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Gagner la guerre ne suffit pas

Gagner la guerre ne suffit pas, il faut aussi gagner la paix

Discours du général d’armée, Pierre de Villiers, Chef d'État-major des Armées (CEMA), à l’occasion des vœux aux journalistes de défense (Prononcé). Après l'introduction de Bruno Fanucchi, président de l'Association des Journalistes de Défense (AJD). État-major des Armées, Salle des Maréchaux, Paris le 30 janvier 2015.

Bruno Fanucchi, président de l'AJD

Bruno Fanucchi : Merci mon général de recevoir ici à l'État-major des Armées les journalistes membres de l'Association des Journalistes de Défense, l'AJD. Avant d'entrer dans le vif du sujet et d'échanger des vœux comme il est de tradition en ce début d'année, je souhaiterais rappeler à tous nos confrères présents aujourd'hui que nous avons déjà plusieurs autres rendez-vous importants dans les semaines qui viennent. Le 9 février, nous recevrons l'amiral Bernard Rogel, chef d'état-major de la Marine. Puis il y a un voyage de l'AJD au Sénégal début mars. Que ceux d'entre vous qui sont intéressés viennent s'inscrire avant de partir, il reste encore quelques places à pourvoir. Le vendredi 20 mars, nous tiendrons notre Assemblée générale qui, grâce à notre vice-président, Bruno Besson, se tiendra cette fois-ci au Musée de la Légion d'Honneur, une adresse prestigieuse. Soyez donc nombreux ce jour là, y compris pour ceux d'entre vous qui viennent de province. Le 24 mars, nous avons également prévu de recevoir le général Jean-Pierre Bosser, le "patron" de l'armée de Terre. Enfin, au mois d'avril, il y aura un autre voyage de presse au Japon. Après ce rappel calendaire, qui prouve la vitalité de notre association professionnelle, je souhaitais - au nom de tous mes confrères de l'AJD et en mon nom propre - vous présenter mon général tous nos vœux, pour vous même et pour tous ceux qui vous sont chers, à l'État-major des Armées, à tous vos collaborateurs et en particulier au colonel Gilles Jaron et à toute son équipe de l'EMA-Com. Et, bien sûr, à toutes nos armées que vous avez l'honneur et la charge de commander en ces temps difficiles.

Général d'armée Pierre de Villiers, CEMA

Avant de vous céder la parole, j'ai encore une bien triste nouvelle à vous donner : notre consœur Marie Lesure, qui travaillait pour le magazine panafricain Amina a été rappelée à Dieu le 17 janvier dernier. Jusqu'au bout, elle a lutté contre un cancer. A sa mémoire, ainsi qu'à celles des officiers et sous-officiers aviateurs et mécaniciens de l'armée de l'Air qui ont disparu tragiquement à Albacete en Espagne,[1] avec votre permission, mon général, je vous demande d'observer une minute de silence pour honorer leur mémoire, en les associant tous, qu'il soient militaires ou journalistes... (Minute de silence) 

 Bruno Fanucchi et le général de Villiers à l'EMA

Après l'hommage dû à nos morts, qu'ils soient journalistes ou qu'ils soient militaires, mon général, nous vous donnons la parole, après vous avoir encore une fois remercié de nous avoir invités à l'État-major des Armées.

Général Pierre de Villiers : Mesdames et messieurs les membres de l’association des journalistes de défense, Chers amis, merci au président Fanucchi pour ces mots d’introduction.

C’est pour moi un grand plaisir de vous accueillir ici, dans ce salon des Maréchaux, avant notre déménagement pour Balard. L’histoire, c’est aussi cela !

J’ai souhaité, avec votre président, cette réunion de début d’année, qui me donne l’opportunité de vous présenter mes meilleurs vœux pour 2015… oui, en ce 30 janvier, il est encore temps !

Entre-temps, en début de cette semaine, vous le savez, les armées ont été durement touchées par un terrible accident en Espagne.[2] Au nom du chef d’état-major de l’armée de l’Air et en mon nom personnel, je remercie tous ceux qui se sont manifestés à cette occasion. Ces moments tragiques nous rappellent à quel point la communauté de défense est une réalité et permettez-moi d’avoir une pensée pour ces neuf familles endeuillées et meurtries par ce drame. Le message que j’ai aussitôt adressé à toutes les unités militaires des trois armées, directions et services était dans cet esprit. L’hommage national, qui leur sera rendu mardi matin prochain, prolongera utilement ce nécessaire recueillement.

« Mieux nous connaître, c’est mieux nous comprendre »

En dépit de cette douloureuse actualité, j’ai néanmoins souhaité maintenir cette réunion, considérant les liens étroits qui nous unissent. Vous savez l’importance que j’accorde à l’exercice de votre métier. Plus encore, c’est surtout la qualité des relations que nous devons entretenir qui compte pour moi. Mieux nous connaître, c’est mieux nous comprendre.

Avant toute chose, je voudrais vous témoigner, ainsi qu’à l’ensemble de la famille des médias, ma solidarité pour le terrible et odieux attentat dont vos confrères ont été les victimes début janvier. Ces mots sont bien faibles en cette circonstance, mais ils sont sincères et, à travers moi, c’est toute la communauté militaire qui exprime également cette solidarité.

Ces jours que nous avons vécus ont véritablement marqué la Nation ; ils ont aussi profondément marqué nos armées qui en sont issues. Il y aura un "avant" et un "après" 7 janvier 2015.

Vous le savez, les armées sont là pour protéger la France et les Français. A l’extérieur, c’est la défense de l’avant. Sur le territoire national, elles ont répondu présent lorsque le président de la République a décidé de mettre en œuvre le contrat protection. Ce sont plus de 10 000 soldats qui se sont déployés en trois jours à peine, sur l’ensemble des points sensibles répartis sur le tout le territoire national. Le Livre Blanc de 2013 avait inscrit ce contrat en cas de crise majeure. Les armées s’y étaient préparées. Nous y sommes.

La menace du terrorisme sur notre sol est une réalité avec laquelle nous devons désormais apprendre à vivre, car rien n’exclut qu’elle ne se manifeste à nouveau.

Ce monde turbulent, celui dans lequel nous allons évoluer dans l’année à venir, nous devons, vous et moi - vous journalistes et moi chef militaire - apprendre à le décrypter, à en saisir les clés. C'est pourquoi, avant de partager ensemble le pot de l’amitié, je voudrais vous livrer, en une quinzaine de minutes, quelques réflexions et interrogations qui me semblent peser sur l’avenir. Ce sont autant de lignes de forces pour mon action et d’enjeux pour les armées. Mes propos seront ramassés, donc parfois sérieusement synthétiques, mais j’essaierai qu’ils soient vrais, car l’exercice des vœux pour moi n’a aucun intérêt s’il procède de la comédie humaine ou de la langue de bois. On commande avec son intelligence certes, mais d’abord avec vérité, donc avec ses tripes.

Il y aura un "avant" et un "après" 7 janvier 2015...

D’abord, deux constats qui structurent le cadre de nos engagements.

Premièrement : les crises sont en train de muter.

Deux éléments pour le montrer :

Premier élément : les crises se sont mondialisées ; elles se sont mondialisées dans le recrutement, la formation, le financement et la propagande. La violence ne reste plus limitée au seul théâtre qui l’a vu naître. L’internationalisation du jihadisme est la plus récente illustration de cette contagion des crises avec ses répercussions sur les théâtres nationaux ;

Deuxième élément : la violence s’exprime de plus en plus en marge des institutions étatiques. Aujourd’hui, certains États se comportent parfois comme des bandes armées et des bandes armées comme des États. La violence est à la fois interétatique et transnationale.

De ce premier constat découle le lien de plus en plus fort qui existe entre la sécurité extérieure et sécurité intérieure de notre pays. La violence s’exporte, le terrorisme se franchise.

Deuxième constat : j’observe, au niveau mondial, une certaine banalisation de l’usage de la force, mais aussi ses limites et des difficultés à la maîtriser.

Là encore, trois illustrations :

Premièrement, je constate de plus en plus fréquemment que, dans le monde, le recours à la force militaire redevient un moyen politique en soi et non plus le seul prolongement d’une « politique par d’autres moyens ». C’est une autre illustration de la remarque que je vous faisais sur les bandes et les États ;

Deuxièmement, l’avance technologique qui dissuadait nos adversaires et nous donnait l’ascendant, se réduit par l’effet conjugué de l’idéal de mort de ceux qui nous combattent et par l’emploi de capacités à bas coûts et facilement accessibles, comme les snipers, les engins explosifs improvisés, les attaques suicides, les cyber-attaques ;

Troisièmement, plus que jamais, une action qui n’aurait qu’une composante militaire n’a pas plus de sens qu’une action qui exclurait tout volet militaire. Les succès militaires sont des victoires à la Pyrrhus lorsqu’ils ne sont pas complétés d’avancées dans les champs du développement, de la gouvernance, de l’éducation ou de la justice. C’est ce que j’exprime par la formule : « gagner la guerre ne suffit pas, il faut aussi gagner la paix».

« Les armées sont là pour protéger la France et les Français »

De ces constats, je tire trois conséquences qui nous concernent tous, vous comme nous ; nous devons solder deux illusions et dépasser une contradiction :

Nous devons d’abord lever l’illusion de la guerre courte.

Regardez les conflits récents : dans les Balkans, en Afrique ou ailleurs. Leur point commun est leur durée : ils sont de la « classe 15 ». 15, c’est la durée en années de nos opérations sur ces théâtres. Pour autant, une guerre qui dure, n’est pas une guerre qui s’enlise. Mais c’est un processus qui doit trouver du sens au travers d’une approche globale. La force met du temps à éradiquer la violence.

Nous devons aussi lever l’illusion des standards pré-établis.

En vérité, nous sommes entrés dans un monde nouveau. C’est un monde 3.0 dans lequel les notions de guerre, de combat et même de victoire ne cessent d’évoluer. Ces notions doivent être réactualisées en permanence aujourd’hui, probablement plus précisément et plus vite qu’auparavant.

Il n’y a pas de standards ni de recettes toutes faites, il faut sans cesse s’adapter ; adapter nos moyens et nos intelligences à la guerre qui vient à nous et non à celle que nous avions imaginée. Ce n’est pas dans l’instant que l’on peut juger du succès d’une stratégie. Face à ce monde 3.0, il faut se méfier des tenants du dogme. Mieux vaut faire confiance aux pragmatiques. « Il faut penser en homme d’action et agir en homme de pensée ».

Ce qui m’amène à la contradiction que nous devons lever : celle entre le temps long et le temps court.

Vous comme moi, êtes soumis à la pression de la réponse immédiate. Lorsque le passionnel supplante le rationnel, l’information instantanée a des écueils que vous connaissez mieux que moi. L’accélération du temps, conjuguée à l’extension de l’espace, est un facteur essentiel pour gagner au combat.

Tout en s’adaptant sans cesse, nous devons aussi nous méfiez des effets de mode. Les brutaux et successifs mouvements de balanciers sont destructeurs pour notre outil militaire. Nos capacités militaires demandent du temps, tant sur les plans technologiques qu’opérationnels, pour passer du stade de la conception à celui de l’emploi sur le terrain. Constance d’une part, et rapidité d’autre part, constituent deux aspects essentiels de mon quotidien de CEMA, que ce soit en tant que chef des opérations et responsable de la programmation militaire, conseiller du Gouvernement, ou responsable de la transformation des armées et des relations militaires internationales.

«  Une action qui n’aurait qu’une composante militaire n’a pas plus de sens qu’une action qui exclurait tout volet militaire » 

A partir de ces réflexions liminaires, je voudrais maintenant vous livrer mes axes d’efforts pour ce début d’année. Je crois en effet qu’il est important que vous sachiez ce que j’ai en tête. Ce sont, en quelque sorte, des clés de compréhension de l’action des armées. Elles portent sur trois domaines : les opérations, la transformation des armées et les moyens. Vous retrouvez là une déclinaison du traditionnel triptyque militaire « un chef, une mission, des moyens ».

Pour les opérations, d’abord :

Je vous le répète, il existe un lien très fort entre la sécurité extérieure et la sécurité intérieure. Le retour sur notre sol des ressortissants Français et Européens partis faire la guerre à l’étranger est l’illustration la plus tragique de ce lien. Mais leur retour n’est qu’une composante des menaces que font peser le développement de foyers terroristes au Sahel ou au Levant. C’est en ce sens que nos opérations extérieures sont la défense de l’avant de notre pays. Ne soyons pas aveuglés par la menace qui nous semble la plus proche.

Les ennemis de notre pays sont connus. Nous les combattons tous les jours. Ils ne partagent ni notre éthique ni nos valeurs ; ils sont jusqu’au boutistes. Nos soldats les combattent les yeux dans les yeux, parfois à très courte distance.

Chefs d'états-majors des pays du G5 Sahel

Pour la conduite des opérations, la priorité de mes moyens va au Sahel. Soyons clair, tout le monde, Africains et Occidentaux, reconnaissent notre leadership dans cette zone. Nous sommes leaders avec les pays du G5 Sahel. J’entretiens à cette fin des liens très étroits et réguliers avec les chefs d’état-major des pays de la région. C’est le nécessaire partage du fardeau avec nos Alliés. A contrario, il faut accepter d’être équipier au Levant, dans le cadre de la coalition qui s’est constituée autour des Américains.

Dans les opérations, l’objectif est d’empêcher toute connexion entre les différents foyers terroristes de Daech, d’Aqmi, d’Al Qaïda, de Boko Haram et de leurs affiliés. C’est pour cela que nos actions sont transfrontalières. C’est pour cela que le cloisonnement est notre objectif. C’est la liberté d’action de nos adversaires qui est notre cible. C’est bien l’objet, par exemple, de notre base avancée à Madama, au Nord Niger.

Concernant le territoire national, notre opération Sentinelle se poursuit et nous allons adapter, au fur et à mesure, notre dispositif à la réalité des menaces. J’ai tenu avant-hier une réunion avec les officiers généraux de zone de défense pour évaluer la situation, zone par zone, et mesurer le fruit du dialogue avec les autorités préfectorales en la matière. Nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait et la protection des Français reste évidemment une préoccupation prioritaire.[3]

 « Il faut penser en homme d’action et agir en homme de pensée »

Simultanément, je dois réussir la transformation des armées

La transformation n’est pas un but, c’est un chemin. Dans le contexte actuel de restrictions budgétaires, nous avons besoin d’un second souffle ; la transformation doit nous l’apporter pour construire le modèle d’armée dont la France a besoin.

Trois éléments sur notre outil de défense :

Premier élément : je crois que les évènements récents montrent qu’il est important que notre pays dispose d’une assise régalienne solide. Ce besoin est aussi celui d’une armée qui protège les Français à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières ; qui permette à notre pays d’assumer ses responsabilités sur la scène internationale ; qui protège nos intérêts et nos valeurs. Cette armée contribue à la résilience de la Nation ; elle est un repère pour la République ;

Deuxième élément : les crises récentes montrent surtout la pertinence du choix d’un modèle complet d’armée. C’est le choix du Livre Blanc ; c’est ce modèle que je porte. Ne faisons pas preuve de cécité et n’abandonnons pas, dans la précipitation et sous le coup de l’émotion, telle ou telle composante sous prétexte qu’elle ne serait pas ou mal adaptée au terrorisme. Nous ne devons pas baisser la garde, ni adapter notre outil de défense aux seules menaces actuelles et combats d’aujourd’hui. Gardons la bonne focale pour appréhender l’avenir incertain. Nous retrouvons là le thème du temps court et du temps long. Les différents scénarios du Livre Blanc conservent toute leur pertinence.

Troisième élément : nos armées sont avant tout une organisation humaine, faites d’hommes et de femmes. Notre pays s’interroge sur le « vivre ensemble ». Les armées n’ont, bien évidemment, pas le monopole de la jeunesse ni du « vivre ensemble », mais elles ont un savoir-faire et une expérience à faire valoir. Chaque année, les armées voient plus de 20 000 militaires, de tous milieux et origines, quitter leurs rangs, après une première expérience professionnelle et très souvent opérationnelle. De ce fait, l’institution militaire demeure un acteur social à part entière et peut être considérée, à sa mesure, comme un véritable intégrateur dans la société. C’est le « rôle social de l’officier », ne l’oublions pas.

« Jeunesse et vivre ensemble : Les armées ont un savoir-faire et une expérience à faire valoir »

Troisième priorité, les moyens. Nous sommes au cœur de l’actualité la plus récente.

Les moyens, ce sont les effectifs et le budget :

Les effectifs pour commencer : le déploiement du contrat protection a montré l’importance de disposer d’effectifs militaires en nombre suffisant. Vous le savez, le président de la République a décidé de réduire de 7 500 les déflations d’effectifs du ministère sur la période de la LPM. Cette décision apporte un second souffle, d’autant qu’elle s’accompagne d’un lissage de cette déflation sur la période 2015-2019, ce qui desserre l’étau des effectifs.

Le budget : je l’ai dit devant les parlementaires, je le répète aujourd’hui, les armées ont besoin de toutes les ressources financières inscrites dans la LPM. Les ressources dites « exceptionnelles » en font partie ! Le costume est taillé au plus juste, mais il est cohérent. Gardons cette cohérence physico-financière entre les missions et les moyens ; entre les ressources et les besoins. Je serai vigilant, mais je reste confiant et déterminé, derrière le président de la République et en accord total avec le ministre de la défense.

Vous le savez, la déclinaison des récentes annonces doit encore être précisée. Ce sera, entre autre, l’objet de l’actualisation de la LPM. Actualisation ne signifie pas pour autant révision. Nous ne renverserons pas la table de la LPM. Le modèle complet d’armée est bien celui sur lequel nous allons continuer à travailler avec attention et détermination, tout en le mettant à jour à partir du cadre stratégique actuel et des enseignements principaux de nos récents engagements.

***

Cela termine les quelques réflexions que je voulais vous livrer, vous le voyez, librement et en vérité.

Encore une fois, je suis ravi de cette occasion de vous rencontrer.

En tant que journalistes de défense, vous faites partie de la communauté militaire au sens large. Nos relations sont basées sur la confiance mutuelle. Je sais que vous êtes conscients que, parfois, la vie de nos soldats sur le terrain ne nous permet pas de vous livrer toutes les informations sur les engagements. Malheureusement, je ne peux pas à tous, vous proposer de m’accompagner dans chacun de mes déplacements. J’ai décidé de privilégier la qualité des contacts et des relations vraies. C’est mon style.

« 2015 sera immanquablement dense »

Je vous souhaite donc, à nouveau, à toutes et tous, ainsi qu’à ceux et celles qui vous sont proches, une excellente année et une bonne santé, car 2015 sera immanquablement dense.

Du fait des circonstances, vous le comprendrez, ce pot n’aura pas d’allures de fêtes, mais je me réjouis sincèrement de passer ce moment avec vous, en toute amitié, à la santé de l’AJD et de ses membres, et à la santé des armées françaises.

Je vous remercie.

[1] Lundi 26 janvier, en Espagne, l'armée de l'Air a été brutalement touchée par un accident aérien dans lequel neuf aviateurs ont perdu la vie. Le rapatriement des corps s'est déroulé jeudi 29 janvier sur la base aérienne (BA) 133 de Nancy-Ochey. Source : Armée de l'Air.

[2] Message aux Armées du général Pierre de Villiers, chef d'état-major des Armées, à l'occasion de l'accident aérien en Espagne.

Hier, en Espagne, l’armée de l’air a été durement touchée par un terrible accident dans lequel nous avons perdu neuf des nôtres. Plusieurs autres sont blessés, certains très grièvement.

Ces aviateurs sont morts ou ont été blessés dans l’exercice de leur mission. Ils s’entraînaient pour « Faire face » aux opérations les plus exigeantes que l’armée de l’air mène partout où elle est engagée en première ligne. Ils méritent notre reconnaissance. Nous leur devons respect et gratitude.

Ce deuil qui touche l’armée de l’air est aussi celui de toutes les armées, directions et services.

Au nom des armées françaises, avec le chef d’état-major de l’armée de terre et le chef d’état-major de la marine, je tiens à assurer l’armée de l’air et son chef d’état-major de notre solidarité.

Je rends hommage aux victimes de cet accident et je m’incline avec émotion devant la douleur de leurs parents et de leurs proches. J’adresse mon soutien aux blessés et à leurs familles.

Ce drame nous rappelle les exigences de notre métier militaire et le devoir de solidarité de notre communauté militaire.

Source : État-major des armées, Paris.

[3] Le 28 janvier 2015, pour la deuxième fois depuis les attentats du 7 et du 9 janvier, le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), a réuni les commandants interarmées (COMIA), à Paris, au centre de planification et de conduite des opérations (CPCO). Source : EMA.


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