions de DCNS sur ces trois marchés s’appuient sur ses compétences humaines et ses moyens industriels exceptionnels. La confiance dans la capacité de DCNS à atteindre ses objectifs ambitieux repose notamment sur les progrès réalisés par le Groupe depuis son changement de statut. DCNS est aujourd’hui une entreprise à la pointe de la technologie. Très peu d’entreprises dans le monde maîtrisent des domaines d’excellence aussi variés – depuis la structure des navires armés jusqu’aux systèmes qui permettent de les commander en passant par les installations nucléaires. Vous le savez, DCNS conçoit, construit et maintient en service des produits comme les Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins. Ce sont, selon les experts internationaux, les produits les plus complexes jamais réalisés par l’homme. Au-delà de ses savoir-faire techniques et industriels, le Groupe a également démontré sa capacité à relever avec succès les plus grands défis, qu’il s’agisse de projets industriels ou de projets d’entreprise. Les équipes de DCNS ont mené à bien, depuis 2003, une évolution exemplaire. A ce titre, les 12.000 collaborateurs du Groupe peuvent être légitimement fiers du parcours accompli.

Yannick de Prémorel : Cette mutation réussie ouvre à l’entreprise des opportunités de développement importantes pour le futur. Votre stratégie de croissance suscite-t-elle l’adhésion des collaborateurs de l’entreprise ?

Patrick Boissier : Je crois que l’ensemble de l’entreprise est mobilisé autour de ce plan de transformation qui constitue la condition sine qua non de notre croissance. S’il ne m’appartient pas de m’exprimer à la place des collaborateurs du Groupe, je peux vous assurer que toute l’entreprise est en ordre de marche pour réussir à relever ce nouveau défi.

Chantier des FREMM

250 chantiers, 500 sous-chantiers et 2.000 actions de progrès ont été engagés pour la seule première vague de notre plan de transformation.

Yannick de Prémorel : Vous affichez des objectifs de croissance particulièrement ambitieux pour DCNS. Les coupes dans les dépenses militaires s’amplifient ainsi qu’on l’a encore vu en Grande-Bretagne. Allez-vous devoir engager un plan social pour améliorer de 30% la compétitivité du Groupe en trois ans ?

Patrick Boissier : Championship positionne DCNS dans une dynamique de croissance et nous ne prévoyons pas de plan social. Au contraire, nous devons globalement créer de l’emploi – si nous réussissons la mise en œuvre de notre plan – au sein de DCNS et de ses bassins d’emplois. La croissance de notre activité va compenser l’effet des progrès de productivité. Nous voulons nous transformer et investir pour développer notre activité. Notre objectif est clairement la croissance de DCNS ainsi que la création de richesses et d’emplois pour DCNS, ses fournisseurs et ses sous-traitants.

Naturellement, certains métiers vont évoluer. Au sein de notre Groupe, certains sont en croissance, d’autres en décroissance. A cet égard, DCNS est l’une des premières entreprises à avoir signé un plan de gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC) dans le cadre duquel nous avons, avec les partenaires sociaux, analysé l’évolution des différents métiers du Groupe.

Yannick de Prémorel : Quels sont ceux qui sont en croissance ? En décroissance ? Quels types de passerelles peut-on avoir d’un métier en décroissance vers un métier en croissance? Quelles formations faut-il donner aux collaborateurs concernés ? Comment gère-t-on, en prévisionnel, les mutations de ces différents métiers ?

Patrick Boissier : Cet accord apporte aux collaborateurs les informations dont ils ont besoin pour développer leur savoir-faire et préparer leur avenir professionnel.

Yannick de Prémorel : Quelles sont les grandes priorités du plan de transformation que vous avez engagé ?

Patrick Boissier : La croissance de DCNS est conditionnée par une amélioration de sa performance globale dans tous les domaines. Ainsi, notre plan de transformation est structuré en plusieurs axes : déployer une organisation simple, efficace et responsabilisante, travailler autrement, réinventer nos processus de réalisation, associer nos fournisseurs à la performance du Groupe, améliorer fortement notre sécurité au travail et développer notre culture managériale. Vous le voyez, les gains de performance qui vont résulter de ce plan dépassent largement le seul critère de réduction des coûts, même si ce dernier est naturellement important. Mais la compétitivité ne se réduit pas aux coûts, surtout dans des secteurs aussi technologiques et complexes que le naval de défense et l’énergie. Il s’agit pour nous d’accélérer notre politique d’innovation, d’améliorer toujours nos
niveaux de qualité, d’être encore plus rapides et agiles, de renforcer nos compétences, etc.

Yannick de Prémorel : Vous voulez par exemple réduire le nombre de vos fournisseurs. Comment pourrez-vous y parvenir sans réduire les effectifs de la filière navale française ?

Patrick Boissier : La filière navale de défense en France représente un chiffre d'affaires de plus de 5 milliards d'euros et plus de 40.000 emplois. Je suis persuadé que cette activité peut se maintenir, voire se développer, car il s’agit dune filière de haute technologie. Mais, nous l’avons vu, la croissance de DCNS est conditionnée par une amélioration très significative de la performance globale du Groupe dans les trois prochaines années. L’un de nos domaines d’amélioration concerne la relation avec nos fournisseurs et sous-traitants.

Nous y disposons d’un gisement de progrès majeur car les achats représentent en moyenne 50% de la valeur des produits et prestations que nous vendons. Cette part ne va pas diminuer, mais nous voulons travailler avec un nombre réduit de partenaires en sélectionnant les meilleurs d’entre eux. Avec ceux-ci, nous développons des relations de partenariat et nous augmentons notre activité. Je suis d’ailleurs convaincu que le succès dépend de la performance de l’entreprise élargie constituée de DCNS, ses fournisseurs et sous-traitants.

Yannick de Prémorel : Pourquoi avez-vous signé fin décembre, aux cotés de plusieurs grandes entreprises et opérateurs publics, la charte de bonnes pratiques entre grands donneurs d’ordres et PME, en présence de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi ?

Patrick Boissier : Cette charte engage les grands donneurs d’ordres signataires à mettre en œuvre de bonnes pratiques avec leurs fournisseurs et sous-traitants. Elle comporte 10 engagements qui encouragent les signataires à développer des relations équilibrées avec les petites et moyennes entreprises : respect des délais de paiement, réduction des risques de dépendances réciproques dans la relation client/fournisseurs… La signature de cette charte est la démonstration concrète de l’engagement du Groupe comme entreprise responsable. DCNS souhaite accompagner ses fournisseurs dans la durée par des mesures favorisant la dynamique économique de nos bassins d’emplois. Pour cela, DCNS développe sa présence en amont avec les fournisseurs et sous-traitants dans le cadre d’objectifs de performance partagés. Nous sélectionnons les meilleurs fournisseurs. Nous entretenons des relations privilégiées de long terme avec ceux que nous avons choisis. Et nous mettons en place avec certains fournisseurs les conditions d’une amélioration réciproque de notre compétitivité en les associant par exemple dès la conception de nos produits. Enfin, nous nous faisons accompagner par nos fournisseurs dans la vente et la réalisation de nos programmes à l’international. L’emploi au sein de nos bassins d’activités ne peut qu’en bénéficier. Le développement de DCNS conditionne l’avenir de l’entreprise DCNS élargie. La dynamique économique de l’industrie française passe par la croissance de grands groupes industriels qui emmènent dans leur sillage le développement économique de leurs fournisseurs et sous-traitants. C’est bien là notre ambition.

Yannick de Prémorel : Quels investissements réalisez-vous pour favoriser votre croissance ?

Patrick Boissier : Au-delà des investissements que nous avons évoqués précédemment, nous menons une opération très innovante dans notre industrie. Nous finançons sur fonds propres la conception et la construction d’un patrouilleur hauturier de notre gamme Gowind pour le mettre à disposition de la Marine nationale durant trois ans.

Patrouilleur hauturier Gowind -- Photo DCNS.

Cette initiative a pour objectif d’obtenir une qualification « sea proven » (éprouvé en opérations) pour ce produit. Cette marque de reconnaissance conférera à DCNS un atout sans équivalent pour la promotion de Gowind à l’international. La Marine nationale pourra démontrer sur les théâtres d’opérations la pertinence et la valeur opérationnelle du patrouilleur hauturier Gowind pour des missions actuelles et émergentes : surveillance de zone, lutte contre la piraterie et le terrorisme, police des pêches, lutte contre les trafics de drogue, préservation de l'environnement, aide humanitaire, recherche et sauvetage en mer, sécurité maritime. Ce bâtiment présente de nombreuses innovations garantissant la meilleure efficacité des opérations menées par les marines, les commandos ou les gardes-côtes : visibilité sur 360°, mise en œuvre discrète et en moins de 5 minutes d’embarcations rapides, exploitation de drones…

Avez-vous les atouts nécessaires pour être un acteur industriel compétitif sur le marché des bâtiments militaires de moyen tonnage ?

Patrick Boissier : La croissance de DCNS sur le marché fortement concurrentiel des navires armés de plus petit tonnage est conditionnée par des enjeux de performance. DCNS a donc revu ses méthodes de conception et de production pour la réalisation de ce navire. Ici aussi, nous sommes résolus à innover. Le patrouilleur hauturier Gowind est réalisé au sein du centre DCNS de Lorient dans le cadre de chantiers spécifiques qui emploient environ 80 personnes, toutes volontaires pour appliquer de nouvelles méthodes de travail : mise en place d’une équipe programme multidisciplinaire et polyvalente disposant d’une grande autonomie dans tous les domaines. Cette organisation permet de réaliser le navire dans un délai record – moins de 20 mois – entre la découpe de la première tôle et la mise à disposition de la Marine nationale à l’automne 2011.

Yannick de Prémorel : DCNS est également engagé dans un programme original de transmission du savoir, "Les Filières du Talent DCNS". Il a valu à votre Groupe de remporter il y a quelques semaines le Trophée national de l’entreprise citoyenne décerné sous le haut patronage du Président du Sénat. Quel bilan faites-vous de cette opération ?

Patrick Boissier : Les Filières du Talent DCNS permettent aux collaborateurs de DCNS de transmettre leur savoir à des jeunes apprentis pour les préparer au monde de l’entreprise et les aider à trouver un emploi, et leur passion de la mer à de jeunes skippers pour les préparer à la course au large.

Depuis le lancement du programme début 2008, 1 850 jeunes ont effectué un mini-stage de découverte au sein du Groupe. Parmi eux, plus de 300 ont été formé en alternance au sein du Groupe. A ce jour, 115 jeunes ont déjà trouvé un emploi au sein de DCNS ou d’une autre entreprise à l’issue de leur apprentissage. Nous sommes ainsi en passe d’aller au-delà de tous les objectifs que nous avions annoncés. En outre, nombre de jeunes ont retrouvé le goût des études grâce à ce programme et ont décidé de poursuivre leur formation après leur apprentissage au sein du Groupe. En interne, ce programme est soutenu par les collaborateurs qui se mobilisent pour former les apprentis. En trois ans, près de 600 collaborateurs ont ainsi été volontaires pour être tuteurs. Parallèlement, nous avons formé avec Marc Thiercelin un jeune espoir de la course au large, Christopher Pratt, et l’avons amené à participer à la Route du Rhum, sa première grande course en solitaire. Ce fut une première dans l’histoire de la voile que le lauréat
d’une filière de détection prenne part à une course aussi prestigieuse que la Route du Rhum.

La réussite de ce programme dans ces dimensions sociale et sportive nous a amenés à le poursuivre pour 2011. A l’international, le Brésil et l’Inde représentent deux contrats majeurs pour DCNS.[11]

Yannick de Prémorel : Où en êtes-vous ?

Patrick Boissier : Le contrat avec le Brésil est le plus important jamais signé à l’international par le Groupe. Il porte sur la conception et la réalisation en transfert de technologie de quatre sous-marins conventionnels, l’assistance pour la conception et la réalisation de la partie non-nucléaire du premier sous-marin brésilien à propulsion nucléaire, ainsi que le soutien à la réalisation d’une base navale et d’un chantier de construction navale. Ce programme confirme la capacité de DCNS à mettre en œuvre des partenariats innovants au service de ses clients internationaux dans le cadre de transferts de technologie.

Nous sommes fiers de permettre ainsi au Brésil d’acquérir des savoir-faire de tout premier plan mondial dans le domaine naval de défense. Le transfert de technologie se déroule en deux phases. La première dans laquelle les Brésiliens viennent apprendre en France les méthodes de conception et construction. Une deuxième au Brésil où ils mettront en œuvre ces méthodes avec l’assistance des équipes de DCNS présentes à leur côté. Nous avons d’ailleurs ouvert une école de conception de sous-marins qui a pour objectif de fournir au Brésil l’assistance pour la conception de la partie non-nucléaire du premier sous-marin brésilien à propulsion nucléaire. Et la découpe de la première tôle du premier sous-marin a été effectuée en avril dernier dans notre centre de Cherbourg. Quant à la réalisation, en transfert de technologie, des six sous-marins Scorpène par la Marine indienne, elle est déjà bien engagée. Aujourd'hui, les travaux d'aménagement de leur premier sous-marin sont en cours, y compris l’installation de son système de combat. En effet, le programme de modernisation du chantier MDL lancé avec le soutien de DCNS a progressé rapidement. Il permettra à notre partenaire indien de livrer plus d'un sous-marin par an. Nous offrons, de plus, à notre partenaire indien, avec le soutien de notre filiale DCNS India, l'assistance technique nécessaire pour permettre aux industries locales de fabriquer les différents équipements de leurs sous-marins.

Yannick de Prémorel : En transférant sans réserve votre technologie à un client, ne craignez-vous pas d’armer un futur concurrent ?

Patrick Boissier : L’augmentation de la concurrence au niveau mondial est quelque chose d’inéluctable. Les pays asiatiques, comme la Corée du Sud et peut-être demain la Chine, seront des concurrents quoi qu’il arrive. Quand un client souhaite réaliser un transfert de technologie, il se fera… avec nous ou avec un autre industriel. Il vaut mieux être celui qui réalise le transfert de technologies et en bénéficie que celui qui en subit les conséquences néfastes. Quand vous faites un transfert de technologies sur un produit, vous apprenez au client à réaliser et éventuellement à concevoir un type de sous-marin donné. Ce qui est important, c’est que nous maintenions notre avance technologique. Lorsque nous effectuons des transferts de technologies sur un produit, même très performant, nos équipes continuent en même temps à travailler sur les générations futures. C’est pourquoi nos investissements en R&D augmentent. C’est pour cela aussi que le soutien des pouvoirs publics régionaux, nationaux et européens dans ce secteur est fondamental.

  • Les Filières du talent DCNS : Un programme citoyen de transmission du savoir

Témoignages d'apprentis du programme :

« DCNS suit ses apprentis avec une méthodologie parfaitement cohérente : ce Groupe nous a accueillis, puis formés et, enfin, il nous accompagne dans notre recherche d’emploi ».

« Les équipes DCNS ont fait preuve d’une réelle disponibilité à mon égard. J’ai appris plein de choses, et aujourd’hui je souhaite renforcer ma formation dans le génie industriel. J’ai donc décidé de poursuivre les études et d’intégrer une école d’ingénieurs ».

« Les avantages de ce programme sont nombreux : il permet de découvrir le monde du travail et de comprendre comment notre formation s’applique sur le terrain. Il est très profitable et fort intéressant que DCNS ouvre la voie, car ce groupe est un précurseur dans ce domaine ».

« Cet apprentissage est la meilleure option pour bien débuter dans le monde du travail. DCNS a mis en place de vrais dispositifs pour former les jeunes à ses différents métiers. Je suis très heureux chez DCNS et j’aime mon métier ! L’ambiance est excellente, c’est une motivation supplémentaire pour se rendre à son travail chaque matin ».

(*) Auditeur à l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) et directeur de la rédaction de la revue Défense.

[1] Le groupe DCNS est une entreprise intervenant dans le domaine de l’armement naval. Il conçoit et construit des navires armés, des systèmes de combat, des infrastructures portuaires, et assure le maintien en conditions opérationnelles des forces. DCNS existe sous sa forme actuelle depuis 2007 et est l’héritier des arsenaux français et de la direction des constructions et armes navales (DCAN devenue DCN en 1991). L’État français est actionnaire à hauteur de 75 %.

[2] Débat organisé le 23 septembre 2009.

[3] Bio-Express : Né le 18 février 1950 à Versailles (Yvelines). Patrick Boissier est ancien élève de l'École Polytechnique.
De 1972 à 1974, il est Chef de Service Parachèvement de Cegedur Pechiney.
En 1975, il assure ses fonctions au sein d’Aluminium Pechiney.
De 1976 à 1978, il est Chef des Services Laminage aux Forges de Crans.
En 1979, il est Chef de Projet chez Aluminio de Galicia (Groupe Pechiney en Espagne)
De 1979 à 1983, il est Sous-directeur de Cegedur Pechiney.
En 1984, il fait partie du Program Management Development à Harvard Business School.
De 1985 à 1987, il prend la direction de la division Tubes de Tréfimétaux.
De 1987 à 1993, il devient Directeur Général puis Vice Président-directeur Général de Tréfimetaux.
En 1994, il est Chargé de mission chez Pechiney.
De 1994 à 1997, il est Directeur Général de la branche Chauffage et Climatisation dans le groupe EL.FI.
De 1997 à 2007, il est Président-directeur Général des Chantiers de l’Atlantique.
De 2007 à 2008, il devient Directeur Général de Cegelec.
Patrick Boissier est Chevalier de la Légion d'Honneur et Chevalier dans l'Ordre National du Mérite.
Il est marié et père de 3 enfants.

[4] Défense N°149 daté de Janvier-février 2011. Revue bimestrielle de l'Union des Associations des Auditeurs de l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN). Abonnements: BP 41-00445 Armées.

[5] Voir "Forces navales : 2020, le temps des ruptures ». Actes des 7e Rencontres du Naval de Défense - 8 décembre 2010

[6] FREMM : Les FREMM (Classe Aquitaine) sont des frégates multi-missions furtives de 2e génération construites par la France et l'Italie. La Marine Nationale en armerait 11 au lieu des 17 initialement prévues, livrées entre 2012 et 2022, soit en version "anti-sous-marine" (ASM), pour remplacer les 9 frégates de classe Tourville (type F-67) et de classe Georges Leygues (type F-70).

Dans le cadre du renouvellement de 18 frégates et avisos, la Marine Nationale a souhaité disposer d'une « série homogène de bâtiments polyvalents ». D'une longueur de 142 mètres pour un déplacement de 6000 tonnes, les FREMM pourront plus aisément opérer dans la durée et de façon nettement plus autonome que les avisos. deux versions sont prévues : la première, (8 frégates), pour la lutte ASM pour assurer la protection des SNLE, du groupe aéronaval et des approches maritimes. Les 9 autres navires sont prévues pour "l'action vers la terre" (AVT) pour mener à bien des missions de renseignement, pour infiltrer ou exfiltrer des commandos et intervenir sur le littoral, « tout en disposant de capacités de frappes en profondeur grâce au missile de croisière Scalp Naval (1000 kilomètres de portée) ou des opérations d'assaut à la mer. Source  Mer et Marine.

Première sortie à la mer de la frégate ASM Chevalier-Paul

Autre programme naval de frégates franco-italien, le programme Horizon : pour le renouvellement partiel de la composante défense aérienne de la flotte, la France et l'Italie ont commandé chacune deux frégates de nouvelle génération de type « Horizon », le Forbin et le Chevalier Paul pour remplacer respectivement les frégates lance-missiles (FLM) Suffren, désarmée en 2001 et Duquesne, désarmée en 2007. La Marine Nationale a réceptionné les deux frégates en décembre 2008 et décembre 2009. Initialement associé au projet, le Royaume-Uni s'est retiré en 1999 pour construire sa propre classe de navire, le T-45, qui conserve néanmoins le système d'arme principal des Horizon. Ces futures frégates de défense aérienne auront pour mission principale d’assurer le commandement de la lutte anti-aérienne et le contrôle de l’espace aérien ainsi que la protection anti-aérienne d’un groupe aéronaval ou d’un groupe de bâtiments peu ou pas armés comme, par exemple, une force amphibie. Les frégates Horizon ont une capacité à lutter contre les attaques saturantes (salves multi missiles). Dotées du système d'arme antiaérien principal PAAMS, (48 missiles Aster 15 et 30 à lancement vertical) et d'un radar à longue portée LRR, elles mettent également en œuvre des capacités antinavires et des moyens d'autodéfense anti-sous-marins.

La mission La frégate de défense aérienne Forbin -- Photo Marine Nationale.

[7] Le Scorpène est un sous-marin à propulsion classique de nouvelle génération destiné à l'exportation (DCNS étant autorité de conception). Après le Chili et la Malaisie qui ont passé commande de deux Scorpène, l'Inde et le Brésil ont commandé respectivement 6 et 4 unités avec un transfert de technologie.

Le sous-marin SMX 23 de la classe Andrasta -- Photo DCN.

[8] La classe Andrasta : Petit sous-marin côtier destiné à l'Export pour les pays n'ayant pas de sous-marinade ou ne pouvant acquérir des sous-marins de type Scorpène. Andrasta était la déesse de la guerre, « invoquée par la reine bretonne Bouddica, lors de l'invasion de la Grande-Bretagne (« Bretagne») par les armées romaines, en 61 avant Jésus Christ ». Source : Mer et Marine.

[9] Les BPC de la classe Mistral sont des bâtiments de projection et de commandement.sont des porte-hélicoptères d’assaut amphibie (appellation OTAN : LHD, Landing Helicopter Dock). Ils sont les premiers de ce type à être construits en France pour la Marine Nationale. destinés à être intégrés, soit au groupe aéronaval français, soit à une NRF (NATO Response Force ou force de réaction de l’OTAN) soit à des missions de maintien de la paix sous mandat de l’ONU ou dans le cadre de l’Union européenne.(Voir "Un bateau du Tonnerre en Méditerranée"). Après le Mistral  (L-9013) admis au service actif le 18 décembre 2006 et le Tonnerre (L-9014) le 1er août 2007, le Dixmude (L-9015), devrait entrer en service en 2012.

[10] « Allier les compétences des SNA et les progrès technologiques des SNLE nouvelle génération (SNLENG), c'est l'objectif du futur sous-marin nucléaire d'attaque, le Barracuda. Initié en 2001, ce programme, piloté conjointement par la DGA et le CEA, vise à remplacer les six navires de la classe Améthyste actuellement en mer.» La livraison de ces six nouveaux sous-marins est prévue de 2012 à 2022. En plus de leurs missions traditionnelles (protection de la flotte) ces SNA pourront embarquer et débarquer des commandos très près des côtes en emportant de nouveaux missiles. Source : CEA.

[11] Le Brésil construira sous licence quatre Scorpène dans le cadre du Plan stratégique de défense annoncé le 7 septembre 2008. Le contrat a été  signé à Rio de Janeiro le 23 décembre 2008 pour un montant estimé à 6,7 milliards d'euros, dont 4,1 à DCNS et le solde à son partenaire local de génie civil Odebrechtet pour la construction d'une base navale à Itaguaí.. Les bâtiments seront assemblés sous transfert de technologie à l’Arsenal de Marinha do Rio de Janeiro par Itaguaí Construções Navais, une coentreprise entre Odebrecht (59%) et DCNS (41%)7. Par ailleurs, la France assistera le Brésil dans le développement d'un sous-marin nucléaire d'attaque.

En octobre 2005, un accord a été conclu à Paris sur la construction en Inde de six Scorpène et la vente de 36 missiles antinavires Exocet SM-39 (2,4 milliards d'euros). La construction des sous-marins d'attaque conventionnels se fera dans les docks de l'État de Mazagaon (port de Bombay). La marine indienne doit être le maître d'ouvrage du projet qui prévoit un transfert partiel de technologie, la fourniture de certains équipements et une assistance technique, notamment du groupe Thales et de DCNS. Une clause de transparence financière a été signée lors de la signature des contrats pour permettre "d'éviter toutes formes de corruption".


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