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Hutus et Tutsis contre Paul Kagamé (2)

La « visite d'État » du président Kagamé en France [1] restera dans la postérité comme une grande occasion manquée. Celle de pouvoir tourner enfin une des pages les plus sombres de l'histoire d'un petit pays, jadis prospère dans la région des Grands lacs et souvent comparé à la Suisse. Il suffisait pour cela que le président rwandais reconnaisse, en venant à Paris, sa part de responsabilité et de dire qu'à cette époque, la haine entre deux communautés avait tourné au drame. On ne lui en demandait pas plus. Par honnêteté intellectuelle, il aurait enfin pu reconnaître, qu'à aucun moment, les troupes françaises n'avaient commis d'exaction en tentant de soustraire des milliers d'innocents à une mort programmée (par son parti, le FPR), contrairement à la propagande qu'il a lui même lancée. Pas un mot. Le comble eut été que la France, par la voix de son président, s'excusât pour un génocide qu'elle avait tenté d'éviter. En tendant la main, à défaut de pardonner l'impardonnable, un nouveau départ était au moins envisageable ouvrant la route à une relation nouvelle et pourquoi pas à une réconciliation sur des bases saines. Il n'en a rien été. Kagamé est resté sur ses positions. La France a donc fait le service minimum : le Sénat et l'Assemblée nationale ont décidé de ne pas recevoir Paul Kagamé, tandis que le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a préféré se trouver en Nouvelle-Zélande et en Chine pour ne pas avoir à serrer la main de son homologue ou de Kagamé. Une attitude politique digne et courageuse, même si on est en droit de s'étonner de l'absence du chef de la diplomatie française lors d'une visite d'État en France... Chose rare, la presse était unanime pour parler d'une « visite controversée ». Les militaires français, gravement mis en cause, n'étaient pas contre une réconciliation. Au contraire, mais ils attendaient un geste, une phrase, quelques mots : là encore, rien. Leur déception a été grande, aussi grande que l'humiliation éprouvée par les militaires de corvée pour lui rendre les honneurs. Il ne faudrait pas oublier pour autant la part de responsabilité de la Communauté internationale, du fait de son incapacité à décider à l'époque l'envoi de troupes d'interposition alors qu'il était encore temps de le faire, comme le réclamaient le gouvernement français d'alors dirigé par Édouard Balladur, son président, François Mitterrand par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, à l'ONU. Dans cette affaire rwandaise, le rôle joué par Bernard Kouchner, tout au long de ces années, demeure plus qu'équivoque.[1] L'excellente et courageuse émission de France 2 sur la "Francafrique"[2] a mis en cause certains financements opérés par le Gabon d'Omar Bongo qui a « arrosé » , sa longue vie durant, la classe politique française. Le témoignage du représentant de la DGSE au Gabon et le commentaire d'Eva Joly, notamment, sur les sommes perçues par Bernard Kouchner sont venues conforter les écrits de Pierre Péan dans ses différents livres. La visite du président rwandais n'a pas laissé davantage les Africains indifférents. Les uns espéraient qu'à cet occasion Paul Kagamé ferait un geste pour les milliers de prisonniers politiques incarcérés au Rwanda. Là encore, il n'en a rien été. Sur son parcours, de nombreux Rwandais de Belgique pour la plupart ou séjournant en France étaient venus en bus dans cet espoir, mais en vain. Ses quelques partisans venus l'acclamer ne réussiront pas à dissimuler le fait qu'aujourd'hui, le peuple rwandais, Tutsis comme Hutus, aimeraient voir Kagamé disparaître de la scène politique pour retrouver des conditions de vie plus acceptables. Après avoir donné la parole à un Tutsi, longtemps un proche de Kagamé [3], Joël-François Dumont a rencontré lors de cette visite Nkiko Nsengiman, un Hutu qui fut le responsable de la société civile rwandaise pendant des années et qui, à ce titre, était connu et apprécié des autorités européennes. Paris le 13 septembre 2011.

Nkiko Nsengiman, ancien président de la société civile rwandaise -- Photo Joël-François Dumont.

Nkiko Nsengiman, ancien président de la société civile rwandaise

Hutus et Tutsis contre Paul Kagamé (2)

[1] Paul Kagamé à Paris : une visite controversée (1)

[2] "Infrarouge" : Documentaire en deux parties de Patrick Benquet (réalisateur) et Antoine Glaser, (conseiller) ancien rédacteur en chef de « La lettre du continent »., diffusé les 9 et 16 décembre 2010 sur France 2.

[3] Rwanda : Paul Kagamé lâché par les siens (3)

Voir également :

Paul Kagamé à Paris : une visite controversée (1) et Rwanda : Paul Kagamé lâché par les siens (3)


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