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19 janvier 2015

Manifestations contre Charlie

L’attentat contre Charlie Hebdo, perpétré le 7 janvier dernier à Paris, a provoqué un électrochoc dans la société française. L’union nationale voulue par l'ensemble de la classe politique, de l'UMP au PS en passant par le Front de gauche, excluant le Front national, a pu donner le sentiment d'un sursaut. Mais pour quoi faire ? Exprimer le rejet du terrorisme, c'est bien, s'en donner les moyens c'est mieux et ceux qui parlent sont rarement ceux qui font. Comme l'a rappelé le Premier ministre, « à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels ». Ce genre de réponse a un prix, et celui-ci est souvent celui du sang. Pour ces raisons, il eut été plus judicieux d'éviter d'en rajouter en pensant aux conséquences inévitables de certains discours à l'étranger. Affirmer « Je suis Charlie » est une réponse qui est loin d'être à la hauteur de la menace.

Le slogan créé par Joachim Roncin fera le tour du monde

« Nous savions que nous étions menacés comme de nombreux pays dans le monde, parce que nous sommes un pays de liberté » comme l'a déclaré le président Hollande, parlant au nom d'un « pays uni et qui saura faire bloc », certes, mais là encore contre qui et contre quoi ? « La France est en guerre et les Français ne le savent pas » comme l'a dit un jour François Mitterrand. C'est toujours vrai et ce sont encore les armées qui vont devoir apporter des réponses, en fournissant cette fois 10.000 hommes pour protéger une population menacée sur son propre sol, soit autant de soldats que nous en avons déployés dans des zones de guerre. La menace que fait peser cet "ennemi intérieur" n'est plus une vue de l'esprit. On a vu côte à côte à Paris des chefs d'État du monde entier : il eut peut être été judicieux de ne pas inviter des chefs d'États dont la population est à majorité musulmane qui ne pouvait que ressentir comme une « trahison » ce soutien aux « blasphémateurs » de Charlie Hebdo. Les réactions à l'étranger, dans le monde arabe, en Afrique ou en Asie ont été violentes quand elles n'ont pas été meurtrières. Si l'immense majorité des musulmans a été choquée par des exécutions d'une lâcheté sans pareille, elle n'a pas été indifférente au blasphème et elle l'a fait savoir. Et les premières victimes ont été les Chrétiens. En France, on se demande encore où sont passés nos évêques, à de rares exceptions près, persuadés que le pouvoir actuel éprouve pour la religion catholique de l'indifférence au mieux et, au pire, une sorte de mépris ou de rejet. La multiplication de déclarations maladroites de responsables, une indifférence parfois grossière quand des églises ou des cimetières catholiques sont profanées ou vandalisées, tout dans le discours officiel semble autoriser le blasphème. On ne se moque pas du sacré. Où commence et où finit la liberté de la presse ? Les Français de confession juive se sentent menacés dans ce pays et prétendre le contraire serait faux. Il est temps de remettre les pendules à l'heure de la République. Le regard que porte François-Bernard Huyghe, chercheur en Sciences de l'Information et de la Communication, professeur à HEC, au Celsa Paris IV ainsi qu'à l'École de guerre économique à Paris, dont les recherches portent sur les rapports entre information, conflit et technologie, devrait nous permettre de mieux réfléchir sur un sujet aussi grave. Paris, le 19 janvier 2015.(©) Source : (huyghe.fr).

Par François-Bernard Huyghe

Le grand moment de communion nationale victimaire du 11 janvier et le "courage" qu'exaltaient les marcheurs - en fait, l'encouragement à diffuser des millions d'exemplaires de Charlie Hebdo - ont un prix de sang. Ce n'est ni nouveau ni surprenant.

Au cours des dernières années, et sans remonter à l'affaire Rushdie, nous avons vu les foules promptes à s'enflammer de l'offense sacrilège et à s'identifier, elles, au prophète moqué (on a entendu des "je suis Mahomet" dans les manifestations au Niger) ou du moins à se réfugier dans la solidarité de l'Oumma humiliée par l'arrogance occidentale.

On se souvient des caricatures danoises et de leurs séquelles, des déclarations du pape Benoît sur les rapports entre violence et religion, d'une tribune du philosophe Robert Redeker, d'un projet d'un pasteur américain de brûler des Corans, du film provocateur "L'innocence des musulmans", etc.

Des émeutes, des morts, des églises ou des centres culturels incendiés...

A cette énumération, le lecteur objectera sans doute qu'il y a bien plus que des nuances entre chercher délibérément à insulter une communauté pour la pousser au crime (par une prophétie auto-réalisatrice), stigmatiser tous les musulmans, par exemple en les accusant de violence (congénitale ou inhérente à leur croyance) et enfin exercer un droit de critique voire de blasphème qui correspondrait à la tradition du pays de Voltaire. Et qui, bien sûr, serait politiquement correct sans rapport avec la hideuse islamophobie.

C'est possible, mais chez ceux qui, chaque fois, ont réagi par des protestations souvent sanglantes, le distinguo suivant l'intention et le cible ne signifie guère, au regard de l'offense ressentie et de l'interdit violé.

Manifestation anti-Charlie au Mali

Il est indéniable que les manifestants qui attaquent un chrétien nigérien qui n'a jamais lu Charlie sont des abrutis obscurantistes auxquels il ne faut pas chercher d'alibi. Mais il doivent avoir du mal à comprendre comment une plaisanterie sur sodomie et monothéisme relèverait de la critique intellectuelle de tous les extrémismes (vertu supposée de Charlie), et ne pourrait en aucun cas être hostile à ceux qui partagent une foi. On ne les rassurerait guère en leur disant que, chez nous, l'on poursuit des écrivains devant les tribunaux pour islamophobie assimilée à un racisme. Ou que des gens qui estiment que la description par Houellebecq d'une France conquise par les islamistes modérés (et où les intellectuels collaborent plutôt gentiment moyennant quelques avantages) relève des comparaisons olfactives ou du complot contre la paix civile, peuvent admettre qu'un blague sur les fesses du prophète n'offense que les bigots ignorant ce qu'est le vrai Islam.

Le distinguo entre le contenu de la croyance et le lien qu unit les croyants pourrait bien être soit une idée purement occidentale soit une subtilité dépassée.

Pourtant, ce ne sont pas les interdits de dire et de représenter qui manquent en Occident avec d'ailleurs d'importantes variations de pays à pays (des caricatures d'Obama dans Charlie Hebdo seraient considérées comme racistes outre-Atlantique où l'on ne montre pas forcément les dessins de Mahomet "pour les réactions qu'elles pourraient provoquer dans certaines communautés").

L'interdit, chez nous, se réclame de l'idée que certains messages ont certaines conséquences et sont déchus du statut d'opinion dont l'expression est libre. Car nous jugeons certains contenus trop incitatifs donc source d'un danger social;suivant le principe que l'on ne crie pas "au feu" dans une salle bourrée ou que l'on ne peut faire l'apologie du meurtre. Ou plus subtilement, nous considérons que provoquer une souffrance ou une humiliation de certaines catégories (les homosexuels, les femmes, les juifs, les autres en général) équivaut à une violence. Violence qui ne peut se mesurer qu'en fonction de leur subjectivité (se sentir insulté, stigmatisé, diminué aux yeux d'autrui) ou d'une identité souvent forgée par une situation victimaire (se sentir solidaire de ses ancêtres esclaves par exemple).

Il se pourrait même que nous soyons en train de glisser de la crainte d’un effet escompté du langage (massacrez les Tutsis, posez des bombes) à la prise en compte de l'interprétation seule (les Catholiques, les homosexuels, les Arabes ont été blessés par votre propos). Ceci vaut même pour la pornographie que l'on tend de moins en moins à interdire parce que contraire aux bonnes mœurs (argument "réac") et de plus en plus parce qu'elle présenterait la sexualité de façon violente et dégrade l'image de la femme (argument politiquement correct).

Souvent évoquée aussi l'intentionnalité -celle des prêcheurs de haine qui chercheraient délibérément à stigmatiser un groupe ou à éveiller les "peurs irrationnelles" à son égard, donc à lui dénier l'égalité paisible où nous devons nous enrichir de nos différences? De là la différence entre celui qui caricaturerait, fort de sa supériorité morale (il est tolérant et dénonce l'intolérance, il défend des valeurs universelles contre des intérêts et des subjectivités communautaires), et d'autre part, la démarche instrumentale de ceux qui jouent des peurs et attisent des divisions. Montrer la Vierge avec un gode élève le débat, Taubira avec une banane est un acte de violence.

Mais que l'on prenne l'interdit d'une façon ou d'une autre, il renvoie toujours à l'idée de conséquences nuisibles produites par sa simple énonciation.

Or ce n'est pas du tout de cette grille assez idéologique dont se réclament les manifestants contre Charlie. Ils ne s'appuient pas tant sur l'interdit de représenter le prophète (iconophobie qui ne fut ni si originelle, ni si générale, ni si stricte que l'on raconte souvent).

Leur justification est beaucoup plus simple : ils se réfèrent à une sacralité et à une norme qu'il s'agit d'appliquer (punir le blasphème) parce qu'elle émane d'une source supérieure (Dieu lui-même dans cette affaire). Dans cette optique binaire, la séparation du pur et de l'impur, du sacré et du profane suffit en soi. L'offense est adressé à l'ordre où est énoncé le châtiment du sacrilège et du blasphème. Cet impératif indiscutable peut être rendu plus sensible si la victime (le musulman offensé qui se venge) éprouve en tant que personne, notamment le sentiment d'être humilié par des Occidentaux qui le méprisent et s'autorisent tout.

En disant "j'ai vengé le Prophète" en sortant de la fusillade chez Charlie, un des frères Kouachi a bien révélé cette économie de la colère, de l'impératif et de la compensation par le sang. Peu à voir avec notre système basé sur la valeur universelle pédagogique que nous attribuons si volontiers à notre modèle. Et peu de chances de convaincre de notre "pas d'amalgame" ou de notre "respect des consciences privées".

François-Bernard Huyghe

Revue de presse africaine :

« L'Afrique n'est pas "Charlie" » : « Vu d'Afrique, "l'affaire Charlie hebdo" illustre les limites de l'universalisme européo-centré. Vendredi 16 janvier, alors que les sociétés de l'hémisphère nord communiaient dans le culte de la liberté d'expression, une partie de l'Afrique s' insurgeait contre la France des "Charlie". Du Sénégal à la Mauritanie, du Mali au Niger, de l'Algérie à la Tunisie et au Soudan, le drapeau français a été brûlé, des bâtiments français incendiés et en "prime", des églises détruites. Quant aux imprudents chefs d'Etat africains qui participèrent à la marche des "Charlie", dont Ibrahim Boubacar Keita du Mali, les voilà désormais désignés ennemis de l'islam. Aveuglés par la légitime émotion et noyés sous l'immédiateté, nos responsables politiques n'ont pas songé à se demander comment l'Afrique percevait les événements. Or, alors que pour nous, il s'agit d'un ignoble attentat contre la liberté d'expression commis contre des journalistes, personnes sacrées dans nos sociétés de la communication, pour une grande partie de l'Afrique, il s'agit tout au contraire de la "juste punition de blasphémateurs". Qui plus est ces derniers n'en étaient pas à leur coup d'essai et ils avaient même été solennellement mis en garde. Voilà pourquoi leurs assassins sont considérés comme des "héros". Quant aux foules de "Charlie", elles sont vues comme complices des insultes faites au Prophète. De plus, comme le président de la République a marché à leur tête, cela signifie que la France et les Français sont coupables.» Source : Blog officiel de Bernard Lugan.

"Pourquoi les manifestations contre la France prennent de l’ampleur en Afrique": « Les partis modérés ne souhaitent pas se laisser déborder par les salafistes. L’indignation contre les caricatures de Charlie Hebdo efface les cloisons entre les courants de l’Islam africain : « Depuis quatre jours, la photo de son président, François Hollande, est piétiné par la foule et le drapeau français brûlé même dans les pays très modérés et alliés. Au Sénégal, cela n’était plus arrivé depuis le début des années 80. Au Niger, les manifestations du week-end se sont soldés par 5 morts et 45 églises attaquées... De la Mauritanie au Niger, la vague de solidarité envers une France touchée par le terrorisme a fait place à l’indignation contre un pays qui laisse ses médias offenser la religion musulmane. « La France est dans une position délicate au moment où elle doit gérer des questions de sécurité intérieure et gérer son image à l’étranger, analyse Bakary Sambe, le coordonnateur de l’observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique. Les populations musulmanes africaines ne perçoivent pas de la même manière la laïcité française de combat et la liberté d’expression ». La commune indignation contre les caricatures de Charlie Hebdo tend aussi à effacer les cloisons traditionnelles entre les différents courants de l’Islam en Afrique, particulièrement à l’ouest. Les confréries modérés soufies, comme les mourides et les tidjanes au Sénégal, sont impliquées dans les manifestations.» Source : L'Opinion (19-01-2015).

"Manifestations contre Charlie Hebdo: quatre morts à Zinder, au Niger" : « Le Centre culturel français de Zinder, la deuxième ville du Niger, a été incendié vendredi en marge d'une manifestation de protestation contre la publication du dernier numéro de Charlie Hebdo. Trois manifestants et un gendarme ont été tués, et 45 autres personnes ont été blessées. Ce numéro, le premier publié depuis l'attentat contre la rédaction de l'hebdomadaire français le 7 janvier, représente une caricature du prophète Mahomet. Ce samedi matin, une nouvelle manifestation a dégénéré, à Niamey cette fois. C’est au cri de « Allahou Akbar » que les manifestants sont descendus dans les rues de Zinder sitôt après la grande prière de vendredi. Des fidèles de plusieurs mosquées, généralement en colère, ont convergé vers le centre-ville, cassant et ravageant tout sur leur passage. Les manifestants, dont certains portaient des bandeaux sur le front avec des écritures en arabe, ont mis le feu sur plusieurs carrefours de Zinder. Les protestataires s'en sont notamment pris à la communauté chrétienne. La dizaine d’églises que compte la ville a été brûlée ou saccagée ... Pour la première fois, selon des personnes contactées par téléphone, le drapeau noir de Boko Haram a été brandi dans la foule. Selon le père Léon, une centaine de chrétiens, dont onze sœurs, ont trouvé refuge à la garnison militaire et au camp de la garde nationale. Pour se venger de la France et du journal Charlie Hebdo, les manifestants ont aussi brûlé un drapeau français et mis le feu à la plus grande bibliothèque de Zinder, celle du Centre culturel franco-nigérien. Un peu plus loin, dans la zone du stade, le siège du principal parti au pouvoir, le PNDS, est également parti en fumée.» Source : RFI (17-01-2015).

"Mali : la manifestation anti Charlie gagne la région de Kayes" : « La manifestation de protestation contre la caricature du prophète Mohamed à la Une du journal satirique français, Charlie Hebdo, a gagné samedi la ville malienne de Kayes où plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’insulte. Tout au long de leur parcours, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au journal satirique français et appelé au respect de l’islam et de son prophète. « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », a expliqué Oumar Baro, l’un des organisateurs de la manifestation...» Source : Star Africa.

"Manifestations anticharlie : Le monde musulman en colère" : « A l’instar du Mali, des manifestations contre Charlie Hebdo ont eu lieu, le weekend, dans beaucoup de pays africains (le Sénégal, la Mauritanie, le Soudan, l’Algérie, le Niger…). Et si les manifestations se sont déroulées dans le calme dans la plupart de ces pays, elles ont pris une autre tournure au Niger. En effet, le vendredi 16 janvier, dans la ville de Zinder, le Centre culturel français a été incendié et quatre personnes, dont un gendarme, ont été tuées. Comme une traînée de poudre, la vague des contestations a atteint Niamey, le vendredi 16 et samedi 17 janvier. Dans la capitale nigérienne, au moins sept églises ont été incendiées par des manifestants. près la republication de la caricature du prophète Mohamed (PSL), des manifestions de protestations se sont déroulées dans beaucoup de pays africains. Au Sénégal, selon nos informations, ils étaient plus d’un millier de manifestants, après la prière du vendredi. L’AFP indique que plusieurs manifestants ont critiqué le président Macky Sall pour avoir participé à la marche républicaine organisée dimanche à Paris, contre « le terrorisme », après les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière en France, dont 12 lors de l’attaque contre l’hebdomadaire satirique. Un drapeau français a été brûlé devant l’ambassade de France, dans le centre de Dakar, par un groupe de manifestants qui ont scandé des slogans à la gloire du prophète Mahomet(PSL), selon des journalistes de l’AFP. Et il a fallu l’intervention de la police qui a lancé des bombes lacrymogènes pour disperser la foule, qui criait "Allah akbar" ». Source : Koulouba, Actualités maliennes.

"Colère et manifestations en Afrique contre Charlie Hebdo" : « Une partie de l’Afrique est en colère contre Charlie Hebdo et a tenu à l’exprimer ! Au Mali, au Niger, au Sénégal, en Mauritanie, en Algérie, en Tunisie, et même au Soudan, des milliers de personnes ont manifesté ce vendredi contre la Une du journal satirique français, représentant le prophète de l’islam. Au moins quatre personnes ont été tuées au Niger, et certains manifestants ont brûlé le drapeau français ... Une partie de l’Afrique est en colère contre Charlie Hebdo et a tenu à l’exprimer ! Au Mali, au Niger, au Sénégal, en Mauritanie, en Algérie, en Tunisie, et même au Soudan, des milliers de personnes ont manifesté ce vendredi contre la Une du journal satirique français, représentant le prophète de l’islam. Au moins quatre personnes ont été tuées au Niger, et certains manifestants ont brûlé le drapeau français.» Source : Afrik.com.

"La une du Charlie Hebdo pique au vif des musulmans d'Afrique et du Moyen-Orient" : « La une du Charlie Hebdo illustrant le prophète Mahomet qui pleure et pardonne a suscité des manifestations et même des violences meurtrières en Afrique et au Moyen-Orient, vendredi, le Niger affichant le plus lourd bilan avec 4 morts et 45 blessés. À Karachi, au Pakistan, on rapporte un blessé grave ... À Zinder, deuxième ville en importance au Niger, des sources policières rapportent que certains manifestants étaient armés d'arcs et de flèches et de gourdins et que les heurts ont entraîné la mort de trois civils et d'un policier. Offensés par cette nouvelle caricature du prophète affichée par l'hebdomadaire satirique, des milliers de personnes ont déferlé dans les rues de la ville, juste après la prière, après avoir été incités à le faire par voie de messages textes durant les offices religieux. Des protestataires ont incendié le Centre culturel franco-nigérien et ont saccagé trois églises, dont une catholique et deux évangéliques.» Source : Radio-Canada (16-01-2015).

Voir également du même auteur :

"Califat : malédiction, défi et exemple" : Malgré un système doctrinal structuré de façon simple, le succès du califat, au moins en termes de recrutement, pourrait se résumer : "le salut par l'allégeance et l'épée", par François-Bernard Huyghe in European-Security (13-02-2015).
"Contre-propagande : La vidéo #stopdjihadisme" : La campagne de contre-propagande #stopdjihadisme du gouvernement (une vidéo préparée depuis quelques temps mais qui sort opportunément peu après le 11 janvier) fait débat, par François-Bernard Huyghe in European-Security (29-01-2015).
"Manifestations contre Charlie" : Des émeutes, des morts, des églises ou des centres culturels incendiés..., par François-Bernard Huyghe in European-Security (22-06-2014).
"Jihadisme et impact symbolique : Frapper des millions à trois" : Vrais coups de génie en termes de communication comme le hashtag slogan "#jesuisCharlie" qui implique à la fois « Je me reconnais dans la victime », « nous sommes un peuple » et « j'ai le courage », même si, une fois encore, ceci est dans l'ordre symbolique, par François-Bernard Huyghe in European-Security (13-01-2015).
"La couche sémantique du Web" : Dans le cyberespace, un "espace" métaphorique sans distances ni surfaces, mais composé par la connexion d'hommes et de machines reliés par des électrons, il est désormais admis qu'il faut distinguer trois couches, par François-Bernard Huyghe in European-Security (29-12-2014).
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"Jihadistes irakiens, réseaux sociaux et images" : La "médiologie" présente l'avantage de s'intéresser aux deux aspects de la guerre qui échappaient à la polémologie : la technologie et la symbolique, par François-Bernard Huyghe in European-Security (22-06-2014).
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"L'avenir du terrorisme" : deux méthodes s'opposent : "américaine" et "européenne": la première suppose une victoire impossible et une guerre perpétuelle, la seconde s’en prend aux terroristes non au terrorisme, par François-Bernard Huyghe in European-Security (02-04-2005).
"Sept erreurs répandues sur la guerre de l'information" : Il n’y a pas une guerre de l’information mais des stratégies par l’information, par François-Bernard Huyghe in European-Security (27-06-2004)
"Trois guerres de l’information en Irak" : Quand l'image se retourne contre la société des images dans sa lutte "pour le coeur et l'esprit des hommes", François-Bernard Huyghe in European-Security (01-06-2004).
"WW IV : La 4e Guerre Mondiale a-t-elle commencé le 11 septembre ?" Ce qui a changé le 11 Septembre, c’est la façon de nommer un principe comme ennemi et non plus de désigner un ennemi comme porteur d’un principe, par François-Bernard Huyghe in European-Security (30-07-2003).

Liens utiles :

Site de François-Bernard Huyghe
Polémologie : "Actualité de la polémologie" : L´héritage de la polémologie s'est dispersé après la mort de Gaston Bouthoul en 1980 ... Un éventuel renouveau de la polémologie supposerait, à notre avis, d'établir dans quelle mesure les méthodes utilisées pour rendre compte de conflits déterminés sont transférables à l'analyse de conflits de type, de niveau et d'ampleur différents, par Pascal Hintermeyer in European-Security (05-03-2008).


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