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Honneur, Patrie, Valeur, Discipline : quatre mots chers aux marins

Le président Nicolas Sarkozy a présenté le 3 janvier 2012 ses vœux aux Armées devant les élèves-officiers de l'École navale sur la B.A.N. de Lanvéoc-Poulmic (Presqu’île de Crozon, Finistère). Après avoir assisté le matin à une démonstration des commandos marine avec les nouveaux hélicoptères Caïman Marine mis en œuvre par la 33F, flottille dédiée au sauvetage en mer et spécialisée dans la lutte anti-terrorisme et anti-sous-marine, le président de la République s'est entretenu avec des commandos Marine de Lorient, des élèves-officiers de l’École navale et des élèves de l’École des mousses de Brest avant de visiter le simulateur de navigation de l’École navale. Sources : Présidence de la République et Marine nationale, Paris.

Messieurs les Ministres,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et messieurs les élus,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames, Messieurs,
Et si vous me le permettez chers élèves,

Au moment de prendre la parole devant vous, je veux avoir une pensée émue pour vos deux aînés qui sont tombés sous le feu ennemi en Kapisa il y a quelques jours à peine et qui, eux, ne connaîtront plus jamais les promesses d'une nouvelle année.

Ils sont tombés pour la France. Ils sont morts loin de chez eux pour défendre l'idée que la France se fait d'un monde libre.
Ils sont morts en servant la Légion Étrangère, ce modèle d'intégration dans les valeurs de la République française.

Ils sont morts dans un pays qui n'était pas le leur, pour protéger des populations civiles menacées par le pire des fanatismes religieux.
Ils sont morts pour que des petites filles qui n'étaient pas les leurs puissent tout simplement aller à l'école et ne soient pas mariées de force à 12 ans.

Ils sont morts pour que des femmes qui n'étaient pas les leurs ne soient pas échangées comme des marchandises.

Ils sont morts pour que des hommes et des femmes qui ne parlaient pas leur langue puissent échapper aux ténèbres d'un obscurantisme médiéval. Ils ont fait le sacrifice de leur avenir pour que tout un peuple puisse espérer un avenir.

Ils sont morts pour que la France ait la fierté de respecter ses engagements. Quand la France prend un engagement, la France tient ses engagements.

Ils sont morts en soldats. Ils sont morts en exemples.

Vous qui vous préparez au métier des armes, vous qui un jour aurez à vous battre pour la France, pour son honneur et peut-être pour sa survie, n'oubliez jamais ces deux soldats, ces deux camarades tombés quelques heures après Noël alors que vous étiez avec vos familles.

Le métier que vous vous apprêtez à embrasser, c'est le métier qu'ils avaient choisi. Ils l'avaient choisi, comme vous, pour servir et pour se dépasser.

Ce dépassement, vous savez qu'il peut aller jusqu'au sacrifice suprême, le sacrifice de vos vies. Croyez bien qu'en tant que chef des armées, je connais la valeur de ces mots. Ils me reviennent chaque fois que mon chef d'état-major vient m'annoncer la mort de l'un de nos soldats.

Chaque fois que je prends la décision d'engager nos forces, je sais que, malgré nos efforts et malgré nos moyens, il se peut que certains ne reviennent pas vivants. Ce poids de la décision je le porte, comme vous portez ou porterez vous-mêmes l'angoisse du combat.

C'est peut-être là le poids le plus lourd de la responsabilité confiée au chef de l'État. Mais, croyez-moi, le poids de la démission ou le poids du déshonneur de la France serait plus lourd encore.

Vous avez fait un choix qui pourra parfois faire trembler, dans le secret de leurs angoisses, vos mères, vos conjoints, vos enfants.

Mais ce choix, il vous honore et il vous oblige.

Ce choix vous honore car vous n'avez pas choisi une situation professionnelle confortable, vous avez choisi le risque de vos vies et le sang des combats.

Ce choix vous oblige car, derrière vous, marche à pas lents l'immense armée de ceux qui sont tombés pour la France et pour son drapeau.
De ces morts qui se comptèrent par millions entre 1914 et 1918 et dont chaque opération extérieure peut malheureusement venir allonger la liste, vous êtes les frères, mais vous êtes aussi les héritiers. Cet héritage est lourd parce qu'il est l'héritage de la France. C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité que chaque 11 novembre permette désormais de rendre un hommage particulier à tous nos soldats, à tous vos frères d'armes tombés au champ d'honneur. Et pour que, au-delà de vous, la Nation française tout entière leur rende l'hommage qui leur est dû.

C'est dans les pas de ces glorieux aînés que vous devez vous préparer à mettre les vôtres. Ce n'est pas le choix le plus facile à faire lorsque l'on a vingt ans et que l'on a la vie devant soi, mais c'est un choix qui mérite que la Nation, par ma voix, vous dise sa fierté et sa reconnaissance.

Ce choix, vous l'avez fait au nom des valeurs de la France.
Ce choix, vous l'avez fait pour votre patrie.
Ce choix, vous le ferez aussi au nom de l'honneur et par discipline, tout simplement parce que la mission qui vous sera confiée pourra l'exiger.

Honneur, Patrie, Valeur, Discipline : ces quatre mots sont chers aux marins. Ils sont inscrits en lettres de bronze sur tous nos navires et dans le hall d'honneur de cette école. Ils résument parfaitement le sens de votre engagement et celui de vos camarades des autres armées.

D'ailleurs les jeunes Français ne s'y trompent pas. Quand la question leur est posée, ils placent nos armées en tête des structures en qui ils ont le plus confiance. Cette confiance montre combien l'armée est, en France, consubstantielle à la République. Le nier, c'est nier notre Histoire et c'est hypothéquer notre avenir.

En inaugurant lui-même ces murs en 1965, le Général de Gaulle avait voulu montrer l'importance qu'il donnait au métier des armes. Votre formation, dont je salue l'excellence, fait de vous non seulement des marins, mais des soldats. Vos camarades de Saint-Cyr ou de l'École de l'Air ainsi que tous les autres militaires en formation initiale dans nos écoles savent aussi qu'ils s'engagent pour une aventure humaine hors du commun. Si l'esprit de sacrifice est inhérent au choix que vous êtes en train de faire, la vie que vous êtes en train de vous choisir aura un goût particulier.

Au supplément de risque répond un supplément d'âme. Vos vies seront belles car elles seront fortes. La force de la jeunesse, outre la fougue, c'est l'audace. Et je sais que l'École Navale est depuis longtemps en partenariat très étroit avec une prestigieuse école de commerce dont la devise est « Apprendre à oser ». Ce n'est pas un hasard.

Messieurs les officiers généraux, toutes vos écoles militaires ont formé les grands soldats du XXème siècle. Certains sont morts pour la France.
Ils s'étaient tous « instruits pour vaincre » comme l'énonce la devise de Saint-Cyr. Tous, également, avaient « osé ». Car, comme le répète la devise d'une de nos unités de forces spéciales : « Qui ose gagne ». C'est ainsi que l'on gagne la paix dans laquelle nos compatriotes vivent aujourd'hui. Ils vous la doivent.

Plus que jamais la France a besoin de l'exemple d'unité, de solidarité et de courage que vous démontrez. Notre pays traverse depuis quelques mois une tourmente économique et financière extraordinaire dont il ne sortira qu'en faisant preuve d'une exceptionnelle détermination. La France aura besoin d'une audace pareille à la vôtre. C'est à ce prix que la France maintiendra son rang dans le concert des nations.

Notre puissance n'est pas uniquement économique, elle est aussi diplomatique et militaire. C'est peut-être le plus bel héritage que nous ait laissé le Général De Gaulle. D'une France vaincue, d'une France occupée, il a fait une France dont la voix portait à nouveau. Et si la voix de la France portait à nouveau, c'est parce que la France pouvait être redoutable. Cette capacité à nous défendre, cette capacité à hausser le ton sur la scène internationale quand les événements l'exigent, nous ne l'abandonnerons jamais. Parce qu'abandonner cette capacité, c'est renoncer à l'idée que la France se fait d'elle-même.

C'est pour cette raison que je me suis attaché à maintenir un niveau important de ressources budgétaires pour les armées, ce qui représente un effort considérable dans le contexte actuel. La loi de programmation militaire, pour la première fois depuis bien longtemps, est ainsi exécutée dans le respect global de son architecture. Et les premiers objectifs du Livre Blanc ont été atteints. Je veux en féliciter le ministre de la Défense, Gérard Longuet.

Parallèlement à cet effort sur les structures, sur les équipements, je suis très attaché à la condition du monde combattant.

La retraite du combattant a été réévaluée de 37% depuis 2007. Les efforts consentis par nos soldats dans le passé trouvent ainsi leur juste reconnaissance aujourd'hui. D'autres mesures y contribuent, à l'instar de la décision d'ériger un monument aux opérations extérieures à Paris, ou d'inscrire les noms des morts pour la France en opérations extérieures sur les monuments aux morts de nos villes et villages, partout en France.

Ces dernières années, j'ai également fait en sorte que les grilles indiciaires soient révisées pour tenir compte à la fois des contraintes de votre métier mais également de l'environnement économique dans lequel nous vivons. La dernière tranche de cette revalorisation vient de s'achever. Elle a bénéficié à tous les niveaux de la hiérarchie militaire.

Nos armées ont connu une profonde transformation et leur format est encore en cours d'adaptation. Conduire simultanément plusieurs opérations sur différents théâtres, intérieurs ou extérieurs, tout en réduisant le format de nos armées de 54 000 militaires, est un exercice difficile. C'est un défi, vous avez su le relever. Et vous en êtes même sortis renforcés.

La création des Bases de Défense constitue un des volets majeurs de cette réorganisation. Elles rationalisent la méthodologie et la géographie du soutien des unités militaires sur l'ensemble du territoire. Le monde militaire a fait preuve d'une impressionnante capacité d'adaptation, de remise en cause et surtout d'innovation.

Tout n'est pas encore terminé, mais le chemin parcouru est considérable : mutualisation, regroupements, partage des tâches, nous sommes en train de créer une culture interarmées à laquelle je suis très attaché.

Cette culture est au cœur des opérations que mène la France. Il est indispensable que le fantassin comprenne le langage du marin, que le pilote puisse dialoguer avec le service ravitailleur au sol, que le médecin soit au fait des contraintes opérationnelles du commando, que le commissaire sache lire un ordre d'opérations terrestres. Tous travaillent et tous œuvrent dans le même but : le succès des opérations militaires conduites par la France.
Je me réjouis de l'énergie déployée à tous les échelons pour réussir cette réforme ambitieuse. Je savais que je pouvais vous faire confiance.

Ainsi organisées, nos armées disposeront d'une armature robuste et cohérente. Elles seront à même d'affronter avec une plus grande efficacité les défis qui se présenteront à elles.

Le succès de notre intervention en Libye ne fait que conforter les choix de réorganisation qui ont été faits. HARMATTAN a mobilisé des composantes de nos trois armées et de tous nos services de soutien. Je tiens à saluer l'excellente réactivité et la remarquable efficacité de chacun.

Toute cette chaîne logistique, matérielle, humaine a permis de mettre en œuvre à grande échelle nos armements, dont certains étaient utilisés pour la première fois en conditions réelles : je pense au missile de croisière, je pense également à certains armements à guidage laser.

Lorsqu'on sait le nombre de missiles, d'obus, de bombes utilisés, il faut avoir à l'esprit toute la chaîne qui, en amont, a permis les frappes qui ont abouti à la protection de populations libyennes puis à la libération de la Libye.

Je n'oublie pas nos forces spéciales : nos engagements militaires ne peuvent se faire sans elles. Elles arrivent en premier, elles opèrent vite et savent durer. On ne peut se passer de leur mobilité, de leur discrétion et de leur expertise.

Je veux donc ici féliciter nos soldats des forces spéciales de l'armée de terre, de l'air et de la marine. Leurs interventions ont été déterminantes, nos alliés l'ont bien compris, et la France a fait impression.

Vous pouvez être fiers de vos chefs militaires, qui ont remarquablement coordonné nos moyens et ont permis des interventions -- je le précise - sans perte humaine, en dépit de leur forte intensité. Notre chaîne très courte de décision a, elle aussi, été validée. Deux heures à peine après que j'en eus pris la décision, nos chasseurs de l'armée de l'air étaient déjà au-dessus de la Libye. Notre porte-avions, qui revenait de 4 mois d'opérations dans l'Océan indien, a appareillé en quelques heures pour participer à l'opération HARMATTAN.

Toute cette puissance, toute cette force, toute cette logistique ont été mobilisées dans un seul but : empêcher un massacre programmé et proclamé. La France peut être fière de s'y être opposée. La France fut la première à dire son indignation. La France fut la première aux avant-postes. L'armée française fut, une fois encore, l'armée de la liberté.

Notre intervention en Libye ne doit pas nous faire oublier le travail remarquable accompli par les éléments français de la force Licorne en Côte d'Ivoire. Les soldats français ont protégé la population et permis de faire respecter le choix du peuple ivoirien lors de l'élection présidentielle, comme le demandaient l'ONU et l'Union africaine.

C'est en Afghanistan, que nos troupes sont aujourd'hui confrontées au travail le plus délicat. Nous participons avec nos alliés à un transfert progressif de la sécurité du pays aux forces de sécurité afghanes. D'ici 2014, les Afghans assumeront la responsabilité de leur sécurité. Ils le feront grâce aux forces armées et de police que nous formons. Les progrès sont importants. Les forces de sécurité afghanes représentent aujourd'hui 322 000 hommes ; elles n'étaient que 192 000 il y a trois ans. Nos premiers soldats sont rentrés d'Afghanistan ces dernières semaines, d'autres rentreront en 2012, conformément au plan de retrait annoncé, et je recevrai le Président KARZAI le 27 janvier prochain. Je confirmerai et préciserai à cette occasion notre calendrier définitif.

Outre ces théâtres, mais loin de l'hexagone, des militaires protègent nos voies d'approvisionnement en luttant contre la piraterie en Océan Indien. D'autres participent à la stabilisation de territoires potentiellement explosifs, dans les Balkans ou au Proche-Orient. D'autres militaires protègent nos ressources en surveillant les 11 millions de kilomètres carrés de notre zone économique au large de nos territoires ultra-marins. D'autres encore luttent contre le narcotrafic dans l'arc antillais ou l'orpaillage clandestin en Guyane. D'autres enfin assurent sans interruption la mission de dissuasion depuis le fond des mers.

Je n'oublie pas non plus les missions intérieures puisque les armées participent aux missions de vigilance et de sécurité à l'intérieur du territoire national.

La France, et c'est son honneur, a donc joué un rôle de premier plan en 2011, grâce à votre mobilisation. La France a tenu son rang. La France a montré au monde sa détermination. La France a contribué au succès de la démocratie et aidé les peuples à prendre en main leur destin.

Mesdames et Messieurs, la France sera toujours là pour défendre la liberté des peuples, mais la France ne peut pas le faire seule. Elle peut convaincre la communauté internationale, comme elle l'a fait pour la Libye ou la Côte d'Ivoire, mais elle ne peut pas s'y substituer. La France est une puissance qui agit dans le cadre strict du droit international, qui comprend aussi le droit humanitaire et la responsabilité de protéger.

Aujourd'hui, les massacres commis par le régime syrien suscitent à juste titre l'écœurement et la révolte, dans le monde arabe, en France, en Europe et partout dans le monde.
Le Président syrien doit quitter le pouvoir et laisser son peuple décider librement de son destin. La communauté internationale doit prendre ses responsabilités. Elle doit agir efficacement, en dénonçant sans relâche une répression barbare, en s'assurant que les observateurs de la Ligue arabe ont les moyens et toute la liberté de faire correctement leur travail ; en prenant les sanctions les plus dures ; en assurant l'accès humanitaire. C'est ce à quoi nous allons travailler d'arrache-pied.

La Méditerranée, les marins le savent bien, est une zone éminemment stratégique pour notre pays. Il est de l'intérêt de tous ses riverains d'en faire un espace de paix.

Les initiatives du type « Dialogue 5+5 » sont d'une grande actualité à un moment où certains de ces pays du sud entrent dans des processus démocratiques. Le dialogue euro-méditerranéen vit sans doute un tournant crucial de son histoire. Sachons l'aborder avec le recul et la lucidité qui conviennent pour que l'ensemble des riverains de cette mer fermée puissent en recueillir les fruits.

Je me réjouis d'ailleurs que vos écoles accueillent dès cette année des élèves-officiers libyens, en formation de chef de quart notamment. J'en profite aussi pour saluer les élèves étrangers qui, présents parmi vous, témoignent de la confiance portée par leurs gouvernements dans la qualité des formations dispensées dans nos écoles.

Chers élèves, dès votre formation en école, je sais que ces logiques stratégiques vous sont enseignées ; et c'est heureux, car vous y serez confrontés dès vos premières sorties en mer, dans les airs ou sur le terrain. Quand vous entendez parler de l'OTAN, de l'Union européenne, des relations bilatérales, des accords de coopération, sachez qu'il ne s'agit pas de concepts abstraits.

Les fonctions stratégiques définies par le Livre Blanc organisent notre réflexion et structurent notre action.

Elles font l'objet d'un effort sans précédent : les crédits dévolus au renseignement auront ainsi augmenté de 23 % entre 2010 et 2012, et nous venons de lancer avec succès de notre centre spatial guyanais le premier des satellites « Pléiades » qui fourniront des images d'une très grande précision.

Pourquoi de tels efforts ? Parce que le spectre des menaces, loin de se rétrécir, s'élargit : certaines sont nouvelles, d'autres sont persistantes ; chacune mérite en tous cas notre attention. Nous devons nous donner les moyens de les identifier au plus tôt.

Comme l'a dit le Général de GAULLE ici même en février 1965 : « La Marine est faite pour le combat, pour s'y préparer, pour l'accomplir. La Marine doit être en mesure de frapper tout ennemi de la France, de frapper fort et avec les armes les plus puissantes ». Cet axiome est d'une grande actualité et je l'applique volontiers à l'ensemble de nos forces armées.

Les moyens militaires sont destinés à faire la guerre, mais ils permettent de conquérir la paix. Ils viennent en appui de notre politique étrangère : c'est une paire absolument indissociable.

En voyant ce matin les démonstrations faites par le nouvel hélicoptère Caïman et en visitant votre simulateur de navigation, j'ai pu apprécier la qualité de votre préparation.

Ces équipements performants ont un coût. J'assume pleinement cette dépense. Conserver un haut niveau d'expertise technologique et scientifique nous donne une indépendance indispensable et une avance stratégique que certains de nos grands partenaires n'ont déjà plus. Il n'y a pas d'indépendance nationale pour des pays qui ne sont pas capables d'assurer leur défense par eux-mêmes. Les Français doivent le savoir et doivent le comprendre.

C'est un effort de longue haleine, c'est un investissement immense. Si nous ne faisions pas cela, nous serions vulnérables et cette vulnérabilité, je ne peux pas l'accepter.

Mesdames et messieurs,

Nous sommes ici dans une école prestigieuse : elle forme des jeunes gens qui ont voulu mettre de l'intensité dans leur vie. Ils seront officiers, ingénieurs et marins.

Nos armées ont besoin, comme notre pays, d'enthousiasme, de fougue, d'esprit d'aventure, d'esprit d'entreprise, de courage.

Ces qualités, toutes nos écoles militaires en sont les vecteurs car elles préparent leurs jeunes élèves au combat.

Chers élèves, je me réjouis, en tant que chef des armées, de constater à quel point ce métier si difficile auquel vous vous préparez suscite toujours autant de vocations.

Hélie Denoix de Saint Marc, que vous connaissez tous, disait : « De toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse ».

Vos rêves consistaient à servir sous l'uniforme. Vous êtes en train de réaliser votre rêve.

Vous avez raison d'en être fiers : l'uniforme que vous portez est le privilège de ceux qui ont choisi de donner jusqu'à leur vie au profit de leur pays.

Gardez votre jeunesse le plus longtemps possible. Nos armées en ont besoin, notre pays aussi. La France doit défendre partout et en tout lieu le respect du droit international et la liberté de l'Homme.

Quant au 14 juillet, il doit demeurer le jour où l'armée et la nation communient autour des valeurs de la République. Jamais, jamais, je ne pourrai accepter la remise en cause de ce défilé que tant de pays envient à la France et qui fait la fierté de nos compatriotes.

Recevez donc mes vœux, mes vœux les plus chaleureux pour votre carrière à venir et, plus immédiatement, pour l'année qui commence. Je vous souhaite, ainsi qu'à tous vos camarades militaires et civils ainsi qu'à vos familles, le bonheur personnel et le bonheur professionnel.

Sachez tous que l'uniforme que vous portez est respecté, sachez tous que vous êtes les héritiers d'une longue histoire, que vous n'avez pas choisi un métier comme les autres et que vous aurez le privilège le matin en débutant votre journée de ne pas vous interroger sur le sens que vous donnez à votre vie parce que le sens, vous le connaissez.

La France est fière de son armée et de ses militaires.

Bonne année à tous.


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