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Islams et paix mondiale

Islams et paix mondiale

Par Guy Labouérie.(*) Brest, le 21 novembre 2014.© 

« Partager notre expérience en portant cette croix pour arracher de nos coeurs la maladie qui empoisonne nos vies : il est important que vous fassiez cela lors de vos réunions. Que ceux qui sont chrétiens le fassent avec la Bible et que ceux qui sont musulmans le fassent avec le coran. La foi que vos parents vous ont inculquée vous aidera toujours à avancer ». De tels propos de la part d'un souverain pontife, tenus dans la salle paroissiale de l'église du Sacré-Coeur près de la gare de Rome-Termini, devant un public majoritairement musulman, ont du en surpendre plus d'un lors de la Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés, le 20 janvier dernier. Insolite, hérétique, que n'a t'on pas entendu ? « Qui se met à penser devient hérétique … » Cette maxime de Bossuet, l'amiral Labouérie l'a faite sienne. les deux hommes ont en commun d'écrire « pour mieux agir ». Hommes d'action dans la pensée militaire, homme de pensée dans l'action, l'amiral a beaucoup  étudié les religions et porte un regard qui ne laisse personne indifférent. Pour  l'introduire, nous avons demandé à Djilali Benchabane ce qu'il en pensait.[1] « Ce texte de l'Amiral Labouérie est intéressant dans sa formulation et par l'approche transversale que son auteur nous propose. Quelques éléments mériteraient toutefois - à mon sens - d'être approfondis: l'abrogation du califat comme source de libération et de progrès du monde musulman laisse peut être trop de côté l'idée de repères, car ne l'oublions pas, l'islam s'est bâti autour du principe de transmission. Or ce sont les différentes dynasties et empires qui ont succédé à l'empire fondé par Mahomet qui avaient la charge de transmettre l'héritage islamique (religieux, politique, etc.) et d'orienter les musulmans. La disparition du califat turc a signifié la fin de l’unité du monde musulman, l’atomisation de la tradition musulmane (au sens large) et l’avènement du règne des « nationalismes arabes ». Un autre point attire mon regard dans ce texte celui de « l’islam conquérant ». L’universalisme civilisationnel véhiculé par l’islam n’a été réellement opérant qu’aux premiers temps de l’islam car il portait en lui les germes d’un renouveau spirituel, culturel, politique qui visait à agréger les civilisations dans leur diversité (berbères, perse, etc.), et non à les faire disparaître. C’est la sclérose du religieux provoqué par la domination du pouvoir politique qui a conduit finalement à l’essoufflement et à l’inertie de la civilisation musulmane. Les mouvements islamistes actuels à l’instar des frères musulmans ou des salafistes s’inscrivent certes dans une logique de conquête politique ou sociétale (parfois violente pour les mouvements radicaux) mais celle-ci est en réalité tant subordonnée à des enjeux locaux (alliance tribale), de compromis politique, qu’ils perdent finalement d’eux-mêmes toute prétention à l’universalisme. Ces groupes restent prisonniers d'un incantatoire médiatique dont l'objet visent à illusionner par le ralliement de l'image à défaut d'avoir l'adhésion de tous. » Porspoder/Paris.

Guy Labouérie à Porspoder

Ce titre est-il mépris d’une réalité douloureuse pour l’ensemble de ses croyants quand on examine la carte de la violence dans le monde musulman, un espoir de changement, une simple provocation ou bien une nécessité de plus en plus impérieuse ? Il est urgent de s’interroger sur une situation qui ne cesse de dégénérer en massacres de toutes sortes entre musulmans et autres petites communautés, et pour ceux qui les subissent d’émigrations désespérées, essentiellement vers les pays occidentaux et surtout européens. Dans ces derniers les musulmans ne cessent d’affirmer que leur religion est une religion de paix et de miséricorde mais plutôt que de chercher à les contredire avec plus ou moins de raisons dans la situation internationale, il faut les prendre au sérieux et leur demander non pas de se répandre en propos lénifiants parfois loin de leur texte fondateur mais d’agir concrètement pour manifester la possibilité d’œuvrer vraiment pour la paix de notre planète. Pour cela il faut revenir à la grande question posée aujourd’hui aux Islams : quelle est la meilleure voie pour intégrer pleinement le monde du XXIe siècle au mieux des intérêts et de la Foi de tous les croyants dans leur diversité comme de tous ceux de l’ensemble de l’humanité. En n’excluant nullement toutes les données, considérations, difficultés de tous ordres - politiques, économiques, financières, stratégiques, religieuses, etc. toujours présentes et terriblement prégnantes, il faut aussi s’intéresser à quelques autres d’importance considérable pour l’avenir.

Au cœur de la situation actuelle, agissant sur la quasi-totalité des facteurs de violence internes et externes des Islams aujourd’hui, se trouve la question du « Temps » qui pour toute personne ou collectivité, est la base de toute vie. Mais les conséquences qui en découlent sont très différentes suivant les cultures. En premier lieu cela conduit à examiner une question plus ou moins refoulée mais elle aussi essentielle : l’ancienneté des séparations intercommunautaires musulmanes. Entre le sunnisme, avec ses quatre grandes écoles et le chiisme, tous deux avec de multiples communautés dérivées, il y a pratiquement quatorze siècles. C’est une des données actuelles de leurs politiques et de leurs violences. Quand on constate que les christianismes n’ont pas réussi, au bout de 1000 ans à se « réconcilier » avec les orthodoxes et pas non plus depuis cinq siècles avec les protestants - eux-mêmes dilués en multiples églises voire sectes - on perçoit mieux la difficulté de pacifier les rapports interreligieux. Ce ne sera pas plus facile non plus entre les pays dits développés et les pays d’Islam car leurs données temporelles sont très différentes. A l’immédiat occidental accélérant découvertes et développements de toute nature mais aussi celui de l’individualisme, du superficiel, du matérialisme et de l’athéisme, la vision du temps qu’a l’Islam est toute autre.[2] S’il est perçu comme une richesse essentielle il est aussi d’abord collectif et « soumis » comme toute la vie du croyant à tout ce qui peut se produire dans sa vie comme à une volonté divine, entraînant un certain fatalisme et une tentation d’immobilisme avec retour sur un passé considéré comme seul satisfaisant. Il y a là un hiatus considérable expliquant à la fois les succès de l’Islam dans les conditions de temps uniforme de son développement initial et ses très nombreuses difficultés aujourd’hui face au déferlement des informations de toute nature qui ont tendance à le faire se replier sur lui-même et s’engourdir ou se déchaîner dans un passé mal défini. Il y accuse tous les autres de ses malheurs, particulièrement l’Occident-Satan-européen oubliant après l’avoir mis à la porte dès la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, que, s’il l’a colonisé pendant un peu plus d’un siècle, c’est pourtant lui qui l’a débarrassé de la dictature califale turque, son plus cruel dictateur pendant des siècles.

Cela rejoint un deuxième facteur fondamental. Jusqu’aux treizième/quatorzième siècle, il y eut une extraordinaire civilisation musulmane dans tout le Moyen Orient avec des rameaux allant de l’Espagne jusqu’aux Indes alors même que l’Europe balbutiait son développement futur et que la Russie payait encore tribut à la Horde d’or. Un bon témoignage en est la découverte par Jacques Cœur de ces richesses de l’Orient qui feront sa fortune avant d’être sa perte.[3] Si l’Occident a étudié depuis longtemps, mais de son seul point de vue, les raisons de l’incroyable basculement entre ces deux grandes régions à partir de cette époque, ce n’est pas encore le cas de la plupart des élites politiques et religieuses du Proche-Orient. C’est particulièrement vrai des plus riches qui paraissent se contenter de l’arme financière et pétrolière pour prospérer égoïstement au lieu de s’appuyer sur leur histoire et leur richesse pour envisager et décider de leur avenir et celui de l’Islam dans le monde fermé d’aujourd’hui. Leur rôle devrait être essentiel pour la paix face à tous ceux qui dans l’aire musulmane se lancent dans des violences contraires au Coran. Même si pour de profondes raisons puisque terres de l’origine de Muhammad bin Abdallah, ils sont les plus conservateurs, leur richesse les mettant pensent-ils à l’abri de mauvaise surprise, l’apparition brutale du pseudo califat islamique ne peut que les inciter à une révision complète de leurs politiques avec un retour approfondi de leur histoire. Ce retour est essentiel car sans une véritable « mémoire qui ne soit pas ancre mais catapulte vers l’avenir » on ne peut que passer à côté de ce qui se construit dans toute l’humanité et qui repose sur une appréciation du Temps personnel et collectif dans une complexité de plus en plus difficile. Ce désintérêt sur l’histoire avec la fixation sur l’origine perçue comme le présent à faire revivre est à la source de bien des tragédies et de bien des départs de concitoyens et de coreligionnaires vers d’autres cieux.[4]

On se trouve ici à l’un des nœuds des difficultés de l’Islam dans les pays non musulmans particulièrement européens. Étant à la fois religion, politique, sociologie et économie, les islams s’y trouvent face à des données politiques, sociales, économiques et parfois religieuses totalement différentes. Ils sont alors en prise avec des difficultés d’autant plus grandes que leur population musulmane y est plus nombreuse et se réfère à des convictions, comportements, habitudes… ne correspondant ni à l’histoire, ni à la mémoire, ni à la culture et aux habitudes des populations majoritaires. Sauf à se diluer dans une hétérogénéité source de toutes les incompréhensions, tous ces citoyens de religions et de cultures différentes doivent vivre en accord avec la Constitution de leur pays sans rien en cacher, ce qui est déjà difficile et porteur de bien des risques comme on le voit avec les départs d’islamistes vers les lieux de combat du Proche Orient. Or, à l’image des christianismes, les Islams ont vocation universelle à convertir l’ensemble de l’humanité, le cas échéant par la force. Ce fut autrefois le cas dans leur avancée vers l’Ouest tandis que le commerce fut le facteur principal vers l’Est. On perçoit tout de suite les risques de dérapages et de violences si ces populations n’arrivent pas à se comprendre et s’accepter. Cela implique que seule la Laïcité, à la condition de ne pas en faire une religion sectaire et violente comme c’est parfois le cas, peut le permettre. A cet égard si le judaïsme réussit son insertion dans les divers pays occidentaux c’est à la fois parce qu’il a refusé cet universalisme conquérant et qu’il vit pleinement une laïcité respectueuse des convictions de chacun. Il lui est alors plus facile, en suivant la totalité de ses propres rites et croyances, de vivre en citoyen de chaque nation, malgré les immenses malheurs qui l’ont accompagné au fil des siècles.

Une condition indispensable pour progresser dans cette situation, d’autant plus difficile que l’on a écarté facilement son importance, repose avant toute autre considération sur l’information, une information réciproque. Or malgré l’exception du Chiisme avec son clergé et du Maroc avec le Commandeur des Croyants, le manque de formation de trop de religieux avec souvent l’habitude de l’auto-proclamation dans un monde aussi complexe que le nôtre conduit à la facilité des discours simplistes, à l’ignorance religieuse des populations et à l’embellissement irrationnel du passé. Cela les enferme trop souvent dans des juridismes, aussi dangereux et dévastateurs que ceux des christianismes du Moyen-âge, où seuls les religieux, renommés ou non, règnent sur l’ensemble en s’appuyant trop souvent sur des « fatwas » qui illustrent surtout leur ignorance et sont toujours des dénis d’information et de justice. On ne peut se contenter de dire que c’est normal compte tenu des six siècles d’écart entre Christianismes et Islams et que petit à petit cela devrait évoluer comme cela a été le cas en Occident. Il faut agir dès maintenant sur cette information des masses musulmanes indispensable pour permettre réflexion et mesure des réalités du XXIe siècle. Mais il en est de même des populations occidentales ignorant les origines, les pourquoi et les raisons des comportements des musulmans installés chez elles, les confondant trop souvent et trop facilement avec tous les excès rapportés par les médias et une information souvent tronquée voire falsifiée. Immense défaut d’information où des populations lancées dans l’immédiat et la laïcisation en nouvelle religion comme en France, ont beaucoup de mal à recevoir et comprendre une façon de vivre qui ne paraît pas avoir évolué depuis des siècles avec des règles inacceptables dans le système social général, perçu lui par les musulmans comme reposant sur le matérialisme, la recherche effrénée de l’argent, sans oublier le sexe débridé… avec surtout la disparition de toute une philosophie et spiritualité de l’homme et de l’Univers.

Les massacres dans toute l’aire des pays officiellement musulmans avec débordement sur les pays voisins au nom de leur religion sont de plus en plus insupportables. S’il est vrai que ce ne sont pas tant les religions qui entraînent la violence que les ambitions des dirigeants politiques se servant d’elles pour exacerber les tensions, il n’en demeure pas moins que ces affrontements ont à leur tableau des centaines de milliers de morts depuis plus de quarante ans et que la religion y joue un rôle terrible. C’est un crime, contraire au Coran comme aux textes des Nations Unies, crime aussi bien de ceux qui en tirent les abominables ficelles que de ceux qui les exécutent voire même de ceux qui se contentent de les regarder. C’est inacceptable. La situation Palestine/Israël montre à l’évidence qu’il est inutile de compter sur l’ONU pour trouver une solution à cette situation. Au-delà des données proprement politiques et financières, elle ne peut venir que des musulmans eux-mêmes car ils sont seuls fondés à examiner et se prononcer sur l’essence de leurs textes fondateurs et les impacts divers de leur religion sur leurs populations, comme vis-à-vis des pays d’immigrations musulmanes, et ce quelles que soient les études, analyses, exégèses, etc. faites par ailleurs dans ces pays. Encore faut-il qu’ils y soient encouragés et que le reste du monde en facilite la prise de conscience.

Quatorze siècles après la mort de Muhammad bin Abdallah et presque autant après les déchirements initiaux de l’Islam il s’agira d’une démarche douloureuse voire risquée pour les Islams mais la paix est à ce prix. Les horreurs doivent s’arrêter le plus vite possible et les grands acteurs du monde se mettre d’accord pour une proposition crédible dirigée en premier lieu vers les financiers de cette terrible situation. Ils en ont tous les moyens économiques, financiers, culturels et le cas échéant militaires s’il advenait que certains chantages à l’énergie seraient la réponse, ce que personne ne peut souhaiter. La situation ne cesse de dégénérer – Afghanistan, Pakistan, Algérie, Égypte, Tunisie, Indonésie, Philippines, Birmanie, Syrie, Mali, Centre Afrique, Nigeria, Somalie, etc. Plus d’un milliard d’hommes, de femmes et d’enfants musulmans « crient » en silence pour que cesse la violence qui les enserre et espèrent paix et développement. Ce n’est pas ou plus en s’intéressant les uns après les autres aux divers drames qui secouent tous ces pays qu’on peut espérer pacifier ce monde. Il faut s’intéresser à la totalité du problème mondial qu’ils manifestent. Il est temps de prendre au mot tous les dirigeants et les religieux pour libérer les immenses capacités et dynamismes de ces populations dès lors qu’un véritable avenir et non un faux remake d’un passé respectable leur sera ouvert. Assez de crimes, assez de sang. Si la communauté internationale n’y met pas un point d’arrêt, si les religieux et les politiciens musulmans ne se mettent pas à la tâche, cette tâche spirituelle, de travail, d’exégèses en tous domaines, d’ouverture aux autres, et d’information réelle que souhaitait tellement mon ami Mohammed Arkoun avant sa mort… alors, craignons le pire. « Dans le monde tellement complexe et dangereux humainement où nous vivons, la fraternité n’est pas une option, c’est une nécessité impérative… » nécessité dont un des critères sera qu’en tout pays, tout citoyen/citoyenne, musulman comme non-musulman, aura le droit de vivre dans la paix, où qu’il soit, avec sa propre religion, dans le respect de son histoire, le sens de son avenir et l’adhésion véritable aux valeurs de son pays ancien ou nouveau.

Guy Labouérie

(*) Après avoir commandé l'École Supérieure de Guerre Navale et quitté la Marine, l'Amiral Labouérie s'est consacré à l'enseignement en Université et à des études de stratégie générale et de géopolitique. Élu à l'Académie de Marine, il a été notamment professeur à l'École de Guerre Économique, membre du comité stratégique de l'Institut de Locarn en Bretagne et est souvent intervenu dans diverses écoles et entreprises sur les questions de géopolitique et de stratégie.

[1] Djilali Benchabane, spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique, a travaillé, notamment, comme Conseiller pour les affaires religieuses du Centre d'analyse et de prévision (CAP) du Quai d'Orsay. Il est l'auteur de nombreuses études remarquées sur le Proche-Orient, sur les pays du Golfe arabo-persique et de l'Asie centrale sur tous les sujets de société et religions, migrations et identités, conflits...
[2] On peut dire la même chose de la Chine, ce qui réservera bien des surprises.…
[3] Michel Mollat du Jourdin : « Jacques Cœur ou l’Esprit d’entreprise » aux Éditions Aubier (1998) que devraient lire tous nos brillants « grands » politiques et administratifs qui manquent par trop de cet esprit !
[4] A titre d’exemple, il y a trente ans en Arabie Saoudite personne, y compris au plus haut niveau, ne se souciait ni même ne connaissait la petite ville en ruines de Diriya, source de la dynastie des Al Saoud, sauf quelques expatriés travaillant en Arabie. Il semble que cela se soit amélioré depuis...

 

 

 


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