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Unis pour faire face

Unis pour faire face

« Notre pays est une nouvelle fois en deuil, notre armée est dans l’épreuve, l’armée de l’Air est sous le choc. Nous pleurons neuf de nos soldats. Ils ont péri dans un terrible accident qui s’est produit le 26 janvier dernier. D’autres sont gravement blessés. Ils étaient vos proches, vos parents, vos enfants, vos camarades, ils étaient notre fierté. Ces aviateurs étaient déployés en Espagne à Albacete. Ils s’entraînaient durement. Ils participaient à l’un des exercices les plus difficiles de l’OTAN. Seuls les meilleurs y avaient été sélectionnés. Le détachement français était composé de 107 membres. Il y avait des pilotes pour conduire une dizaine d’avions ; des mécaniciens pour assurer une totale disponibilité des matériels ; et des personnels civils pour apporter le soutien nécessaire. Cette mission d’entraînement était destinée à préparer nos forces pour assurer les interventions extérieures dans laquelle l’armée de l’Air est fortement investie. D’abord en Afrique, notamment à Djibouti, au Tchad et au Niger, d’où nous avions décollent pour surveiller le Sahel, la République centrafricaine ou le Nigeria comme en ce moment. Ensuite au Moyen Orient, d’où nos avions partent de Jordanie ou des Émirats arabes unis pour effectuer des missions au dessus de l’Irak. Ces aviateurs défendent loin de chez nous, parfois très loin, les valeurs de la République : la liberté, la dignité humaine, l’égalité. Partout où ils sont engagés, ils luttent contre les terroristes, où qu’ils soient, qui menacent notre sécurité. Chaque jour notre armée de l’Air démontre qu’elle fait partie des meilleures du monde. Pour garder sa place, les aviateurs doivent s’entraîner dans des conditions proches du réel. C’était l’objet de cet exercice d’Albacete en Espagne

« Cette jeune femme et ces hommes ont porté très haut ce que l’on appelle « les ailes de la France », c’est-à-dire notre aviation. Ils étaient jeunes, ils étaient les meilleurs dans leur métier. C’est un chagrin inextinguible pour leur famille, nous le partageons. C’est une perte considérable pour nos armées, nous le savons. Je m’incline devant leur mémoire et, ici, la Nation leur rend hommage. Elle le fait dans l’unité, avec la présence des plus hautes autorités de l’État, des élus des régions concernées, de l’ensemble des armées ici représenté. Elle le fait parce qu’elle considère que l’unité nationale est un bien précieux et que les armées y contribuent. C’est autour de notre défense que nous pouvons tous nous retrouver. Je tiens aussi à exprimer ma compassion aux aviateurs qui ont été gravement blessés : trois sous-officiers, les sergents-chefs Damien Legrand et Mathieu Paulet, l’adjudant Ludovic Failly ; un militaire du rang, le caporal-chef Franck Poirot ; et un civil, Monsieur Luc Berton. Ils porteront à vie les traces de ce dramatique accident. Je voudrais enfin souligner l’héroïsme, parce que c’est le mot qu’il convient d’employer, des membres du détachement qui ont bravé le danger pour sortir leurs camarades des flammes, avant de tenter de préserver les appareils qui étaient en train de brûler. Quelle plus belle expression de la solidarité à un moment où ils auraient pu simplement tenter de sauver leur vie ! C’était leur volonté de tout faire pour préserver leurs camarades, mais aussi les moyens de l’armée de l’Air[1] Dans ces extraits de l'éloge funèbre prononcé par le président de la République, François Hollande, chef des armées, lors de l'hommage national rendu aux Invalides aux neuf aviateurs français, tout est dit. Mais dans six mois, dans un an, dix ans, qui se souviendra encore de ce tragique accident au cours duquel des pilotes et des mécaniciens français et alliés sont morts tragiquement lors d'un stage OTAN de qualification Tactical Leadership Program ?[2] Comment des familles endeuillées, certes honorées lors d'une cérémonie militaire très solennelle [3] en présence des plus hautes autorités civiles et militaires françaises, comment nos militaires et particulièrement nos aviateurs vont-ils devoir « gérer » cette tragédie tout en restant mobilisés?[4]

Hommage de l'armée de l'Air sur la B.A. de Nancy-Ochey

Un an après ce tragique accident d’Albacete, le général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), s’est rendu sur la base aérienne de Nancy-Ochey et sur l’élément air rattaché de Châteaudun pour rendre hommage à la mémoire des neuf aviateurs français qui ont péri le 26 janvier 2015.[5] Si la solidarité des gens de mer est bien connue, celle des aviateurs l'est moins. Nous avons demandé à l'un d'entre eux, le général de division aérienne (2s) Philippe Carpentier, de nous faire partager son sentiment. Bordeaux, le 26 janvier 2016.©

Il y a un an déjà, un an, que ce drame épouvantable a frappé l’armée de l’Air. Pour que le souvenir de « cette jeune femme et (de) ces hommes (qui) ont porté très haut ce que l’on appelle "les ailes de la France" » ne sombre pas dans l’oubli, Il est important de redire notre soutien aux familles qui ont vu leur monde s’écrouler et qui sont toujours dans la plus extrême des douleurs, aux conjoints qui doivent expliquer l’inexplicable à leurs enfants, aux parents qui ne comprennent pas pourquoi leur fils ou leur fille est parti avant eux sans oublier leurs camarades de la base aérienne de Nancy pour que cela n’entame pas leur foi en la mission.

Cela nous incite à nous interroger sur le sens de notre engagement au service de la France. Autant, nous sommes préparés et prêts à assumer les accidents en opérations extérieures, autant nous nous sentons toujours aussi démunis face aux accidents à l’entraînement.

La catastrophe d’Albacete a fondu sur l’armée de l’Air comme un tsunami.

Nous avons eu le bonheur de ne déplorer aucune perte en Afghanistan, en Libye, au Mali et en Irak jusqu’à ce jour. C’est une chance qui est méritée car les combattants sont très bien préparés, les matériels sont d’une grande fiabilité et possèdent de larges capacités opérationnelles.

En 25 ans, le nombre de personnels navigants et non navigants morts lors d’accidents à l’entraînement a considérablement diminué alors que la qualité de cet entraînement s’est largement améliorée grâce notamment à la simulation, à une prise en compte accrue à tous les niveaux de la sécurité des vols, au retour d’expérience des opérations extérieures au sein de coalitions internationales et à la participation à de nombreux exercices de haut niveau (Red Flag, TLP, …)

En entraînement, l’engagement des équipages est le même, leur détermination à réussir une mission est identique à leur volonté de réussir une mission de guerre. Ils avaient à cœur de pleinement mettre à profit ces exercices complexes pour atteindre ou maintenir, pour les plus expérimentés d’entre eux, un excellent niveau opérationnel au service de leurs prochaines missions dans la bande saharo-sahélienne ou en Irak.

Quitter l’uniforme est douloureux et l’on pressent immédiatement que cette grande famille de l’armée de l’Air, et du monde militaire, va cruellement nous manquer. La première année après le départ est une année de « sevrage » compliquée. Toutes ces valeurs qui nous ont porté, cette passion qui nous a animé pendant plusieurs décennies, ces activités denses et variées, ces contacts humains d’une grande richesse emprunts de respect, de confiance et d’estime, nous manquent énormément.

On recrée un réseau social au sein d’une nouvelle activité professionnelle ou de son nouvel environnement de vie mais les relations sont différentes. Nombre de « râleurs » qui pestaient régulièrement contre l’institution sont à peine reconvertis dans le monde concurrentiel de l’industrie ou des services qu’ils mesurent rapidement le fossé entre ces deux mondes.

Le respect mutuel entre les différentes catégories de personnel militaire se forge dans le concours de tous à la mission et au cours des OPEX. Le pilote monte dans l’avion car il a une totale confiance dans les mécaniciens qui l’entretiennent et le mettent en œuvre. Aussi bien à l’entraînement qu’en mission, sur un théâtre d’opérations, la mort peut être au rendez-vous. On ne triche pas avec cela.

L’humain est au cœur des préoccupations

On garde le contact avec les amis, les connaissances, les anciens collègues toujours en activité, au travers de la presse, du site de l’armée de l’Air, de diverses associations mais nous n’y sommes plus. On a remisé nos tenues dans la naphtaline.

Nombreux de nos grands anciens étaient présents sur le pont Alexandre III pour honorer le passage du cortège vers les Invalides. Un vénérable octogénaire toujours vaillant, en dépit d’une arthrose persistante, est même venu à vélo. Les présidents de catégories dans les organismes interarmées ont pressé leur hiérarchie pour partager un moment de recueillement. Tous tenaient à honorer nos morts et à partager l’immense fardeau de la douleur de leurs familles et de leurs proches, dans la dignité et la discrétion.

Le précédent CEMAA, le général Denis Mercier, avait souligné les actions remarquables dans leur spontanéité, leur générosité et leur sens du devoir de ces pilotes et mécaniciens qui volent au secours de leur camarade ou pensent à préserver les machines.[6]

Le ministre de la Défense, pendant son allocution, le général Mercier, Deborah Lee James, secrétaire à l'Air Force, le général commandant l'USAFE en Europe.

Au salon de l’aéronautique du Bourget, le lundi 15 juin, un événement très émouvant n’a pas reçu la couverture médiatique qu’il méritait. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a décoré des militaires américains qui, sans états d’âmes et n’écoutant que leur instinct, se sont jetés dans les flammes pour venir au secours de leurs collègues français menacés d’une fin atroce.

Le sergent américain Gregory Schwarz s'est lancé à mains nues dans les flammes et réussira à sauver trois aviateurs français. Le ministre français de la Défense lui a remis la Légion d'Honneur devant la Secrétaire à l'Air Force, le patron de l'US Air Force en Europe (USAFE) et le général Mercier, CEMAA. Côte à côte sauveteurs et miraculés se retrouvent au Bourget. Les voir vivants à côté de ceux qu’ils ont sauvés malgré les souffrances qu'ils garderont dans leur chair est un puissant réconfort.

Et s'il est admirable de se jeter dans les flammes, sans protection, pour sauver des camarades en péril, le faire également, à mains nues, pour sauver des avions est tout aussi exceptionnel. Cela démontre chez nos camarades un état d’esprit remarquable fait d’abnégation allié à un sens du devoir ancré très profondément dans cette famille que peut constituer une armée de l'Air.

Le ???, le sergent Gregory Schwarz et le commandant Philippe Provenazano au Bourget

Cet hommage mérité à des militaires qui ont fait preuve de beaucoup de noblesse dans leur comportement est un bel exemple de la fraternité d’armes qui unis les militaires des nations alliées. Quelles que soient les divergences politiques entre leurs pays, ces hommes et ces femmes, portés par les mêmes valeurs de dévouement et de fidélité à leur nation, sont solidaires face à l’adversité.

Un monument a été érigé sur la base aérienne d’Albacete Los Llanos en souvenir des 11 aviateurs (9 Français et 2 Grecs) qui ont péri sur la base aérienne. Le jeudi 18 juin, d'autres militaires espagnols et alliés seront décorés pour avoir sauvé des aviateurs et des appareils des flammes.

Monuments d'Albacete, de Nancy-Ochey et de Châteaudun

Je veux également de rendre un hommage appuyé aux épouses et compagnes de militaires (je n’oublie pas les hommes mais les femmes sont largement majoritaires). A longueur d’année, au gré des multiples déplacements et participation à des opérations extérieures, elles assument le rôle de chef de famille, de mère, leur travail souvent exigeant et toutes les tracasseries du quotidien. Elles préparent régulièrement seules les cartons pour une carrière jalonnée de déménagements réguliers. Elles ont souvent du mal à partager leur inquiétude lorsque leur mari est en opérations. Néanmoins, elles sont toujours là pour leur remonter le moral après un échec à un test ou un examen, une « remontée de bretelles » par le chef, une inscription au tableau d’avancement qu’il faudra attendre un an de plus, une mutation contrariante, ou quand on passe du statut envié de pilote d’aéronef à celui moins emblématique de « pilote de mulot » en état-major …

En un mot, elles nous soutiennent remarquablement et prennent en charge beaucoup de tracasseries quotidiennes qui nous permettent de nous consacrer à notre passion et de progresser dans l’institution. Elles participent activement à notre réussite.

L’Armée de l’Air étant largement féminisée, les femmes participent aussi activement à la défense de notre pays y compris dans des postes opérationnels comme ce capitaine féminin pilote de Rafale qui défilait en vol le 14 juillet.

C’est l’ensemble de cette communauté solidaire des militaires en activité, des anciens militaires et de leurs familles qui fait la force de notre institution et qui l’aide à faire face à toutes les tempêtes qu’elles affronte.

Je terminerai cette page par une pensée émue et très fraternelle pour les cinq épouses, le compagnon, la compagne et les huit enfants de Nancy, ainsi que leurs proches pour qu’ils trouvent la force de poursuivre sans oublier.

Philippe Carpentier

[1] Ils ont porté très haut ce que l'on appelle « les ailes de la France » : Éloge funèbre du président de la République, François Hollande, aux neuf militaires morts à Albacete en Espagne. Hôtel national des Invalides, Paris (03-02-2015).
[2]
Message aux Armées du général Pierre de Villiers, chef d'état-major des Armées, à l'occasion de l'accident aérien en Espagne. Voir également : "Gagner la guerre ne suffit pas, il faut aussi gagner la paix" (30-01-2015).
[3] Drame d'Albacete: hommage national aux neuf aviateurs disparus : Retransmission de la cérémonie en direct. Source : Armée de l'Air (04-02-2015).
[4] "Le contexte international n’autorise aucune faiblesse" : Discours sur la dissuasion nucléaire de François Hollande sur la B.A. 125 d’Istres (19-02-2015).

[5] « Greggory Swarz a vu la boule de feu. Au lieu de s’écarter, il a foncé dans le feu et a sauvé nos militaires dans des conditions incroyables », a déclaré le général Denis Mercier. « Il a mis un garrot à une personne qui avait la main coupée, puis il est reparti dans le feu. A la fin, il avait les mains brûlées et ne pouvait plus rien faire ». Après avoir rendu hommage au courage de ces aviateurs alliés pour avoir bravé le feu au péril de leur vie, sans vêtements de protection, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, a également décoré deux autres sergents et un caporal américains de la médaille d’or de la défense nationale pour leur bravoure.
[6] "Albacete : un an après, recueillement et commémoration" : Source : Armée de l'Air (26-01-2016).
[7] "Gildas Tison, « mort au service de la Nation »" : Cérémonie organisée en l'hommage du Commandant Gildas Tison à Saint-Malo, le 1er avril 2016. Une plaque avec l'inscription « mort pour le service de la Nation » a été dévoilée au monument aux morts par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
 


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