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Mon Colonel

Les soldats du pétrole à Eurosatory

En tous temps, en tous lieux et en toutes circonstances, les "soldats du pétrole" assurent une double mission : approvisionner et soutenir nos armées où qu'elles se trouvent, en métropole, outre-mer ou dans le monde au profit des forces projetées sur des théâtres d'opérations extérieures et ce pour tous les produits pétroliers indispensables au fonctionnement des navires, aéronefs ou camions-citerne tactiques. Depuis de longues années, le Service des essences des Armées [1] est reconnu comme "un pôle d'excellence militaire français".[2] Au salon  international Eurosatory 2012, consacré à la "défense et à la sécurité terrestres et aéroterrestres", le Service des essences des Armées, « le SEA » était doublement présent. Avec un stand intérieur partagé avec le GILEP et un stand extérieur où plusieurs véhicules et matériels sont exposés : le camion citerne polyvalent 3,5 m3, l’ensemble tracteur semi-remorque citerne routier 30 m3, le véhicule technique d’avitaillement, le land Rover Defender avec un réservoir souple de 1.900 litres, ainsi que divers équipements d’une chaîne d’avitaillement. Le Lieutenant-Colonel Joël Jestin, commandant ce détachement, a détaillé les missions interarmées et les services que le SEA exécutent au profit des forces. Propos recueillis par Joël-François Dumont. Villepinte, le 14 juin 2006.©

Le LCL Joël Jestin à Eurosatory 2012 -- Photo © Joël-François Dumont.

Le LCL Joël Jestin à Eurosatory 2012

Depuis de longues années, au même titre que le Service de Santé des Armées, le Service des essences des Armées, le SEA, est reconnu comme "un pôle d'excellence" français. Le LCL Jestin ne sait « pas si le SEA constitue un pôle d'excellence à l'étranger ».[3] Pour lui, il s'agit « d'un pôle d'expertise dans lequel » il « travaille maintenant depuis 35 ans. Il est actuellement chef du "dépôt essence Air" d'Istres. « Istres, la plus grande base aérienne française, est l'une des cinq plus grosses bases européennes. Il est « ici, à Eurosatory, pour représenter le service des essences des Armées avec une équipe assez représentative, composée  uniquement d'officiers, de sous-officiers et de militaires du rang ayant participé aux opérations Harmattan, en Libye, Pamir, en Afghanistan ou Licorne en Côte d'Ivoire. »

Assurer l'approvisionnement et le soutien pétrolier de nos armées n'est pas une mince affaire. Les hommes et les femmes du Service des essences des Armées en savent quelque chose pour assurer quotidiennement à la fois la ressource et le soutien. La ressource, « avec des garanties de disponibilité géographique et temporelle, de qualité, et dans le respect de la réglementation relative aux marchés publics ; des transports amont, optimisés en terme de coûts, de sûreté et de sécurité ; de la continuité de la distribution des produits en tout lieu, justifiant l'entretien de stocks à caractère "stratégique" ».

P4 avec un réservoir remorquable de 1900 litres -- Archives © Joël-François Dumont.

P4 avec un réservoir remorquable de 1900 litres

Après la ressource, le soutien : le service des essences fournit le soutien pétrolier direct des forces en tant que « responsable de la distribution terminale au plus près de l'utilisateur ». Le SEA est donc là où sont les forces. Chaque théâtre d’opérations étant « un cas d’espèce » on comprend que cette partie logistique est essentielle pour la conduite de toute opération.

De même que la 1e Brigade logistique fournit tous les matériels ou même les vivres à notre armée de Terre dans le monde, le service des essences travaille lui au profit de toutes nos armées.

Ravitaillement à la mer par la Meuse fin mai 2011 -- Photo Arnaud Roine © ECPAD.

Ravitaillement à la mer par la Meuse fin mai 2011

Le LCL Joël Jestin est très fier que le savoir-faire du SEA lui vaille d'être « en effet un service interarmées, qui approvisionne et soutient aussi bien les armées de Terre, de l'Air ou la Marine, dans toutes les configurations possibles, en métropole, outre-mer, bien sûr, mais aussi sur tous les théâtres d'opérations » avant d'admettre que « c'est une grande spécialité française. Le service des essences est le seul service qui soit accrédité par le ministère de la Défense pour le soutien pétrolier des armées. C'est l'opérateur officiel, contrairement à d'autres armées européennes ou de l'OTAN où chaque armée entretient un service de soutien spécifique.

Il y a encore trente ans, pour ne citer que les armées de l'Air de l'OTAN, les carburants utilisés, parfois par les mêmes types d'avions, étaient différents. Est-ce encore le cas aujourd'hui ?

Avitaillement d'un Mirage 2000 à Dijon -- Archives © Joël-François Dumont.

Avitaillement d'un Mirage 2000 à Dijon

« Les choses ont bien changé » explique le LCL Jestin. « Depuis quelques décennies, le service des essences tend, surtout en opération, à utiliser un carburant unique : le carburant aviation, ou "carburéacteur F-35" (dénomination OTAN),[4] couvert par une spécification internationale. Il est utilisé comme carburant unique pour les aéronefs et les véhicules de la gamme terrestre. L'avantage de l'utilisation du carburéacteur comme "carburant unique" est de pouvoir retrouver partout dans le monde le même carburant, car il a une spécification internationale contrairement aux autres carburants. Le gazole que vous allez trouver en France n'a pas du tout les mêmes spécifications que le gazole que vous allez trouver en Afrique ou en Asie centrale. Le carburéacteur lui, a une spécification extrêmement pointue : il peut être utilisé dans toutes les configurations par les matériels aéronautiques mais également, en y ajoutant un additif très spécifique pour permettre la lubrification des pompes à injection et des injecteurs qui permettra donc de l'utiliser comme carburant terrestre. Ne plus avoir qu'un seul carburant à traiter en opération simplifie énormément la logistique! »

Assurer le soutien pétrolier d’une force consiste à concevoir, à déployer, à mettre en œuvre et à entretenir sur le théâtre les moyens nécessaires à l’approvisionnement en produits pétroliers et à la maintenance des matériels pétroliers. Cette participation est facilitée par l’insertion d’officiers du SEA dans les états-majors : EMA, EMIA-FE, CPCO, EMAA, EMO/A4,EMAT, CRR, CFLT. La conception du soutien pétrolier est réalisée par la DCSEA [5] en étroite collaboration avec le CPCO en fonction de la mission, du cadre d’emploi de la force à soutenir et des éléments définis au paragraphe précédent. Le contact avec les sociétés pétrolières, partenaires fiables dans ces opérations, est un atout majeur.

Chaque théâtre d’opérations est un cas d’espèce. Le préliminaire à toute étude de soutien pétrolier d’une force réside dans la recherche de la ressource, en terme de localisation et de disponibilité des produits. En conséquence, il n’est pas possible de concevoir un dimensionnement type ou d’envisager une notion de proportionnalité d’un théâtre à un autre.

Ravitaillement en vol d’un Rafale lors de la Mission Harmattan -- Photo © ECPAD (25/03/2011).

Ravitaillement en vol d’un Rafale lors de la Mission Harmattan

Si le SEA est aujourd'hui reconnu comme un modèle d'organisation et d'efficacité, nos moyens ne sont pas pour autant à la hauteur des besoins. Le manque cruel d'avions-ravitailleurs s'est fait sentir en Libye. Sans l'aide des Américains, qu'aurions nous pu faire, à part mettre en œuvre chaque jour un seul de nos vénérables ravitailleurs, qui, pour la plupart, ont plus de plus de cinquante ans de bons et loyaux services, ce qui s'est révélé très insuffisant. Si les ravitailleurs sont gérés par l'armée de l'Air, le carburéacteur est géré lui par le SEA.

Un avion-ravitailleur KC-135 décolle d'Istres (Opération Harmattan) -- Photo © ECPAD (29/03/2011).

Un avion-ravitailleur KC-135 décolle d'Istres (Opération Harmattan)

Le LCL Jestin admet volontiers que « le dimensionnement de l'armée française et le dimensionnement du service des essences ne suffiraient pas à soutenir une armée comme celle des États-Unis. Dans des cas tout à fait ponctuels, cependant, on peut-être amené à soutenir n'importe quelle armée, y compris celle de nos amis Américains, cela se produit, mais leur logistique est sans commune mesure avec la notre. »

« Le service des essences est responsable à la fois de la recherche de la ressource, de l'approvisionnement et de la distribution jusqu'à la mise bord avion ou mise bord véhicule du carburant. Pour le soutien des opérations, je pense tout particulièrement à cette opération européenne Artémis au Congo, en 2003, où le service des essences a été l'opérateur unique et a soutenu toutes les armées européennes déployées. Le SEA a effectué la recherche de la ressource, la logistique amont par des transporteurs civils jusqu'en Ouganda et ensuite le transport aérien de cette ressource jusqu'au Congo et jusqu'aux zones de combat pour toutes les armées. Nous avons fait la démonstration de notre expertise. Sur le plan technique, cette opération a constitué un succès incontesté

Le nerf de la guerre c'est l'argent, mais sans carburant, que fait-on ?

« En effet, le nerf de la guerre c'est l'argent, mais c'est aussi l'énergie. Cette ressource est absolument vitale pour nos trois armées. Le SEA a le bénéfice d'un relationnel très particulier avec les pétroliers civils. Historiquement, nous n'avons jamais eu de défection dans l'approvisionnement  et le soutien et en opération. »

Exercice à la BIPA de Châlons-sur-Saône -- Archives © Joël-François Dumont.

Exercice à la BIPA de Châlons-sur-Saône

Ne transporte pas ou gère des quantités de carburants qui veut. Cela suppose, au delà d'une organisation de haut niveau, une formation et le respect de règles de sécurité très strictes.

Le BPIA et la formation qui y est dispensée font la fierté du LCL Jestin. « Le SEA prépare, entraîne et forme tous ses personnels militaires et civils, depuis les engagés volontaires jusqu'aux ingénieurs militaires. La Base pétrolière interarmées (BIPA) [5] de Châlons-sur-Saône  est un pôle d'excellence du SEA. A elle-seule, la BPIA représente plus de 50% des effectifs du SEA. La formation qui y est dispensée est extrêmement valorisante. Nos personnels, quels qu'ils soient, à tous les niveaux, sortent de la BPIA. C'est un pôle de formation incontournable dans le milieu pétrolier militaire et pas seulement, puisque nous formons également les personnels des trois armées. » C'est là que l'on apprend comment transporter des matières dangereuses en découvrant la culture et les spécificités des autres armées.

Camion citerne polyvalent 3,5 m3 présenté à Eurosatory -- Photo © Joël-François Dumont.

Camion citerne polyvalent 3,5 m3 présenté à Eurosatory [4]

« Bien sûr », conclut Joël Jestin, « lorsque nous intervenons dans le cadre de l'OTAN, le service des essences qui a, comme le disiez une expertise reconnue par l'OTAN, peut être sollicité pour le soutien interarmées ou interallié sur les théâtres d'opération. On peu très bien avoir la responsabilité de l'approvisionnement et du soutien de nos alliés Américains, Anglo-saxons ou de toute autre nation qui œuvre avec nous sur le terrain en opération. »

Joël-François Dumont

[1] Le le service des essences des Armées (SEA) veille à l'approvisionnement en carburants et lubrifiants des véhicules terrestres, des aéronefs des différentes armées françaises, des navires de la Marine nationale et des véhicules de la Gendarmerie nationale. Le SEA fournit le soutien pétrolier direct des forces en OPEX. Le SEA gère 25 dépôts d’infrastructures, 35 dépôts auprès des bases (aérienne, aéronavale et aviation légère de l'armée de terre) et 8 dépôts outre-mer. Il dispose de 190 wagons citernes, 340 camions citernes et 330 camions avitailleurs (pour les avions). Il distribue 1,2 à 1,3 million de m3 de carburant chaque année et 5 000 tonnes de lubrifiant et produits divers.

  • Le SEA sur Youtube

 

[2] Source : Site du Service des essences des Armées (SEA)

[3] Si le terme de logistique concerne la doctrine mathématique, tout comme l'algèbre ou la théorie, dans le langage courant, on pense davantage à ce que l'on appelait jadis "l'Intendance". Quand celle-ci « ne suit pas » ou que « la logistique a été défaillante », il n'y a pas de « miracle » à espérer. Dans le langage militaire, la logistique est la « partie de l'art militaire dont l'objet est de fournir aux forces armées ce qui leur est nécessaire pour subsister, faire mouvement et combattre ». Cette définition donnée par l'Académie française en 1986 est très précise. La logistique comprend l'ensemble des actions qui visent à soutenir les opérations des forces armées. Elle désigne donc toutes les activités de transport et de ravitaillement nécessaires aux opérations militaires, aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique.

Avitaillement à Istres d'un Alfa Jet de la patrouille de France -- Photo Joël Jestin © SEA (Istres).

Avitaillement à Istres d'un Airbus de l'armée de l'Air et d'un Alfa Jet de la patrouille de France

Il est difficile d'imaginer ce que la logistique peut représenter pour des armées modernes. Les pilotes le savent bien : "c'est au sol que la vraie difficulté se trouve". Quand on sait que celle-ci est apportée sur le lieux mêmes où elle va être mise à l'épreuve ou utilisée, on mesure alors à quel point elle conditionne l'emploi dans la durée d'une force militaire.

Avitaillement à Istres d'un Airbus de l'armée de l'Air -- Photo Joël Jestin © SEA (Istres).

Sur les bases, on voit surtout des camions-ravitailleurs affichant du "F-34". Quelle différence entre le F-35 et le F-34 ? La réponse est bien sûr (très) technique. Celle que nous fait le LCL Joël Jestin a le mérite d'expliquer les choses de manière simple pour les rendre compréhensibles.

Avitaillement d'un IL76 de l'Indian Air Force lors de l'exercice GARUDA -- Photo Joël Jestin © SEA (Istres).

Avitaillement d'un IL76 de l'IAF lors de l'exercice GARUDA sur la BA125 à Istres

« Le F-35 est l'appellation OTAN du carburéacteur Jet A1. Le F-35 comme tous les carburants, contient une partie infime d'eau dissoute. Lors de la montée en altitude, la température chute considérablement et l'eau dissoute se cristallise, tombe au fond du réservoir et les cristaux de glace peuvent s'agglomérer pour former des bouchons de glace. Le problème de la cristallisation est pris en compte sur les avions gros porteurs et les aéronefs civils par la mise en place de réchauffeurs dans les réservoirs, ainsi l'eau dissoute ne cristallise pas. Sur les avions de chasse ce dispositif n'existe pas. Nous injectons donc dans le carburéacteur F-35, destiné aux avions de chasse, un additif dit "additif anti-glace" (dénomination OTAN: S1745) à raison de 1,3 pour mille. Le carburéacteur ainsi obtenu devient du F-34. Cet additif n'évite pas la formation de cristaux de glace, il évite simplement que les cristaux de glace s'agglomèrent et forment un bouchon de glace. Le F-34 est utilisé par tous les pays de l'OTAN pour l'avitaillement de tous les types d'avion de chasse. Les Russes utilisent un additif anti-glace également, mais ce dernier est interdit d'emploi par les armées alliées

[4] Les raisons pour lesquelles le service des essences a un savoir-faire apprécié en France et à l'étranger sont nombreuses et témoignent d'une révolution qui aura pris de longues années avant que nos armées soient dotées en interarmées d'un service aussi performant. Sans risque d'erreur, on peut admettre que la qualité première des Français avant la grande Guerre n'a jamais été le sens de l'organisation. Pourquoi les militaires auraient-ils fait exception? Heureusement, l'Intendance a fait preuve souvent de génie pour combler « l'absence d'unité de commandement qui avait caractérisé, depuis sa naissance pendant la guerre de 1914, l'organisation du soutien pétrolier des armées françaises.» Avec humour et précision, le site du SEA rappelle qu'après la guerre, « la Direction des poudres, qui importait déjà des produits pétroliers pour la fabrication de certains explosifs, se substitua au service de l'Intendance et réalisa sur tout le territoire national et en Afrique du Nord de vastes entrepôts (centre d'importation et usine d'huiles à La Pallice, centre de ravitaillement de La Courneuve, Gergy, Rouen, etc.), le ravitaillement direct des forces étant confié aux parcs d'artillerie. Ce système de double responsabilité, dépendant lui-même, pour l'affectation des ressources en produits pétroliers, de la Direction des carburants du ministère des Travaux publics et de la Société pour l'importation des pétroles et dérivés (SIPD) montra très rapidement ses limites et, par la loi du 25 novembre 1940, fut créé, sous l'autorité unique du Directeur central de l'intendance maritime, un organisme intégré qui recevait pour la première fois l'appellation de Service des essences des armées (SEA), sous les ordres du Commissaire en chef de La Barrière. L'articulation des moyens se présentait avec une direction centrale à Chamalières, un groupe de ravitaillement en essences du Nord à Paris (GREN), un groupe de ravitaillement en essences du Sud à Marseille (GRES), un autre en Afrique du Nord, à Alger (GREAN) et un dernier à Beyrouth pour le Levant et à Dakar pour l'Afrique occidentale française (AOF). » Lors de la Seconde Guerre Mondiale, on prête au colonel de Gaulle un « plus jamais ça » lorsqu'il dut arrêter, faute de carburant, l'avance de ses blindés, à la bataille de Montcornet, alors qu'à quelques kilomètres un train complet d'essence affrété par le Service des poudres attendait d'être distribué par les Services de l'artillerie.

 L'ordonnance du 17 mars 1945 portant rattachement du SEA au ministère de la Guerre devait consacrer la position interministérielle du service et donner une bonne définition de sa mission générale. Elle comportait cependant « une grave lacune en restant muette sur les aspects militaires de sa mission (mobilisation, adaptation des unités à leurs missions, structures et moyens du temps de guerre). Les difficultés qui en résultèrent conduisirent quinze ans plus tard, avec le décret du 21 novembre 1960, à une réorganisation de l'implantation territoriale du SEA, pour faire cadrer celle-ci avec le découpage du territoire national en régions militaires. Par ailleurs, deux directions d'armée furent créées : celle des essences des troupes d'occupation en Allemagne, qui prit la relève de la direction des essences de la 1" armée en octobre 1945 et qui devint, en 1955, la Direction des essences des forces françaises en Allemagne (DEFFA) quand cessa le régime d'occupation. Enfin, la Direction des essences des troupes en opération en Indochine, qui prit ultérieurement le nom de Direction des essences en Extrême-Orient. À la fin de la période 1945-60, le SEA se voyait amené à assurer de nouvelles responsabilités : l'exploitation partielle du réseau des oléoducs OTAN installés en France ; la prise en charge au début de 1960, sur la demande de l'armée de l'Air, du ravitaillement bord avion de sept bases aériennes. Ces deux nouvelles missions conféraient au service une compétence générale pour l'ensemble des problèmes militaires pétroliers. Cette période fut également consacrée, d'une part, à la reconstruction des dépôts endommagés tant en 1940 que lors des bombardements alliés, d'autre part à la création de nouveaux établissements, permettant ainsi d'accroître les capacités de stockage militaire. Cette opération était devenue indispensable compte tenu de la création de l'Alliance atlantique pour faire face à l'évolution inquiétante de la situation internationale et du redéploiement des unités de l'armée de Terre. En-dehors de cette activité déployée pour réorganiser et développer les moyens du service, celui-ci s'est adapté aux nouvelles conditions d'approvisionnement et de distribution des produits, conséquence de l'évolution des matériels et en particulier de l'aviation à réaction, mais aussi de l'incidence de la normalisation OTAN. C'est ainsi que le SEA s'est orienté vers des fabrications par ses propres moyens de lubrifiants selon les spécificités propres au SEA

À partir de 1963, « le SEA élargit son champ d'activité et s'adapte aux nouvelles hypothèses stratégiques. Le 27 novembre 1963, une "antenne du SEA " est créée afin d'assurer le soutien du Centre d'expérimentation du Pacifique.» Le SEA participe « à l'exploitation des oléoducs OTAN installés sur le territoire national. De plus, il prend en charge progressivement les ravitaillements bord avion de l'armée de l'Air puis, à partir de 1977, de l'Aéronavale.» En 1991, le SEA voit réaffirmer « le caractère interarmées du service en lui permettant d'adopter une organisation territoriale conforme à cette vocation et en concordance avec le nouveau schéma du plan Armées 2 000. En février 1992, est élargi le champ de compétence du SEA, qui se voit confier la responsabilité de la mission " économies d'énergie " du ministère de la Défense. Compte tenu de la nouvelle situation géopolitique internationale et des nouvelles hypothèses d'emploi des forces, le SEA d'aujourd'hui, comme il a su le faire par le passé, s'adapte aux circonstances dans le cadre d'un projet de service dont la finalité est de mieux servir les forces, en tous temps et en tous lieux.» (Source : SEA)

[5] La direction centrale du Service des essences des Armées (DCSEA), située à Malakoff procède aux approvisionnements, sur le marché civil, des produits pétroliers ou assimilés, en fait assurer le transport, organise leur stockage et leur distribution ; au maintien en condition, au développement de l'infrastructure pétrolière ainsi que des matériels et moyens de transport au profit des armées ; à la définition des prix de cession et à l'équilibre annuel du bilan financier ; à l'élaboration des plans de ravitaillement des armées en période de crise ou de guerre et à l'équipement en matériels pétroliers des forces ; à la gestion du personnel militaire et civil du S.E.A. (Source : S.E.A.)

[6] La Base pétrolière interarmées (BPIA) a été créée en 1994 par le regroupement à Chalon-sur-Saône du Centre d'instruction du service des essences des Armées (CISEA) et de trois groupements des essences de l'armée de Terre. Héritière du service des essences de l'armée de Terre créées le 1er juin 1943 en Algérie qui se sont illustrées lors des campagnes d'Italie, de France, du Rhin au Danube, puis de 1945 à 1954 en Indochine, de 1952 à 1962 en Afrique du Nord.

Voir également :

Eurosatory 2012 :


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