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Les trois ambitions du projet SID 2020

Les trois ambitions du projet SID 2020

Discours de Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, lors de la prise d’armes à l’occasion des dix ans du Service d’infrastructure de la Défense. Versailles, le 29 septembre 2015.– Seul le prononcé fait foi – Source : DICoD.

Monsieur le chef d’état-major des armées,
Monsieur le secrétaire général pour l’administration,
Monsieur le préfet,
Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d’être aujourd’hui parmi vous, dans ce cadre historique de l’Orangerie du château de Versailles, pour rendre hommage au travail remarquable qui est accompli au quotidien, depuis dix ans, par les équipes du service d’infrastructure de la défense, le SID.

Il n’est pas exagéré de dire que vous êtes, tous ici, les héritiers d’une longue et prestigieuse histoire. Je pense à des figures aussi éminentes que Vauban – dont les citadelles ornent aujourd’hui vos épaulettes – ou le marquis d’Asfeld, qui, par son exemple, guide désormais les pas de la quatrième promotion du corps des ingénieurs militaires de l’infrastructure, dont le baptême vient d’avoir lieu.

Cinq siècles d’histoire : voilà qui vous donne l’expérience et le recul nécessaires pour aborder et préparer l’avenir en confiance. Mais, avant d’évoquer le rôle essentiel que vous serez amené à jouer dans les années qui viennent, je voudrais d’abord faire le bilan de ces dix premières années d’existence.

La création du SID, en 2005 au sein du Secrétariat général pour l’administration, répondait à la nécessité de fusionner et d’interarmiser les fonctions d’infrastructure au sein du ministère, pour les rendre plus efficaces et permettre aux services ainsi regroupés, de se fixer des priorités communes. Depuis, votre Service ne cesse d’évoluer et de s’adapter, pour répondre aux besoins des armées, directions et services du ministère, en métropole comme outre-mer, à l’étranger et sur tous les théâtres d’opérations – où vous accompagnez les forces au titre du soutien au stationnement.

Fort de cette unification, le SID occupe aujourd’hui une place unique au sein du ministère et, plus largement, au sein de l’État sous l’autorité du Secrétariat général pour l’administration. En lien étroit avec la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives, le SID est l’opérateur de référence du ministère en termes d’infrastructure et d’énergie.

La Défense a d’importants besoins dans ces domaines. Je pense d’abord à tous les investissements que nous devons faire, pour adapter les infrastructures aux nouveaux équipements. Je citerai en particulier l’arrivée de nouveaux appareils tels que l’A400M ou la FREMM. Ainsi, en 2011, le ministère a ainsi fait appel à l’établissement du SID de Brest pour la construction d’un nouveau ponton capable d’accueillir les deux premières frégates, Aquitaine et Normandie.

Mais les besoins sont également considérables en ce qui concerne l’entretien d’un patrimoine immobilier conséquent – rappelons qu’il représente environ 40% du parc immobilier de l’État – mais vieillissant. En 2012, le SID s’est ainsi illustré en réhabilitant entièrement un ancien atelier de menuiserie anciennement dédié aux chantiers navals militaires de Toulon, afin que le centre de mise en œuvre de la DIRISI puisse s’y installer.

Le rôle du SID, par ces exemples, est ainsi déterminant. Il est un organisme de soutien, qui permet aux forces de remplir leur contrat opérationnel. A ce titre, il est mobilisé sur toutes les opérations prioritaires du ministère de la défense, et notamment les plus urgentes. Je pense en particulier à l’opération Sentinelle, qui a demandé, en un temps très court, des aménagements sans précédent pour héberger nos forces ainsi déployées sur le territoire national.

Mais le SID intervient aussi au-delà du domaine de la Défense : il soutient le service militaire adapté et la gendarmerie, outre-mer et à l’étranger. En métropole, il conduit les opérations d’infrastructure nécessaires à l’expérimentation du service militaire volontaire sur les sites retenus. Et quant au centre d’expertise des techniques de l’infrastructure de la défense, il répond à de nombreuses sollicitations émanant d’autres ministères, voire d’autres pays.

Au fondement de cette excellence, il y a bien sûr la formation dont bénéficient les ingénieurs militaires. Signe du caractère unique du SID, le corps des ingénieurs militaires de l’infrastructure (IMI) a été créé en 2010 pour garantir le recrutement nécessaire en officiers qualifiés. S’agissant de la formation initiale requise pour ces officiers, l’école nationale supérieure des ingénieurs de l’infrastructure militaire, créée en 2011, est la seule école militaire adossée à une grande école civile, l’École nationale supérieure des Arts et Métiers.

Alors que la quatrième promotion vient d’être baptisée, les IMI issus de la première promotion, la promotion « Vauban », se verront remettre leur diplôme aujourd’hui même et rejoindront sous peu leur première affectation, au sein des établissements du service. J’adresse à tous, à ceux de Vauban comme à ceux du marquis d’Asfeld, toutes mes félicitations et tous mes encouragements.

Aux côtés de leurs aînés, ce sont bien sûr les plus jeunes ingénieurs militaires de l’infrastructure qui vont écrire l’avenir du SID.

Pour l’envisager, et notamment faire face aux nouveaux défis de programmation qui se présentent, le SID est désormais guidé par un ambitieux projet de service. Je veux d’ailleurs en saluer la grande qualité. Pensé et rédigé en partenariat avec les bénéficiaires – armées, directions et services –, le projet SID 2020 fixe trois ambitions : maintenir la capacité du ministère à répondre aux besoins d’adaptation des forces, améliorer la performance énergétique du ministère et enfin freiner la dégradation de l’état de notre patrimoine immobilier.

C’est ainsi que le SID fera un effort particulier sur les infrastructures des dix domaines identifiés comme stratégiques pour le ministère : le nucléaire, le maritime portuaire et industriel, l’aéroportuaire, les espaces d’instruction et d’entraînement, l’hospitalier, le data-center, la dépollution, tout ce qui touche à la performance énergétique, les dépôts de munition et enfin la protection-défense. Chacun de ces domaines sera porté en particulier par un établissement référent du service. C’est là une approche novatrice et interarmées, qui doit permettre une optimisation du fonctionnement du SID.

Dans le même temps, le Service devra développer des stratégies de maintenance adaptées à chaque milieu, à chaque type d’infrastructure, permettant d’optimiser l’emploi des ressources allouées.

Il devra, quand c’est nécessaire, trouver de nouvelles voies, innover dans ses pratiques, notamment dans ses modes de contractualisation, pour satisfaire les exigences tout en tenant compte des contraintes qui lui sont imposées.

Dans le domaine de la condition du personnel, dont il est un acteur majeur, le Service devra poursuivre les efforts entrepris, au travers notamment du plan d’urgence lancé fin 2014, pour garantir les meilleures conditions de vie et de travail à chacun des agents du ministère.

La gestion du personnel et des effectifs du SID est bien sûr un volet fondamental du projet de service : le plan stratégique RH, que je sais attendu, sera le point de départ pour, en liaison avec la DRH-MD et les armées, qui lui procurent l’essentiel de sa ressource humaine, garantir au service la disponibilité et la compétence de cette ressource, sans laquelle rien n’est possible. Les personnels civils, qui représentent deux-tiers de l’effectif global, y ont bien sûr toute leur place, tandis que les militaires sont nécessaires pour prendre en charge le soutien infrastructure en opérations.

La devise « Opérationnel à vos côtés », que vous vous êtes donné, porte ainsi très bien les ambitions du SID, auquel les plus hautes autorités des armées, directions et services, présentent aujourd’hui, montrent tout leur attachement. Cette devise fait d’ailleurs écho à celle retenu par le chef d’état-major des armées « Opérationnels ensemble ». C’est bien l’ensemble du ministère de la défense qui est engagé, groupé et solidaire, civils et militaires, pour relever les défis et mener les combats qui l’attendent.

Dans un environnement de défense en constante évolution, à travers des innovations techniques et contractuelles, le service d’infrastructure de la défense a su s’adapter afin de répondre toujours mieux aux besoins des armées, des directions et des services du ministère.

Les nombreuses réalisations et améliorations effectuées, les résultats déjà obtenus sont le signe fort de l’engagement et de la compétence des 7000 personnels du SID, civils et militaires, que je veux féliciter pour l’ensemble du travail accompli et du chemin déjà parcouru.

Après dix ans d’histoire, riches d’évolutions pour le Service, une nouvelle page s’ouvre avec le projet SID 2020. Je vous fais toute confiance pour relever, sur cette belle lancée, tous les défis qui vous attendent encore.

Vive la République.
Vive la France.
 


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