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L’escadron d'hélicoptères (EH) 01.67 « Pyrénées » de l'armée de l'Air

Déjà détenteur de la Croix de guerre 1914-1918 (par reprise des traditions de la SAL 17) et de la Médaille d'honneur du service de santé des armées, le fanion du Pyrénées s'était déjà vu décerner la Croix de la Valeur militaire avec palmes le 11 novembre 2011 lors des cérémonies commémoratives de l'armistice de 1918, au pied de l'Arc de triomphe à Paris.[1] Pour son engagement en Afghanistan en 2012, l'EH 01/67 vient de se voir attribuer une nouvelle citation, avec attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec palme de bronze. Il s'agit pour l'EH de la deuxième citation à l'ordre de l'armée aérienne, celle-ci ouvrant droit au port d'une seconde fourragère qui sera donc aux couleurs de cette deuxième citation. L'escadron « Pyrénées » est organiquement subordonné à la Brigade aérienne d'appui et de projection (BAAP) qui dépend du commandement des forces aériennes (CFA). L'EH 1/67 est incontestablement une des plus prestigieuses unités de notre armée de l'Air[1] qui témoigne du « savoir-faire français de haut niveau » dans le domaine des hélicoptères.[2] Last but not least, le général d'armée aérienne Denis Mercier, chef d'état-major de l'armée de l'Air, l'a encore rappelé devant la presse lors du dernier salon du Bourget. Depuis février 2009, l’EH 01.067 a déménagé et pris possession de ses nouveaux locaux à l’extrême nord de la BA 120 "Commandant Marzac" de Cazaux. C'est là que Joël-François Dumont a rencontré le LCL Fabien Gisbert, commandant l’EH 1/67. Cazaux le 21 juin 2013.©

L'adjudant Thierry Pedotti,[3] porte-fanion de l'EH Pyrénées le 11 novembre 2011

European Security : Mon Colonel, pourriez-vous nous présenter l’escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées » ?

LCL Fabien Gisbert : L’escadron « Pyrénées » a une longue très longue histoire. Nous sommes installés à Cazaux depuis une cinquantaine d’années. L’année dernière nous avons célébré les 50 ans du premier poser d’un hélico sur la base de Cazaux.[4]

Le LCL Fabien Gisbert CDT l'EH 1/67 « Pyrénées » à Cazaux

C’est une unité à vocation tactique qui a été engagée dans de nombreuses opérations, quasiment sur tous les théâtres où l’armée de l’Air engageait ses hélicoptères. Systématiquement, le « Pyrénées » prenait part aux opérations.

Je connais cette unité depuis une vingtaine d’années puisque j’y suis arrivé en avril 93 et depuis lors j’ai pu voir son évolution, notamment dans le domaine de la CSAR, (Combat Search and Rescue), en français, RESCO (Recherche et Sauvetage au Combat). Nous avons beaucoup travaillé au contact des Américains qui avaient une grande expérience de ces missions. Cette mission importante est réalisée en s’appuyant sur du personnel qualifié, entraîné, et des matériels, anciens parfois, tel que l’hélicoptère Puma et du plus performant également, en l’occurrence l’hélicoptère Caracal.

Démonstration RESCO lors de la journée de présentation des Armées par l'EH 1/67 (Orléans)

European Security : Vous avez deux grands types de missions : des missions de temps de paix et des missions de temps de guerre ou de temps de crise…

Entraînement à la mission RESCO près de Cazaux

LCL Fabien Gisbert : Dans cette unité, nous avons la mission SAR (recherche et sauvetage). Nous avons un Puma en alerte 24 heures sur 24, 365 jours par an, au profit de la SAR et de la SECMAR (Sécurité maritime). Et évidemment une partie bien plus tactique, avec des Puma aussi qui participent notamment actuellement à des missions au Mali.

Vol d'entraînement en zone désertique d'un Puma RESCO -- Photo © Armée de l'Air.

Vol d'entraînement en zone désertique d'un Puma RESCO

Et en Caracal où nous avons participé à l’opération Baliste au Liban [5] et en Afghanistan pendant 7 ans au cours de l'opération Harmattan.[6]  Donc une unité avec de multiples missions orientées essentiellement vers le tactique.

Opération de récupération d'un pilote éjecté

Dans ce cadre, il s’agit d’évacuer des pilotes ou de porter secours à des combattants blessés sur les zones de combat.

European Security : Il faut ajouter encore de nombreuses missions civiles au cours desquelles l’escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées » a joué un rôle essentiel. Vous avez mentionné le Liban, on pourrait ajouter Haïti où vous avez sauvé beaucoup de gens

LCL Fabien Gisbert : Tout à fait. La chose remarquable concernant le Liban, c’est la rapidité avec laquelle l’armée de l’Air a mis en place son détachement de Caracal. Il ne faut pas oublier que celle-ci a reçu cet appareil quelques mois avant l’opération Baliste. Nous avons défilé sur les Champs-Élysées le 14 juillet avec et, dans la foulée, on nous a demandé de nous mettre en place au Liban. Ce que nous avons fait... au cours des 9 heures de vol pour être en place au Liban. Donc une réactivité de la part de l’armée de l’Air et du Pyrénées sans précédent.

European Security : Cette mission a consisté à sauver plusieurs centaines de Français ?

LCL Fabien Gisbert : Tout à fait. Nous avons opéré des évacuations de ressortissants français au Liban.

European Security : On pourrait encore mentionner l’Albanie.[7]

LCL Fabien Gisbert : En effet, ce fut en avril 1997 ma première mission opérationnelle au sein du Pyrénées. A partir de Brindisi en Italie, nous avons procédé à l’extraction de 110 ressortissants français sur la plage de Durrës en Albanie.

Le léopard rouge du 1/67 "Pyrénées" à Cazaux

European Security : On peut dire assurément que l’escadron « Pyrénées » est un escadron très spécial même si le mot le plus souvent utilisé est « particulier ». En quoi mon colonel, vos missions sont-elles « particulières » ?

LCL Fabien Gisbert : Les missions spéciales étaient vouées à l’ESH [8] qui a été transféré en 2010 sur ordre du chef d’état-major des Armées à Pau au sein du 4e RHFS.[9] Donc, des pilotes de l’armée de l’air continuent à opérer dans le cadre des forces spéciales au sein du 4e RHFS.

Caracal tirant des leurres infrarouges

Pour la partie « Pyrénées » aujourd’hui, nos missions sont des missions conventionnelles. Tactiques, certes, mais conventionnelles.

European Security : Les effectifs d’un escadron comme le vôtre représentent combien d’hommes et de femmes ? Une cinquantaine d’officiers sur 250 personnes environ ?

Équipage SAR de retour de mission

LCL Fabien Gisbert : C’est de l’ordre de 250 personnes dont une cinquantaine d’officiers. La particularité de cette unité, c’est le nombre de spécialités différentes : il y a des pilotes, des mécaniciens d’équipages, des sauveteurs-plongeurs, des secrétaires, des personnels en soutien des opérations, du personnel de renseignement et des mécaniciens. Ces mécaniciens (environ 130) sont sous mes ordres.

Photo souvenir de l'EH 1/67 à Tombouctou

European Security : Des hommes et des femmes qualifiés et aussi des matériels qualifiés.

LCL Fabien Gisbert : Tout à fait sans oublier une infrastructure car une capacité, c’est un ensemble composé d’hommes, de matériels et d’une infrastructure. Au Pyrénées, nous avons la chance d’avoir tout cela réuni. Des hommes et des femmes motivés, passionnés et généreux ainsi que du matériel et une infrastructure modernes. Nous avons tous les outils en main pour être efficaces !

Puma de l'EH1/67 « Pyrénées » en alerte RESCO sur le BPC Mistral

European Security : Ici même à Cazaux, vous avez six Caracal opérationnels. Quand on voit sur le pont du porte-avions Charles de Gaulle un Caracal, il vient de votre escadron;, présent pour des missions de sauvetage lors d’opérations ou d’exercices des équipages à la mer. Si « combattre et sauver » est bien la devise des hélicoptères de l’armée de l’Air depuis l’origine et si on voit bien en quoi peut consister la partie sauvetage, la partie combat avec des commandos de l’Air est, elle, plus méconnue.[9]

Hélitreuillage d'un plongeur depuis un Caracal -- Photo © Armée de l'Air.

Hélitreuillage d'un plongeur depuis un Caracal

LCL Fabien Gisbert : On peut faire beaucoup de missions à partir d’un vecteur comme le Caracal. Une capacité importante du « Pyrénées », c’est celle de s’infiltrer au plus profond du territoire hostile, aussi loin que le permet le ravitaillement en vol, et ensuite d’exécuter toute une série d’opérations qui nous seraient ordonnées par nos chefs. De la récupération d’équipage, effectivement, de la dépose de commandos, des missions éventuellement de renseignement, grâce à notre caméra FLIR.[10] En résumé, toutes les missions qui peuvent être imaginées par nos chefs sont réalisables avec un vecteur aussi moderne que le Caracal.

Le dernier Caracal livré à l'EH 1/67 « Pyrénées » à Cazaux

European Security : Après 1990, après la Yougoslavie, l’armée de l’Air française s’est inspirée de l’US Air Force pour la récupération des pilotes. Juste retour des choses quand on sait que l’armée de l’Air française avait innové en matière de sauvetage en hélicoptère et d’armement des hélicoptères.[11] L’Air Force s’est largement inspirée des techniques françaises en matière de sauvetage élaborées en Indochine et de combat en Algérie. Deux domaines dans lesquels l’armée de l’Air a été pionnière en la matière. Comment voyez-vous évoluer cette arme ?

Hélitreuillage d'un pilote

LCL Fabien Gisbert : Il est vrai que l’armée de l’Air a toujours eu la ferme volonté de récupérer notamment les équipages isolés en zone hostile. Les équipages français ou alliés qui partent en mission au-dessus des zones hostiles pourront toujours compter sur le Pyrénées pour venir les récupérer.

Photo © Armée de l'Air

European Security : Une unité à la fois interarmées et interalliée ?

LCL Fabien Gisbert : Tout à fait. C’est un organisme à vocation interarmées, un OVIA-Air, dans lequel nous trouvons du personnel de toutes les armées, armée de Terre et Marine, et nous avons aussi la chance d’avoir l’expertise de personnels étrangers puisque nous accueillons un pilote américain et un pilote allemand.

European Security : Sur la base de Cazaux on est habitué à voir des personnels étrangers, des pilotes singapouriens, belges. Peut-on dire que la coopération internationale mise en œuvre ici avec des avions de chasse se développe également dans le domaine des hélicoptères ?

Caracal en opération en Afghanistan

LCL Fabien Gisbert : L’escadron « Pyrénées » est engagé dans de multiples opérations depuis à peu près 20 ans. Le point commun de toutes ces opérations est qu’elles sont interarmées, certes, mais aussi interalliées. Donc systématiquement, nous retrouvons nos camarades américains, italiens, espagnols, anglais, allemands etc… sur la majorité des théâtres sur lesquels nous opérons. Nous les rencontrons également au cours d’exercices majeurs comme le CJPRSC (Combined Joint Personnel Recovery Standardisation Course) que nous avons accueilli en septembre 2009 et que nous accueillerons en septembre 2013 à Cazaux.

C’est un moment privilégié qui dure à peu près trois semaines, pendant lesquels nous échangeons avec nos collègues étrangers, au travers notamment du groupe aérien européen qui rassemble un certain nombre de pays. Nous avons ainsi beaucoup d’échanges avec nos collègues étrangers.

Le Caracal exposé au Salon du Bourget 2013

European Security : Au prochain salon du Bourget, le Caracal sera encore une fois à l’honneur. En présentation statique ?

LCL Fabien Gisbert : Non, en dynamique du 21 au 24 juin. Chaque jour nous ferons une démonstration de récupération de personnels.

European Security : L’escadron que vous commandez a réussi une première depuis deux ans, dans la mise au point du ravitaillement en vol. Et quelle première pour l’armée de l’Air française. Pour un hélicoptère lourd comme le Caracal, cela ouvre des perspectives d’emploi considérables ?

LCL Fabien Gisbert: Comme je l’ai rappelé il y a un instant, l’armée de l’Air, dès le début, s’est vu confier la mission RESCo. Pour cela, nous sommes allés apprendre le métier en Italie auprès de nos amis américains. Dans la foulée, nous sommes arrivés à mi-vie du Puma [12] et avons décidé de la machine qui nous semblait la plus appropriée pour faire la mission de « personnel recovery » d’une façon plus globale.

Pour cela, le Caracal a été étudié et dessiné par l’armée de l’Air pour l’armée de l’Air. Les personnes qui ont travaillé sur ce programme Caracal ont eu la bonne idée – je les en remercie encore – de penser au ravitaillement en vol, puisque c’était l’avenir. Ce qui limite effectivement un hélico, c’est son autonomie, son rayon d’action. Il est évident que pour récupérer un équipage à longue distance, il y a deux solutions : soit il faut des points de ravitaillement tout au long du trajet, soit il faut utiliser le ravitaillement en vol.

Exercice de ravitaillement en vol d'un Caracal avec un C130J italien

Nous avons réceptionné les Caracal en 2006 et la première campagne de ravitaillement en vol a eu lieu en 2008 avec le Centre d’essai en vol, le CEV et le RSV –Riparto Sperimentale Volo- l’équivalent du CEV italien à Pratica di Mare près de Rome–qui a fait une première campagne de ravitaillement en vol qui a ouvert le domaine de jour.

Le Caracal avec sa perche de ravitaillement

European Security : L’escadron « Pyrénées » est le seul escadron européen à disposer de cette capacité ?

LCL Fabien Gisbert : Tout à fait. Les Italiens ont ouvert également le domaine du ravitaillement en vol avec des hélicos. C’est donc avec eux que nous travaillons de concert depuis 2008 pour développer cette capacité qui, aujourd’hui, est limitée au jour, mais qui, très prochainement, sera ouverte au ravitaillement en vol de nuit.

European Security : Lorsque vous êtes passé du Puma au Caracal, vous êtes passé à un appareil plus moderne ou avez-vous fait un véritable saut de génération ?

LCL Fabien Gisbert : Un saut de génération, c’est la même différence technologique que les chasseurs ont pu rencontrer entre leJaguar au Rafale. Nous avons fait un bond en avant, mais qui s’est fait en douceur parce que le Caracal est une machine très conviviale et simple d’utilisation. L’adaptation s’est donc faite très rapidement.

Caracal et Puma de l'EH 1/67 avant le décollage

On considère qu’un pilote déjà qualifié sur Puma est opérationnel en moins de cent heures de vol.

European Security : L’une des merveilles technologiques de cet appareil étant son pilote automatique…

LCL Fabien Gisbert : En effet. Le pilote automatique du Caracal est l’un des plus perfectionnés au monde. Tout le monde s’accorde à le dire. Il nous permet d’aller très loin dans la mission, bien plus loin qu’on ne pourrait le faire avec un Puma.

Poser poussière d'un Caracal  -- Photo © Armée de l'Air.

Poser poussière d'un Caracal  -- Photo © Armée de l'Air.

Le plus difficile pour un pilote aux commandes est le poser poussière ou dans la neige par nuit sombre. Avec le Caracal, cette phase est relativement simplifiée grâce au pilote automatique qui nous permet de nous poser sans voir autour de nous, simplement avec le son de la voix du mécanicien navigant qui, lui, voit ce qui se passe en dessous. Une fois que la machine est stabilisée grâce au pilote automatique, on n’a plus qu’à descendre et à attendre le contact avec le sol. Ce qui apporte un confort non négligeable pour le pilote !

European Security : Même chose en mer. Vous avez récupéré il y a quelques mois un surfeur en pleine nuit.

Cabine d'un des deux  Caracal de l'EH 1/67 en Afghanistan.

LCL Fabien Gisbert : Ce fut une belle mission réalisée par un Puma du Pyrénées. C’était en septembre 2012. Nous étions partis à la recherche d’un nageur en plein océan de nuit. Ils ont eu la chance de pouvoir le retrouver, le récupérer, l’amener à l’hôpital et le sauver. Retrouver un homme dans l’océan, de nuit, cela relève du miracle ! Le pilote automatique ne fait pas tout : un entraînement régulier des équipages, liée à une activité aérienne suffisante permettent de réussir des missions comme celle-ci, très délicate.

Entraînement à la mer avec une vedette de la SNSM -- Photo © Armée de l'Air.

Entraînement à la mer avec une vedette de la SNSM -- Photo © Armée de l'Air.

European Security : Les pilotes de votre escadron, mon Colonel, ne s’illustrent pas qu’en France ou sur divers théâtres d’opérations, certains l’ont fait au sein d’armées de l’Air étrangères. Ce n’est pas par hasard qu’un de vos pilotes détaché pendant trois ans aux États-Unis a été décoré lors de la traditionnelle cérémonie franco-américaine devant le monument Lafayette. En présence du GAA Paloméros, alors chef d’état-major de l’armée de l’Air, son homologue américain lui a remis l’année dernière la plus haute distinction américaine pour services exceptionnels en Afghanistan.[13]

Caracal sur la base de Bagram en Afghanistan

LCL Fabien Gisbert : Le commandant Vernet est un pilote issu du « Pyrénées ». Il a été (après une prospection) le premier pilote d’hélicoptères en échange aux États-Unis sur HH 60 Pave Hawk. Il a fait sa formation à Albuquerque. Ensuite il a été à Moody oùil s’est très rapidement intégré au sein de l’unité et a été envoyé à deux reprises en Afghanistan où il a fait, notamment, un certain nombre de missions de récupération de blessés, où il s’est effectivement illustré. Il a reçu les félicitations de ses chefs aux États-Unis. La récompense qu’il a reçue en juillet 2012 symbolise le travail qu’il a accompli là-bas. Je crois que cette médaille n’avait plus été décernée à un pilote étranger depuis la Deuxième Guerre Mondiale.

Caracal en opération en Afghanistan

European Security : Les pilotes et  équipages du « Pyrénées » se sont également illustrés en Afghanistan. Le général Benoît Puga, avant de prendre la DRM, avait expliqué devant la presse de défense le drame d’Uzbin,[14] ne manquant pas de rappeler le fait d’armes accompli par nos Caracal de l’armée de l’Air qui rentraient d’une mission de six heures avec le président Karzaï. Pendant des heures – ils voleront ainsi quatorze heures d’affilée dans la journée, sous le feu ennemi – pour « combattre et sauver » de jour comme de nuit en ravitaillant en armes et en munitions, nos soldats tombés dans une embuscade meurtrière.

Caracal en opération en Afghanistan

LCL Fabien Gisbert : Les équipages se sont investis pendant de nombreuses heures pour apporter du soutien aux forces, notamment en armement et munitions et aussi, hélas, pour ramener les dépouilles de nos frères d’armes. C’est une mission qui a été très dense qui restera dans la mémoire de l’unité.

European Security : Commander le « Pyrénées » n’est pas une tâche de tout repos. La contrepartie est de pouvoir en retirer une certaine fierté de « combattre et de sauver «  ainsi ?

Le LCL Fabien Gisbert au Salon du Bourget 2013

LCL Fabien Gisbert : En effet, commander les Pyrénées est l’une de mes plus grandes fiertés ! C’était un rêve que j’ai pu exhausser, je suis le plus heureux !

Liens :

[1] Par décret présidentiel, la croix de la Valeur militaire peut être attribuée à des unités militaires, françaises et étrangères. Elle a été immédiatement décernée (Journal officiel du 10 novembre 2011) à 36 unités françaises s’étant distinguées en Afghanistan, Côte d’Ivoire et Libye. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a remis personnellement cette décoration, avec palme, aux emblèmes (drapeau, étendard ou fanion) de douze unités lors de la cérémonie du 11 novembre 2011 à l’Arc de Triomphe. Cette date devenant l'occasion de rendre hommage à tous les combattants morts pour la France.

Le président Sarkozy décore les aviateurs à l'Arc de Triomphe

[1] Après les opérations de la guerre d'Algérie en 1962, les hélicoptéristes de l’Armée de l’air, qui combattirent au sein des 22 et 23e Escadres ont d'abord été rapatriées à Chambéry pour y être intégrés aux Forces Aériennes tactiques. Le 29 juillet 1962, quatre H34 et quatre Alouette de la 23e Escadre se posent sur la Base école 706 de Cazaux – qui deviendra deux jours plus tard la BA 120. Le détachement prend alors le nom de "DPH"  (Détachement Permanent d’Hélicoptères). En janvier 1963, il est rattaché au 3e Escadron de la 22e Escadre d’Hélicoptères, le 3/22 de Pau. La 22e Escadre, basée à Chambéry, assure désormais les missions dans le sud de la France, la 23e dans le nord et en Allemagne. La création en 1964 du COTAM (Commandement du Transport Aérien Militaire) marque la dissolution le 31 août 1964 des 22 et 23e Escadres d’Hélicoptères et donnent naissance à cinq escadrons d’hélicoptères. La 23e se scinde en deux escadrons : E.H 01 et 02 et 03.067. La 22e Escadre dissoute se scinde elle aussi en deux escadrons autonomes : l’E.H 02.068 (Chambéry) et l’E.H 01.068 (Pau) avec un détachement permanent à Cazaux : le DPH 01.068. celui-ci reprendra en 1966 avec l'insigne du léopard rouge, les traditions de l'escadrille "SAL 17" (1914-18), du GR I/14 (1939-42) et plus récemment de la 2e escadre d'hélicoptères dont il se voit confier le drapeau. Il obtient en même temps l'homologation du fanion de l'unité et le nom de tradition "Pyrénées". Le 1er mai 1969, le D.P.H 01.068 de Cazaux devient le D.P.H 03.068.

Le léopard rouge : Insigne du 1/67 "Pyrénées"

La fermeture le 3 juillet 1972 de la BA 119 de Pau provoque la migration de l’E.H 01.068 sur la BA 120 de Cazaux ou il fusionne avec le DPH 03.068 qui est dissout. En 1974, l’EH reçoit le premier hélicoptère SA 330 Puma. Le 1er mai 1975, l’E.H 01.068change d'appellation et pour devenir « l’Escadron d’Hélicoptères 01.067 Pyrénées ». Les années 70 et 80 donneront à l’escadron de nombreuses occasions de se mettre en valeur en France, en particulier lors d’interventions humanitaires, depuis le plan Orsec en 1979 (inondations dans le Gers), en 1981 (Langon), en 1999 (Aude), en 2002 (Gard) ou encore en février 2010, lors de la tempête Xynthia (Charente-Maritime) où les hommes et les femmes du « Pyrénées » sauveront 136 personnes. Parallèlement, les  opérations de sauvetages terrestres ou maritimes se multiplient. L'amélioration en 1986 par l’Armée de l’air de la version de base du Puma grâce à des équipements adaptés permettra aux Puma SAR d’opérer en pleine mer et de jour comme de nuit. Les occasions d’intervenir vont se multiplier. Parallèlement, l'unité prend une part prépondérante dans le soutien au Centre d'essais des Landes de Biscarrosse, notamment lors des activités de tirs de missiles en mer. Ses hélicoptères légers assurent des liaisons logistiques au profit de la Troisième Région Aérienne, dont l'état-major est à Bordeaux-Mérignac. Plusieurs interventions périlleuses au profit d'équipages de chalutiers civils auront un retentissement marqué dans la presse, ce qui conduira le grand quotidien régional Sud Ouest a décerner à l'escadron le titre d'"Homme de l'année 1988".

« Sauver » donc, mais aussi « combattre », fidèle en cela à la « devise des hélicos de l'armée de l'Air ». Pour ce qui est de « Combattre », le Pyrénées est devenu une des fiertés de notre armée de l'Air. Entre 1990 et 1991, lors de l'opération Daguet (2ème Guerre du Golfe), l'E.H est responsable de la mise en place d'un détachement de deux Puma SAR sur la base d'Al Asha en Arabie Saoudite pour participent au sauvetage de pilotes de chasse alliés.

En février 1994, le « Pyrénées » installe un nouveau détachement à Brindisi en Italie. La guerre dans les Balkans oriente définitivement la vocation de l’Escadron d’Hélicoptères au contact des forces spéciales américaines. Ce détachement qui dure près de trois ans, et demi se termine en 1997, après l’évacuation de ressortissants français en Albanie le 14 mars 1997. Ce déplacement permet de doter l'Armée de l'air d'une nouvelle capacité : la RESCo. En 1994, l’escadron participe à l’opération Turquoise au Rwanda. De février à juin 1999, le Pyrénées participe à l’opération Trident en Macédoine. Le 1er septembre 2000, l’Escadron devient Organisme à Vocation Interarmées. En 2003, l’unité participe à l’opération Mamba Artemis en Ouganda et au Congo. En 2004, un détachement de l’ESH prend part à l’opération Carbet en Haïti. Le 1er juin 2006, la mise en service opérationnel de l’EC 725 Caracal est déclarée. Un mois plus tard, trois Caracal sont engagés au Liban pour l’opération Baliste, afin d’évacuer les ressortissants français. 1000 personnes seront évacuées de Beyrouth. Dès son retour du Liban, l’escadron est de nouveau engagé avec deux Caracal en Afghanistan au sein de l’ISAF et prend part à l’Opération Pamir. Un équipage de sept personnes accidenté dans les montagnes afghanes en août 2007 sera secouru, 27 missions d'évacuations sanitaires au combat seront effectuées durant cette période. En 2008, le Pyrénées intervient en vallée d’Uzbin lorsque des militaires français sont pris à partis dans une embuscade. L'opération Serval au Mali en janvier 2013 marque toutefois le retour du Puma sur un théâtre d'opérations. (Sources : Armée de l'Air et Site de l'amicale de l'EH 1/67 « Pyrénées ».

[2] Voir « Hélicoptères : un savoir-faire français de haut niveau » : allocution du général de brigade aérienne Philippe Gasnot, commandant la Brigade d’Appui et de Projection du Commandement des forces aériennes (CFA) lors des 50 ans de l'Escadron d'hélicoptères 1/67 Pyrénées sur la BA 120 (4 juillet 2012).

Le LTC Fabrice Albrecht, CDT l'EH 1/67 « Pyrénées » à l'Arc de Triomphe le 11 novembre 2011 -- Photo © Armée de l'Air.

Le LCL Fabrice Albrecht, CDT l'EH 1/67 « Pyrénées » à l'Arc de Triomphe le 11 novembre 2011

[3] Sur les fanions, emblèmes de chaque escadron, le président Sarkozy a accroché la Croix de la valeur militaire avec palme. Le commandant du « Pyrénées », « le lieutenant-colonel Fabrice Albrecht, avait choisi pour la recevoir un aviateur dont le parcours est pour le moins héroïque. L’adjudant Thierry Pedotti, mécanicien navigant sur Caracal, avait été gravement blessé, en décembre 2009, en Afghanistan. Son abnégation, son courage et sa détermination à voler à nouveau après un tel accident sont à l’image des valeurs que nous prônons tous au sein de l’armée de l’Air. Il était donc évident de lui confier ce rôle, empreint d’une telle gravité.» Voir « Cérémonie du 11 novembre : hommage de la Nation aux soldats en opérations » Source : Site de l'armée de l'Air.

[4] Voir « Les noces d'or de l’Escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées » de Cazaux » vécues par le général de division aérienne (2S) Philippe Carpentier (4 juillet 2012).

Photo souvenir des anciens commandants d'unité

[5] Opération Baliste au Liban : L'opération Baliste a été déclenchée en juillet 2006 par l'Armée française afin de venir en aide aux ressortissants français et européens au Liban lors du conflit israélo-libanais de 2006. Fin juillet 2006 Fin juillet, lorsque l'aéroport de Beyrouth est bombardé par Israël, la France décide d'évacuer ses ressortissants du Liban. Les forces  françaises en alerte sont envoyées par mer. Les évacuations seront effectuées en deux temps, par voie aérienne vers Chypre ou par bateau de Beyrouthvers Larnaca à Chypre, puis de Chypre vers la France. 14 000 personnes dont 10 000 Français seront ainsi évacuées lors de l'opération. 7 714 personnes auront été évacuées par la Marine nationale et d'autres par les moyens de l'armée de l'Air. Elle s'est achevée le 21 février 2008, lorsque du déploiement de l’EUROMARFOR au large du Liban dans le cadre de la FINUL Navale.

Caracal sur la base de Bagram en Afghanistan -- Photo © Armée de l'Air.

[6] L'opération Harmattan a débuté le 19 mars 2011. Au cours de sept mois d'engagement, l’armée de l’Air qui est « entrée en premier » a démontré un savoir-faire, une réactivité et un professionnalisme exceptionnel.

[7] Lire « Sauve-qui-peut général en Albanie. A Durrës, des milliers d'Albanais tentent de fuir le chaos » in Libération (15 mars 1997).

[8] Créée en 1993, l’Escadrille Spéciale d’Hélicoptères (ESH), initialement basée à Aix en Provence, a déménagé en 1998 pour intégrer l’EH 01.067 Pyrénées. Depuis cette date et jusqu’à l’été 2011, l’ESH a cohabité avec l’EH et avait pour vocation d’assurer tous types de missions au profit du COS, le Commandement des opérations spéciales. Le COS a été créé en juin 1992 à la suite des opérations conduites pendant la guerre du Golfe. Placé sous les ordres du Chef d'État-major des Armées (CEMA), il a trois objectifs majeurs : planifier, préparer et conduire les opérations spéciales, fédérer les unités spéciales des trois armées afin d'obtenir une synergie et une meilleure cohérence, adapter et améliorer les capacités des unités spéciales en coordination avec les autorités organiques. (Source : EMA).

A l’été 2011, l’ESH a été mise en sommeil au profit de la PA 08.067 au 4ème RHFS de Pau. (Source : Site de l'amicale).

[9] Le 4e RHFS (Régiment d'hélicoptères des forces spéciales) est un régiment de l'armée de Terre française constitué en août 2009 à partir du détachement ALAT des opérations spéciales ou DAOS, créé en 1997, ayant rang de bataillon. Source : Wikipédia.

[10] FLIR :  Caméras thermiques qui fonctionnent même dans l’obscurité la plus complète. En optronique militaire, l’imagerie infrarouge frontale (en anglais Forward Looking Infrared, FLIR) est une technologie permettant de visualiser son environnement sans utiliser la lumière visible mais les rayons infrarouges. On peut ainsi détecter les sources de chaleur, et « voir » même la nuit.

[11]  Voir « Combattre et sauver : Histoire des hélicoptères de l'armée de l'Air » livre de l'AHA, l'association des hélicoptères de l'armée de l'Air écrit par le général Michel Fleurence (2s) et le colonel Bertrand Sansu (15.08.2012).

[12] « Si l’on veut garder une flotte d’hélicoptères, il est intéressant, voire indispensable, de la rénover à mi-vie (Mid Life Update) pour conserver sa capacité opérationnelle et se prémunir contre l’obsolescence des composants. » Voir « La rénovation à mi-vie pour une nouvelle jeunesse opérationnelle » du GDA Philippe Carpentier (2S).

[13] Le général Norton Schwartz (CEMAA US) décore de la Distinguished Flying Cross le CDT Guillaume Vernet devant le mémorial Lafayette à Marnes-la-Coquette (13-07-2011). Le CDT Guillaume Vernet, de l'escadron d'hélicoptères 1/67 «Pyrénées» de Cazaux, s'est vu décerner deux médailles, le 5 juin 2009, par l'armée de l'air américaine (USAF - United States Air Force) pour récompenser son engagement militaire dans le cadre de l'opération Enduring Freedom, en Afghanistan. Officier d'échange au sein de l'USAF, le capitaine Vernet occupait les fonctions d'adjoint au chef des opérations du 41st Rescue Squadron de la base aérienne de Moody, en Georgie. Cette unité étant actuellement déployée simultanément en Irak et en Afghanistan, le capitaine était au coeur de nombreuses missions de recherche et de sauvetage au combat.

HH-6O G exposé au salon du Bourget

Aux commandes d'un hélicoptère HH-60G, il a ainsi permis, avec son équipage, de sauver de nombreuses vies lors de missions en Afghanistan, de février à avril 2009. Le jeune pilote avait été sélectionné pour participer au programme d'échange entre les forces aériennes française et américaine. L'échange sur hélicoptère, mis en place en 2007, est un nouveau programme né de la volonté conjointe des chefs d'état-major du moment, le général Abrial et le général Moseley permettant de renforcer les liens entre les deux armées de l'air. Le capitaine Vernet a été le premier pilote d'hélicoptères français à bénéficier de ce programme et le premier pilote étranger à prendre place au sein d'une unité opérationnelle de recherche et de sauvetage au combat au sein de l'USAF. (Source : Armée de l'Air).

Le général Norton Schwartz (CEMAA US) décore de la Distinguished Flying Cross le CDT Guillaume Vernet

Au total, le commandant Vernet a effectué plus de 160 missions de guerre sous les couleurs de l’US Air Force et sauvé ainsi 78 vies et pris part au sauvetage de 95 autres. (Source : FNCV Infos). Voir également Personnel Recovery Issues.

[14] « Les équipages se sont particulièrement distingués en août 2007 par le sauvetage périlleux de sept militaires de la coalition, suite à l’accident de leur hélicoptère. Le 18 août 2008 en Vallée d’Uzbin, ils se sont encore illustrés de façon exemplaire, en assurant le soutien des forces françaises tombées dans une embuscade meurtrière. Les rotations multiples ont permis, sous le feu nourri des insurgés, d’acheminer les renforts et secours nécessaires, les munitions et assurer les évacuations des blessés.» Extrait de l'Ordre du jour N°10 du général de corps aérien Guillaume Gélée, Commandement des Forces Aériennes, à l'occasion du 50ème anniversaire de l'escadron d'hélicoptères 1/67 « Pyrénées ».

Le GBA Philippe Gasnot, CDT la BAPC, à Cazaux pour le 50ème anniversaire de l'EH 1/67 « Pyrénées »

Voir également : « Afghanistan : Retour à la guerre classique ? » : Intervention le 28 août 2008, du général de corps d’armée Benoît Puga, sous-chef opérations de l’État-major des armées lors du point de presse hebdomadaire du ministère de la Défense sur la chronologie de cette embuscade. Ce fait d’armes a été récompensé par une citation à l’ordre de l’armée avec attribution de la Croix de la valeur militaire avec palme de bronze, décernée par le Président de la République le 11 novembre 2011.


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