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Oui, la République a besoin de savants

Intervention de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, devant le conseil d'administration de l'École Polytechnique. Palaiseau, le 15 décembre 2015 – Seul le prononcé fait foi – Source : DICoD.

Messieurs les ministres,
Monsieur le délégué, Monsieur le secrétaire général,
Monsieur le président de l’École Polytechnique,
Mesdames et Messieurs les administrateurs de l’École Polytechnique,
Cher Bernard Attali,
Mesdames et Messieurs,

Comme je m’y étais engagé au mois de juin dernier, je reviens aujourd’hui à l’École Polytechnique, pour cette séance élargie de votre conseil d’administration. Je ne viens pas seul, vous le voyez. La présence de mes collègues Emmanuel Macron et Thierry Mandon, que je remercie chaleureusement d’être ici aujourd’hui, témoigne de ce que l’X, au-delà de sa tutelle Défense, est l’un des symboles de l’enseignement supérieur en France, de son excellence, et en même temps un formidable atout pour le développement économique de notre pays. Une telle représentation du gouvernement devant le conseil d’administration d’une école, je crois pouvoir affirmer que c’est une première. Et ce n’est pas par hasard. Ce mardi 15 décembre 2015 restera comme un jour important pour l’École Polytechnique, et plus largement pour l'enseignement supérieur en France. Nous allons y revenir.

Permettez-moi de le rappeler pour commencer : en temps de guerre, la force pure n’est rien sans le savoir, la science et la technologie. L’Histoire est là pour nous l’enseigner : toujours, ce fut l’un des champs de bataille essentiels, là où tout se joue. Aujourd’hui, la France doit à nouveau se défendre contre des attaques multiformes. Elle n’y parviendra qu’en maîtrisant l’ensemble des technologies qui fondent au 21ème siècle la souveraineté d’un pays – je pense par exemple à la cybersécurité, au big data, aux nanotechnologies… La France restera puissante à la condition de former des élites intellectuelles, scientifiques, techniques, qui seront demain ses meilleurs remparts contre ceux qui voudraient attaquer ses valeurs, son modèle, son existence même. Oui, la République a besoin de savants ! J’en ai plus que jamais la conviction.

Nous sommes ici pour définir un nouvel avenir à l’école Polytechnique, un avenir ambitieux, à la hauteur de ses succès passés. Les grands axes du futur plan stratégique de l’école, que je vais évoquer devant vous ici, sont très largement inspirés du rapport de Bernard Attali, remis il y a six mois au gouvernement. Cher Bernard, je voudrais vous remercier à nouveau pour votre extraordinaire implication, qui n’a d’ailleurs pas faibli depuis la remise de votre rapport. Je mesure à quel point tout cela vous a passionné. Je sais que vous êtes aujourd’hui dans le monde de la haute finance. Mais je souhaiterais que votre énergie, votre talent, continuent à servir aussi l’État. Il y a tant d’autres chantiers à mener ! Nous en reparlerons.

En juin, j’avais présenté les grandes lignes de ce rapport, et j’avais indiqué que je partageais pour une bonne part les initiatives qu’il suggérait. Si j’en juge par le nombre de ses recommandations qui ont été approuvées au cours des travaux menés dans les derniers mois, je peux dire, sans risque, que son auteur avait fait preuve de beaucoup de clairvoyance.

Au plan de la méthode, depuis six mois, un comité directeur, piloté par mon directeur de cabinet, et des groupes de travail très représentatifs, ont œuvré d’arrache-pied. Les délais étaient ambitieux, ils ont été relevés. Mon directeur de cabinet, Cédric Lewandowski, a réuni très régulièrement autour de lui un groupe interministériel, dans la perspective de cette date du 15 décembre 2015. Mes conseillers industriels, dont l’attachement à l’école polytechnique ne peut être, je crois, questionné, ont de la même manière, de manière quotidienne, et avec l’assistance précieuse du cabinet McKinsey, piloté le bon aboutissement des travaux.

Il le fallait. Car la quantité de travail accomplie dans les différents groupes de travail était considérable. Je voudrais notamment mentionner l’implication du préfet Carenco, préfet de région, qui s’est particulièrement penché sur la place de l’X à Saclay. L’ensemble des recommandations du rapport ont été débattues – sans tabou ni parti pris – et bien sûr chiffrées. Nombre d’entre vous, mesdames et messieurs les administrateurs, ont été étroitement associés à ces travaux, et je vous remercie pour votre mobilisation, comme pour la grande qualité de votre contribution. Avec une mention particulière pour Jacques Biot, Yves Demay et Franck Pacard, et leur engagement constant et expert. Je dois vous dire que je suis très sensible à l’attachement que vous tous témoignez à l’école. Je sais aussi que la communauté polytechnicienne s’est particulièrement engagée pour accompagner ces changements : l’Association des anciens et la Fondation de l’X dont je salue les présidents, Bruno Angles et Denis Ranque, ont joué de leur côté un rôle fédérateur essentiel. Cette méthode de travail, mélange d’ouverture et de rigueur, est essentielle pour réussir une réforme. Grâce à elle, ce sont ainsi des mesures ambitieuses, mais aussi cohérentes, et solidement étayées, qui m’ont été soumises.

Avant de présenter plus avant les orientations stratégiques que je retiens, laissez-moi vous rappeler les deux principes directeurs qui ont fondé mes arbitrages pour la réforme de l’École Polytechnique : préserver son excellence, et renforcer son lien avec la nation. Excellence, parce qu’il n’y a tout simplement pas d’autre choix pour assurer à la France une place de premier rang dans la compétition internationale. Et lien avec la nation bien sûr, car si la République consent des efforts particuliers pour l’École Polytechnique, c’est évidemment pour, en retour, offrir à l’État et l’économie française un vivier d’ingénieurs de très grande qualité. C’est d’ailleurs le sens de la réforme de la pantoufle, que j’ai menée à son terme l’année dernière, qui ne devrait faire qu’augmenter l’appétence des élèves de l’X pour le service du pays.

En résumé, les objectifs stratégiques de l’École Polytechnique sont donc pour moi très clairs : il s’agit d’attirer les meilleurs élèves scientifiques français, et de leur offrir une formation reconnue internationalement pour son excellence, au bénéfice de la nation.

Je suis donc heureux de vous présenter, à cette aune, les orientations stratégiques que le gouvernement entend retenir pour l’X : il vous reviendra ensuite, mesdames et messieurs les administrateurs de l’École, d’organiser leur mise en œuvre. La totalité de ces mesures seront reprises dans un document stratégique que j’adresserai prochainement au Président de l’X.

Au fondement de cette démarche, il m’appartient évidemment de réaffirmer les liens très forts qui existent entre votre école et la Défense. Il y a bien évidemment la tutelle, qui est remarquablement assurée par la direction générale de l’armement. Mais il y a aussi le sens du bien commun, de la patrie, que vous cultivez ici, à l’École Polytechnique, que vous l’inculquez à des élèves qui, demain, auront la tâche de remporter des victoires pour notre pays, de préserver sa souveraineté, ses valeurs et tout ce qui fait sa grandeur. C’est le sens du statut militaire des élèves pendant leurs années de scolarité, ainsi que de la solde qui leur est versée, auxquels je tiens.

Les liens entre l’École Polytechnique et le monde de la Défense doivent cependant être significativement renforcés. C’est pourquoi la DGA va augmenter de 50% ses investissements de recherche sur le plateau dans les prochaines années. Et c’est pourquoi j’ai décidé de faire croître significativement la subvention de la DGA à l’École, au moins sur quelques années, pour accompagner la mise en œuvre de la réforme. J’y reviendrai.

Dans le même esprit, un pôle d’études sur la guerre sera créé, au sein du département humanités et sciences sociales de l’École Polytechnique. Ce pôle travaillera en lien étroit avec l’IHEDN - institut avec lequel je souhaite que les liens puissent se renforcer - et d’autres partenaires académiques, dans le cadre du réseau de centres d’excellence sur les questions de défense que mon ministère s’est donné pour mission de constituer. Par ailleurs l’École pourra utilement recevoir quelques excellents élèves des écoles d’officiers pendant une partie du cursus polytechnicien. C’est une façon de rendre aux armées ce que celles-ci offrent à l’École Polytechnique.

Je veux donc le réaffirmer avec force : en ces temps troublés, le sens de l’éthique, le service de l’État, l’esprit collectif, qui sont conférés aux élèves par l’appartenance de cette école à la Défense, sont un bien précieux, qu’il faut impérativement cultiver. Ce sont d’ailleurs ces valeurs, ces spécificités, que les élèves iront faire rayonner dans leurs diverses carrières, que ce soit dans l’administration ou dans le secteur privé.

Au-delà du monde de la Défense, les relations de l’X avec la haute fonction publique sont également essentielles.

Afin de maintenir un lien étroit et en même temps modernisé avec le secteur public, je souhaite vous voir modifier le mode de recrutement des ingénieurs de l’État, en apportant dès la promotion X 2016 deux modifications substantielles à la procédure existante. D’une part, vous instaurerez une note d’évaluation du projet professionnel des candidats, qui appréciera la qualité et la cohérence du projet des candidats. Cette note devra être assortie d’un coefficient significatif, et sera éventuellement éliminatoire pour l’inscription au tableau de classement de sortie. D’autre part, vous coordonnerez l’organisation d’entretiens systématiques entre les élèves intéressés et les corps recruteurs, avant la procédure d’affectation. Ces entretiens permettront aux recruteurs de donner une appréciation personnalisée sur le profil des candidats et leurs perspectives de carrières au sein des corps.

En ce qui concerne la question épineuse de la suppression du classement de sortie, je souhaite encore affiner mon jugement. J’y vois en effet l’avantage de permettre aux recruteurs d’exercer un choix autonome de leurs futurs ingénieurs. Mais je sais que cela suppose aussi une modification de l’ordonnance de 1958, qui interdit en l’état la suppression pure et simple du classement de sortie. Cela étant dit, la question dépasse le cadre de l’école : elle est avant tout posée aux futurs employeurs, qui sont les « clients » de ce classement. Je propose donc que la réflexion soit poursuivie activement, avec toutes les parties prenantes, et avec le souci d’aboutir rapidement.

Enfin, vous, membres du conseil d’administration, prendrez une part active aux différents groupes de travail qui seront prochainement constitués pour traiter de la question de l’essaimage des ingénieurs de l’État dans les fonctions publiques territoriale, hospitalière, européenne, ainsi que des aller-retour public-privé.

En matière de formation, l’École Polytechnique assoit depuis toujours sa réputation sur son cursus d’ingénieur, qui a formé des élèves aux réussites professionnelles souvent éclatantes. Mais si le cycle ingénieur de l’École Polytechnique est un « produit » très apprécié des employeurs, son adaptation au marché pourrait néanmoins être encore renforcée. Le développement des compétences non techniques (dites « soft skills ») doit par exemple être poursuivi.

L’heure est également venue de diversifier les offres. L’École propose déjà des masters et des doctorats, d’ailleurs délivrés par l’Université Paris-Saclay. Je souhaite que soit créé très rapidement un cycle « bachelor », accessible aux publics français et internationaux, hautement sélectif. Ce cursus de trois ans sera sanctionné par un diplôme d’établissement de l’École Polytechnique, valant grade de licence. Cette mesure, qui semble avoir suscité d’intenses débats, mais dont je comprends qu’elle recueille désormais un large assentiment, a deux objectifs. Tout d’abord, permettre à l’X d’être présente comme ses concurrents internationaux sur le créneau de la formation post-bac. En effet l’X se prive aujourd’hui d’une ressource internationale d’excellente qualité au niveau bachelor. Ensuite, et ce point m’a particulièrement interpellé, parce que tous observent un phénomène, en nette augmentation, de fuite d’excellents bacheliers français vers l’international dès la sortie du bac. Les proviseurs des meilleurs lycées le constatent chaque année davantage. Les causes en sont sans doute diverses. Mais l’attrait d’un modèle pédagogique innovant, couplé à la réputation prestigieuse de l’X, serait incontestablement de nature à retenir les meilleurs en France, notamment parmi ceux qui sont trop souvent tentés par une expatriation excessivement précoce.

Évitons les malentendus : l’obtention de ce diplôme de bachelor ne confèrera aucun avantage particulier pour intégrer le cycle ingénieur polytechnicien ou les masters opérés par l’X. En revanche, les élèves ayant suivi avec succès le bachelor auront le droit de candidater à ces formations (par le biais du concours universitaire pour le cycle polytechnicien), ce qui ne fera qu’augmenter le vivier de candidats, et in fine la qualité des élèves recrutés.

Je souhaite également que soit créée à l’X une offre de formation conférant le grade de master. Cette offre de master, professionnalisante, en anglais, distincte de l’offre de masters de l’Université Paris-Saclay, sera résolument tournée vers l’entreprise, et permettra de doter l’X d’une palette de formation complète.

L’ancrage d’une grande école à des laboratoires de recherche du meilleur niveau est fondamental pour la construction d’une formation d’ingénieurs de qualité. Il nous faut soutenir la recherche de très haute tenue menée à l’X. Dans un monde de l’enseignement supérieur de plus en plus globalisé, la concurrence est vive pour recruter les meilleurs enseignants-chercheurs au plan international.

Je m’engage donc à mobiliser, au sein de mon ministère, les moyens nécessaires au recrutement, dans les cinq années à venir, de plusieurs enseignants-chercheurs au meilleur niveau mondial. Cet investissement, majeur, devra s’accompagner d’une adaptation du statut des enseignants-chercheurs, pour augmenter les capacités de manœuvre de l’école en matière d’intéressement par exemple. Je vous y aiderai.

Les connaissances de très haut niveau, qui sont créées et dispensées ici à l’École Polytechnique, sont par essence universelles, et l’accès à ce savoir doit être ouvert à tous, sur la seule base du mérite des candidats : c’est aussi cela la République. Cela étant, nous le savons, les écarts sociaux, culturels, géographiques peuvent désavantager les élèves issus de milieux défavorisés.

Je vous encourage en particulier à créer sur le campus de l’École Polytechnique un internat d’excellence, dédié à l’accueil de 60 élèves boursiers de classes préparatoires. Vous offrirez à ces élèves sélectionnés, de conditions modestes et de très bon niveau, logement, tutorat, et développement personnel et culturel. L’École doit donner l’exemple.

Par ailleurs, les recrutements universitaires dans le cycle ingénieur polytechnicien seront significativement augmentés, pour atteindre 50 places offertes en 2022. Cet accroissement, porteur d’ouverture intellectuelle et sociale, se fera de manière graduelle, et nous le réévaluerons chaque année par une analyse rigoureuse afin de s’assurer que le niveau d’excellence est préservé. Cet effort, pour réussir, devra être intimement couplé à une campagne de communication ambitieuse au sein des universités, pour garantir la qualité du vivier des candidats.

Si l’École Polytechnique est assurément au service de la nation, le maintien de son excellence lui impose aujourd’hui de s’inscrire dans un contexte pleinement international. Vous tous, mesdames et messieurs les administrateurs, le savez bien, par vos activités professionnelles respectives : nul ne peut faire abstraction de la mondialisation. Et l’École Polytechnique pas plus que les autres, elle qui est confrontée aujourd’hui à des rivaux redoutables, qu’ils soient aux États-Unis, en Angleterre ou en Suisse. Dans ce contexte hautement concurrentiel, les expertises extérieures – et je pense à des personnalités internationales – sont précieuses pour orienter la stratégie d’un établissement. Je suggère donc que nous décidions collectivement d’internationaliser d’avantage encore le conseil d’administration de l’X à échéance des mandats des personnalités qualifiées. La mondialisation n’est pas une thèse à discuter. C’est un fait non discutable. Nos entreprises l’ont compris. Nos écoles doivent l’intégrer aussi.

Outre ce point de gouvernance, je souhaite également que le public étudiant de l’X puisse continuer à s’internationaliser largement. Ainsi, il doit être possible de viser au plus tard à la rentrée 2018 un accueil de 150 étudiants internationaux au sein du cycle ingénieur. En parallèle, une internationalisation accrue des autres filières de formation (qu’il s’agisse des masters, doctorats, et demain du cycle bachelor) doit être recherchée.

Cette internationalisation ne sera viable dans le temps que si elle s’accompagne d’une forte augmentation des droits de scolarité payés par les étudiants internationaux, et que les exemptions de frais soient limitées, en dehors naturellement des élèves boursiers. Pour ne prendre qu’un exemple, mais emblématique, celui du cycle ingénieur : un élève étranger paye en théorie 25.000 euros pour suivre trois années de formation à l’X. En comparaison, il devrait débourser plus du triple s’il allait à Cambridge pour une durée similaire. Ces sommes correspondent d’ailleurs au coût de revient de ces formations d’excellence : nous devrons donc les appliquer à votre école pour les étudiants extra-communautaires.

Reste la question de la taille, de la « dimension ». Malgré leur très haut niveau, les écoles d’ingénieurs françaises restent trop éclatées pour peser contre la concurrence mondialisée, et doivent aujourd’hui faire front commun pour accroître leur lisibilité et leur attractivité. Les victoires extraordinaires que rencontre aujourd’hui notre industrie à l’export –et je pense ici notamment à l’armement - sont le résultat du travail des ingénieurs formés hier dans nos écoles. Nous avons su attirer les meilleurs, nous avons su les former. Les succès de demain, et les emplois qui en résulteront, seront liés à notre capacité à continuer à capter les meilleurs éléments et à leur fournir une formation d’excellence. Cette capacité est battue en brèche aujourd’hui, si l’on en juge par le nombre croissant d’étudiants qui partent à l’étranger une fois le baccalauréat acquis, je l’ai dit tout à l’heure. Il faut inverser cette tendance.

Sur le plateau de Saclay, des rapprochements entre écoles ont déjà été amorcés, avec par exemple l’association entre l’ENSTA et l’X. Ce rapprochement a d’ailleurs été permis par le récent changement de statut de l’X en EPSCP. Ce mouvement doit s’amplifier, et mes collègues Emmanuel Macron et Thierry Mandon vont vous indiquer comment dans une minute. Ils vont indiqueront en particulier à quel point l’association de nos écoles entre elles sera une richesse pour les écoles, mais aussi pour l’université Paris Saclay qui se constitue, qui mêlera deux univers aux ADN très différents, les grandes écoles et les universités, mais deux univers qui peuvent opérer des fertilisations croisées riches, dès lors qu’on ne cherche pas à nier leurs particularités, ni à l’un, ni à l’autre, ou à dissoudre l’un dans l’autre.

Mesdames, Messieurs,

Les orientations stratégiques que je viens de vous décrire, sont je crois ambitieuses, mais elles préservent aussi les acquis qui ont toujours fait le succès de l’École Polytechnique. Je souhaite désormais qu’elles soient détaillées dans un plan stratégique à dix ans pour l’École. Ce plan devra être établi pour le mois de mars 2016. Après cette période de questionnement, nécessaire à l’établissement d’une stratégie vigoureuse, il faut maintenant que l’École Polytechnique retrouve sa sérénité. Ce plan stratégique, dont je suivrai personnellement la mise en œuvre, servira de base au nouveau contrat d’objectifs et de performance qui devra être établi pour juin 2016. Je sais que votre conseil et la direction de l’École auront à cœur de le mettre en œuvre. Je sais aussi pouvoir compter sur le dévouement des personnels enseignants, chercheurs, ingénieurs et techniciens, et de l’ensemble des personnels administratifs et de soutien. Leurs qualités et leur implication seront essentiels pour mener à bien ce grand changement.

Le ministère de la Défense, pour sa part, s’engagera à hauteur de 60 millions d’euros dans les cinq années à venir pour accompagner spécifiquement l’ensemble de ces initiatives nouvelles. Grâce aux efforts que nous consentirons sur cette période, l’École Polytechnique, dans dix ans, présentera un visage transformé, et bénéficiera d’une indépendance financière accrue, notamment fondée sur les ambitieuses levées de fonds à venir et que doit lancer la Fondation de l’X dont je souligne, encore une fois, le rôle essentiel.

Au passage un mot sur vos infrastructures qui sont, je le sais, vieillissantes. Pour une école qui est un pôle d’excellence, et qui ambitionne le plus haut niveau international, cela doit être corrigé. Vous établirez donc dans les mois qui viennent un plan des travaux de rénovation qui doivent être entrepris.

Mesdames, Messieurs, nombreux sont ceux qui disent que la France est difficile à réformer ! Eh bien, je compte sur les polytechniciens pour démontrer une fois de plus qu’il s’agit là d’une idée fausse. Ne vous trompez pas sur notre mobilisation autour de ce projet. Il a le soutien du Président de la République, comme du Premier ministre et de son gouvernement. Car il ne s’agit pas d’engager aujourd’hui une réforme parmi d’autres, dont l’intérêt ne serait perçu qu’au sein de la communauté polytechnicienne. C’est, bien au-delà, une étape essentielle dans la mobilisation du pays, pour assurer la pérennité de nos acquis les plus précieux, pour notre développement et notre rayonnement international. En ces heures difficiles, il est vital de pouvoir s’appuyer sur une institution telle que l’X afin de défendre, au-delà de notre potentiel scientifique, notre souveraineté, la permanence des valeurs et de tout ce qui fait la grandeur de notre République.

Je vous remercie.


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